Poésie en Ligne

 

Parallèlement à la revue trimestrielle, An + désire faire vivre la poésie par l'intermédiaire de la Toile. Dès lors, mensuellement, nous publions, ici, vos poèmes. Pas n'importe quoi... un éventail que nous voulons universel et amical. Pas nécessairement inclus dans la revue.

Voici les textes de Juin 2002 :

 

Les ruches célestes

Trop de clichés suicide,
Dans ces grands cieux limpides
Qui me parlent de si haut !
Je les entends marcher
Au plafond de mon crâne,
Sur le sable, les pavés,
Chargés de mots profanes !

Des singes et des poèmes acrobates
Dégringolant les échelles
D'incarnat et de miel,
Trois cents blancs cavaliers,
Surgissant des murailles !

Le ciel rouge comme une entaille,
Et ses milliers d'abeilles,
Corps de soie et de cannelle
Aux abdomens mutilés,
Qui s'abattent sur mon sommeil
Et poignardent mon oreiller!

Grand bleu translucide,
Elixir de pleurs,
Les parfums interdits
Imprègnent les vapeurs
De leur souffle indélébile.

C'est ce que j'appelle le soleil !

Dans le noir encrier
Où l'espoir va puiser,
Le cœur d'une bougie
Vacille dans la nuit.

Cathy GARCIA - France

Printemps

Chaque bourgeon qui s'ouvre
est coupe d'espérance,
- Chaque balle tirée
est ricochet de honte,
La feuille se découvre
en vertu d'innocence,
- Dans la main maculée
hurle le sang de l'Autre,
Chaque aubépine en fleur
est neige d'abondance,
- Chaque homme bâillonné
est opprobre du monde,
Pour l'abeille en ardeur
le nectar est laitance,
- Vive la Liberté
crie Gavroche en sa tombe,
Chaque oiseau qui pépie
est promesse de chance,
- Chaque femme violée
est rouge cri de mort,
Le ruisseau fait la vie
et l'amour sous les branches,
- Tout visage voilé
défigure l'aurore,
Chaque enfant nouveau-né
donne un printemps rieur,

- Chaque enfant massacré
est printemps qui se meurt.

Nicole HERAULT - France

Sidussou

je me suis roulée
Dans la terre,
J'étais brune
Ou femme noire.

Je me suis couverte
De sable,
J'étais beige
Ou femme blanche.

J'ai pris un voile,
L'ai posé sur ma tête;
J'étais mmusulmane,
Ou juive si je mettais
Une perruque.

J'ai mis une chaîne
Autour de mon cou;
Ai fait danser
Le croissant, l'étoile
Et la croix.

j'ai enlevé la chaîne,
Le voile, la perruque,
Le sable et la terre;
-Comme toutes les autres
J'étais une femme.

Sarah GODFROID (17 ans) - Belgique

Retrouvez les essais de jeunes québecois de 17 ans

Tradition écolière

Aller, jouer, sans pantalons
Jeunes enfants, libres girouettes;
Allez jouer au verts vallons
Chers écoliers -las marionnettes;

Tandis qu'au fond de vos casquettes
Comme en un grand jeu de ballon,
Vos professeurs de castagnettes
Vous -livrerons- tous au salon;

Et blanchissant, tels des cotons,
Vos petits yeux de leurs craies bêtes
Ils feront de vous des moutons
De la vraie vie analphabète!

Paul HARNOIS - Québec

Ostende

je reconnais
en moi
cette lumière
qui s'oublie
dans les pas d'ostende
gommés
par la splendide lueur
de la pluie

quelque part
au large
du Casino fantôme

je mange
encore
dans ton coeur

les miettes
de l'adieu

Patrick DEVAUX - Belgique

Une oasis de soleil

Les chants s'élèvent, limpides, joyeux
Par-delà bijoux et voiles soyeux
Empreints des rythmes brûlants du tam-tam.

L'homme au coeur ineffable et animé
Dès l'aube en une bouffée de vanille,
Tel un tigre, de gazelle, affamé
De tout temps, ne cesse d'aimer la vie.

Les charmeuses de serpents, sous la pluie
Dansent; sifflant leur absinthe sacrée.
Les djembés tonnent, vibrent dans la nuit.

La vie découvre ses cryptes magiques :
Langues mirages : yorouba, soussou...
Tant de mondes inconnus et mystiques
Que perçoit l'aveugle à l'oeil acajou.

Bouches profuses des griots en transe
Leurs mots décrivent une peinture de brousse
Sons du Kora que les esprits encensent.

La vérité, en babouches, parcourt
Les déserts; chuchotant aux pyramides
Ses secrets d'ébène, que seul le sourd
Entend, doté d'une oreille candide.

Lise OTTO - France

Irlande . .

On me dit que là-bas, tout y est harmonie,
Que les vertes collines sont jonchées de fleurs
Lorsque vient le printemps, en sa cérémonie,
Séchant au gré du vent les larmes et les pleurs . .

On dit aussi du vent qu'il y joue volontiers
Donnant de par son souffle une âme à ce pays,
Reflétant le ciel pur en les regards altiers
Des enfants au teint clair, de leurs landes épris. .

On dit parfois là-bas que le Temps s'est figé
Que cette Terre-là se mérite ou se perd,
Et que l'âpre destin que l'île s'est forgé
Se mesure à ses croix, sculptées sur écrin vert. .

On me dit que là-bas, tout y est harmonie,
Que les vertes collines sont jonchées de fleurs
Lorsque vient le printemps, en sa cérémonie,
Séchant au gré du vent les larmes et les pleurs . .

Alors, pourquoi, mon Dieu, en un tel paradis,
Où la harpe résonne en mille chants d'aurore
La haine des humains, des frères ennemis ?
Faudra t-il pour la Paix plus de mille ans encore ?

Kathy FERRE - France

Tes mains

il m'arrive de douter
que l'hiver existe

il m'arrive d'écrire
aux mauvais endroits
sur les trottoirs au lieu des toits
sur les nuages au lieu des parkings
sur toi au lieu de moi

faut-il dire au temps d'attendre
comme si je glissais hors de notre trajectoire
vers une porte d'exil
comme si tes mains s'ouvraient
pour m'échapper
dans un vent portant

Micheline BEAUDRY - Québec

Racines en mirage

Différent mon pays, si peu propriétaire,
Il dispose ses feuilles en adoptant la terre,
Et son chant se nourrit aux oiseaux de passage.
Seuls les yeux qui se taisent ferment leur visage
A l'avancée humaine.

Des briques posées là, et l'habitude vient.
Toujours un même mur en guise de voisins,
Les racines emmmêlées, les pinceaux qui se meurent.
A diluer toujours une même couleur
Pour dessiner la vie.

C'est se mettre en prison que de marquer son champ
De la pauvre étiquette attribuée par le sang.
Un monde est à venir où l'homme aura perdu
Le gôut de s'accrocher à des cloches avec vue
Sur tous nos cimetières.

Pascal QUERO - France

Le Havre

Et même
si vos jours sont gris,
il me semble
que mes villes sont plus
belles, plus chaudes la nuit.

Les ports aussi. Bateaux,
bras articulés, mouvements,
Atmosphères lourdes.
Des entrelacs de métal,
de reflets, de nuances,
de flammes immenses.

Les hommes. Durs.
A la tâche, au bonheur.
Des visages rudes,
des mains immenses.

Apretés. Ici,
on est loin de la staritude.
Chaque mot compte,
c’est pour cela
que l’on parle peu.

Pas pour ne rien dire,
au pire.

Envahi d’odeurs, de bruits
des formes incertaines
de cette nuit urbaine,
je me promène.

Je me sens en sécurité
au creux de ce corps
géant et difforme.
qui m’accueille et me berce.
Un gardien du temple.

Philip FRAYSSE - France

Douceur

S’asseoir tranquillement sur le bord du chemin
Ecouter le grand vent fredonner sa romance
Pour convier à valser la feuille en décadence
Qui viendra s’endormir dans le creux de ma main

Marcher sereinement dans le frileux matin
Soulager son esprit d’une pesante errance
Oublier l’univers, sa peine, sa souffrance,
Déplier sur ses maux, un voile de satin

Délaisser pour un temps, les autres, leur calvaire
Trahir un quotidien quelquefois trop sévère
En s’offrant un moment plein de sérénité

Le coeur remplit de paix, fermer sa lourde porte
Rêver en contemplant une brindille morte,
Cueillir enfin la fleur de la tranquillité

Défaire sans un bruit ses cadenas, ses chaînes
Ne plus être l’objet de lueurs incertaines
Et renouer soudain avec sa liberté

Patrice PIALAT - France


Chroniqueurs : Angèle - Hélène - Jean-Pierre - Philip - Elie

Voici les textes de Mai 2002 :

 

Le loup amoureux...

Il redoutait l'amour-elle avait peur des loups
Il s'était refermé à l'idée d'être aimé
Elle redoutait ses yeux,les fuyait,tête close
La tendresse pourtant allait se modelant
On la sentait jacente,crépitante et ardente.

Un soir,discrètement,par l'idée alléchée
Profitant d'un instant sans surveillance aucune,
Elle se rapprocha sur la pointe du coeur
elle osa se dresser,reluquant de côté
Le loup fut assailli,transporté de bonheur.

Têtue et tatillone,elle sort du coeur du loup
Toubillonnante,éclose,émue jusqu'aux babines
Dévore des yeux le loup qui,vaincu par l'outrance
Aspire la tendresse,tendresse victorieuse.

Christine DUMOND-FILLON - France

Le poète

Il souffle au vent des mots
que l'air entourbillonne
Il jette à l'eau des phrases
que la mer décompose
Il n'est qu'une empreinte de main
à la lisière des vagues
qui s'efface aussi vite
que celles de mes godasses

Eric DEJAEGER - Belgique

Les pulsions de l'âme

C'est avec rage que la lave
Sous la pulsion de Ninurta
Bouillonnante, ruisselle et bave;
A l'infini, feu de magma...
Reflet de vie ou de trépas,
On la craint comme le néant,
Car son coeur plus que jamais, bat.
Dans l'âme crépite un volcan...

La fougue sensible du slave
Tambour flambant, forme en amas
Cratères d'émotions, épave
De pudeur, d'impédimenta.
Dans l'alvéole magenta
Tel un kumquat, trésor latent
Le coeur, souffle de vie, combat.
Dans l'âme crépite un volcan...

"Du soleil vint une goyave
Saluant le sable bien bas,
Elle croyait être en Algarve."
Marasmes, de l'âme en fracas
C'est alors que tinte le glas
Car folie n'a point de levant
Elle est, tel le cri d'un coeur las.
Dans l'âme crépite un volcan...

L'homme cache un Himalaya
Lequel, balayé par les vents,
Un jour sifflera tel boa...
Dans l'âme crépite un volcan...

Lise OTTO - France

Dernier Métro

Les hommes sont figés au long des quais de gare,
Couteaux tirés, fusils debout de mes combats.
Mais j'ai la tristesse tombante d'un Icare,
Je ne sais plus la guerre qu'on pratique ici-bas.

La voyageuse âgée a son chapeau fleuri.
Mais ce cri imprévu d'un accordéoniste
Dont le sanglot précis partout a refleuri
Dans le dernier métro, mon dernier tour de piste,

Il m'a rendu ma vie, ma volonté de dire,
Ma chère volonté, mon oublieuse enfant
Et mon projet de vivre au scintillant sourire.

Route des hirondelles, marche des éléphants,
Lumières de la nuit, ardeur inassouvie,
Je veux vivre abreuvé de l'énigme de vie.

Gabriel MOLINA - France

Surréalisme

les hommes réunis près du cadavre exquis
s'acharnent à créer l'oeuvre surréaliste
une touche de bleu transforme le croquis
l'orage reverdit la muse sans-filiste
accroche tous les mots tels des wagons conquis

qui résiste à l'appel nul ne prend le maquis
le vent la feuille et l'aile en cet accord simpliste
illuminent le temps le mouvement acquis
rejoignent le phénix et tous les anarchistes
épris de liberté guidés par le whisky

Marcel PELTIER - Belgique

Au-delà de la haute et pénible montagne
Derrière ces forêts obscures, ces buissons
Par-delà les rivières et par-delà les ponts
Qu'y a-t-il - s'il y a - ? Qu'est ce lieu que l'on gagne ?

Est-ce un site ? Est-ce un stop ? Est-ce un autre sommet ?
Une chaîne sans fin d'amères illusions ?
De caillouteux chemins vers d'antiques visions ?
Une vallée de fleurs que l'on ne sait nommer ?

On ne peut qu'être idiot face à l'âpre inconnu,
Lorsque face à soi-même on se retrouve nu,
Séparé de tout voile étouffeur de raison.

On ne peut qu'avoir peur de ce cri, notre pus :
" Je suis né du néant, et de la vie repu,
Je rejoindrai le rien, notre seul horizon !"

SKALDELINE - France

Le Ciel

Le ciel épouse la mer et se blesse
Et s'écorche et se venge !

Le temps s'est écoulé
Qui m'emporte et te porte.

Les remous nous étouffent.

Vois le rocher auquel je m'agrippe
Dans la mer qui déferle.

Mais ne doute plus, mon cœur,
Nous la retrouverons ensemble
Et sa houle paisible
Et ses voiles océanes
Nous nous bercerons encore
Dans la frange des vagues
Et l'étreinte du vent,
Lorsque se lèvera
L'aube d'un jour nouveau !

Gisèle TOUSSAINT - Belgique

Allergie au coma

J'en veux à tout à rien
Aux immobiles
Qui planchent salon !
Aux lâches au bord des huiles

l'homme je l'aime
enfourcheur de lunes
Polisseur de dunes
De poules au pot

Qu'importe d'ailleurs !
J'aime les élucubrations fertiles
parsemées le long des chandails
Des angelettes

jusqu'aux dernières gouttes

Guillaume VIVIER - France

Les Papillons

Comme des papillons enchevêtrés
dans une danse folle,
leurs ailes mêlées.
Ascendances de feu
volant vers des lumières
inespérées.
De leurs fragiles entrelacs,
ces deux là s’aimaient
d’une même ardeur
pour ne plus redescendre
jamais.
Mais qui pouvait deviner
combien leur chute serait violente,
plus dure que la mort
que le feu de ces lumières
qui les firent danser

comme un néant….

Philip FRAYSSE -France

LAISSER ALLER

Glisser comme un insecte,
Se raconter des histoires
De brindilles et de fleurs,
Prendre la lumière
Comme un prisme de verre
Pour la réfléchir
Inlassablement.
Inventer une chanson aiguë
Comme celle du vent.
Faire le vide dans sa tête,
Puis imaginer se blottir contre l'horizon.

Micheline BOLAND- Belgique

Camarguais

Au centre d'une fontaine d'Hippocrène.
L'espace de l'âme et de son reste,
tourne.
Dans des débordements d'Augias ?
La brume y cache sa brume
ou ce que l'on ne sent plus ?
Même le frêle,
juste le rythme sinueux à inscrire,
sauveteur inconscient
entame ses indélébiles giclures.

Hasard du plein flot, à midi d'air pur,
sur la rive,
la TRACE
laisse des soifs inabreuvées,
des terres sans répit.
Sans l'eau la vie n'a qu'un goût, qu'une odeur !
sans l'eau, RIEN ne te transforme !
Réceptacle d'empreintes au demi-ton fragile
tu l'ignores ?

Chantal CANUET - France

Femmes
Laines où rêvent
Des tapisseries

Femmes forêts
Femmes des lacs
Déployés

Sous l'arche de vos jambes
Pliés
Espace et lumière

Jean-Michel MAYOT - France

 

Chroniqueurs : Angel - Angèle - Hélène - Jean-Pierre - Philip - Elie

Voici les textes d'Avril 2002 :

 

Pleurer

larmes qui poussent
les blessures du corps
à se taire

larmes qui forcent
les brumes du coeur
à se dissiper

larmes qui amènent
les rivières de l'âme
à couler

larmes, larmes, larmes

il fallait bien
une femme...

pour m'apprendre
l'art de pleurer!

Claude HAMELIN - Québec

L' Ame des Fleurs

Je crois que les fleurs ont une âme
Qui s’éveille quand naît le jour,
Lorsque le clair soleil enflamme
La Terre en son grand chant d’amour . .

De la plus humble à la royale,
De la rose au muguet des bois,
Cette âme, tour à tour, exhale
En son parfum, ses doux émois . .

Je crois que les fleurs ont une âme
Qui leur fait don de la Beauté,
Tout comme à une jolie femme
On offre un sourire enchanté . .

Chacune, bien à sa manière
Sait embellir un paysage,
Chanter la Vie et la Lumière,
Se faisant folle, parfois sage . .

Je crois que les fleurs ont une âme
Qui vagabonde en les chemins,
Joue dans le vent, bel oriflamme
Illuminant les cœurs humains . .

De la lavande provençale
A la pervenche du fossé,
De la troublante digitale
Au coquelicot, cœur-froissé . .

Je crois que les fleurs ont une âme
Qui s’éveille quand naît le jour,
Lorsque le clair soleil enflamme
La Terre en son grand chant d’amour . .

Kathy FERRE - France

Rue ensoleillée

Une rue populaire
Aux odeurs épicées
Respire au centre de Paris
Je me souviens de ce marché
Où chaque samedi
Se rassasiaient les nostalgies
Tour du monde improvisé
Au gré des saveurs
Retrouvées dans les échoppes et sur les étals
Couleurs ocres, couleurs âcres
Sous les doigts connaisseurs
Les graines de sésame
Or et sable
S'écoulaient dans les sacs de toile
Les pavés de la rue guidaient
Ma solitude
Et les mots incompris et parfois familiers
De ces pays lointains
Devenaient miens

Mireille PODCHLEBNIK - France

la couleur rouge des mots

les hommes pleurent
sur les places de l'exil

et ce cri d'enfant
ce tremblement du silence

chantent les cimetières urbains
rouges de sang épanché

le monde s'achemine vers la guerre
cravates nouées autour des cous tendus

en son milieu le tonnerre
et la haine

le tonnerre cynique
suspendu

le triangle de la réalité m'étrangle
de quoi vomir chaque jour

il pleut des grenailles
même si le pissenlit reverdit

quel est ce pas entendu
derrière la porte ?

Marcel PELTIER - Belgique

Prisonniers sans barreaux
les nuages se brisent
au reflet des fontaines

Ils divaguent sans bruit
et s'en vont basculer
sur le dos bleu des arbres

Il ne reste plus rien
que les sanglots du vent
dans la gorge du soir

Et le rêve d'un peintre
ou les mots d'un poète

Et c'est déjà beaucoup.

Alain BOUDET - France

Allez vas-y danse !

Tu te souviens les salles d'attente ?
On a bien rit !
Agents d'ambiance, denses.
Danse de la pluie.

Le "traffic-jam" dans le couloir de la mort,
concerto de klaxons, on déconne
dans ce canyon !

Et puis la douleur, même pas peur!
sur nos visages pâles on dessinait
grimages de guerre, masques de terreur.

Toi grand sorcier ! du rose aux joues
dans tes bras tu me donnais.
Moi "tet'aime" tes longs cheveux jais je respirais,
ceux que tu n'avais plus,
plus que pour moi.

Mêmes antidotes, mêmes calumets
la Paix, c'est toi qui l'a choppée.
Autour de ton feu je promets,j'continuerai
à danser.

Pour devenir ce que tu aurais aimé, fire-maman.

Aux firmaments tu brilles tant,
par ton absence,
dense.
Par ton absence tu brilles tant,
Oh, aux firmaments
Danse !!!

Florence BONNET - France

Le blé

Gerbe de murmures,
plaintes regimbeuses,
trouble des mots en maux...

Nous crions le silence
dans des mondes opaques
où l'espoir explose
de mille feux.

Nous pleurons le silence
sur des terres opaques
où l'espoir naît
de mille regards.

Nous souffrons le silence
sous des biens opaques
où l'espoir lève
de mille passions.

Mais le blé...
dort
sous la profonde immensité
d'un néant
dont nous battons la coulpe.

Elie DUVIVIER - Belgique

Complaisance
Armé d'une certaine complaisance,
je flirte avec les poètes maudits.
Orgueil.
Rimbaud, et je pense à l'absinthe...
Sombrer.
Je sens l'alcool brûler mon corps
et rendre les choses moins pénibles.
Ivresse.
Aller plus loin encore, profondeurs.
Apnée.
Ne plus remonter, doucement s'abandonner
Abdiquer.
J'aime cette royale idée et ses déguisements.
Amen !

Philip FRAYSSE - France

Traces d'étoiles

Dans le silence
De la nuit
Je scrute
L'obscurité
En quête
De traces
D'étoiles.

Des toiles
Dans le ciel,
Se dessinent,
Se devinent.
Une fenêtre,
Sur un ailleurs
Qu'ici-bas.

Marie DEPRIS - Belgique

 

Chroniqueurs : Angèle - Hélène - Jean-Pierre - Elie

Les poèmes précédents :

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