Poésie en Ligne

 

AnPlus désire faire vivre la poésie par l'intermédiaire de la Toile. Dès lors, régulièrement, nous publions, ici, vos poèmes.
Pas n'importe lesquels... un éventail que nous voulons universel et amical.

Voici la sélection de Mars 2008 :

Sur ses mains je dormais;
Somnolais, rêvais,
De ses seins je buvais
Joie et gaieté
J'étais le môme
Et dans ses yeux
J'étais son homme
Elle me contemplait
Et je grandissais
Elle me berçait
Comme les fleurs d'étang
Sur mes cahiers d'écolier
Je dessinais mon ange
Volant dans les cieux
Ou sous les ombrages des palmiers
Les printemps passèrent
Elle m'aimait encore
Comme les fleurs d'étang...!

Mohammed EL QOCH - Maroc

Neige de mars

Il a neigé sur les jonquilles…
On s'était réjouis trop tôt
En croyant qu'on verrait bientôt
Refleurir les jambes des filles

Le printemps nous a fait faux bond,
Les jup's sont restées au placard,
On rêvera un peu plus tard
Aux genoux et aux mollets ronds.

Pour le barbecue en famille,
On avait sorti les grillades,
Mais Mars nous a laissé en rade :
Il a neigé sur les jonquilles.

Le pommier du Japon s'éteint
Comme le ferait une flamme
Au vent glacé ; même mon âme
Est un peu chiffon, ce matin.

Et je navigue à la godille
Entre l'hiver et le printemps,
"Y a plus d'saisons", décidément :
Il a neigé sur les jonquilles !

Anick BAULARD - France

Les rêves perdus

Où flânent les rêves perdus ?
Dans l'océan de la chimère
Aux confins des jours suspendus
Où flânent les rêves perdus ?
Déjà les matins confondus
La vie échange l'éphémère
Où flânent les rêves perdus ?
Dans l'océan de la chimère.

Elie DUVIVIER - Belgique

Redoutable solitude

Sur notre île de vie
nous nous sommes aimés,
sans assouvissement,
d'ivresse à tendresse.
Les jours étaient des vagues
nos disputes des orages.
Au chevalet des ans
notre toile a pris forme
gardant jalousement les touches du pinceau:
passant du rose au bleu
aux berceaux des naissances,
éclatant de soleil aux étés des vacances,
parfumée des lilas des printemps,
des muguets de tes années passant,
rousse des automnes trop pressés.
Aujourd'hui l'horizon s'ennuage
et nous devons penser par bribes nostalgiques
au jour où l'autre n'aura plus sa moitié!
La voilà la solitude, le cristal qui se brise
fracassant le logis
silence traversé des bruits habituels.
Mais le printemps verdoie là bas à l'horizon.
Nous sommes là tous deux!
Vivons, vivons encore nos belles habitudes
entier pas à demi: deux cœurs, deux corps.
Chassons de nos pensées, la triste solitude......

Ghislaine BRICOUT - France

Chroniqueurs : Candy - Sarah - Elie
Invité(e)s : Christine - Diane - Gaétane - Isabelle - Lise - Patrick

 

Voici la sélection de Février 2008 :

Utopie ?

"Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant"
D'une terre inconnue dont le désir me hante,
Quand la laideur des jours parfois me désenchante,
Une contrée lointaine aux parfums enivrants.

Il me faudrait bâtir un pont sur l'océan
Pour aborder l'ailleurs, la rive des possibles,
Ou tendre un fil de soie, un lien presqu' invisible
Entr' ici et là-bas, demain et maintenant.

Peut-être trouverai-je un chemin d'au-delà
Au noir de mes nuits blanches, au cœur de ma folie,
Quand le silence bleu s'installe au bord du lit,
Comme un couvercle lourd, un oreiller de bois.

Une terre inconnue… Sera-t-elle ocre ou verte ?
Désert de sable bistre ou bien lande d'ajoncs ?
Je ne sais pas encore, je ne sais pas son nom,
Mais je sais qu'elle existe, que la porte est ouverte.

Et sur le seuil du songe, qu'il est beau ce pays !
J'en respire le vent, j'en savoure le sel ;
Nuit après nuit, je vole, chaque fois qu'il m'appelle,
Etrange et pénétrant, ce rêve… Une utopie ?

Anick BAULARD - France

Nature violée

Mangée de flammes,
dévorée de rougeoiements,
la forêt se consume.
Son corps torturé
se tord sous le vent chaud,
son feu d'artifice étincelant
étoile la nuit.......

Nature violée
réduite en cendres grises
s'envolant en nuages
sous le mistral perdant,
laissant des ombres torturées!

Nature, ne t'endors pas,
comme une fille abusée
tu essaieras de renaitre
quand le printemps reviendra........

Ghislaine BRICOUT - France

La surprise

Pendant que la rivière dormait
La neige a tombé, tombé,tombé...
Ce matin, tout n'est que blancheur
Sous la musique violente du vent.

La neige est fine et virevolte
Comme une danseuse désinvolte;
Elle s'envole sous la tourmente
Pendant que ma clôture se lamente.

La neige se laisse glisser
Impudique, elle joue avec le vent;
Elle sait aussi devenir petit enfant
Pour les souvenirs des plus grands.

Ah! comme la neige s'amoncelle,
Dans mon coeur, sur ma vie...
Ah! comme la neige rappelle,
L'inconcevable solitude ensevelie.

La neige recouvre le monde et
Dans sa froide étreinte,
Elle tente de cacher les misères,
Les crimes et les montagnes en ruines.

La neige sait envelopper
Le paysage noir de l'hiver,
Dans un grand drap blanc plissée
Joie du marcheur et de ses congénères.

Gaétane LANDRY - Québec

Chroniqueurs : Candy - Sarah - Elie
Invité(e)s : Christine - Diane - Lise - Patrick

Voici la sélection de Janvier 2008 :


Sur un banc

Il était installé à l'un des bouts du banc
Quand elle vint s'asseoir, à l'autre bout du banc ;
Ça ne fit pas de bruit, juste un petit froufrou,
Un frisson de satin, comme une brise d'août ;

Ça ébranla un peu l'extrémité du banc,
Oh, juste un petit peu, un léger tremblement.
Il ne tressaillit point, ne bougea pas un cil
N'osant croire, déjà, au début d'une idylle.

Et puis il l'entendit dégrafer son manteau…
Alors s'épanouit, comme rose à l'aurore,
Une senteur poivrée qui sourdait de son corps,
Un parfum envoûtant d'iris et de lis d'eau.

Et soudain, sur ce banc, dans ce quartier banal,
Son enfance surgit d'un coin de sa mémoire,
Les draps de grosse toile, au profond de l'armoire,
Sa mère et ses baisers, quand il avait trop mal.

Il lui semblait aussi sentir sur son palais
La confiture de coings, dans la cuisine fraîche,
Et, sous sa main d'enfant, la caresse un peu rêche
De la nappe à carreaux, tout juste amidonnée…

Lorsqu'elle se leva, de l'autre bout du banc,
Il sut qu'il ne pourrait plus jamais oublier
Cette femme inconnue, un court instant frôlée,
Rencontre de hasard, un cadeau du printemps.

Il l'aimerait longtemps, la jolie demoiselle,
Dont le parfum était tout ce qu'il saurait d'elle,
Et les sens en émoi, heureux comme un dimanche,
A tâtons, sur le banc, reprit sa canne blanche.

Anick BAULARD - France

Nos heures D'alcôves

J’aimerais t’écrire quelques mots
Beau loup de mes heures inavouées
Balançant tes anneaux aux limbes cuivrés
Même si je sais que je ne pourrai
Divulguer en quelques lignes
L’immensité de mon estime
Quand, à mes falaises arrondies
Tu jettes tes bras ronds
L’écume des interdits
Fait rougir l’horizon
Et l’aiguille de l’horloge
Tourne sans regarder
Les heures où tu déloges
Le quotidien usé
Pour oser nos éloges
Accroché à tes cils, nous tissons l’exil
Quand nos peaux se rencontrent
C’est toutes les épices d’un ciel d’orient
Ou la sueur réglisse des océans
Qui voyagent entre nos murs blancs
Si les murs nous contiennent
Nos bouches nous délivrent
Et je sais qu’un jour un Eden
Se targuera d'y loger domicile,
Là dans ces appartements
Que nous n’habitons pas
Dans ces parcs où nous marchons
Où nous roulons nos heures trop courtes
A l’humus du temps, à la sève des amants

Juliette MOUQUET - France

Femme-Monde

La femme est Afrique
Qui ne s’assume pas
Qui s’évertue à ressembler
A ceux qui ne l’acceptent pas

La femme est Orient
Qui s’assume trop
Qui s’évertue à dominer
Ceux qui lui ressemblent trop

La femme est Occident
Qui est fière de ce qu’elle est
Qui s’évertue à éduquer
Ceux qui ne lui ressemblent pas assez

Leyla AL-SADI - France

Noyé dans mon manteau de brume, déçu,
Cherchant sous les pierres, la perle bleue, perdue
De peine en peine, figé et l'âme meurtrie
Sous un ciel transparent, j'ai touché la vie

Dans le regard de l'autre ....

Etonné, surpris, autant que bouleversé
N'osant respirer de peur de tout briser
J'ai suivi tes pas, attaché mon regard
Un rien priant que ce ne soit un hasard

Eh-Oh, Mon Dieu ...

Soulevant les pierres, alors tu m'as montré
Au coeur de l'eau, me suis ensuite penché
Au pied des fleurs et sur la mousse tendre
Venant de toi, j'ai pu enfin la prendre

Tous mes trésors retrouvés ...

Tissés de mille pétales, nos coeurs enlacés
Surpris l'un de l'autre par tant de beauté
Vivons la joie du rêve. Ecoutes, dès ce jour
Nous moissonnerons les étoiles, un jour, peut-être ...

Ce sera déjà le bonheur ...

Roselyne CABIOCH - France

Ma mère, une femme en couleurs

Ô maman, c'est ta créativité,
Que j'ai voulu coucher sur papier
Méritant une notoriété
Pour ta vie, chacune de tes journées.

La comédienne en chapeau,
Vrai mannequin du temps
Un sourire en disant gros
Défiant les barrières du vent.

Miroitement de ta passion,
Des mots, des gestes, des émotions
Et ta soupape en images
Devant les beaux paysages.

Pour douze années de gestation,
Cela mérite une longue ovation.
Mais que dire de cette grande tablée
Interrogations des ventres affamés.

Un jour, tu as traversé la rivière
Je scrute l'horizon de ma fenêtre
Et il me semble te reconnaître
Dans le chant de l'imaginaire.

Ose, dispose, petit doigt ose...

Immuable et insaisissable dans l'hier,
Imaginative et créative dans le présent,
Étonnante et expéditive dans le futur.

Vole, ma mère, je sais que tu te reposes...

Gaétane LANDRY - Québec

Transparences

Dans son regard livide,
Je me sens néant.
Il est là,
Il n'est pas là...
En même temps.

Dans mon coeur avide,
Je le sens absent.
Je suis là,
Je ne suis pas là...
Je l'aime tant.

Marie DEPRIS - Belgique

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