Poésie en Ligne

 

Parallèlement à la revue trimestrielle, An + désire faire vivre la poésie par l'intermédiaire de la Toile. Dès lors, mensuellement, nous publions, ici, vos poèmes. Pas n'importe quoi... un éventail que nous voulons universel et amical. Pas nécessairement inclus dans la revue.

Voici les textes de Mars 2002 :

Ils peuvent bien .

Ils peuvent bien se moquer de nous
Nous continuerons à promettre
L'écharpe d'azur au ciel de suie
Qui d'une blessure passagère
Offrira quelques larmes de vie
Aux talus de nos tendresses buissonnières

Ils peuvent bien se moquer de nous
Nous continuerons à demander
A l' aurore habile couturière
De tresser avec les fils de rosée
Les belles et profondes panières
Où tomberont les fruits mûrs de notre verger


Ils peuvent bien se moquer de nous
Nous continuerons à renvoyer
à l'absolue noirceur de la nuit
Nos éphémères infortunes
Quand les étoiles auront pris le maquis
Avec les comètes ces éternuements de lune

Ils peuvent bien se moquer de nous
Nous continuerons à entrouvrir
Le frêle voile du crépuscule
Lorsque l'oiseau défricheur de nos rêves
Voguera tel un funambule
Parmi les effilochures du jour qui s'achève

Ils peuvent bien se moquer de nous
Nous continuerons à la chercher
cette clairière d'asphodèles
Où les chats bleus des jardins de Peynet
Dédicacent leurs aquarelles
dans la quiétude ouatée de l'aube annoncée

Patrick DRUART - France

L'éternel retour

Ne t'avais-je point dit que l'onde était frivole
Se riant de la pierre au lichen insolent?
Elle s'écoule en toi comme un silence lent
Errant tes appétits parmi les herbes folles

Le coeur en disgrâce quand au chant des cigales
Le zénith ne vient pas embraser le néant
La cascade se meurt dans les bras du couchant
Sur le pic des passions la mémoire s'empale

La brume de novembre enveloppe les tours
Elle a pris le maquis et même ses effluves
Dans les celliers du maître alors le vin se cuve
De la mort on distingue à peine les contours

Lorsque l'onde revient à la seconde aurore
Serpenter au bocage inondant ses talus
Malgré le sacrifice aux désirs corrompus
D'un appel déchirant l'âme s'écrie: encore!

Serge DURIEUX - Belgique

Là-bas...

Je suis allée là-bas...
En attente de toi, dedans ma chrysalide,
Sur la lande endormie où voyageait ton nom,
Les mains pleines de mots, ma jeunesse pour guide,
D'une note fragile espérant le bourdon
Je suis allée là-bas...

Je t'ai trouvé là-bas...
Lorsque la mousse bleue a parfum d'églantine,
Rien ne ressemble à rien sous un ciel un peu louche.
Tu as rivé tes yeux aux miens criant famine,
Et comme un incendie en rosée sur ma bouche,
Je t'ai trouvé là-bas...

Je t'ai aimé là-bas...
Tu m'appris du désir la fondante agonie,
En tressant des je t'aime à mes cheveux mouillés.
Des sursauts de nos corps d'où jaillissait ta vie
Aux longs gémissements des songes rejetés,
J'ai tout aimé là-bas...

Je suis restée là-bas...
Là, sur de noirs coteaux, dans un désert sans lune,
Tu clouas ton mensonge au plus profond de moi,
D'un mot tu repris tout, ton rire et ma fortune.
Le coeur ensanglanté d'un vide déjà froid,
Je suis restée là-bas...
Refermant à jamais l'empreinte de nos pas,
Je suis morte là-bas...

Nicole HERAULT - France

Près de la nuit

Tout en haut près de la nuit
Les chiens hurlant la misère

Tout en bas près de la mort
Les enfants aux ventres creux

Et tous ces pleurs répétés
En échos jusqu'au délire

Sous le ciel tout éclaté
Les vieilles maisons moisies

Tout en bas sur les pavés
L'écume du désespoir

Tout en haut près des lumières
la honte en ses beaux habits

Il reste peu de sourire
A offrir aux malheureux

Sur les murs toute la rouille
Du système corrompu

Le néant dans les usines
Tous les rêves distendus

Marcel PELTIER - Belgique

Le Pauvre fiacre et le Riche Attelage

Un vieux cocher de fiacre et sa triste haridelle
Sillonnaient chaque jour le pavé parisien -
Ils n'arpentaient jamais le Faubourg Saint-Germain
Déambulant plutôt dans d'étroites ruelles.

Sur les coussins usés - la pauvre clientèle
Qui tenait tous ses sous dans une seule main -
Respirait à plein nez l'effluve du crottin
Tandis qu'effarouchées fuyaient les hirondelles.

Par moments ils croisaient de riches équipages
Quelque belle inconnue accompagnée d'un Page -
De valets en livrée - provoquant étalage.

Ceux-ci allaient au Bois et traversaient la Seine -
Les autres poursuivant l'existence malsaine
De ceux qui ne vivront jamais à l'avant-scène !

Denis GERMAIN - France

Le voyage immobile

La foule ébruite l'osé
du dessous des nuages
tord sa langue d'éponge
hésite
à numéroter les gouttes
empilées poliment sur le plat des valises.

Sur la liste des absents
les trains tirent des traits
Leur clameur effiloche
les voyages muets
griffonnés dans les regards.

Quai morcelé de flaques
un moineau mendie l'aube
comme premier repas
la bruine estompe patiemment
la commissure de ses ailes
relevée encore.

Le vent s'acoquine
aux rêveries de consigne
Tous guettent la feuille neuve
L'ombre balayée de vif
s'entasse aux angles aigus
des halls apprêtés
pour la fête des pas.

Florence NOEL - Belgique

Mots de vent

Je voudrais être
des mots de vent.
Tête de vent.

Ils passent, murmurent,
Chantent, enchantent,
Disparaissent.

Diaphanes,
légers ou pesants,
insaisissables.
Solubles dans l'air.

Des mots aquilon ou doux zéphir,
d'amont ou d'aval,
contrevent ou paravent.
Des mots girouette. Pirouette.

Des mots soupir, soufflés
à perdre l'haleine
qui prennent leur envol
contre vents et marées

Des mots bourrasque,
brodés ou en rafale,
Vivants dans ton c?ur
Quand ton âme est triste

Pendant que les ailes
Du moulin de la vie
Tournent... tournent...

Joseph VASQUES - France

Rue Ste-Famille

j'habite une très belle
maison!

le toit coule en lui
tout l'automne...
mais mon concierge est pianiste.

les carreaux s'absentent
parfois de la fenêtre...
mais il est pianiste.

le foyer ne se souvient
que rarement de l'odeur crépitante
du bois d'érable;
il est pianiste...

Brahms et Chopin
dînent souvent
chez-nous!

Claude HAMELIN - Québec

Gare du Nord

Salle des pas perdus
et jamais retrouvés...

Sept heures, gare du Nord,
il n'est pas encore là.
Je marche pour marcher,
il faut faire quelque chose...
Des visages m'assaillent
qui ne sont pas le sien.

Huit heures, gare du Nord.
La verrière s'encrasse
sous le soleil miteux
des matins d'agonie.
Il n'est toujours pas là
et des regards me suivent
qui ne sont pas le sien.

Neuf heures, gare du Nord,
je veux encore y croire,
rester malgré la peur
qui me tord l'estomac.
Les balayeurs s'en vont
me laissant orpheline
d'une Afrique entrevue...
Non, il ne viendra pas.

Froid bleu de fin du monde
à la gare du Nord
salle des pas perdus
qui ne sont pas les siens.

Anick BAULARD - France

Prendre une tranche de vie de taille moyenne,
un tissus de mensonges peut à la rigueur, faire l'affaire .
Si vous possédez une longue expérience ,
déchirez la en fines lanières
Tendre l'ensemble dans le cadre de vos relations
(éviter les relations intimes et les bas résille qui ont la sale habitude
de vous retenir dans leurs mailles )
La trame étant ainsi posée,
tirer par le travers un fil brut de soies de consonances,
quelques images fortes , quelques références .
Si l'on vous dit :
Le troisième fil, là, je le connais, j'y ai habité
Répondez que ça n'a pas d'importance,
Que c'est l'effet recherché
Si l'on vous dit :
Celui là, je le connais, je l'ai aimé
Répondez que ça n'a pas d'importance,
Que vous aussi l'aviez remarqué
Si l'on ne vous dit rien,
Ça n'a pas d'importance,
Vous aimez le silence

Jean-Pierre CLEMENCON - Belgique

Chroniqueurs : Angel - Angèle - Hélène - Marie-Jeanne - Jean-Pierre - Elie

Voici les textes de Février 2002 :

Passage

Transi, gelé, perclus
Le vieil homme est silence
Traversée du désert
Ajoutant des royaumes
À son royaume de peur

Il met son ombre en croupe
Ricochet d'une empreinte
Dans le roc de sa soif
Ne plus trouver la mer
Fosse ouverte dans son âme

Cette fois, il a chaud
Son coeur se prend à battre
En couleurs ensablées
Lourde chape de sel
Sur les dunes ravinées

Il n'a plus qu'un désir
Prendre vite le large
Des saisons carnassières
Lisser ses souvenirs
À rebours du temps perdu

Tout à coup, dans la nuit froide
Retrouver l'éternité
Dernier geste de la main
À ses fils auprès de lui

Dans ses yeux,
l'étonnement...

Angèle LUX - Canada

Ne t'en va pas

Je me souviens si bien de ce matin d’automne
Où délicatement tu m’as pris par la main,
Afin de m’emporter, sans le dire à personne,
Vers l’apaisant espoir d’un autre lendemain

Pour moi seul tu te fis douce fille bohème,
Me suivant sans gémir au bout des chemins creux,
Tu glissas dans mon coeur ce sentiment suprême
Par lequel surviendront les plus beaux jours heureux

Je te voulais soumise et te voici maîtresse
Libre je me pensais, mais suis que prisonnier,
Comme un gros chat je cède à ta moindre caresse
Pour te plaire, j’irai vivre au fond d’un grenier

A ta guise, ma feuille est blanche ou devient noire,
Pour me souffler un vers, tu viens en pleine nuit
Me traîner d’un lit chaud jusqu’à mon écritoire ;
Si je ne réponds pas, boudeuse, tu t’enfuis !

Belle comme une fleur, délicate, arrogante,
Ainsi tu m’apparais Dame Inspiration,
Je t’aime tendrement Déesse séduisante
Et redoute parfois ta disparition

Patrice PIALAT - France

Les ombres grises (extrait)

Les ombres grises de la mélancolie
S'abattent à tir d'ailes.
Flap ! Flap ! Flap ! Font-elles,
Un lourd masque de cire fond,
Sur le visage au cour étreint.
Et c'est comme une tombe muette,
Dont le marbre ne brille plus,
Sous le plomb soleil en amont.
Cour serré, étrillé, galvaudé,
Où êtes-vous ? Vous, mon passé ?
Un méandre se faufile
Au travers du ciel clair.
Il descend comme une vrille
Et nous aveugle de ses dards !
Ah si mon cour pouvait pleurer,
Pour tout ce que la vie lui a fait.
Et comment jamais recevoir
L'amour de celui qui mal aimait !
Et pourquoi ont-ils, eux,
Pour l'égratignure des âmes ?
Si peu de respect.

A quand le matin gris
Où la pluie déshabille
Les fenêtres du ciel s'ouvrent
Et toutes laissent sourdre
La couleur des jours heureux.
C'est le bleu.

Dominique PITCHON - France

En Campagne, le soir . .

Le soir est déjà là . .
Un soleil qui s'obstine
A ne vouloir mourir
Jette ses derniers feux,
Laves exacerbées . .


Tout au bout du chemin,
On croirait voir la mer,
Comme une immense baie,
Au loin un archipel
En de simples nuages . .


Et la brume qui monte
En voiles alanguis
Semble offrir à la terre
Draps de soie pour dormance
Caresses de la nuit . .


Et la brume qui monte
Au coeur des noirs sillons
Leur propose en silence
Voyage sans retour
Au velours de l'oubli . .

Kathy FERRE - France

Le soleil se rêve
Nuit s ' emplit de lune
Cache-cache paupières
Tous les lits découchent

Les pendus qui tombent
A l ' horizontale
La lune qui monte
Et puis qui s ' installe

Quelques saules pêchent
En frôlant l ' étang
La lune les nargue
Pour un bout de temps

La nuit qu ' on ramone
Et qui se replie
Une plume voltige
L ' air part en courant

Un peu plus de feuilles
Quand le réveil sonne
Un peu moins de temps
Pour finir la pomme

Pascal QUERO - France

autre temps

temps imaginaire
gravé
aux portes de l'inconnu

temps immobilisé
à l'horizon
de nos pertes de mémoire

temps holographique
bercé
par nos illusions

juste à la frontière
de ce qui est
serait ou sera

cette galaxie imprévue
sortie
du big bang

histoire plurielle
de l'univers
poétique ou non

Marcel PELTIER - Belgique

je t'imagine nue sous le feuillage nu
tapant des pieds le cliquetis des flaques
courir sans horizon hors les ombres vicieuses
juste ce tabouret de granit ou t'asseoir sur le vent
déjà sans avoir vu le temps
le temps passeur
enfin tranquille et se parler tout seul ,hochant de deux
soupirs et d'un bémol majeur
la tete bien trop lourde d'inutiles retraits
je t'imagine nue la courbe exaltée des caresses
retenir un seul geste qui ne soit qu'un signal
rouille de sémaphore au large de nos rides
je t'imagine nue flotter par l'étendard de pleurs
incontrolés
dans un ciel de bourrasques en plaie protéiforme

BUKO - France

Comme deux étourneaux

Comme deux étourneaux
Dans un ciel embrasé
On va s'élever haut
Se laisser emporter

Puis plonger en rasant
Les herbes de nos ailes
Se poser un instant
S'envoler de plus belle

La fumée sur les toits
Sera une portée
Pour les notes en joie
De nos deux chants flûtés

Et quand sous la rougeur
Donnant de l' ombre au nid
Sonnera enfin l'heure
De se mettre à l'abri

Nos coeurs chauds sous nos plumes
Palpitants des excès
Dormiront sous la brume
De la nuit étouffée.

Michèle HERNOUT - France

Brumes

Brumes aux formes indécises,
Aux ombres douces,
Tu habilles les fleurs,
Tu sommeilles près de la rivière,
Tu joues à saute-mouton avec les ponts…
Tu deviens mystérieuse.
Tu enveloppes les villages,
A la fin du jour, tu musardes !
Tu roules insaisissable,
De vallées en gorges profondes.
Tu ouates le paysage
De mille fantômes.
Tu ralentis la vie !
Tu es impénétrable…
Tu assourdis les bruits.
Dans un dernier sursaut,
Tu lances tes voiles,
A l'assaut du soleil !
Et le matin renaîtra de ta mort,
Comme le fleuve coule vers la mer…

Liliane TOUSSAINT - Belgique

Rêverie . . .

En traces de sanguine
j’esquisse du regard
ses courbes élancées
et ses formes exquises
avec de vagues traits
s’ouvrant sur l’inconnu
comme pour y reprendre
un petit brin de souffle. . .
comme pour imaginer
un doux bouton de rose
aux pétales soyeux
d’une pudeur rubescente
s’excusant des regards
sous un voile doré

retenu un instant
dans sa divine glisse
par le bout d’un sein rose
puis venant s’ébouler
sur les frêles pieds nus
d’une prude angélique.

Jean-Paul SIBONI - Ile de la Réunion

 

Chroniqueurs : Angel - Angèle - Hélène - Marie-Jeanne - Elie

Voici les textes de Janvier 2002 :

 

imagination

imagination
d'être

imaginer un espace neuf
un espace nouveau
un espace sorti de l'oeuf
un espace offert au monde nouveau

imagination

seule
sans le moindre verbe
sans le moindre mot
avec seulement
un petit rien
un petit sourire
au coin de l'oeil
ou peut-être
un murmure à partager

imagination
abandonnée dans la suite imparfaite
du temps infini

imagination
songe fertile d'une réalité nouvelle
puisque l'oiseau est un songe
dans son siècle
d'errances

Marcel PELTIER - Belgique

Terreurs

Cette longue et froide terreur solitaire
qui silencieuse n'en finit pas de s'étendre,
de tisser sa toile au creux de mes reins,
de brûler mon âme de fermer mes mains.

Alors que les mots s'élèvent et l'inspirent
la raison décide qu'il en sera autrement
et la terre ferme comme un sombre abîme
engloutit le noir des pensées qui me brisent.

J'ai beau me débattre je sens ce combat
inégal et perdu, ces deux hommes en moi,
L'un fragile, comme un enfant endormi
L'autre cruel, froid et capable de tout.

Philip FRAYSSE - France

mon père est mort
un après-midi de printemps
les lilas allaient fleurir
je suis mort aussi ce même après-midi
il est mort d'un coup aux derniers jours d'avril
je le cherche dans la mélancolie des après-midi
il revient parfois la nuit
je continue le voyage
dans ce temps de nulle part
dans le printemps du hasard de la mort et des lilas

André DUHAIME - Québec

Vague à l'homme

S'accrocher à quelques petites bulles d'espoir,
Ne pas lever les yeux ni les mains trop haut,
Car seules les plates espérances ne se briseront pas
En tombant.

Trop de pleurs perdus dans les nuits à s'encafarder,
Embrigadés dans le flot gluant
Stagnant aux ramifications des veines.

Laisser s'envoler la fumée des espoirs maudits ;
Les amours perdues sont toujours au creux du ventre.
Elles tordent l'estomac,
Enlisent l'âme dans de mortels combats.

Nous sommes tous nés d'amours perdues,
Nés de ce qui n'est plus.
Nous sommes ce qui n'est plus,
Et le manque et le vide ont bercé toute ma vie.

Dans la mort, au tombeau, peut-être serai-je à nouveau
Ce que tous ont été.
J'espère auparavant donner vide à l'enfant,
Qu'il fleurisse et emplisse le néant des tombeaux.

Myriam LEVAUFRE

Et le coeur ?...

Et le coeur éternue,
Meulé par les galets,
Sur la plage grenue
Des désirs enchaînés...

Et le coeur s'époumone
En plis accordéon,
Refermant la crémone
Sur bulles de savon...

Et le coeur se desquame
A lisser sa douleur,
Comme rides à l'âme,
Pleurant en Ré mineur...

Et le coeur s'encoquille.
Levés, les ponts-levis,
Refermée l'écoutille,
Coraux ensevelis...

Soudain le coeur sursaute.
Un reflux de vigueur,
En une vague haute,
Fustige sa langueur...

Et le coeur s'ébouriffe.
D'un baiser reverdi,
Tendrement il s'agriffe,
Au coeur-à-corps surpris...

Et le coeur caracole.
Aux créneaux de son mât,
S'enroule et rossignole,
Amour en son sabbat...

Nicole HERAULT - France

 

Chroniqueurs : Angèle - Hélène - Jean-Pierre - Elie

Les poèmes précédents :

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1 Trimestre 2001 | 2 Trimestre 2001 | 3 Trimestre 2001 | 4 Trimestre 2001
2 Trimestre 2002 | 3 Trimestre 2002 | 4 Trimestre 2002
1 Trimestre 2003

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