Poésie en Ligne

 

AnPlus désire faire vivre la poésie par l'intermédiaire de la Toile. Dès lors, régulièrement, nous publions, ici, vos poèmes.
Pas n'importe lesquels... un éventail que nous voulons universel et amical.

Voici la sélection de Juin 2007 :

A Jane

Oh non, ne baissez pas le store
Mademoiselle, je vous en prie,
Laissez-moi, quelque temps encore
Le soleil au bord de mon lit,

L'azur léger pour couverture
Et pour oreiller un nuage,
Ultime cadeau de nature,
Pour bercer la fin de mon âge.

Qu'importe si clignent un peu
Mes yeux fatigués et trop pâles,
Les étincelles au ciel bleu
Y sèmeront quelques étoiles,

Des souvenirs pour le voyage
Dans l'inconnu d'après-demain,
De la splendeur pour tout bagage,
Un viatique pour le chemin…

Et pour que me poussent des ailes
Au seuil de la dernière aurore,
Je vous en prie, Mademoiselle,
Oh non, ne baissez pas le store !

Anick BAULARD - France

Dans tes yeux
terre promise
déjà un "nous" perché
un océan de rires
de chemins enlacés

nous
deux perles enfilées
dans un même collier

chenille rampante
épousant les courbes
de la vie

Sarah GODFROID - Belgique

Lune

Lune blanche
Entre les arbres verts
Tu es silence
Dans l'univers

Lune blonde
Au-dessus de l'étang
Tu es la ronde
A travers le temps

Lune claire
Dans le ciel bleuté
Tu es mystère
De la destinée

Lune rose
Parmi les nuages gris
Tu es la pause
Avant l'infini.

OPALINE - France

J'aimerais être le vent,

le vent seul maître à bord au-dessus de la terre,
si léger pourtant grave
impétueux et fou en cheval de bataille,
domptant les éléments même les plus rebelles,

Un vent autoritaire qui fait courber les arbres
déplacer les glaciers et onduler le sable,

Ce vent capricieux
dont les chuchotements d'une brise légère
soudain haussent le ton sur la portée des ondes,

J'aimerais ressembler à ce doux alizé
digne de la sagesse des vies orientales,

Humer dans ses parfums tous les parfums du monde
le secret des chimères,
soulever les nuages
à rire à pleurer les tordre à l'infini
pour que l'aube étincelle,

Je veux être le vent
recueillir le pouvoir de la fée mélusine
chanter siffler souffler
jusqu'à mon dernier souffle.

Christine DUMOND-FILLON - France

Un nuage, une pensée, un éloignement soudain
Vers des champs éloignés, des horizons lointains
Tu es là, face à moi et lentement tu avances
Faisant vivre à mon cœur une douce romance

Une caresse sur la joue, un baiser sur la main
Le bonheur est parfait mais une angoisse me vient
La douleur m'envahit et le doute me pourfend
Te reverrais-je demain ne serait-ce qu'un instant

Méroua MAZOUZ - Algérie

Carolles

Jour bleu d’aquarelle
Sur le chemin de la corniche
tu marches devant moi silencieuse
En contrebas des marsouins
jouent à saute moutons
Sur un récif à fleur d’eau
un cormoran, ailes déployées
sèche des crachats d’écumes
Un goéland ivre d’infini
nous suit un instant
louvoie puis disparaît
happé par le vide
Un chalutier rouge et jaune
rentre sans se hâter au port
Un marin siffle sur le pont
La pêche a dû être bonne
tant pis pour les poissons
L’horizon hisse des voiles
de toutes les couleurs
Au loin, le Mont Saint-Michel
semble avoir jeté l’ancre
sous un soleil de plomb
Une légère brise
caresse notre front
Sur le banc de la cabane Vauban
où je t’ai rejoint
je te regarde tu me regardes
On est bien

Patrick DRUART - France

Écrire

Quand il le faut chère Élise,
Silence est de mise;
Rame, rame, ramons,
Au loin les avirons.

Petites églises,
Creusent et s'enlisent;
Sortent, sortent, sortons,
Mieux que des jurons.

Terre qui renverse,
Pieds en détresse;
Parle, parle, parlons
Cassure, abandon.

La colère gronde,
En avoir bien honte;
Rage, rage, rageons,
Sur le paillasson.

Sable blanc de la mer,
Les petits grains amers;
Pleure, pleure, pleurons,
Les statues de bonbon.

Mon nom sur la page,
Crayon pour images;
Trace, trace, traçons,
Ma vie, une chanson.

Gaétane LANDRY - Québec

Chroniqueurs : Sarah - Elie
Invitée : Diane Descôteaux

Voici la sélection de Mai 2007 :

Génia

Tu le vois comme un autre
Histoire inespérée
Deux adolescents
Dans leur premier émoi
Retrouver le désir
A soixante ans passé

La liberté en couple
A pour refrain douceur
Tendres tirades aimantes

Croquer l’inexprimable
Edifier une histoire
Sur une vie antérieure
Faites d’années en couple
Telle une montagne heureuse

Sarah GODFROID - Belgique

Avec un peu d'argile de l'éternité…

Avec un peu d'argile de l'éternité,
le temps, sans bruit, brasse les choses,
la nature, la vie, les êtres, les idées.
De ses doigts purs, dans l'ombre, il pétrit
jusqu'aux larmes
la neige lumineuse des douces émotions,
les sentiments laissés à la garde du cœur
et les nuits éblouies de soleils solidaires,
troublant parfois les eaux courantes du destin.

Avec le vif soutien de l'étonnant Amour
qui renverse le monde en l'effleurant à peine.

Aube ESTRAMBORD - France

La poésie vit d'images,
D'instantanés de l'esprit.
Réminiscence de tourments,
Et de voix oubliées...
Ils m'entourent,
Et m'étouffent.
Leur donner la parole?
C'est leur prêter vie.
Et pour m'en délivrer,
A perte de souffle
Je trouverai les mots,
Je poétiserai.

Marie DEPRIS - Belgique

Rêve de Paix

Ne plus apercevoir dans quel blanc se mélange
Les sentiments à vif que la douleur soulève
C'est dans l'espoir soudé à mes mains en louange
Tout au fond aspiré que je retiens le rêve,

Ne plus nourrir le loup aux drogues salivant
Ni de rime au balcon contre un mur qui s'étonne
De l'abandon de soi à ces peurs du levant
Fantômes résignés à vos os je pardonne,

Je veux d'une oasis géographier demain
Sous mon pas suspendu panser un coeur-sanglot
courir sans m'écraser au fil de l'équilibre.

Je ne veux plus brûler sous la servile main
Haïr le sang qui pleut quand l'orage défibre
Dans un parfum de haine aiguisant son lasso.

Béatrice ALBA - France

Ma petite étoile

Je n’ai plus de fièvre ce matin
Alors viens par là, ma petite étoile
Que je te cieldetraîne
Que tu me septièmecielles
Que je t’astéroïde
Que tu m’apoastres
Que je t’enlune
Que tu m’orbites
Que je te trounoire
Que tu me géanterouges
Que je t’éclatstellaire
Que tu m’aurorepolaires
Que je te galaxises
Que tu me météorises
Que je te comète
Que tu me Halleytes
Que je te voilactètes
Que tu m’apollocètes

Je n’ai plus de fièvre ce matin
Alors viens par là, ma petite étoile
Que je m’occupe de ton quark !

Patrick DRUART - France

Mes sentiment
Je t'ai aimé, toujours je t'aime
Tu es, ma joie... mon poème
Mon illusion... mon bourreau
Ma destinée, mon rêve le plus beau

SEBASTIEN - Belgique - 17 ans

Marcher...

Marcher dans le soleil soyeux
qui ébouriffe son duvet,
son fin duvet pourtant si chaud
cherchant à chatouiller
les joues !

Et voilà que l'on oublie tout
dans la lumière acidulée,
dans le bain de
douce chaleur
qui s'est abattu
sur le corps.

On marche un peu comme un zombi,
quasiment en fermant les yeux
dans le magique corridor
d'éclat, de densité
rosée
dont la caresse ardente
insiste !

Patricia LARANCO - France

La sueur des dieux
Va..
Presser les vignes
Des brumes épaisses
Pour célébrer
La messe de l’ivresse,
Confesser
Ces étoiles
Qui brillent sans cesse
Pour crier leur détresse !,
Va
Vers toi.
Tu es plus juste
Que ce monde qui t’insulte,
Ce monde
Peuplé d’étranges adultes,
Va …
Vers ce mal frileux
Qui hiberne dans tes yeux,
Ce mal si spacieux !
Si délicieux…
Va vers ton cœur si creux !
C’est si beau !
De vivre sa solitude à deux…
Et pleure si tu veux !
Pleure mon petit vieux !
Puisque tes larmes
Sont la sueur des dieux …

Farid CHETTOUH - Algérie

Chroniqueurs : Sarah - Elie

Voici la sélection d'Avril 2007 :

Un jour une nuit

Un jour, une nuit
Je deviendrai ta page blanche
Ton langoureux manuscrit
Tu déposeras tes vers en avalanche
Dans un langage très ancien,
Peut-être même le sumérien
Là juste dans le creux de mes reins
Tu écriras tes mots
Même les plus maudits
Même les plus pronunciamiento

Je deviendrai le refuge consacré de tes enluminures
Je serai ton ouvrage précieux et érudit
Tu apposeras tes lettres d'or à ma cambrure
Pour narrer sur ma peau ton livre interdit
Tu seras l’indélébile encre de Chine
Je serai le papier et le buvard
De tes calligraphies alexandrines
Sur les folies brûlantes de notre histoire...

Lamia MAZOUZ - Algérie

Dans le reve

Assis sur un banc de brume
Comme une feuille malmenée par le vent
Les genoux décroisés
Je me consume
Dans l'illusion
Des reves inachevés

L’esprit dans les vapeurs
J’imagine ton corps
Qui m’effleure
Et mon cœur
Commence à battre très fort

Ah !Si tu pouvais venir
A force de t’entraîner
Sur les parois du ciel
La planète va bouger
Et je t’aimerai un peu différemment

Meroua MAZOUZ - Algérie

Tricoter sa vie
En fils de laine, en fils de soie,
monter les mailles de sa vie.
En aiguillées de jours,
en cliquetis de temps,
passer entre ses doigts
les saisons, point de mousse,
songer en torsadant
carillons, points de riz,
robe blanche, cache coeur,
bouquets en points de roses.

Tricoter ses années
en layettes d'amour,
en écharpes de joies,
pour réchauffer le temps
qui fuit parfois trop vite!........

Ghislaine BRICOUT - France

Le printemps, au jardin, sculpte des fleurs nouvelles

Le printemps, au jardin, sculpte des fleurs nouvelles,
libre et le cœur dispos, il crée, il improvise,
ainsi la rose née de ses doigts talentueux,
n'a, de mémoire d'herbe, jamais été plus belle.

Au soleil du ruisseau, l'onde enfile ses perles,
le vent qui la courtise essaie de l'éblouir
en lui jouant des notes ignorées de la gamme,
limpides à évincer jusqu'au son du cristal.

Dans l'air flotte, odorant et léger comme un cil,
le souffle vivifiant de ton dernier baiser
dont l'éclat s'insinue dans les grands yeux du ciel
qui l'enchâssent tout en le rendant éternel.

Aube ESTRAMBORD - France

Avec le vent qu'il fait
Faut-il qu'elles soient bien accrochées
Les fleurs du magnolia.
Placé là
Sur fond de ciel gris bleu
Lumineux,
L'arbre se découpe,
S'ébroue encore et encore.
Deux pétales se détachent,
Grands papillons affolés
Qui sautillent sur le sol.
Eole s'acharne, siffle
Ses impatiences punitives.
Effrayé, le chat traverse le jardin ;
Il file, flèche grise
Vers la cabane.
S'y glisse
Entre deux claquements de porte.

Il neigera ce soir.

Chris VERLON - France

Tu traces des mots rouges, au sol des blessures.

Il pleut des émeraudes quand la rage est fragile,
Ce sont tes mains qui le disent en peignant l'avenir.
Il gèle sous les bombes, quelques larmes futiles,
Et on entend l'écho de nos voix se ternir.

Tu traces tes peintures comme une danse de vie,
En mêlant les crayons au bleu ciel de l'azure
Tu dessines les visages quand un ange survit,
À la peine, à la mort, et à la démesure.

On hurle sous les bancs, de la honte et du bruit,
Il s'y cachent des oiseaux dont les ailes se meurent.
On rejette le sang, les blessures, et les cris,
Mais on garde le secret des pansements du bonheur.

Je contourne tes pas adossée aux silences,
Les douleurs ne s'effacent que le temps de pleurer.
Il faut peindre le faux, et recroire en l'errance,
Quand le monde se lasse au soupir des regrets.

Sahel

Delphine BOUNEB - France

Nos visages

Ton visage est un sourire
Où coulent quelques larmes
Je sais que tu peux séduire
Avec de cruelles armes
Ton visage est un quai de gare
Où s’envolent nos histoires
Je sais qu’il faudra vieillir
Sans pouvoir le retenir
Ton visage est un sanctuaire
Où palpitent toutes les mers
Il en faudra des guerres
Pour que tu cesses de te taire
Ton visage est un exil
Où coulent des idylles
Je sais qu’il faudra mourir
Pour oser le voir partir
Ton visage sur mon visage
Mon visage sur ton visage

Juliette MOUQUET - France

Un carnet

Un tout petit carnet de moleskine noire
Pour préserver l 'instant, en mots tout décousus…
On reprendra plus tard le fil de notre histoire
Pour ravauder l 'hier en pensées biscornues !
On trouvera, un jour, au profond d'un tiroir,
Les quelques mots tracés, de ces mots qui remuent
Quand on croit qu'ils se sont enfuis de nos mémoires
Et qu'ils renaissent là, comme au premier jour, nus,
Sur le petit carnet de moleskine noire.

Anick BAULARD - France

Si j'étais une pierre....
Je serais cette opale
pierre épousée de l'eau magnifique joyau,
Je jouerais sur les mots en langue universelle
conjuguerais les sons,mêlerais les syllabes,

Enfant de l'arc-en-ciel
je façonn'rais le monde,effacerais toute ombre
Je serais cette opale au pouvoir irrisé
magnétisme de joie,de bonheur,de paix,

Je serais une opale reine de lumière
transformerais la vie,des archets au regard
J'épouserais mon ombre ,nouvelle ambre du coeur
Je serais à la fois le mystère et la fée
si j'étais cette piere....

Christine DUMOND-FILLON - France

Chroniqueurs : Candy - Sarah - Robert - Elie
Invitées : Diane Descôteaux - Nathalie Dhenin
Et la participation de Michel Baudouin


Les poèmes précédents :

3 Trimestre 2000 | 4 Trimestre 2000
1 Trimestre 2001 | 2 Trimestre 2001 | 3 Trimestre 2001 | 4 Trimestre 2001
1 Trimestre 2002 | 2 Trimestre 2002 | 3 Trimestre 2002 | 4 Trimestre 2002
1 Trimestre 2003 | 2 Trimestre 2003 | 3 Trimestre 2003 | 4 Trimestre 2003
3 Trimestre 2005 | 4 Trimestre 2005
1 Trimestre 2006 | 2 Trimestre 2006 | 3 Trimestre 2006 | 4 Trimestre 2006
1 Trimestre 2007


Proposer un texte

Accueil