Poésie en Ligne
Parallèlement à la revue trimestrielle, An + désire faire vivre la poésie par l'intermédiaire de la Toile. Dès lors, mensuellement, nous publions, ici, vos poèmes. Pas n'importe quoi... un éventail que nous voulons universel et amical. Pas nécessairement inclus dans la revue.
Voici la sélection de Juin 2003 :
L'orme
Au cur des vastes champs, gardien de ces déserts,
Un bel arbre, debout dans son vert uniforme,
Déploie avec orgueil le parapluie énorme
De ses rameaux feuillés qui flottent dans les airs.
Le soleil étoilé pointe dix doigts experts
Dans cette frondaison tout éparse de l'orme ;
Des lambeaux de lumière effleurent cette forme
Qui n'a jamais su croître à l'ombre de ses pairs.
Parfois un blanc troupeau de nuages s'avance,
Entraîné par le vent dont dépend sa mouvance,
Pour s'accrocher aux bras que brandit ce géant.
Mais alors qu'il oppose, aux feux de l'astre jaune,
Un bonnet de verdure au-dessus du néant,
Sous son écorce brune on devine le Faune
Diane DESCOTEAUX - Québec
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Nages à cloches courantes
Je suis l'apostrophe
sans la lettre rien que le signe
la virgule trempée dans l'eau
Silence qui nage
dans le sens des cloches
je noie le tabou du métal
Les bras de l'histoire sonnent
parcelles dans le courant des voix
et moi je nage comme une île
en forme d'apostrophe au son clair
J'insiste sur le fond des mers
pour bien détacher les sons
défaire les frises souterraines
et les lancer
dans le bruit du bronze
là-haut
Elles retombent
et s'accrochent au peuple des lettres
qui marchent sur terre
Je suis une apostrophe
avec une ancre attachée au continent
je nage dans le courant des cloches
pour faire sonner la mer
Stéphane MELIADES - France
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La vieille maison
C'est une vieille maison
Perdue au fond du bois,
Assise sur son gazon,
Elle abrite sous son toit
Un Amour qui, comme elle,
Brave les éléments.
Lorsque, sous la tonnelle,
Vont s'asseoir les amants,
Ils ont au fond des yeux
L'âme de l'autre écrite,
Un regard malicieux,
Un sourire qui invite.
Ne croyez qu'avec l'âge,
La passion s'est éteinte
Car, toujours en partage,
Se suivent les étreintes.
Et quand tombe le voile,
Sur leurs doux tête-à-tête,
S'allument les étoiles
Et commence la fête.
Cécile VERHAEVER - Belgique
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Belle différence
Acceptez la différence
S'il vous plait
Et vous verrez après
Comme la mosaïque serait plus belle !
Acceptez la différence
Dans l'amour
Avec la grandeur d'âme
Et vous découvririez
Comme il est curieux ton prochain !
Comme il est rigoleur ton voisin !
Avec l'acceptation de celui
qui ne te ressemble pas
Tu te verras toi-même
Un être à part entière
Tu apprécieras ton style
Ton caractère
Et tu comprendras
que pour mieux vivre son choix
Il faudrait respecter l'autre
l'accepter tel qu'il est
s'intéresser à lui
Dans la liberté partagée
Sans jamais la mettre en péril
Radhia KADER - Algérie
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Cette nuit...
Le hameau se pare de l'église aux vitraux
Pâles et éburnés comme d'un pur joyau.
Entre la léthargie des cierges, des jésus
La lune célèbre l'oraison des statues.
Mystiques icônes ! Impassibles amies !
Mon rêve vous sculpte des expressions humaines ;
Sur vos marbres lisses, ses ciseaux se promènent
Forgés à ma flamme d'amour inassouvie.
Majestueuses statues
Qui rempliraient enfin l'Idéal en mes bras !
Et ce frisson sur ma joue
Est-ce le souffle de vos inaudibles voix ?
Parmi vos présences pressentant le divin,
Sur ton autel, Marie, dessous tes yeux de mère,
Je viens abandonner le manque, le chagrin
A ma solitude plus glacée que ta pierre.
Michaël GERNIER - Belgique
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Une vie d'automne
Jadis, la flamme de tes yeux passionnés
Suffisait à allumer mon désir
Mais la nuit sombre, amère,
A tué les papillons.
Autrefois troubadours,
Mes larmes avaient goût de vanille
Aujourd'hui, elles ne sont plus
Qu'ombres et pénombre.
Et je meurs avec l'automne
Et ses noirs matins
La surprise de chaque éveil
N'est plus... La joie a disparu.
Toutes les portes sont fermées,
Les fenêtres hors de ma portée,
Que faire sinon attendre le jour clair
Pour mieux revivre le temps passé?
Isabelle NORMAND - Québec
17 ans
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Il a plu sur ta tombe
Il a plu sur ta tombe et les feuilles s'amassent,
Mes doigts seront légers qui les écarteront
Comme ils faisaient jadis pour ôter de ton front
Une mèche rebelle ou l'ombre d'une angoisse.
Tu n'as pas pu, à temps, te faire une cuirasse
Et moi, je n'ai pas su te sauver des démons.
Ah ! nous laissons mourir, seuls, ceux que nous aimons.
Les roses de l'hiver fanent sur la terrasse.
Laisse chanter le vent autour de ta mémoire,
Il est doux à ton coeur, il est tendre à ton nom.
Je ne saurai jamais la fin de ton histoire.
On me dit que tu fus bien trop chéri des dieux.
Je te revois encor, pauvre petit garçon,
Le coeur à fleur de peau, le rire dans les yeux.
Ninon JACQUET - France
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Etrangement
Ma ligne d'horizon ancienne
Battement d'un coeur
Qui rythmait ma vie
Briser le cadran
Les paysages
Les coeurs de pierre
Ou de chair;
Tu m'es désormais
Etranger
Sarah GODFROID - Belgique
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Chroniqueurs : Sarah - Jean-Pierre - Philippe - Elie
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Voici la sélection de Mai 2003 :
Seuls les textes (20) des 10 - 18 ans ont fait
l'objet d'une sélection.
Les autres textes seront soumis en juin
La vie
C'est là où la lumière nous inonde
C'est là ou règne la noirceur
Si belle qu'on ne veut la perdre
Si laide qu'elle nous aveugle de rage
Elle nous fait connaître la joie
Elle nous fait subir la haine
Sa douceur est caresse
Sa rigidité nous brise
Si longue que la solitude prend forme
Si courte qu'elle glisse entre nos doigts
Aussi apaisante qu'un long fleuve tranquille
Si brusque qu'elle devient éteignoir
On se perd dans son immensité
On se retrouve dans une flaque d'âme
Elle est yin
Elle est yang
C'est la vie
Daniel EAP - Québec
16 ans
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Hercule le hibou
Le héros de cette histoire,
Hercule le hibou
habite près d'un hangar
parmi les branches de houx.
A huit heures du soir
le hérisson Hervé,
face à son horloge noire,
engloutit huître et thé.
Alors comme d'habitude,
Hercule hante la maison
et prenant de l'altitude
hurlant au hérisson
hou ! hou ! hou !
va dehors, Hervé !
hou ! hou ! hou !
ta maison est hantée...
Manon DUVIVIER - Belgique
11 ans
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Prière
Je ne peux plus toucher le bruissement de l'air
Dans cette cave humide et sombre
Seul le goût des cris se perçoit
Ces hurlements amers à saveur de sang
Même le tressaillement des chaînes
Et l'odeur des fouets n'enterrent pas
La stridente vision de mon univers
Pourquoi la lueur de vivre m'embarrasse-t-elle autant?
Envole-toi, esprit de survie
Laisse-moi redécouvrir la clarté du ciel
Juste ce qu'il faut pour être air, eau et terre
laisse-moi dissocier mon être de ce corps
Seule façon de cesser d'être objet
Désolée pour le murmure que je ne pourrai plus hurler
Mon corps demande à déverser les eaux pourpres
Qui, jadis, alimentaient mon âme
Aujourd'hui, trop pâles,
Leurs flots ne sont plus qu'amertume.
La nuit m'envahit,
Tels le pardon tant réclamé,
La bénédiction tant attendue
Enfin, je ne suis plus
Désolée...
La nuit m'envahit
Pardon...
Survivre, survivre
Et ne jamais fléchir
Pardon.
Catherine CHARTRAND-POIRIER - Québec
16 ans
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Mon esprit
Mon esprit est un homme
Qui, perdu dans un désert aride,
Cherche sans cesse une oasis
Afin de s'y abreuver.
Traînant un lourd passé,
Écrasé par la chaleur,
Il a parfois des mirages
Qui s'évanouissent aussitôt.
Mais sans se décourager,
L'homme continue, s'entête
Sachant qu'il sera récompensé
Dans le désert de la vie
Kevin ERKELENS - Québec
16 ans
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La lune
Les enfants, au crépuscule,
Adorent ce grand ballon
Cette boîte à musique
Qui, dans sa révolution,
Assoupit mille paupières.
Caligula, lui, désirait
Le cerceau de la lune
Et sa lumière diffuse.
Il souhaitait l'impossible:
Posséder l'inatteignable.
Car cette cellule magique,
Eldorado où le phénix se cache,
Nous éclabousse toujours encore
De sa poussière d'espoir.
Que la vie est belle...
Bonne nuit...
Catherine DESLILE-L'HEUREUX - Québec
17 ans
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Lueur de clarté dans l'ombre de ce monde
Une nouvelle âme toute fraîche
Un peu d'espoir dans le jardin
Enseveli sous les mauvaises herbes
Innocence flétrie
Larmes pesantes
Avanie
Noirceur
La longue tige plie
Et se noie bientôt sous la pluie
En elle, le soleil ne se lève plus
Alors, elle flétrit,
Se recroqueville,
Puis retourne
dans le ventre de la terre
Alex BOISSONNEAULT - Québec
16 ans
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Ombres
Le ciel d'un bleu-vert
Commence à s'obscurcir,
Pourtant on distingue
Encore les nuages.
Tout semble calme,
Les réverbères n'éclairent
Plus que les batiments
Etles navetteurs qui rentrent.
On allume nos lampes
Dans nos appartements
Pour nous voir exister.
Sarah GODFROID - Belgique
18 ans
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| Stéphanie Bascourret - France 17 ans |
Kasandra Belanger - Québec
16 ans |
Jocelyn Desaulniers - Québec
17 ans |
| Elodie Hardij - Belgique 14 ans |
Hubert Larose-St-Jacques - Québec
17 ans |
Nicolas Monette-Catafard - Québec
16 ans |
| Isabelle Normand - Québec 17 ans |
Gabrielle Ostiguy - Québec
16 ans |
Philippe Pelchat-Seguin - Québec
17 ans |
| Jean-Michel Prévost - Québec 16 ans |
Geneviève Quevillon - Québec
17 ans |
Emma Servonnet - Québec
16 ans |
|
Nicolas Triffault - Québec
16 ans |
Un remerciement spécial à Angèle
Lux
Collège Saint-Alexandre de Gatineau |
Auraient mérité de voir leur poème publié.
Une autre fois, peut-être... ou dans la revue An +
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Chroniqueurs : Diane - Hélène - Micheline - Sarah - Jean-Pierre
- Philippe - Robert - Elie
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Voici la sélection d'Avril 2003 :
Souvenir.
Quand je ne serai plus qu'un souvenir fugace,
Une lueur falote au fond de ta mémoire,
Un renvoi illisible au verso du grimoire
Où s'écrit le récit de chaque instant qui passe ;
Quand l'oubli implacable avalera la trace
D'un amour aussi pur qu'il était illusoire,
Et qu'un autre que moi terminera l'histoire
Qui me tint haletant contre le temps vorace ;
Quand l'élu de ta vie enchaînera ton cour
Et que vous gravirez du même pas vainqueur
Les degrés lumineux d'un avenir prospère,
Tu reliras ces vers auprès de ton époux
Et tu diras : « Chéri, ne sois donc pas jaloux,
C'était un vieux monsieur que j'aimais comme un père ! »
Jean BAPTISTE - France
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Aimez-moi !
Dans ses yeux clairs trébuche un léger papillon,
Sa longue chevelure a parfum de verveine,
Sur sa bouche bleuie erre une note vaine,
Sa robe du dimanche a vertu de haillon.
Vénus de nulle part, tragique ludion,
Vous la verrez danser, Esmeralda-déveine,
Peindra votre portrait si sa muse est en veine,
Soudain s'évanouira, ne laissant que sillon.
En corolle sa main ne retient que le soir,
Du rêve, ange gardien, généreux encensoir.
Fille du désamour, vague brouillon d'envie,
Chuchote sa supplique en timide bonsoir
A son Dieu de la rue où l'ombre vient s'asseoir :
--"Aimez-moi, je suis femme et tiens en moi la vie !"
Nicole HERAULT - France
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Mon démon vagabond
Toute notre histoire est blottie
au fond d'un coffre en bambou
mille sortilèges y dansent la nuit
au rythme des amours interdits
J'ai accroché des perles de rubis
à tes yeux de démon vagabond
et sur ton corps en alerte virile
des caresses d'huile parfumée
Nos mains inventent des histoires
dans les sillons de velours doux
nos corps dansent des symphonies
sur les draps mouillés de l'attente
Et soudain en vagues déferlantes
l'explosion jaillit en cris de folie
ventres traversés de mille étincelles
corps tendus d'orages bienfaisants...
et qui s'apaisent très doucement
bras et jambes tricotées de tendresse
Nicole VERSAILLES - Belgique
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Fontaine de mémoire
A tes eaux se mêlent
Pierres et chemins
Mon enfance campagnarde
Le feu toujours allumé
Et sur la table le pain
L'énorme pain de froment
O sous la pluie
Comme pour elle alors je glissais
Du haut brun détrempé
des châteaux de paille
Ou par la trappe des greniers
Du foin plein la culotte
Ce chromo où vers elle
Je glisse encore et encore
Hante les eaux
Et ma mémoire
Et mes chemins
Jean-Michel MAYOT - France
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Douceur
La plume s'envole,
Moi je reste là
Indécise.
tourbillon de douceur
Dans un ciel bleu clair
Mains d'arbres
A l'écorce douce
Balancelle pour deux
Au fond
D'un beau jardin
Manège fou
A en perdre
La tête
Chevaux qui ruent
Entre tristesse et joie
Beau ménage à deux
Sarah GODFROID - Belgique
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Musique au corps
Court du sang la musique au creux de votre cou.
Palpite une fleur rouge au cri sourd d'un hibou,
Echos de lune rousse, embruns à votre tempe,
Un mystique regard vers ce corps en estampe,
Etoiles en harem, se fige un rêve flou.
Sur votre sein astral glisse en notes d'errance
La passion timide, ode d'un amant fou.
Le vent de sud serpente à l'ombre d'un genou,
De l'Amour la sculpture au zénith « Espérance ! ».
La chute de vos reins où le silence dort,
Le coucher de mes doigts aux couleurs de la mort,
S'allonge mon esprit sur la clef de vos lèvres.
Ma beauté printanière, écrin d'un noir bijou,
Vers vous vole un baiser comme blanche semence
Sur le sol du poète aux larmes d'acajou.
Court du sang la musique au creux de votre cou.
Stéphane MEIRELES - France
Sonnet seizain - Poésie classique
Chroniqueurs : J-P - Jean-Pierre - Philippe - Elie
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Les poèmes précédents :
3 Trimestre 2000 | 4
Trimestre 2000
1 Trimestre 2001 | 2
Trimestre 2001 | 3 Trimestre 2001 | 4
Trimestre 2001
1 Trimestre 2002 | 2
Trimestre 2002 | 3 Trimestre 2002 | 4
Trimestre 2002
1 Trimestre 2003 | 3
Trimestre 2003