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Travail effectué
dans la HELB I. Prigogine - section kinésithérapie
par:
KIERS Aurélien, LEFEBVRE Thibaut, VERSCHATSE Ludwig et WATTECAMPS
Julie
Sommaire
des études analysées:
- The effectiveness
of manual therapy, physiotherapy ant treatment by the general practitioner
for non specific back and neck complaints ( B.W. Koes, L.M. Bouter,
H. van Mameren, et al) Spine: vol.17, number 1, pp 28-35, 1992
- Training primary care physicians to give manual therapy for low
back pain
( Peter Curtis, Thimothy S. Carey, Paul Evans, et al) Spine: vol.25,
number 22, pp2954-2961, 2000
- Spinal manipulation and mobilisation for back and neck pain
( B.W. Koes, W.J.J. Assendelft, G.J.M.G van der Heijden, et al)
BMJ, vol. 303, pp1298-1303, 23 november 1991
- A Randomised Controlled Trial Investigating the Efficacy of Manual
Therapy, Exercises to Rehabilitate Spinal Stabilisation and an Education
Booklet in the Conservative Treatment of Chronic Low Back Pain:
Preliminary Results on 183 Subjects
(L. Goldby, A. Moore, J. Doust, et al)
Proceeding of the 7th Scientific Conference of the IFOMT in conjunction
with the MPAA
The University of Western Australia, Perth, Australia, November
6-10 2000
- Spinal manipulation for low back pain ( Bart W. Koes, Willem J.
J. Addendelft, Geert J. M. G. van der Heijden, et al) Spine: vol.21,
number 24, pp2860-2873, 1996
- Manipulative therapy versus education programs in chronic low
back pain
( John J. Triano, Marion McGregor, Maria A. Hondras, et al ) Spine:
vol.20, number 8, pp 948-955, 1995
- Synthèse
1. THE EFFECTIVENESS OF MANUAL THERAPY, PHYSIOTHERAPY
AND TREATMENT BY THE GENERAL PRACTITIONER FOR NON SPECIFIC BACK
AND NECK COMPLAINTS. A RANDOMISED CLINICAL TRIAL .
(Koes - Bouter - van Mameren - Essers - Verstegen - Hofhuizen -
Houben - Knipschild)
Buts : - Comparer
la thérapie manuelle ,la physiothérapie et le traitement
du généraliste dans le
traitement des douleurs cervicales et lombaires.
- Les comparer à un groupe qui subira un traitement placebo.
1. Introduction
Les douleurs
cervicales et lombaires constituent un problème de santé
majeure. 80% de la population des pays occidentaux rencontrent des
problèmes de dos dans leur vie active sans aucune pathologie
sous-jacente. Dans 90 % des cas la douleur disparaît en quelques
mois avec l'aide d'antalgiques, de repos...
De nombreuses thérapies sont testées sur ces douleurs,
parmi celles-ci l'efficacité de la physiothérapie
a rarement été enquêté (4), les manipulations
et mobilisations de la colonne vertébrales ont fait l'objet
de plusieurs études (5), mais celles-ci ont rarement été
rigoureusement menées (1;2;3;5) (population trop petite,
imprécision des mesures...). D'ou l'intérêt
d'une étude qui comparerait les effets de ces différentes
méthodes.
2. Méthodologie
Une sélection
de sujets a été menée basée sur les
critères suivants:
- Douleur depuis 6 semaines.
- Pas de pathologie sous-jacente.
- Pas de traitement par thérapie manuelle ou physiothérapie
durant les 2 années antérieures.
Il y eut, après
pré-stratification selon la localisation de la douleur, l'âge,
le lieu de résidence...., une randomisation en 4 groupes:
- le groupe 1 est soumis à la physiothérapie: les
sujets reçoivent des exercices, des massages, de la chaleur
et de l'électrothérapie : différents sous-groupes
ont reçu différentes combinaisons de ces techniques.
Chaque sujet bénéficie de 14 visites en 8 semaines.
- le groupe 2 a testé la thérapie manuelle (manipulation
et mobilisation de la colonne) réalisée par des kinésithérapeutes
et thérapeutes manuels à raison de 6 séances
sur 9 semaines.
- le groupe 3 a suivi le traitement du généraliste
qui consiste en une prescription de médicaments, des conseils
d'hygiène de vie, des exercices à la maison et du
repos au lit...
- le groupe 4 reçoit le placebo, c'est-à-dire qu'il
subit un examen physique suivi de diathermie par onde courte et
ultrasons . 2 séances pendant 6 semaines.
Des réévaluations ont lieu après 3, 6 et 12
semaines.
Variables dépendantes
- Sévérité de l'atteinte testée par
un assistant de la recherche ''en aveugle''; évaluation sur
uneéchelle de 0 à 10 basée sur une anamnèse
et un examen physique constitué de mouvementsactifs et passifs.
- Ressenti global : estimation personnelle sur une échelle
de 6 points.
- Douleur estimée sur une échelle de 6 niveaux de
sévérité de douleur en accord avec le West
Haven Yale Multidimentional Pain Inventory (WHYMPI).
- La gêne fonctionnelle mesurée par le Sickness Impact
Profil (profil de l'impact de la maladie ). Echelle de 0 à
100.
3. Résultats
1500 sujets
potentiels se sont présentés, mais seuls 256 (d'âge
moyen 43 ans) ont été retenus et répartis dans
les différents groupes: 65 pour la thérapie manuelle,
66 pour la physiothérapie, 64 pour le placebo, 61 pour le
traitement généraliste.
Sur les 12 semaines d'évaluation, 23 sujets abandonnent l'
étude, les statisticiens ont remédié à
cesdéparts prématurés par report de la dernière
mesure effectuée aux suivantes.
L'évaluation effectuée par un assistant de recherche
(échelle de 0 à 10 ) montre une plus grande efficacité
de la thérapie manuelle et de la physiothérapie jusqu'à
3,4 points d'amélioration après 6 semaines, le traitement
placebo est quant à lui plus efficace que le traitement classique
mais moins que les 2 premiers. Cependant, ces différences
entre les groupes ont presque tout à fait disparu après
12 semaines. Les 4 traitements atteignent le même résultat
(environ 4 points ).
Le ressenti du patient (score de 1 à 6 ) montre des résultats
semblables : nette amélioration des sujets des groupes thérapie
manuelle et physiothérapie à 3 et à 6 semaines,
sans différences entre les deux groupes. Le groupe du placebo
a un score en dessous des deux précédents. Mais à
12 semaines, les scores de ces trois groupes sont presque égaux
; le score du groupe suivant le traitement classique est resté
le plus bas.
L'évaluation de la sévérité de la douleur
(échelle WHYMPI de 0 à 6 ) a montré une amélioration
moyenne croissante des 4 groupes, peu signifiante statistiquement
.
En ce qui concerne la mesure du profil de l'impact de la maladie,
l'amélioration est très faible pour les 4 groupes
( environ points sur une échelle de 100 points) après
12 semaines, sans différences considérables entre
les 4 traitements de l'étude. La thérapie manuelle
et la physiothérapie ont des résultats cependant légèrement
meilleurs, le traitement classique restant celui qui donne les moins
bons résultats .
4. Conclusion
Cette étude
suggère donc que la physiothérapie et la thérapie
manuelle sont plus efficaces dans le traitement des douleurs cervicales
et lombaires que les traitements classiques ou placebo: meilleurs
résultats par testing du thérapeute ''aveugle'' et
le ressenti du patient . Cependant, aucune différence n'a
été démontrée entre physiothérapie
et thérapie manuelle, mais ceci est peut être dû
aux différences de fréquences de visites.
BIBLIOGRAPHIE :
1. Brunarski
DJ: Clinical trials spinal manipulation: A critical appraisal and
review of the literature. J Manipulative Physiol Ther 7: 243-249
, 1984.
2. Di Fabio RP: Clinical assessment of manipulation and mobilization
of the lumbar spine-a critical review of the literature. Phys Ther
66:51-54 , 1986.
3. Greenland S, Reisbord LS, Haldeman S, Buerger AA: Controlled
clinical trials of manipulation: A review and a proposal. J Occup
Med 22: 670-676, 1980.
4. Koes BW , Bouter LM , Beckerman H , Heijden van der GJMG , Knipschild
PG , Physiotherapy exercises and back pain: A blind review. Br Med
J 302: 1572-1576, 1991.
5. Koes BW , Assendelft WJJ , Heijden van der GJMG , Bouter LM ,
Knipschild PG : Spinal manipulation and mobilization for back and
neck pain: A blinded review. Br Med J (in press).
2.
TRAINING PRIMARY CARE PHYSICIANS TO GIVE MANUAL THERAPY FOR LOW-BACK
PAIN
(Curtis - Carey - Evans - Rowane - Mills Garrett - Jackman)
Il s'agit ici d'une étude randomisée contrôlée
de la thérapie manuelle standard donnée par 31 médecins
généralistes à 295 malades dans l'exercice
du soin principal.
But : - Evaluer
l'efficacité des techniques de thérapie manuelle limitée
données par les généralistes sur le traitement
du lombalgique.
- Comparer un traitement spécifique pour lombalgique seul
à ce même traitement couplé à la thérapie
manuelle pratiquée par le généraliste.
1. Introduction
Depuis 20 ans
, on observe une recherche constante de soin approprié pour
la lombalgie aiguë ou chronique. Dans de nombreux pays, les
directives cliniques et les auteurs (7) recommandent un retour rapide
à l'activité et la manipulation vertébrale.
Une formation à cette thérapie a donc été
proposée aux médecins généralistes,
pour une utilisation dans l'exercice de leur profession, formation
comprenant une acquisition de la palpation, les compétences
aux mouvements...
Certaines études ont déjà été
menées pour prouver l'efficacité de la thérapie
manuelle pour traiter la lombalgie (5).
2. Méthode
Une randomisation
en 2 groupes fut effectuée.
Le premier groupe reçoit le traitement médical ajusté
au lombalgique, traitement comprenant un examen attentif du dos,
la palpation, une estimation utilitaire, une prescription d'analgésiques
et/ou de relaxants musculaires et un prospectus contenant des conseils
pour des exercices et la vie active de tous les jours.
Le second groupe reçoit ce même traitement médical
couplé à la thérapie manuelle, c'est-à-dire
des manuvres standardisées pour le dos impliquant les
muscles psoas et pyramidaux ainsi que les articulations sacro-iliaque
et lombo-sacrées:
- 5 techniques musculaires ;
- 3 poussées de basse amplitude et haute vélocité
.
Les malades ont droit jusqu'à 4 séances selon besoin
.
Les critères de sélection étaient :
- l'âge (de 21 à 65 ans) ;
- une douleur de 2 semaines;
- aucune pathologie sous jacente ni chirurgie antérieure;
- aucun déficit neurologique.
Variables dépendantes:
- Echelle fonctionnelle de Roland Morris ;
- Temps de récupération fonctionnelle (= nombre de
jours nécessaires au patient pour retrouver son activité
quotidienne d'avant lombalgie) ;
- Satisfaction du patient ; échelle de Cherkin et al, de
1 à 10 (1;2) ;
- Echelle visuelle de la douleur (0 à 10).
Les évaluations furent effectuées après 2,
4 et 8 semaines.
Il faut noter qu'une variation de 2 points ou plus sur le score
de Roland Morris est considérée comme cliniquement
onsidérable.
3. Résultats
335 malades
ont été recrutés. 278 ont effectivement participé
à l'étude et ont été répartis
en deux groupes: 123 pour le traitement médical, 117 pour
la thérapie manuelle. Certains ont une expérience
antérieure de thérapie manuelle. Les caractéristiques
(âge, situation sociale, estimation initiale de la douleur,
score initial de Roland Morris...) des deux groupes sont semblables,
à l'exception d'une légère différence
quant à la durée de la douleur au début de
l'étude (légèrement plus longue (+ 3 jours)
pour les sujets soumis à la thérapie manuelle).
Le score de Roland Morris initial était de 15 +/- 5,2 ; l'estimation
de la douleur de 4,7.
Les deux groupes ont vu leur état s'améliorer rapidement
après randomisation .
Comme dans d'autres études sur le lombalgique (1 ;3 ;4),
90% des patients retrouvent leur niveau fonctionnel antérieure
durant les 8 semaines. Le score de Roland Morris a montré
une dominance légère mais persistante de la thérapie
manuelle sur les 8 semaines, mais les résultats ne sont statistiquement
pas recevables (-12,3 points contre 11,1).
Les patients sont également plus satisfaits par la thérapie
manuelle. L'étude montre aussi que la proportion de récupération
fonctionnelle après le premier traitement est plus importante
pour la thérapie manuelle (14% contre 6%), mais il semble,
comme il a déjà été démontré
dans une étude précédente (7), que les patients
ayant une expérience antérieure tirent un meilleur
bénéfice de la thérapie.
4. Conclusion
Dans le cas
du traitement du lombalgique, cette étude suggère
donc que l'utilisation de la thérapie manuelle offre un petit
avantage sur le traitement médical au niveau du temps de
récupération et de la satisfaction du patient. Cependant,
peu de différences sont réellement observées.
En effet, l'analyse détaillée des données a
montré que peu de patients ont effectivement reçu
la séquence complète des manuvres du fait de
l'appréhension du médecin ou du patient lui-même.
On peut donc se demander si la thérapie serait réellement
nettement plus efficace si elle était appliquée dans
les conditions optimales préconisées.
BIBLIOGRAPHIE:
1. Carey TS,
Garrett J, Jackman A, et al. The outcomes and costs of care for
acue low back pain among patients seen by primary care practitioners,
chiropractors and orthopedic surgeons. N Engl J Med 1998; 1021-9.
2. Cherkin DC, Deyo RA, Berg AO, et al. Evaluation of a physician
education intervention to improve primary care for low back pain.
Impact on physicians .Spine 1991;16:1168-72.
3. Cherkin DC, Deyo RA, Battie M, et al. A Comparison of physical
therapy, chiropractic manipulation and provision of an educational
booklet for the treatment of patients with low back pain. N Engl
J Med 1998; 339: 1021-9.
4. Coste J, Delecoeuillerie G, Cohen de Lara A, et al. Clinical
course and prognosis factors in acute low back pain: an inception
cohort study primary care practice. BMJ 1994;308:577-80.
5. Croft PR, MacFarlane GJ, Papageorgiou AC, et al. Outcome of low
back pain in general practice: a prospective study. BMJ 1998; 1356-9.
6. Meade TW, Dyer S, Browne W, et al. Low back pain of mechanical
origin: randomized comparison of chiropratic hospital outpatient
treatment BMJ 1990; 300:1431-7.
7. Paterson JK. Vertebal Manipulation: Apart of Orthodox Medicine.
Dordrecht, The Nederlands: Kluwer Academic Publishers; 1995; Appendix
4: 84-6.
3. SPINAL MANIPULATION AND MOBILISATION FOR
BACK AND NECK PAIN
(Koes- Assendelft- van der Heijden- Bouter - Knipschild)
1. Introduction
Bon nombre de
personnes (80% dans les pays occidentaux) souffrent de douleurs
lombaires au moins pendant une période de leur vie. De plus,
le taux de rechute reste relativement élevé.
Il existe beaucoup de possibilités de traitement, mais aucun
n'est plus particulièrement applicable qu'un autre (4). Beaucoup
ont été le sujet d'études randomisées,
mais elles n'ont pas été concluantes.
2. Objectifs
Il s'agira d'évaluer
l'efficacité des thérapies manuelles par rapport aux
thérapies traditionnelles chez le malades atteints de douleurs
lombaires et cervicales.
3. Protocole
Il existe 35
essais cliniques randomisés comparant les manipulations vertébrales
avec les traitements traditionnels avec évaluation des méthodes
par scores basés sur la population, les interventions, la
mesure d'effets, la présentation des données et l'analyse
des résultats.
Notons que les critères développés par Ter
Riet et al ont été modifiées (9).
Chaque score a un maximum de 100 points pour objectiver l'efficacité
des thérapies manuelles.
Par ailleurs,
ces études ont été effectuées en aveugle.
Certaines ont eu recourt à l'utilisation d'un placebo dans
le but de le comparer avec un ou plusieurs traitements.
Enfin, une conclusion principale sera donnée par l'auteur
quant à la manipulation vertébrale.
4. Résultats
Trois essais
ont été rapportés deux fois et la publication
du score le plus bas de chaque méthode a été
exclue.
Aucun essai n'a marqué plus de 60 points et quatre études
sur 35 ont marqué plus de 50 points (avec une fiabilité
relativement faible).
Malgré tout, des problèmes méthodologiques
ont tout de même influencé les résultats (taille
de la population, interventions, mesure d'effet, présentation
des données et analyse).
18 études (soit 51%) ont eu des résultats favorables
envers les thérapies manuelles par rapport au traitement
de référence.
Dans 4 études (avec des scores de 50 à 60 points),
on a conclu que la thérapie manuelle était meilleure
que le traitement de référence.
La plupart des essais rapportés ont prouvé que l'effet
des manipulations était efficace uniquement à court
terme.
Les études sur le long terme ont montré qu'aucun résultat
n'était positif.
Enfin, 8 études ont essayé de comparer la manipulation
avec un placebo, avec des résultats contradictoires.
5. Conclusion
Certains auteurs
concluent que la validité des thérapies manuelles
est encore empirique.
De plus, malgré certains problèmes méthodologiques
(taille de la population, problème de définition du
placebo lorsqu'on l'emploie comme thérapie manuelle,
),
on peut dire que les manipulations vertébrales ont prouvé
leur efficacité en émettant quelques réserves
statistiques.
Par ailleurs, Greenland et al, Brunarski et Di Fabio ont déclaré
que les procès cliniques randomisés adéquats
sont encore exigés pour une estimation valide de l'efficacité
de manipulation (1 ;2 ;5).
Nous pourrons donc conclure que les thérapies manuelles ne
sont pas plus efficaces que les traitements classiques, mis à
part les manipulations ostéopathiques (3), les techniques
rotatives (6), la méthode Cyriax (7), et une technique selon
Bourdillon (8).
BIBLIOGRAPHIE:
1- Burnarsky
DJ. Clinical trials of spinal manipulation: a critical appraisal
and review of the literature. J Manipulative Physiol Ther 1984;7:243-9
2- Di Fabio RP. Clinical assessment of manipulation and mobilization
of the lumbar spine: a critical review of the literature. Phys Ther
1986;66:51-4
3- Dickersin K. The existence of publication bias and risk factors
for its occurrence. JAMA1190;263/1385-9
4- Deyo RA. Conservative therapy for low back pain. JAMA 1983:250;1057-62
5- Geenland S,Reisbord LS, Haldeman S, Buerger AA. Controlled clinical
trials of manipulation: a review and a proposal. J Occup Med 1980;22-670-6
6-Glover J S, Morris JG, Khosla T. Back pain: a randomised clinical
trial of rotational manipulation of the trunk. Br J Ind Med 1974/31/59-64
7- Helliwell PS, Cunliffe G. Manipulation in low back pain. physician
1987; april /187-8
8- Kinalsky R, Kuwick W, Pietrzack D. The comparison of the results
of manual therapy versus physiotherapy methods used in treatment
of patients with low back pain syndromes. Manual Medicine 1989;iv:44-6.
9- Ter Riet G, Kleijnen J, KNIPSCHILD P. Acupuncture and chronic
pain: a criteria based meta-analysis. J Clin Epidemiol 1990;43:1191-9
4. A RANDOMISED CONTROLLED TRIAL INVESTIGATING
THE EFFICACY OF MANUAL THERAPY, EXERCISES TO REHABIKITATE SPINAL
STABILISATION AND AN EDUCATION BOOKLET IN THE CONSERVATIVE TREATMENT
OF CHRONIC LOW BACK PAIN: PRELIMINARY RESULTS ON 183 SUBJECTS.
(Goldby - Moore - Doust - Trew - Lewis)
Buts : - évaluer
2 techniques thérapeutiques dans le traitement des douleurs
lombaires chroniques : les thérapies manuelles et les exercices
de stabilité vertébrale
- les comparer à un groupe-témoin qui subira un traitement
placebo
- les résultats préliminaires indiquent une tendance
favorable au traitement par exercices de stabilité vertébrale
1. Introduction
Après
une analyse épidémiologique sur 12 mois, il ressort
les chiffres suivants :
- 20% des épisodes aigus resteront asymptomatiques alors
que 70 à 80% subiront au moins un retour de la douleur dans
la 1ère année (CSAG, 1994 ; Klenerman et al, 1995
; Croft et al,. 1997)
- ces derniers souffriront de ces douleurs lombaires (périodiques
ou chroniques) pendant une durée pouvant aller jusqu'à
20 ans ou plus (Long et al. 1995; Carey et al, 2000).
- un petit pourcentage de ces malades aigus développera un
syndrome de la douleur chronique (CSAG, 1994 ; Klenerman et al 1995),
alors que la plus grande population à souffrir est celle
des chroniques, estimée à 73-77% des malades.
Ces dernières
années, le concept de Panjabi (1992) sur l'instabilité
a évolué vers un nouveau procédé thérapeutique.
Il consiste en l'exécution de séries d'exercices actifs
visant les muscles abdominaux et érecteurs du rachis dans
le but d'améliorer la stabilité de la colonne vertébrale
lombaire (Richardson, 1995). Cette idée provient du fait
qu'il existerait des dysfonctionnements de ces muscles (transverse,
multifidus, sol pelvien et diaphragme), selon une comparaison entre
groupe malade et groupe sain (Peaux et al 1996 ; Hodges et Richardson,
1996; Hodges et Richardson et al, 1997).
2. Méthodologie
Trois groupes
furent crées :
- groupe 1 : rééducation par les exos de stabilité
vertébrale. Ce groupe a suivi un programme d'exercices progressifs
sur 10 semaines pour réhabiliter les muscles abdominaux et
érecteurs du rachis. Ces exercices étaient accentués
sur des contractions isolées soutenues de ces muscles et
des contractions de ceux-ci associées à des positions
douloureuses. Ce groupe effectuait ces exos une fois par semaine
pendant 10 semaines.
- groupe 2
: thérapies manuelles. Ce groupe a suivi un traitement kiné
conservateur classique.
Les kinés n'ont pas été autorisés à
prescrire de traitement par stabilité vertébrale ni
à utiliser une technique d'électrothérapie.
- groupe 3
: éducation par une brochure, placebo. Ce groupe a suivi,
encouragé par les kinésithérapeutes, les conseils
d'une brochure (Cherkin et al, 1996).
Variables dépendantes
:
- douleur : utilisation d'une échelle d'estimation numérique
de 0 à 100 pour répartir la douleur lombaire et sur
la jambe (Jensen et al, 1986).
- situation de la douleur : utilisation du diagramme de la douleur
(Donelson et al, 1991).
- Invalidité : utilisation de l'Oswestry Invalidité
Index (Thomas, 1993)
- Affaiblissement musculaire : utilisation de la technique Schober
modifiée pour la flexion lombaire (Macrae et Wright, 1969)
et d'une épreuve de marche (Ultratimer, de Hendry et al,
1990)
- Handicap: utilisation d'un score (Greenough et Fraser, 1992)
- Qualité de vie : utilisation du Nottingham Santé
Profil (Fitzpatrick, 1993)
3. Résultats
Il y a avait
au départ 300 sujets, mais seuls 183 furent retenus. 129
étaient des femmes et 54 des hommes. Le groupe 1 comprenait
66 personnes, le groupe 2 79 personnes et le groupe 3 38 personnes.
Pour le groupe 1, l'âge moyen était de 41.4 ans, de
39.4 ans pour le groupe 2 et de 39.2 ans pour le groupe 3.
Les douleurs chroniques étaient ressenties depuis en moyenne
10.29 ans pour le groupe 1, 14.62 ans pour le groupe 2 et 10.55
ans pour le groupe 3.
Variables dépendantes
:
les statisticiens ont utilisé le test du Chi² pour les
variables discontinues et le test de Kruskall Wallis
pour les variables continues.
On constatera
qu'il n'y a pas de différences significatives entre ces trois
groupes sur aucune des variables démographiques ou dépendantes
(P< 0.05).
Les résultats
concernant l'invalidité, la douleur, le handicap, l'affaiblissement
musculaire et la qualité de vie montrent une tendance positive
non significative en faveur de la technique de stabilisation vertébrale
6 mois de suite. Par contre, les résultats concernant l'estimation
numérique des douleurs réparties sur la jambe et la
zone lombaire sont significativement meilleurs que ceux de thérapies
manuelles et du placebo (éducation) (P > 0.05).
4. Conclusion
Ces résultats
préliminaires suggèrent donc qu'un traitement à
l'aide d'un programme de rééducation de la stabilité
vertébrale est plus efficace pour réduire la douleur
chez les malades avec douleurs lombaires chroniques que les thérapies
manuelles ou qu'un placebo (brochure).
5. SPINAL MANIPULATION FOR LOW BACK PAIN
An updated systematic review of randomised clinical trials
(Koes - Assendelft- van der Heijden - Bouter)
L'objectif de cette étude est de tester la méthodologie
des études sur l'efficacité de la thérapie
manuelle sur les lombalgiques. Environ 80 % des occidentaux subiront
un épisode (ou plus) de douleurs lombaires pendant leur vie
(32-68). Ces épisodes resteront souvent limités dans
le temps et peu importants, et la plupart des patients (90%) se
remettront de leur lombalgie dans les 6 semaines suivantes, quelque
soit le traitement donné (20-68).
Cependant, et malgré la fréquence élevée
de ce type de pathologie, le traitement reste problématique
car il existe beaucoup de types d'interventions possibles et aucun
ne paraît meilleur que les autres (14).
La thérapie manuelle est une option de traitement largement
utilisée et son efficacité a été largement
étudiée (2-35-59-64).
Cet article présente donc une mise à jour des articles
déjà parus sur ce sujet (35) car de nouveaux travaux
ont été effectués depuis 1991 (6-8;13;28;30;34;36;37;39;54;58;66;70).
Il évaluera la méthodologie employée dans ces
différentes études.
1. Méthode
Il fallut d'abord
sélectionner les études correspondantes dans une base
de données MEDLINE à partir de mots-clés. Les
résumés et articles non-publiés furent systématiquement
rejetés; par ailleurs, la recherche ne considéra que
la publication en anglais.
Les auteurs
ont cherché à évaluer la qualité des
méthodes employées pour effectuer ces études
(méta-analyse). Toutes les études référencées
sont donc été estimées selon 10 critères,
lesquels étaient basés sur des principes reconnus
et utilisés dans bon nombre d'analyses et de revues spécialisées
(3,26,38,40-43). Pour chaque critère, un total fut associé.
Le score total maximal pour chaque étude était de
100 points.
Toutes les études glanées furent soumises à
deux critiques indépendants l'un de l'autre. Lors de réunions,
ils essayèrent de trouver un accord sur les critères
à propos desquels ils n'étaient pas d'accord. en cas
de désaccord persistant, un troisième avis tranchait
et prenait la décision.
Il résulta alors une liste de critères permettant
d'évaluer la pertinence des méthodologies employées
dans les différentes études. Les meilleurs scores
indiquaient les études utilisant les meilleurs méthodes.
Les résultats des études sont discutés par
rapport à leurs scores méthodologiques.
Lorsque le résultat
est dit positif, cela signifie que la thérapie manuelle est
plus efficace que le traitement de référence. Parfois,
le résultat sera positif pour seulement un sous-groupe de
l'étude.
Quand le résultat est dit négatif, c'est qu'il n'y
a aucune différence entre les traitements testés,
voire que le résultat est meilleur avec le traitement de
référence.
De plus, le
résultat principal de chaque étude fut extrait; ce
résultat est basé sur le résultat de la mesure
la plus importante: souvent, il s'agira de la mesure de l'intensité
de la douleur, notée sur une échelle numérique,
une échelle analogique visuelle ou sur le nombre de malades
rapportant une évolution ou une amélioration.
Les études
évaluées portaient sur les lombalgies en général;
il fallut donc séparer distinctement les patients en sous-groupes:
douleurs chroniques (durée des traitements supérieure
à 6 semaines) et douleurs aigües (durée inférieure
à 6 semaines).
Enfin, les études
comparant la thérapie manuelle avec d'autres traitements
conservateurs sont présentées séparément
des études comparant la thérapie manuelle avec un
placebo.
2. Résultats
Les auteurs
recensèrent 46 études au total, mais seulement 36
correspondèrent aux critères de retenue. Sur ces 36
études, seulement 5 reçurent un score de 50 points
ou plus, le meilleur score étant de 60 points sur 100. Ces
chiffres montrent la pauvre qualité générale
des méthodologies employées.
Cependant, la qualité générale des études
semble s'améliorer: 37 points en moyenne pour les études
faites avant 1990, 44 points en moyenne pour celles faites après
1990.
19 études
sur 36 (53%) montrent un meilleur résultat avec la thérapie
manuelle par rapport au traitement de référence (ex:
ondes courtes, massage, exercices, antalgiques, placebo).
5 autres études rapportent elles-aussi de meilleurs résultats
avec la thérapie manuelle, mais seulement dans un sous-groupe
de l'étude.
Dans 10 études, la thérapie manuelle ne paraît
pas meilleure que le traitement de référence.
Dans les 2 études restantes, il n'y a pas de conclusion,
les auteurs ne s'étant abstenus d'en mettre une.
Enfin, seulement 16 études effectuèrent des mesures
sur au moins 3 mois; seules 6 de ces études montrèrent
des résultats positifs de la thérapie manuelle à
long terme.
Il faut néanmoins
souligner un fait important: pour la plupart des études ayant
un score inférieur à 46, les études négative
sont un score méthodologique plus important. De même,
pour les études ayant un score général supérieur
à 46, les études positives ont aussi un score méthodologique
plus important. Le lien entre le résultat final de l'étude
et la qualité de la méthode employée n'est
donc pas très clair.
Répartition
des différentes formes de lombalgies
· aigües: 12 études portaient sur les lombalgies
aigües. Le traitement de référence était
la physiothérapie une médication antalgique. 5 études
montrèrent des résultats positifs, 4 des résultats
négatifs et 3 des résultats positifs dans un seul
sous-groupe de l'étude.
· chroniques
et subaigues: 8 études portaient sur ce type de pathologie.
Le traitement était donc d'une durée supérieure
à 6 semaines. La thérapie manuelle était utilisée
séparément ou combinée avec d'autres traitements
(massage,...).
5 études présentèrent des résultats
positifs, 2 des résultats négatifs et une étude
ne proposa pas de conclusion.
· subaigüe,
chronique et aigüe: ici, les 12 études portaient sur
des groupes de patients atteints de l'une de ces pathologie. 8 études
révélèrent des résultats positifs, une
des résultats positifs sur un sous-groupe, 2 des résultats
négatifs et une étude enfin ne proposa pas de conclusion.
Toutes les études de ce groupe ont un score inférieur
à 50 points, la meilleure étude ayant reçu
le score 48. Cette dernière montra par ailleurs que la chiropraxie
était meilleur que la physiothérapie (47-48). 2 études
ont eu un score compris entre 40
et 48 points et n'ont pas montré de différence entre
la thérapie manuelle, la physiothérapie, le corset
ou la médication antalgique
(15). Les 9 études restantes ont eu un score inférieur
à 40 points; 8 de ces études ont présenté
des résultats positifs en faveur de la thérapie manuelle.
· aigüe
et chronique: 11 études ont porté sur la comparaison
de la thérapie manuelle avec un placebo. 7 ont montré
des résultat positifs, une un résultat positif sur
un sous-groupe et 3 des résultats négatifs. 3 des
études à résultat positif ont
obtenu un score de 50 points ou plus: la première compara
la thérapie manuelle avec un placebo (US, SWD) chez le lombalgique
chronique (34-36-37-39), la seconde effectuait cette comparaison
chez le lombalgique aigü (58) et la troisième étude
comparait la thérapie manuelle avec des mobilisations douces
chez le chronique (51).
3. Commentaires
La thérapie
manuelle est assez fréquemment étudiée. Malheureusement,
la majeure partie de ces études utilise des méthodes
relativement obscures ou mal préparées. En effet,
beaucoup des études analysées ici présentent
un score inférieur à 50 points, et la qualité
des études en général a peu évolué
depuis 1990.
Efficacité
19 études sur 36 estiment que la thérapie manuelle
est meilleure qu'un autre traitement. Mais 10 études estiment
quant à elles qu'il n'existe pas de différence significative
entre thérapie manuelle et autre traitements. Enfin, dans
le reste des études, la thérapie manuelle n'est pas
la meilleure solution thérapeutique. Cependant, notons que
les résultats négatifs existent dans des études
utilisant des échantillons de population relativement petits:
il est donc difficile d'établir un réel discernement
entre les traitements (19).
De plus, beaucoup d'études n'évaluent que sur le court-terme
(moins de trois mois après la randomisation), mais les 6
études d'avant 1990 évaluant sur le long-terme montrent
des résultats négatifs. Cela indiquerait que l'efficacité
de la thérapie manuelle à long -terme reste douteuse.
Lombalgie aiguë
Dans ce cas de figure, la thérapie manuelle n'apparaît
pas comme le meilleur traitement en regard des autres traitements
disponibles. Evidement, cette thérapie est efficace dans
certains sous-groupes des 12 études concernant cette pathologie,
mais elle ne l'est pas dans les autres sous-groupes. Ce manque d'efficacité
de la thérapie manuelle s'est aussi vérifié
dans les études ayant un score méthodologique supérieur
à 50 points.
Lombalgie chronique
Sur les huit études portant sur les lombalgies chroniques,
les résultats suggèrent que la thérapie manuelle
serait plus efficace sur les lombalgies chroniques que sur les lombalgies
subaiguës. Malgré cela, en ce qui concerne les lombalgies
chroniques, l'évidence pour ou contre n'est pas contre la
manipulation n'est pas concluante. L'étude ayant obtenu le
meilleur score (60 points sur 100) a montré que la thérapie
manuelle peut être meilleure que le traitement du médecin
généraliste, mais être aussi efficace que la
physiothérapie (34-36-37-39).
Sur les 5 études dont le score est entre 40 et 50 points,
la thérapie manuelle n'est pas meilleure que les US, le massages,
corsets,... (22-54), mais selon deux autres études, elle
est plus efficace que les antalgiques (16) ou l'Ecole du dos (66).
Enfin, deux études avec un faible score prennent le parti
de la thérapie manuelle comparée au massage (67) et
au repos, antalgiques et massage (1).
Par conséquent, à l'image des lombalgiques aigus,
les résultats pour les lombalgies chroniques ne sont pas
tranchés et ne sont pas clairement en faveur de la thérapie
manuelle, même si certains sous-groupes de différentes
études ont vu une nette amélioration de leur état.
4. Conclusion
Concrètement,
la plupart des études sur la thérapie manuelle ne
sont pas fondamentalement révélatrice d'une réelle
efficacité de ce traitement; cependant, la qualité
méthodologique de ces études n'est pas toujours bonne,
et peut-être que des études mieux menées d'un
point de vue méthodologie montreraient des résultats
plus probants.
Dans une excellente étude de SHEKELLE (59), les auteurs montrèrent
que la thérapie manuelle pouvait, à court-terme, être
bénéfique aux patients, surtout ceux soufrant de lombalgies
aigües. Par contre, cela fut considéré comme
insuffisant pour les lombalgiques chroniques.
Les résultats de la présente analyse diffèrent
de ceux de SHEKELLE, et cela peut s'expliquer par le fait qu'ils
n'ont considéré que 23 études, alors qu'ici,
36 études furent considérées.
Les méthodes
utilisées dans le présent article peuvent faire l'objet
de limitations. En effet, certains items de la méthodologie
reflètent la validité interne et externe, la précision
et la qualité des mesures en même temps. Il est donc
possible que la liste de critères méthodologique est
trop rigoureuse par endroit et trop lâche à d'autres.
Par ailleurs, cette méta-analyse ne fait pas intervenir de
données statistiques car les auteurs ont choisi de faire
un passage en revue des articles évaluant la thérapie
manuelle dans lesquels la qualité méthodologique et
les résultats des études étaient considérés.
En conclusion,
il faut reconnaître que l'efficacité de la thérapie
manuelle chez le lombalgique aigü n'a pas été
démontrée de façon convaincante. Ce traitement
reste meilleur chez le lombalgique chronique que chez le lombalgique
aigü, mais l'efficacité de cette thérapie n'a
pas non plu été montrée comme la meilleure
des solutions thérapeutiques chez le lombalgique chronique
(même si des sous-groupes ont remarqué une amélioration
de leur état grâce à cette technique).
C'est pourquoi il faudrait que des études supplémentaires
soit effectuées dans ce domaine. La qualité de la
méthodologie reste un critère primordial qui devra
être mis en avant dans les futures études sur la thérapie
manuelle chez le lombalgique.
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6.
MANIPULATIVE THERAPY VERSUS EDUCATION PROGRAMS IN CHRONIC LOW BACK
PAIN
(Triano - McGregor - Hondras - Brennan)
1. Projet d'étude
Une étude
randomisée est conduite sur un échantillon représentatif
de patients qui souffrent d'une lombalgie non-traitée depuis
7 semaines ou plus ,ou ayant eu plus de 6 épisodes en 12
mois. Ainsi on veut opposer les effets des manipulations et d'un
programme d'éducation du dos. Les auteurs de l'étude
tiennent compte des résultats des études antérieures
et de leurs critiques.
2. La méthode
On sélectionne
1275 patients qui sont lombalgiques depuis 6 mois sans avoir consulter
ou qui consultent pour la première fois. On ne retient que
209 patients qui répondent aux critères suivants:
- Age minimum de 18 ans
- Douleur entre L1 et L5 ou dans la sacro-iliaque.
- Exclusion des patients avec une neuropathie, une atteinte du système
musculo-squelettique, une fracture, de l'ostéoporose sévère,
une pathologie osseuse du rachis.
- Exclusion des traitements médicamenteux associés
à la lombalgie.
Les patients
sont répartis dans 3 groupes de traitement:
1- HVLA (High Velocity, Low Amplitude spinal manipulation) qui sont
des traitements de manipulation classiques.
2- HVLF (Low Force mimic) qui est un traitement imitatif de HVLA
avec des variantes dans les positions de base
3- BEP (Back Education Program) qui équivaut à une
Ecole du Dos.
Donc l'étude
évalue les effets cliniques du groupe HVLA contre deux groupes
de patients qui alternent les traitements HVLF et BEP. Ainsi ces
deux derniers groupes servent de " groupes contrôle ".
Les patients seront évalués au début du traitement,
puis après 2 semaines de traitement et encore après
un intervalle de 2 semaines sans traitement.
On travaille en séparant les expérimentateurs en 5
équipes de traitement et d'évaluation ; seuls 2 équipes
croisent leurs informations.
Des échantillons de sang récupérés avant
et après le traitement pour les groupes HVLA et HVLF rendent
compte du nombre de polynucléaires neutrophiles et des phénomènes
inflammatoires. De plus les patients évaluent eux-mêmes
leurs résultats avant et après la dernière
étape du traitement. Ainsi les patients notent sur une échelle
VAS (4) l' intensité de douleur perçue, les limitations
de mouvement dans la vie quotidienne sont évaluées
par un questionnaire (The Owestry low-back Pain Disability Questionnaire
(2) ), enfin le niveau relatif de dépression psychologique
est déterminé par un index (The Modified Zung Depression
Index (3) ).
3. Résultats
Sur la totalité, 18.7% des sujets (7 HVLA ;14 HVLF ;18 BEP)
abandonnent.
25 patients identifiés comme ayant de sérieux facteurs
confondants sont éliminés de l'analyse.
Donc, il reste 145 sujets (62 femmes et 83 hommes).
Statistiquement pas de différence entre les personnes d'accord
pour participer à l'étude et les autres. De plus,
il n'y a pas de différences entre ceux qui restent jusqu'
au bout de l'étude et ceux qui abandonnent ; on ne constate
pas non plus de différences significatives entre les différents
groupes de traitement en ce qui concerne la taille, le poids et
la moyenne d'age.
Valeurs de corrélation intraclasse : - pour VAS = 0.88
- pour Oswestry = 0.95
- pour Modified Zung = 0.86
Moyenne des
magnitudes de forces appliquées lors des manipulations: HVLA
= 1008N
HVLF= 212 N
Þ on n'observe pas dans ce cas de différences significatives
.
Réponse des polynucléaires neutrophiles: 3.164 + /-
0.682 pics/s/cellule pour HVLA
-0.435 +/- 0.35 pics/s/cellule pour HVLF
Þ Ici, on observe une différence significative qui
prouve l'effet physiologique efficace des
thérapies manuelles effectuées avec rigueur.
Pour le score Oswestry, on observe une différence significative
entre les 3 groupes aux résultats intermédiaires (9.5
;15.5 ;12.3) et aux résultats finaux (10.6 ;14.0 ;11.4).
Après une nouvelle interprétation du test Oswestry,
il y a une différence significative entre les plus de 50
ans et les moins de 50 ans, à tous les niveaux de traitement.
Pour l'échelle VAS, les résultats intermédiaires
dénotent une différence significative entre HVLA et
HVLF (13.9 ;19.8) et entre les 3 groupes à la fin de l'étude
(13.3 ;21.7 ;15.1).
Pour le score Zung , on ne notera pas de différences significatives
entre les groupes.
Globalement, la différence est très marquée
entre HVLA et HVLF surtout en fin de traitement.
Après deux semaines de traitement, 10,2% de patients les
plus âgés ressentent moins de gêne dans leurs
gestes quotidiens avec le traitement BEP. De plus ces patients ressentent
moins de douleur et de gêne avec les traitements BEP et HVLA
qu'avec HVLF et ceci et plus marqué pour le groupe HVLA.
4. Discussion
Cette étude
nous montre que beaucoup de ces résultats et de ces caractéristiques
se retrouvent dans des études antérieures et similaires.
Cependant, elle apporte des critiques sur ces précédentes
études par rapport à leur limitation systématique
des traitements, la forte homogénéité des échantillons,
le contact physique avec les patients, attention portée au
patient et la clarté des descriptions. De plus des ambiguïtés
existent sur les classements des patients suivant les différents
paramètres utilisés ici. D'autre part cette étude
ne distingue pas les patients qui souffrent de douleur sclérosante,
des origines douloureuses qui nous intéressent. On observe
également l' apparition après un certain temps de
signes comportementaux inappropriés aux lombalgies. Dans
une étude randomisée, Mitchell et Carmen (6) concluent
que le principal bénéfice de ces thérapies
est une réduction des incapacités fonctionnelles des
patients. De même, une étude similaire de Cutler (7)
montre, par une méta-analyse, que 50% des patients soignés
retournent travailler après traitement qui inclus un "
management " de la douleur.
Chaque groupe subit une amélioration de l'état général
avec le temps, cependant un effet modulant était observé
dans le groupe HVLA après deux semaines de traitement. Une
session de séries de traitements supérieure à
deux semaines aboutit au retour des fonctions progressivement pour
HVLA et une réduction de la douleur de façon signifiante
dans ce même groupe. Certaines différences observées
dans l'étude peuvent être dues à la taille de
l'échantillon. L'effet de l'âge est également
à prendre en compte car, pour les patients de plus de 50
ans, le gain moyen avec le traitement BEP a presque égalé
le HVLA à la fin de l'étude. Ainsi on en arrive à
la conclusion suivante : alterner les thérapies manuelles
avec des autres formes de thérapies dans le cadre des lombalgies.
Enfin, il faut mettre l'accent sur l'utilité de coupler les
techniques passives du traitement HVLA avec des techniques actives
selon Jarvis (5). En effet cela réduit la durée du
traitement et par la même occasion limite les coûts
de santé des entreprises ou des particuliers par la diminution
du temps de travail perdu.
5 .Conclusion
Le " Québec
Task Force " démontre l'utilité des thérapies
manuelles chez 145 lombalgiques chroniques (7) et rejoint l'idée
de cette étude qui tend à prouver que ces techniques
entraînent une réduction immédiate et durable
des douleurs et des gênes, après deux semaines de traitement.
Cependant l'Ecole du Dos amène aux mêmes résultats.
C'est pourquoi les thérapies manuelles doivent être
couplées à d'autres thérapies pour un meilleur
rendement. Le succès relatif de cette étude randomisée
entraîne un grand nombre de critiques formulées à
l'encontre des études antérieures usant de protocoles
parfois plus rigoureux. Enfin, le temps étant le meilleur
allié dans ce traitement, il semblerait que ce dernier soit
vraiment efficace au bout d'une période d'au minimum 50 jours.
Bibliographie
1- Cutler RB,
Fishbain DA, Rosomoff HL, Abdel-Moty E ,Khalil TM, Rosomoff RS.
Does nonsurgical pain center treatment of chronic pain return patients
to work ? Spine 1994;19/643-52
2- Fairbanck JCT, Couper J ,Davies JB ,O' Brian JP. The Oswestry
low back disability questionnaire. Physiotherapy 1980;66:271-3.
3- Feinmann D. Pain relief by antidepressants/ possible models of
action. pain 1985;21:1-8.
4- Jaescbke R, Singer J, Guyatt GH. A comparison of seven- point
and visual analogue scales : data from a randomised trial. Controlled
Clin trials 1989;11:43-51
5- Jarvis KB, Phillips RB ,Morris EK . Cost per case comparison
of back injury claims of chiropractic versus medical management
for conditions with identical diagnostic codes. J Occup Med 1991;33/847-52
6- Mitchell RI, Carmen GM. The functional restoration approach to
the treatment of chronic pain in patients with soft tissue and back
injuries. Spine 1994;19:633-42.
7- Spitzer WO, Leblanc FE, Dupuis M. Scientific approach to the
assessment and management of activity-related spinal disorders.
Spine 1987;12:S9-54.
SYNTHESE:
Les études
montrent que les thérapies manuelles apportent une certaine
efficacité dans le traitement des lombalgies, mais pas plus
que les autres techniques thérapeutiques (Ecole du Dos, physiothérapie,
ultra-sons,
), surtout sur le long terme.
Cependant, dans
le cas d'un traitement de lombalgie à court terme, certaines
manipulations (ostéopathie, tractions, rotations) seront
plus efficaces que les autres techniques thérapeutiques.
Enfin, une étude
a montré que la technique de stabilisation vertébrale
est significativement plus efficace que la thérapie manuelle,
et à fortiori que les autre solutions thérapeutiques.
Il faudra cependant
rester prudent quant aux résultats de certaines travaux publiés
: en effet, une étude a montré que la méthodologie
de certains travaux n'était très bien pensée
ou adaptée, et donc que les résultats pouvaient en
être faussés.
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