Voici les textes du mois de Juin 2001 :
Contre-fenêtre
Le soleil aujourd'hui a boudé ma fenêtre.
Je force mon regard
et le charme certain de ces arbres noircis
sur ce ciel blanc taché de gris
m'évoque une photographie
J'imagine un rayon
Il me frôle
ouvre une autre fenêtre que vous ne verrez pas
sur ceux qui m'aimaient autre fois
Ils sont dans un décor un peu figé .
Pourtant
reste leur souvenir sous-verre de tendresse
Les rayons aujourd'hui ont boudé ma fenêtre
pour me rendre à ma vie.
Hélène SORIS - France
Ballet nocturne
En martelant l'asphalte brune,
le clic-clac de mes talons résonnent sur la lune.
Dans un micmac d'ombres comme des majuscules
j'entends une rythmique, qui aussitôt me stimule !
Les comètes sèment dans leurs sillages
de fines sonorités poudreuses dans le feuillage,
les cigales coopèrent en montant crescendo,
dans une formidable chorale, qui donne le tempo.
Le ciel a revêtu son costume de brume,
j'aperçois au travers, les étoiles qui s'allument.
Filant le canevas sidéral de leurs paillettes,
elles ouvrent le bal, et jouent les vedettes !
Rimbaud les froissait dans un doux froufrou,
la poésie se fait reine, voilà qu'elles rejouent !
Le concert est planétaire de Vénus à Jupiter,
le clic-clic de mes talons, parcoure l'univers !
Valérie VIVES - France
Mots
J'éjacule des mots de ma plume démente
Et les vers et les strophes
Enfantent blanc et noir
Me laissant pure, chaste et vierge
Et neuve.
Mais l'âme solitaire en son obscure clarté
N'a que des mots, chuchotements vagabonds
Comme un long glas monotone
Qui marquent la cadence d'une envie
De mordre, hurler et rire.
Angèle LUX - Canada
De vieilles prédictions pour bâtir cet
hiver
dans les paroles de laugure des légendes imminentes
et le souffle des cartes détrônant danciennes solitudes
Hiver des pressentiments Prières Echos
Chuchotements Harcèlement épars dans la brume
Ancestrales promesses nouvelles amours
la peur figée la magie des corps défaillants
dans lobscurité le temps dun coït
Dautres labyrinthes de sable pour ce pieux hiver
Frédéric POUCHOL
Chroniqueurs : Alain - Angel - François-Bernard - Hélène - Marie-Jeanne - Elie
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Voici les textes du mois de Mai 2001 :
Le poème voyageur
Bien à califourchon sur le dos de la voix
Le poème s'envole et plane parmi nous
Il s'étonne du vide et se retient au cou
De l'oiseau qui l'emporte au travers de nos croix.
Tout se passera bien - mais en fait tout dépend
De l'oiseau de la voix qui porte le poème :
Si la plume défaille ou si les ailes blêmes
Manquent le creux du val, quittent le sens du vent,
Le vers pâlit, chavire et s'écrase en hurlant
Sur la scène dans un silence de terreur,
Et, brisé, pantelant, il agonise et meurt,
Pendant qu'au loin l'oiseau s'efface en gémissant.
Mais si l'oiseau, glissant sur la brise du cour,
Tourne, vole et revient et sait virer sur l'aile,
Alors toute la joie du poème étincelle
Et ainsi se transmet l'Ineffable Bonheur.
Marielle-Frédéric TURPAUD - France
Le retour de la petite fille
Combien de temps, tai-je cherchée,
Toi qui tout au fond de moi était cachée,
Ce fardeau bâti par moi, je lai tant traîné,
A ne plus pouvoir simplement le supporter.
Javais oublié la beauté, même là vie,
Il me semblait quelle nétait que soucis,
Et pourtant un matin de printemps, lespoir a lui,
Laissant réapparaître celle que jétais, que je suis.
Je vous parle de celle ancrée au fond de moi,
Qui me connaît plus que moi, du bout des doigts,
Qui trop souvent me délaisse, séchappe de moi,
Elle seule ressent en confidente, tous mes émois.
Mais avec tendresse, elle sest présentée,
Dans le silence de ce jour, pour me rappeler,
Combien il était important de savoir aimer,
Que la vie navait que cette unique finalité!
Jai redécouvert avec grande joie, ce cadeau,
Qui nest pas fait seulement de quelques mots,
La vie coule en moi, comme une chute deau,
La petite fille maidera dans mon renouveau.
Certes, la vie ne changera pas dun coup,
Mais je la veux, et de plus la vivre jusquau bout,
Combien de fois, ai-je été rapidement à genoux,
Mais avec elle, avec lamour je suis debout.
Michèle ROELLINGER - France
Ma meilleure amie
Le temps passe ...
Et on s'éloigne peu à peu.
Le temps, l'espace, la vie.
On finit par n'être plus qu'un nom sur une enveloppe.
On se retrouve, quelques années plus tard.
Dans une gare, on se cherche du regard.
Se connaître depuis si longtemps ...
Et avoir peur de ne pas se reconnaître.
Tout est à recommencer.
On ne se connaît plus ... ou pas?
Et le temps passe, ... encore.
Mais il rapproche.
On se rend compte combien avoir une amie nous a manqué.
De tout ce que l'on aurait pu partager.
Depuis, on passe le temps.
On rattrape le temps perdu.
On redécouvre qui est l'autre.
13 ans d'amitié ...
Où s'en va tout ce temps qui passe?
Marie DEPRIS - Belgique
Chatières
Dans ma maison il y a une chatière
pour que tu puisse entrer
sans passer par l'enfer
et sortir sans te mouiller les pieds
J'ouvre mon petit panneau de paupière d'eau
comme un livre sur lequel essuyer tes mots
Dans ma main, il y a une chatière
pour que ta main puisse la traverser
sans être gênée par ma peau
ni tomber dans mes signes en serrure
J'ouvre tes doigts vidés de vol
leur danse comprimée sous le sommet du sol
Dans mes yeux il y a une chatière
pour l'évasion de la lumière
quand tu viens bleuir mes feux d'homme
avec ton ventre allongé sur le dos
J'ouvre les cils entre tes jambes
comme un visage prolongé de pinceaux
Dans ma chatière, il y a ta chambre de silhouette
encre pleine au milieu d'un corps vide
rien n'y entre pour que tu puisse marcher
et délacer les volets des pages
Steph - France
L'avoeu !
Bien-sûr je suis sensible au mot tendre, câlin,
Néammoins dans lhumain, vit encor un félin
Conservant malgré tout, linstinct dindépendance
;
Sa patte de velours ne durera quun temps
Elle pourrait griffer si tu la tiens longtemps,
Te faisant regretter alors ton imprudence
Trois autres femmes sont déjà sur mon
chemin
Lune sur mon genoux, lautre occupe ma main,
La dernière a sur moi, des emprises fatales
Plume, tranquillité, guitare sont les noms
Des Dames mharcelant
sans tambours ni clairons
Mais qui te paraîtront de sournoises rivales
Près de toi, je voudrais, construire, partager,
Pourtant doutant de moi, pourrais-je mengager
Aimer cest quelquefois avouer sa faiblesse ;
En te montrant du doigt, une possible erreur
En voulant simplement préserver ton bonheur
Je toffre pour la vie, un torrent de tendresse
Patrice PIALAT - France
Chroniqueurs : Alain - Angel - François-Bernard - Hélène - Elie
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Voici les textes du mois d'Avril 2001 :
En vertu de l'union
J'ai appris à aider,
J'ai appris à aimer,
J'ai imploré des pardons,
J'ai absorbé mon sang..
Je donnerai une forme à la pitié
Que j'afficherai en exposition !
Au gens sans pitié, je supprimerai leurs héritiers,
De peur que bonté et méchanceté soient en confusion.
Si j'étais chassée par un lion
J'aurai su qu'il était sauvage,
Si j'étais blessée par un démon
J'aurai su qu'il était loin d'être sage.
Point de remèdes à nos naufrages,
A la vérité qui est en marge,
Aux mensonge et à la rage,
A la bonté en mirage.
Que nous apprenions à renaître,
A blanchir nos pages.
Supplions les peintres de donner à la pitié
Sa couleur, qui sera celle de notre drapeau,
Celle que nous décrirons aux aveugles,
transmis aux exilés,
Celle qui sera sous nos vaisseaux,
Celle que verront les enfants dans leur berceau.
Kahina AIT DAHMANE - Algérie
Poussières bleues
Qui poussent sous les chaises.
Poussières d'or
qui poussent sous les lits.
Un coup de balai venteux
qui vient du Nord
blizzarde les moutons.
Les meubles de garde
n'y peuvent rien.
L'araignée en perd son chemin
ses échasses fines
s'enchâssent
dans le tapis de soie
verte.
C'est l'araignée qui est verte.
Le tapis, lui
a perdu toutes ses couleurs.
Elles ont disparu la nuit dernière.
Elles ne sont pas sous les chaises,
elles ne sont pas sous les lits.
Alors on a mis un avis de recherche
sur le réveille-matin.
Le matin a réveillé le soleil
mais les couleurs du tapis
sont restées accrochées
dans l'arc-en-ciel !!!
Chris VERLON - France
Un moment d'éternité
Il faisait nuit noire.
Assis sur le bord de la route, ils ne disaient rien.
Ils se regardaient, simplement, en souriant ...
Il faisait frais, elle se sentait bien.
Elle ne pensait à rien d'autre, sinon au fait qu'elle se sentait bien.
Si bien, qu'elle espéra que ce moment dure éternellement.
Elle aurait payé cher pour savoir ce qu'il pensait en ce moment.
Tout compte fait, elle pensait bien à quelque chose.
Marie DEPRIS - Belgique
Noyée dans un océan de mortier...
Noyée dans un océan de mortier et de papier
Je tente d'atteindre le fond de ma nuit
Faire éclater la syntaxe,
Danser les sèmes
À la face du taire.
Le quotidien est trop près
Trop près au creux de moi
Comme une seconde peau de misère
Qui à tire-d'aile se desquame
Pour devenir noirceur
Et densité du silence consenti.
Trop d'hommes meurent ainsi en silence
Dans l'impuissance à dire
Ces paroles tuées et jamais écrites
Entrailles et mémoire des hommes
Au bal des mal aimés.
Les larmes
Une enfance qui s'en vient et, qui sait,
peut-être se perdra,
Se souvenir d'hier, revoir demain,
les beaux jours d'avant,
Dire et redire les mots et les sons,
ceux d'un passé qui se blotti dans mes bras,
Etre alors celui qui te les offrira,
ces larmes de joies, apportées par le vent.
François LUTECE - Belgique
Les dimanches de traîne
Les dimanches de traîne où l'heure s'éparpille
où baille une rengaine
Les dimanches si longs...
...Etendent leurs soupirs en souffles élastiques
en chemins infinis
Les jours lents alanguis
gris de mélancolie
flânent sous nos regards .
Nos émois endormis,
nourris de verres vides au coin de la sellette
de poésie glanée au blanc souillé d'un livre
retrouvé par hasard
dans un très vieux fouillis poussiéreux de mémoires,
Nos souvenirs enfuis,
s'effeuillent.
Les dimanches de traîne
il vaudrait mieux dormir.
Je déplie grand mes ailes pour m'élancer
Prendre mon élan avant de s'envoler
Sous le sort de l'enlèvement.
Etre soulevée de la terre
Par les forces du vent
Joindre ciels et mers
Du bout des pieds
Divinement
Danielle ROBICHAUD - Canada
Deux yeux verts luisent sous des cheveux noirs
Un soleil vert s'élève dans les ténèbres
Où deux larmes vertes s'écoulent, déchirant le ciel,
Tristes et froides pensées striant le papier d'une journée perdue
Deux yeux azurs s'étalent sous des cheveux blonds
Le sable jette des éclairs blonds dans un ciel d'acier
Le regard s'enfonce dans cette galaxie d'azur brûlé ;
C'est un moment de beauté, un instant de plaisir donné
Deux yeux marrons sous des cheveux châtains
L'automne fait tomber les feuilles des marronniers
Qui lancent des éclats blonds de tous cotés ;
Une fixité, une humanité envahissent un visage
Ses cheveux s'écoulent sur ses douces épaules
Dans ses yeux, deux lunes brillent
Et de son corps jaillit une inépuisable source de chaleur
Qui ranime mon bouquet déjà fané ;
Mon bouquet qui avait poussé dans la paix
Où deux courants d'air s'en vont retourner.
Pascal VILLARET - France
Israël
Israël,
Couleur de feu et ciel
Montagnes en rouge et orange
Douce terre de miel
Civilisations en mélange
Terre promise
Pour avant et maintenant
Conquise et reconquise
Depuis la nuit des temps
Israël,
Jéricho, dix mille ans à écrire
Tel-Aviv, cinquante printemps
Massada, l'éternité du souvenir
Jérusalem, Jésus et son temps
Chapelle des champs
Au détour d'un petit chemin,
Paraît une vieille chapelle-
Des murs de pierres font l'écrin,
De ce tableau, teintes pastelles.
Aux alentours, l'herbe est brûlée
Par le soleil des jours d'été.
On voit les insectes volés,
Seul bruit dans la tranquillité.
Ce petit bâtiment...jouet !
Coiffé d'un court et beau clocher,
Offre ses murs moussus et muets,
Maison de Dieu ou bien rocher ?
Il faut gravir les quelques marches,
Pour pousser une lourde porte,
Qui vous invite à franchir l'arche
Voûte de pierre qui supporte.
Un doux silence vous saisit !
Des rayons de couleurs éclairent
Les bancs de bois, un peu moisis,
Malgré la chaleur régulière.
Au fond, dans l'arrondi du coeur,
L'autel de bois, sur une pierre,
Sous une croix du Christ vainqueur,
A du ouïr beaucoup de prières.
Plaine des sables
Elle niche dans l'azur sur un infini de bleu
Une alliance de grains multicolores, étincelants
Comme des milliers d'étoiles ou de gouttes de sang
Qui ont jailli de l'âme de la terre en bouquets de feu
Puis éteintes et refroidies par la patience du temps.
Dès l'aube les rayons de rubis égaient
ce décor
D'ombres démesurées des sommets escarpés
Faisant scintiller les perles de scories bleutées
Et miroiter à nos yeux des étincelles d'or
Jusqu'aux pieds des dômes aux cratères endormis.
Quand la brume l'escalade et la couvre en confiance
D'une couche de ouate, quelques sombres pics émergent
Comme des sentinelles du paradis érigeant leur cierge,
Un monde fantastique qui oppresse à outrance
Dans un silence feutré où nul bruit ne peut naître.
Jean-Paul SIBONI - Ile de la Réunion
Chroniqueurs : Alain - Angel - François-Bernard - Hélène - Marie-Jeanne - Elie
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1 Trimestre 2001 | 3
Trimestre 2001 | 4 Trimestre 2001
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Trimestre 2002
1 Trimestre 2003