Voici les textes du mois de Septembre 2000 :

 

Toujours fatiguée

Lassitude de tout très vite,
comme si rien ne valait
vraiment le coup.
Au fond c'est si bon,
la surface a beau être tangible,
elle me lasse.
C'est de profondeur dont
je rêve, de regards clairs,
de pensées pures.
Une autre vie, parallèle
à la quotidienne,
m'enveloppe et me
maintient en vie.

Tassadit SABAGHI - Suisse

 

Le matin
l'homme qui souffre
lave son passé au savon
(quelques cicatrices)

il se pèse
et maquille son humeur
avec des compliments
(puis il écoute)

Un coq aurait du accompagner l'érection du soleil

Matthieu GOSZTOLA - France

 

CROISIERE

Allongé
Un fleuve lit le paysage

La mouette
en accent léger
trace l'histoire d'un nuage

Un bateau
trace un paragraphe
que le temps murmure

Chaque écluse est parenthèse

La vie se baigne dans la paume du soleil

Hélène SORIS - France

 

Ma main glisse
par l’étroit goulot
d’un encrier noir.
Les doigts trempés remuent
de l’autre côté,
délectant le liquide.

Comme une plume
au badigeon certain
la ligne voyage
par embruns.
Elle plonge et replonge
cherchant la substance.

La feuille prend les nervures
de son arborescence,
aspire la sève
du centre de la terre,
imprègne ses fibres
De quintessence.

Feuille de peau subtilisée
l’épiderme mêlé de papier mâché
lie le grain au fluide.

Marie-Jeanne SAKHINIS-DE MEIS - France

 

Le jardin public

La statue du jardin
Un pigeon sur la tête
Hume le vent léger
Soulevant les parfums

Assiste à nos calins
Nos regards pleins de fête
Couvre l’intimité
De nos coeurs sans embruns.

Et sur le vert tapis
Ou s’allongent nos ombres
Nos corps ainsi légers
Se mèlent en douceur

La pierre de son gris
Entoure l’herbe sombre
Comme un cadre discret
Limitant la moiteur.

L’immensité du bleu
Ou le soleil tient chaud
Est le coin de tes yeux
Ou je pose mes rêves

Et l’oiseau fabuleux
Chante le trémolo
D’une aubade pour deux
Que l’on voudrait sans trève.

Michèle HERNOUT - France

Chroniqueurs : Hélène - Marie-Jeanne - Elie

Voici les textes du mois d'Août 2000 :


Terreur insomniaque,
Le regard brumeux
D'une nuit entrecoupée,
Sur les murs
Dessine les spectres
Qui se faufilent sournoisement
Avec l'air de rien.
Les paupières, d'un clin,
S'ouvrent,
Cherchent l'ombre suspecte,
Scrutent le noir,
Rien !

L'esprit voyage
Hors du corps,
Sans raison.
Le rêve façonne l'absence.
Mémoire vierge de savoir
Où l'on vogue.
Le sommeil règne sur le vide,
L'être s'échappe.
Dormir pour se reposer,
Dormir pour chasser l'ennui,
Dormir pour mourir un peu,
Et vite se réveiller.

Le cauchemar invente un espace
Entre le jour et la nuit.
Ombres muettes
Projetées sur l'écran
De nos matières,
Entre la vie et la mort,
L'errance totale des sens
Aux dialogues de fous.

Marie-Jeanne SAKHINIS-DE MEIS - France


Dans la lumière de la nuit,
L'aube s'est levée en silence.
Pour trahir l'infernal produit,
Dans la lumière de la nuit.
Comme la colombe s'enfuit,
L'homme abhorre la violence.
Dans la lumière de la nuit,
L'aube s'est levée en silence.

Elie DUVIVIER - Belgique


Routine...

Lune rangée dans un coin sombre,
Soleil griffé par un trait d'ombre.

Routine...

Le temps délire sous le fard,
A peine tôt qu'il se fait tard.

Routine...

Arthur BRONTE - Belgique

 

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