Poésie en Ligne

 

AnPlus désire faire vivre la poésie par l'intermédiaire de la Toile. Dès lors, régulièrement, nous publions, ici, vos poèmes.
Pas n'importe lesquels... un éventail que nous voulons universel et amical.

Voici la sélection de Mars 2007 :

Tendresse

A force de tendresse…

Nous étoufferons nos secrètes blessures
Nous les enroulerons aux cordes d'une harpe
Une harpe vibrante au vent des meurtrissures

A force de tendresse…

Juste après les caresses juste avant les reproches
Nous nous endormirons au creux des instants pâles
Dans le bercement doux des bonheurs à l'affût

Je te tendresserai, mon amour
Et toi tu me tendresseras
Juste toi et moi, mon amour
Juste toi et moi…

Anick BAULARD - France

Escale pour les cieux !

Sous la jupe de ma déchirure,
Je caresse,
Je dorlote
Le portrait de mes blessures,
Je dérange,
Je provoque
Les désordres de l’harmonie,
Je crêpe,
Je rebrousse
Le chignon de la neige,
Cette complice de mes voyages,
Je brille,
Je scintille
Comme les guirlandes de cocagne,
J’éraille ma gloire fanée
Sous mes pieds déchaussés,
Je cajole mon crachin affamé
Qui presse sur mon oreille amollie !
Les torts de ma fantaisie
Puis je m’en vais dans l’essaim des années,
Je m’en vais..
Faire ma vérité,
Emprunter les jambes des dieux
Pour accéder à cet étage
Planté dans mes yeux,
Cette escale pour les cieux

Farid CHETTOUH - Algérie

La lune pécheresse
de la nuit son amante
s'abandonne charnelle
femme consentante
lesbienne repentante
aux pulsions phalliques
d'un clocher
droit comme un i.

Ombre sans lumière
lumière sans ombre
au-delà le néant.

Et dans le plein exercice
de sa profession
lanterne rouge en pas de porte
alcôve pestilentielle
paillasse éventrée
s'abandonne charnelle
la vierge éplorée
par Saint Benêt engrossée
et bénie.

Au-delà le néant.

Raymond MATABOSCH - France

Et m'endormir en toi…

J’aimerais m’immerger dans l'océan sans eau
D'un champ de lin, peut-être,
Ou de lavande en fleurs,
Me fondre en tout ce bleu, comme au ciel un oiseau,
Et ainsi disparaître.

J'aimerais me glisser dans la flamme en éveil
D'une ardente chandelle,
Jouir de sa chaleur,
Briller à son éclat comme un riant soleil,
Puis m'éteindre avec elle.

J'aimerais m'enfouir dans la soie d'un nuage
Au-dessus d'un lac clair,
Oublier ma douleur,
En parcourant l'azur pour un dernier voyage,
Et m'effacer dans l'air.

J'aimerais me couler dans l'or si lumineux
De ton grand cœur de joie,
Y déverser mes pleurs,
M'y blottir, apaisée, tout en fermant les yeux,
Et m'endormir en toi.

Aube ESTRAMBORD - France

Acerbe mais acidulé

Espérer le rêve en poche
le regard déployé
vers une avalanche
de douceurs

âpres douceurs

acre bonheur
d'aimer
de ne pas l'être
croire en toi
être cet autre
dans ton regard

fusionner nos déboires
mais surtout
nos espérances
pour que plus grandes
elles soient

omettre les venelles
larguer nos appréhensions

Sarah GODFROID - Belgique

Confidence au Poète triste

Tu es seul à crever et le temps s'éternise
Sous la fibre éclatée où j'attends le destin
Au fond du jardin clos mi-voilées sur l'assise
Sont mes rouges pensées dans l'odeur du jasmin.

Lesté d'un coeur trop lourd quand la plume te tient
Tu noies le saut de l'Ange au fond de l'encrier
Dans ma grande illusion j'ai peur de n'être rien
Tu ne vois plus, j'étouffe ! Dans ce noir nourricier.

Fais-moi des ronds dans l'eau sous la lune un peu ivre
Dis-moi ces mots d'Amour je te sais Paladin
Oublie sur le versant un seul vers qui délivre
Et laissons nos regards profiter du refrain.

Béatrice ALBA - France

Hier

Le cœur vert...
Je passais les bras ouverts
Au grand vent
Chaud étreignant
Des mirages si lointains.
Entre mes doigts
Coulaient déjà
Les cendres du temps.
J’étais une étoile noire
Tombée dans de trop grands hasards
De sombres hasards...
Un baiser m’eut sauvé.
Mais pas même un baiser.
Un rien...
Pas même une enfance,
Seulement des restes d’amours effilochés

Meroua MAZOUZ - Algérie

Dans la rue la poésie
Avec la musique
Hein mon vieux Léo

La liberté d'Eluard
Sur les grands boulevards
Les paroles de Prévert
Sur les réverbères

En relief sur les murs
Les fulgurances d'Arthur
Dans les rues piétonnières
Les vers d'Apollinaire

Dans la rue la poésie
Avec la musique
Hein mon vieux Léo

Dans les squares isolés
Verlaine et Mallarmé
Dans les espaces verts
Le spleen de Baudelaire

Et s'il y a des graffiti sur le pavé
Ce sera de la faute à Chénier
S'il y a des tags dans le caniveau
Ce sera de la faute à Hugo

Dans la rue la poésie
Avec la musique
Hein mon vieux Léo
Et quand il n'y aura plus
Ni auto ni bus ni métropolitain
Nous prendrons tous ensemble
Le dernier...alexandrin

Patrick DRUART - France

Chroniqueurs : Candy - Sarah - Elie

Voici la sélection de Février 2007 :

Quand…

Quand la nuit radieuse sèmera
Des étoiles princières
Et la nue boudeuse
Des bruines nourricières

Quand l’aube violine enfantera
Des vols d’oiseaux
Et la brise marine
Des émois de bateaux

Quand le soleil orangé inondera
les champs de lin
Et l’infini bleuté
Les remises à foin

Quand la forêt oisive contera
Ses rêves aux animaux
Et la source lascive
Ses fantasmes au ruisseau

Quand la foudre taquine mettra
Les orages en jachères
Et la lune mutine
Les éclipses en bandoulière

Alors mon Amour il sera temps …

Patrick DRUART - France

Vu de Sirius

A la mesure de l'étoile,
Il n'est point de soucis,
Point de manque,
Point de désir.

Caresse de lumière,
Multipliée à l'infini,
A l'échelle des secrets de l'univers,
La fête est là sans artifice.

Ô coule, coule la clarté
Et se répande la joie
Et tel un long foulard
Glisse le flot lumineux.

S'éveillent des jours
Brillants de bonheur
Et des rêves
Tout enrobés d'or.

L'étoile éparpille des paillettes
Douces comme des flocons.
L'étoile comble la nuit
Et j'en oublie les nuages,
La brume et la grisaille.

Micheline BOLAND - Belgique

C’est une question
De congruence.

On croit suivre
La route

Mais elle ment :
Elle se dit droite.

Ce n’est pourtant
Qu’un cercle.

Le centre brûle
Et la circonférence

Recule comme un feu
De foret à l’infini.

Qui livre le livre ?
Qui nuit à la nuit ?

Que j’approfondisse
Ce parchemin

Que jamais
Je ne pourrai fermer.

Alexandre AMPRIMOZ - Canada

Poupard

Sphère vivante
Qui respire le moment
L’errance d’un instant
Empli d’infantilité

Cataplasmes apaisants qui l’entourent
Au sein d’un mélange subtil
De paysages et de clarté
Émaillés d’illusions à déterminer

Arrêts sur image pour quelques instants
Le temps de venir au monde

Transmutations
En peu d’espace

Moi dans tes bras

Sarah GODFROID - Belgique

Viens

Courons vers le jardin scintillant de rosée,
Grisons nous du réveil de la fleur parfumée,
De l'éclosion précoce d'un bourgeon impatient..
La fraîcheur du matin sur nos joues rosissantes,
Pose discrètement les baisers d'une amante,
Et notre coeur frissonne d'une joie partagée..
Je veux prendre ta main, savourer cet instant,
M'émerveiller de tout avec des yeux d'enfant,
En oubliant le temps et en oubliant l'heure....

Claudie ROLLAND - France

Soif d'aimer

Soif d'aimer
hurlante
vibrante
harassante
prisonnière
elle et moi
aimer d’amour vrai
aimer au moins une fois
est un désir sincère
une joie presque mortifère
une faim dans l'exil de l'absence
un cri dans l'asile du silence

Mazouz MEROUA - Algérie

Métro Opéra

Mélodie en sous-sol
Au bord du quai bondé
Du métro Opéra
A l'orée d'un matin

Symphonie sans bémol
Un accordéon chante
Au-dessus des rumeurs
Du terrier citadin

Et tout à coup s'envole
Sur les notes légères
La pétrifiante angoisse
Des demains incertains

L'avenir caracole
Au galop de la rame
Dans l'ombre du tunnel
L'accordéon s'éteint

Reste une clé de sol
Pour ouvrir le placard
Des rêves en sommeil
Et pour les vivre… enfin !

Anick BAULARD - France

Rendez-vous

Tandis qu'à la radio, on scande des refrains
Te voilà sémillant, comme fendant la nue
Sur le seuil, tes bras forts me font courber les reins
Puis, j'écoute mon coeur, savoure ta venue

Ce soir, beau et rieur, paraît mon bien-aimé
Par sa seule présence, il irradie la place
Se taisent les tabous, le ciel nous est fermé
Rien que de s'enlacer, la tendresse délasse

Ton regard m'est témoin tel une sentinelle
Gommons les aiguilles du pendule acharné
Résiste le tandem, sa flamme est éternelle
Et rien que d'y penser, c'est bonheur spontané

Viens que je t'enracine à l'exemple d'un chêne
Car, toi seul sais calmer mon désir de morfal
Sans ce rendez-vous doux, c'est l'enfer à la chaîne
Sous tes yeux ébahis, me transforme en nymphal

Lise OUELLETTE - Canada

Mon âme plane

Mon âme plane
Légère et solitaire
Comme feuille filée
Au dessus des nuées.

Mon âme chante
Comme un elfe
Dans les forêts de brume,
Dame de Brocéliande.

Mon âme chante
Comme une mélopée
musique venue d'ailleurs
Charme de l'enchanteur.

Mon âme rit
Comme fantôme blanc
Au coeur d'une folie noire
Dans le bruit des sourires.

Mon âme chante et danse,
Pleure et rit
Plane à jamais,
Ectoplasme de la nuit.

Annick MARC-DUPREY - France

Douceur des Indes
Sur mon coeur te sentir
Pour toujours tu possède
Ce pouvoir de me retenir

Oh! Tendre Déchirure
Vers Toi d'Occident
Mon coeur soupire
Vers Toi qui étalent l'Orient
Douce Patrie qui de moi
T'arrache, sans vergogne

Fatal Destin, Douceur d'Ouragan
Que de m'imaginer
Près de toi, Ma Douceur des îles

Anne LATULIPE - France - 17 ans

Chroniqueurs : Candy - Sarah - Robert - Elie

Voici la sélection de Janvier 2007 :

Vivaldi

Il pleut des larmes de nostalgie,
Vivaldi violonise l'automne,
les feuilles rousses de notre vie,
hésitent dans le ciel qui s'étonne.

Gris, les nuages se précipitent
dans la course effrénée des saisons,
sur mes fenêtres, la pluie crépite,
le temps se met au diapason.

Ces saisons que je voyais joyeuses,
à mes années d'adolescente
elles me poussaient, un peu curieuse,
aux bras de mes amour naissantes.

Premiers baisers, douceurs intimes,
premiers regards à coeur battant,
premiers frissons, parcours infimes,
sentir tout son corps qui s'éprend......

Connaître les printemps fougueux
aux premiers bourgeons de caresses
des étés d'or, enfants joyeux,
des automnes crépitant de tendresse.

Hivers, boules de neige et bonhommes,
enfin les retours nidifiants,
des oiseaux regagnant leurs homes,
fêtant les aubes de leurs chants.

Vivaldi, je te mets en boucle,
car tu es l'hymne de ma vie,
au lit, blotissons notre couple
et mélangeons nos cheveux gris...

Ghislaine BRICOUT - France

Je me présente, Sabrina Délicieux
Je suis mannequin et le porte bien.
Je ne le cache pas, ça ne sert à rien,
Pour le plaisir de vos yeux, messieurs.

A la une de Paris Match ou Voici,
Je me vois partout, vous me regardez,
Aurais-je encore de l'intimité?
J'aimerai tant, je vous en remercie.

Je marche d'un pas assuré mais je doute,
de moi de ces messieurs de vous, de tous.
Sur mes fines jambes je déambule, en route.

Je roule, j'arrête, je redémarre vers autre part,
un autre but dans ma vie m'est parvenu,
une autre passion s'est interposée,

C'est Toi .

Camille SAUVANET - France - 16 ans

Peintre et poète

Tu es l'image
Je suis la parole
Toujours un peu… folle
Que tes mains encagent
Je prends la parole
Tu transformes l'image
Toujours trop… sage
Mes mains te désolent

Elles tournent les pages
Vont viennent et caracolent
Sur ton corps symbole
Mon esprit déménage

Alors d'un point de colle
Tu figes mon image
Tu es toujours trop… sage
J'en ai perdu la parole

Gilbert MARQUES - France

Tic, tac,tic, tac, tic, tac, tic, tac.
Filent les aiguilles du temps.

Se prendre en charge,
Cage regagnée,
Sagesse retrouvée,
Le grand voyage.

Le jour d'aujourd'hui,
Celui de demain,
Et puis samedi,
Semaine au loin.

Le pur dimanche,
Lundi du travail,
Délai et manque,
À odeur de l'ail.

Mardi des ennuis,
Spasme des questions:
Pourquoi moi? À qui?
Ruine la raison.

Mercredi, jeudi,
Angoissant fourbi!
La lueur la-bas
Vendredi déjà.

Passe la vie pour:
Samedi au four,
Joies des dimanches
En robe blanche.

Tic, tac, tic, tac, tic, tac, tic, tac.
Filent les aigulles du temps.

Gaétane LANDRY - Québec

Ma brune

Brune elle était, si brune…
Et je dormais dans ses cheveux ;
La lampe luisait comme lune
Au profond du lac de ses yeux.

Lisse elle était, si lisse…
Et je tremblais de la froisser
Lorsque je frôlais, subreptice,
Sa joue, au creux de l'oreiller.

Pure elle était, si pure…
Et j'esquissais du bout des doigts,
Timidement, la douce épure
De son profil de tanagra.

Froide elle était, si froide…
Et je couvrais de baisers chauds,
Pour qu'elle se fasse moins roide,
La porcelaine de sa peau.

Chère elle m'était, si chère…
Et le regret me prend souvent
D'avoir abandonné, naguère,
…Cette poupée de mes cinq ans.

Anick BAULARD - France

Chaque étoile chante l’inspir et l’expir de l’univers :
le cœur du vieillard
la fleur à peine éclose
la fougère fossile

L’inspir d’un soleil monte du fond des âges
dans le fracas des silex des cris et des armes
dans le pigment des formes rupestres
L’expir d’un soleil se confond avec la trajectoire d’une fusée
les cris d’une femme en couche la fission de l’atome

Quand l’Homme se souvient d’être une étoile
le soleil en lui respire :
il fait son jeu de l’Histoire
parce qu’en lui se résorbent l’animal et l’ange
l’arbre le caillou et l’humain
parce qu’en lui jeunesse et vieillesse
s’absorbent dans le même Feu

Olivier WALTER - France



Chroniqueurs : Sarah - Elie


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