Poésie en Ligne

 

AnPlus désire faire vivre la poésie par l'intermédiaire de la Toile. Dès lors, régulièrement, nous publions, ici, vos poèmes.
Pas n'importe lesquels... un éventail que nous voulons universel et amical.

Voici la sélection de Juin 2006 :


Zone piétonne

S'asseoir à la terrasse,
mi ombre mi soleil
et regarder passer… les gens

Commander un demi
poser ses jambes lasses
et regarder courir… les gens

Rafraîchir ses doigts gourds
sur le verre embué
et regarder suer… les gens

Tremper ses lèvres sèches
dans la liqueur ambrée
et regarder, rêveur… les gens

Essuyer lentement
la mousse aux commissures
fantasmer à propos… des gens

Reposer le verre vide
sur la soucoupe humide
retomber sur la terre… des gens

Se lever à regret
pour reprendre sa route
faire à nouveau partie… des gens

Un autre s'assoira
demain à la terrasse
…moi je serai parmi… les gens…

Anick BAULARD - France

Ce soir j'ai vue une âme partir
La vie est tellement courte
Pourquoi mourir ?
Quand on peut vivre

Ce soir j'ai vue une âme partir
Malgré toutes mes prières
J'ai pas pu la retenir
Peut-on revenir en arrière?

Ce soir j'ai vue une âme partir
Je l'ai vue pour la dernière fois
Elle s'éloignait avec le sourire
En me disant on se revoit là-bas.

Fanny LAUZON - France
15 ans

Aimer...

Aimer mais ne point posséder
L'être si cher, et le lui dire
Doucement, comme on respire,
Pendant des ans, sans l'oublier...

Aimer dans la simplicité,
Par des sourires généreux,
Le ciel n'en sera que plus bleu,
Grandissant la sincérité....

Aimer sans chercher à briller,
Loin de paroles sans pensées
Mais en sachant toujours donner
Comme un cadeau, la vérité....

Aimer pour pouvoir exister,
Pour pouvoir ensemble marcher
Sur le chemin, à deux choisi,
Et découvrir toute la vie...

Aimer pour pouvoir assurer
En restant discret, un sentier
Où l'on guidera les enfants,
Dans le bonheur et dans le temps....

Jacky HOCMAN - France

Tes yeux sombres

tu as des nébuleuses
au fond des yeux
des galaxies en n'en plus finir
qui s'étendent à l'infini
à la vitesse du son
elles me fixent
m'entraînent
hors de moi
loin de mon univers
aux limites du monde
dans une folle ronde
celle de l'amour
celle du non-retour
plus loin que les lendemains
déjà devenus ceux d'hier
capture ma main
celle que je te tends
qui a tant de tendresse
prends-moi
moi qui me consume de passion
dans la déraison d'un regard
le tien
qui m'a foudroyé un jour
qui m'a retenu
pour toujours
au bord de l'abîme
où j'allais m'engloutir
m'abîmer dans le néant

Yves BRILLON - Canada

Etre là

Etre là.Simplement.
Se contenter
de ça.

S'immerger dans l'instant,
s'abandonner à lui,
en palper l'épaisseur
chaude et vertigineuse !

Choisir la seule voie
qui conduise au bonheur
à savoir...être là,
être là, pleinement,
s'écarquiller, s'ouvrir
et, tous sens en éveil,
n'être que réception, porosité
muette.

Ecouter, pores ouverts
immensément béants
pour finir par capter
ce qui n'a pas de prix, ce qui jaillit, comme
de la tige, le suc :
cette sérénité
qui habite les choses.

S'ouvrit, au confluent de toutes les flambées
de vibrations, de cris,de ricochets épars,
d'appels dans le lointain, de sons qui tournent court,
de remue-ménages hauts, d'immobilités plates,

d'intensités secrètes !

Patricia LARANCO - France

Un Arbre

Un arbre
Un arbre noir
Un seul arbre qui s'élance
Vers le ciel de marbre
Qui pense
C'est l'hiver
Le désespoir
Le désert
Un arbre
Une torture
Les bras noueux et durs
Qui se tordent
Les ongles impulsifs
Qui frappent griffent
Et mordent
Le grand mur
Je le connais
Et la touffe
De ses bras
Mouvant comme des tentacules
M'étouffent
Sa sève figée
Dans mes veines glacées
Coagule
Cet arbre
Dans le désert de son hiver
La pluie
Ne le mouille plus
Il ne sent plus
Que le vent glace
Et le temps passe
Sans lui

Roselyne DAVREUX - Belgique

Une photographie

Papier glacé
En noir et blanc
Photographie
Au temps passé
Corps d’apparat
Ailés, graciles,
Immelmanns de nos abîmes
Est-ce nous ce cliché
Trouble comme des brumes
Contours évaporés
Sous des projecteurs blancs…
Nous semblons fondre, pâles
Un peu à la dérive
Couleur de ces banquises
Que les soleils irisent
De brillant et de mat.
Oh, amants vacillants
Sous d’improbables poses
En guise de portraits
L’œil de verre, translucide,
D’un objectif tremblant,
Qui parfois illumine
La nuit de la mémoire
De nitrate d’argent
Les photos sont nos étoiles…

Jean-Louis PARROT - France

La Langue maternelle

J’ai rêvé d’une terre
Qui porterait son nom
Qui préserverait sa prose
Et défendrait ses gens.

J’ai imaginé des frontières
Se dresser en vigile
Sur des bâtisseurs
Et sur leurs descendants.

J’ai rêvé d’un peuple
Armé de lyrisme
Combattre pour sa poésie
Au nom de sa patrie.

Je n’ai vu que ses enfants
Vaincus par l’inertie
Déposer les armes
Aux pieds de la médiocrité.

J’ai imaginé un pays
Dans un océan d’idiomes
Qui trônerait, unique
Et qui deviendrait ma fierté.

Je n’ai vu qu’une nation
Qui a capitulé
Devant le verbiage
Des raisonneurs sophistes.

Nora ATALLA - Canada

Les amants

Il était seul ce soir devant son papier blanc,
Sur son seuil frissonnant, tombait l'épaisse brume
Déposant dans la nuit, son habituel banc
Dans ses doigts se mourait d'ennui sa chère plume

Elle est alors venue en lui prenant la main
Son crayon entreprit une agréable danse
Lui faisant entrevoir un espoir pour demain
Emportant loin d'ici, ses doutes, sa souffrance

Puis la muse conquit sa maison et son coeur
Apportant dans sa vie une odeur inconnue
Le bonheur devenait réellement vainqueur,
La paix de l'âme était enfin réapparue

La belle l'entraîna sur un chemin d'amour
Effaçant de ce fait, ses petits matins blêmes
La sérénité fit doucement son retour
De leur complicité naquirent cent poèmes

Patrice PIALAT - France

Chroniqueurs : Candy - Sarah - Elie

Voici la sélection de Mai 2006 :


Amour à demi


Tout au bout du comptoir,
au café des rebelles,
mon demi sans espoir
se brode de dentelle.
Son faux-col affaisé
ma bière se fait douce
dans sa légèreté,
je me fais de la mousse.

Ma vie, en ce moment,
ne fait pas de cadeaux.
Mes copains sont absents,
mon amour a pris l'eau.
Je vois le fond du verre
en dernière gorgée
et mon palais amer
est déjà assoiffé!

Parfois, je tremble un peu
l'esprit à la dérive,
dans ma vie où il pleut
j'aimerais voir la rive.
Un accord, une note,
alors je prends le large,
ton corps galbé m'emporte
et rythme mon voyage!.....

Serres-toi ma guitare
prends mon cou pour amarre
encordes bien mon coeur
jouons jusqu'à plus d'heures!...

Ghislaine BRICOUT - France

Sorcière recluse


Je finirai sans doute ma terrestre vie
Sorcière recluse dans un volontaire isolement,
Loin des vibrations de ce monde désuni,
Ignorante des folies de nos gouvernements.

Sorcière recluse dans un volontaire isolement,
Je marcherai sur la route de mon Infini,
Attentive à chacun de ses agissements
Sans préjuger des parcours consentis.

Je marcherai sur la route de mon Infini
Avec l’Amour comme seul sentiment,
Tournant une à une les pages de ma vie,
Offrant les graines de l'amitié comme testament

Avec l’Amour comme seul sentiment,
D’échanges, partages, je me suis enrichie ;
Nos âmes, nos cœurs, profondément unis
Dans l’alliance d’un éternel sacrement.

Sorcière recluse dans un volontaire isolement,
Je marcherai sur la route de mon Infini
Avec l’Amour comme seul sentiment ;
D’échanges, partages, je me suis enrichie.

Yvonne OLLIER - France

Les champs de décembre

Assoiffé sous les fontaines du néant,
Froissé entre les mains du vent,
Noyé dans la saignée du levant,
Tu viendras dans les champs de décembre !
Cueillir quelques sensuelles pénombres !
Dans les prairies de l’enfer !
Qui s’en vont là-bas !
Là-bas derrière
Fleurir sur le satin d’une pierre !
Danser sur le jazz d’une prière !
Rangée sous les paupières !
De l’éternel hiver…

Farih CHETTOUH - Algérie

Je pense à toi;
Mais tu n'es pas celui qu'on croit;
J'ai menti;
L'autre que j'aime je l'ai anéanti;
Je pleure;
Mais ma douleur est à la hauteur;
Car j'ai oublié;
Que j'avais quelqu'un d'autre à aimer;
Pardonne moi...
Je ne suis pas celle qu'on croit...

Audrine PLOMTEUX - Belgique
13 ans

Bonne fête maman...

Toutes ces jolies fleurs
En un bouquet charmant,
Viennent pour quelques heures
Freiner la roue du temps...

Comment en un seul jour,
Rendre tout le bonheur
Et ton immense amour
Que m'a donné ton coeur...?

Le temps peut s'égrainer
En bons ou mauvais jours,
Je sais bien que toujours
Tu es prête à m'aider...

A quatre vingt printemps,
Tes yeux sont souriants
Et redonnent courage
Quand passent les orages...

Pour tout ton dévouement,
Je viens en t'embrassant,
Te dire tendrement
Bonne Fête... Maman !

Jacky HOCMAN - France

Quand le lilas fuit mauve

Quand le lilas fuit mauve
aux branches de la peine
on enterre sa joie
au tréfonds de ses veines

Quand le lilas fuit mauve
au soir de la déveine
on relègue à jamais
le grand rêve rêvé

Alors
on supplie la bonté de l’air
on franchit à gué la lumière de ses propres pas
on retrouve le sens de la marche
le sens de tout

Des reflets naissent à l’œil
et montent au cœur
des ruisseaux de sang clair

Par une sentier d’odeur en soi
un sentier
tenu longtemps, trop longtemps secret
on accède au matin des lilas

Comment mesurer la distance qui nous sépare
d’une joie en attente
d’une joie prête à refleurir

Vivre est la seule joie qui vaille
Vivre!

Gisèle GUERTIN - Canada

C'est pas la mer à boire
la vie, tu sais, la vie…
Juste le temps d'y croire
et c'est presque fini.

Mais c'est amer à croire
qu'elle est courte la vie
Un matin, puis un soir
et c'est déjà la nuit.

On en fait une histoire
c'est vraiment pas la peine
D'user son désespoir
de l'amour à la haine,

Pas la pein' de s'en croire
ou de se trouver beau
A l'heur' de l'au revoir
on a tous même peau.

Peau blanche ou bien peau noire
la mort a même ton
Sans s'en apercevoir
on fil' le mêm' coton.

En attendant le soir
où tout ça finira
Y a tant d' bell' chos' à voir
sur la terre ici bas

Faut pas perdre l'espoir
faut pas trop gamberger
C'est pas la mer à boire
la vie c'est vite passé…

Anick BAULARD - France

Chroniqueurs : Candy - Sarah - Philippe - Robert - Elie

Voici la sélection de Avril 2006 :


Epithalame

Ils se sont épousés comme soif et fontaine,
S'abreuvant l'un de l'autre, jamais désaltérés ;
A la pierre-margelle, comme au profond d'un chêne,
Ont gravé pour jamais leurs prénoms emmêlés.

Ils se sont épousés comme vague et sirène,
Confondus, enlacés, complices, confiants ;
A l'écume des flots ils ont laissé leurs peines
Et se sont élancés au lointain océan.

Ils se sont épousés comme lune et marée,
Montant et descendant sur la crête de l'onde ;
Aux nuits opalescentes, leurs âmes égarées
Ont pêché des étoiles, gemmes d'un autre monde.

Ils se sont épousés comme l'onde et le sel,
Diluant l'amertume à l'eau de leurs regards ;
Au fil de leurs saisons, sous le miroir du ciel,
Se sont laissé bercer aux courants du hasard.

Ils se sont épousés comme source et rivière
Pour courir vers la mer, insouciants amants ;
Au gré des vents d'été, des bourrasques d'hiver,
Ont échoué au large, inexorablement…

Anick BAULARD - France

Jazz

Prétentieuse la majuscule
qui déploie ses grandes tentacules
pour attraper une lettre funambule

Malins les guillemets
qui disent de manière détournée
avec un air de ne pas y toucher

Obèses les parenthèses
qui chuchotent et biaisent
d'ajouts en hypothèses

Mystérieux les points de suspension
trois pulsations
pour une intuition

Reposante la virgule
qui articule
telle une rotule

Déroutante la phrase
qui pavoise
et chante le jazz !

Carine BLEDNIAK - France

Printemps

Eh bien, trêve d'allégorie
L'équinoxe qu'on dit vernal
Ramèn' la vie en bergerie
Quelle atmosphèr' au boréal!

Les indices du renouveau
Crocus, tulipe et salicaire
Sont préludes à l'oratorio
Offrent bien plus que du précaire

Se réjouit la bell' vachère
Et immigrent les jean-le-blanc
Se prépare bien la jachère
La montagne dénud' son flanc

Les animaux sont en vêlage
Les p'tits croissent telle la mousse
Tout' la nature est racolage
Le genre humain partout s' trémousse

Que perdure la verdure dans la nature!

Lise OUELLETTE - Canada

Sur ma peau

Sur ma peau
les émois de l'enfance ont tatoué
la carte des sens

Sur ma peau
les éclats de rire ont imprimés
des plis d'insouciance

Sur ma peau
les larmes ont dessinés
des sillons incrédules

Sur ma peau
les étreintes ont modelées
le schéma des sentiments

Sur ma peau
les naissances ont esquissées
les veines d'un monde nouveau

Sur ma peau

Nathalie DHENIN - France

Le bonheur...

Le bonheur est à portée de ta main
Si tu sais admirer la majesté
D'un ciel, d'un océan, d'une forêt
Et apprécier les parfums d'un bouquet...

Le bonheur est à portée de ta main
Si tu sais aimer le chant des oiseaux,
La mélodie du vent dans les roseaux,
La symphonie des torrents et ruisseaux...

Le bonheur est à portée de ta main
Si tu ouvres ton coeur, si tu souris
A cet homme qui a la nostalgie
D'être parti si loin de son pays...

Le bonheur est à portée de ta main
Si tu es sensible aux malheurs d'autrui,
Si tu les aides à vaincre leurs ennuis,
A reprendre foi et goût à la vie...

Le bonheur est à portée de ta main
Si tu sais apprécier chaque moment,
Saisir la joie dans les yeux d'un enfant,
Ne jamais cesser d'aimer... simplement...!

Jacky HOCMAN - France

La cinquième saison !

Les souliers arpentant la nuit,
Les cris provoquant la pluie,
Je volais des bouts de pain
Aux paniers du matin,
Je taillais de mes mains
Les crayons de mon destin,
Les horloges du temps
Savouraient mes bonbons
Le temps d’une récréation
Les bals de la création
Dansaient sur mon front
Le temps d’une récitation….
J’avais l’accent d’une chanson,
La fureur d’un violon !
La majesté des pauvres gens !
J’étais un eldorado solaire
Où les grands planeurs !
Enjolivaient leurs plumages !
Un desperado lunaire
Où les matelots voyageurs !
Magnifiaient leurs mirages !
J’étais un dieu à ma façon !
Une cinquième saison !
J’étais un enfant…..

Farid CHETTOUH - Algérie

Le présent.

La vie est un phénomène instable, mouvant
à peine entrés dans le présent et voici que
celui-ci se déleste de son exuvie
coque vide happée désormais
par le passé.

A chaque instant, je me sens non pas exister
de plain-pied, mais glisser, telle un fluide incertain,
jamais fixe, mais en perpétuel devenir,
toujours sur le point de se métamorphoser.

Je m'interroge, ainsi : qu'est-ce que le présent
sinon une dérisoire poignée de grains
de sable mobile glissant entre nos mains
qui voudraient le fixer-et toujours
s'échappant ?

Le présent a , toujours, hâte de se hâter,
à tout coup, il a un pied dans l'avenir
il passe, en fait, son temps à s'auto-dévorer
incapable qu'il est d'acquérir
épaisseur.

Les papillons, les oiseaux, les êtres volants
cultivent la légèreté, non la lourdeur
et le présent leur est semblable à faire peur
son inconsistance, son galop,
qui s'y fie ?

Patricia LARANCO - France

Ailes de papier

Des personnes avec pouvoir et fortune
déterminent de nous tenir tranquilles
sans notre avis et sans pitié aucune
offrent des murs aveugles peu subtils

Ils encouragent pourtant l’imaginaire
et nous font rêver à des privilèges
les exquises raisons de tout ce mystère
ne seront pour nous que des beaux mirages

Des grands murs dispositifs diaboliques
ont obligé des millions à rester
et d’autres murs dessins démographiques
ont empêche des millions d’arriver

Plusieurs états sont ainsi exclusifs
chics jardins entourés des barbelés
d’autres avec leurs tyrans discursifs
sont tristes pénitenciers camouflés

Face au mur comme des écoliers punis
lançons des petits avions en papier
pour qu’ils entrent dans les espaces bannis
les restrictions arbitraires défier

Rodrigo SANDOVAL - Québec

Partir

Face à la société ne tournant plus très rond
Perdant au fil du temps, son âme, sa conscience,
Devant notre univers en pleine décadence
J'aimerais retrouver un printemps qui sent bon

Je voudrais m'en aller dans un sentier profond
Pouvoir y vivre enfin une douce éxistence
Où la tranquillité serait une évidence
Où le chant de l'oiseau serait l'unique son.

Retrouver la paix des chats, de la musique,
Dans un cadre de vie un peu moins cahotique
Donner aux jours l'aspect d'un paisible ruisseau

Rénover doucement une humble maisonnette
Réallumer le feu au creux de la fermette
Trouver du réconfort dans le bruit du marteau

Voir renaitre l'espoir quand se réveille l'aube
Entrevoir l'avenir dans sa plus belle robe
Apprécier pour demain, un horizon plus beau

Patrice PIALAT - France

Récréation d'avril

Dans la tourmente citadine,
sous la pluie fine enveloppée,
les mains ouvertes bien des enfants
de grises mines ou enjoués
plantent au préau des capucines
en rondes têtes et sauts charmants.

Evaporés sanglots de bruine,
ensoleillantes âmes câlines
chargées de rimes et d'allégros
sautent marelles, chantent rondeaux.

Leurs cris, leurs joies et leurs chimères
tachent de blanc leurs bouches légères,
Méli-Mélo tourbillonnant
croquent la vie les Angelots,
et font font font,sous le préau
trois petits tours et puis s'en vont...

Béatrice ALBA - France

Chroniqueurs : Candy - Sarah - Philippe - Robert - Elie



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