Poésie en Ligne

 

AnPlus désire faire vivre la poésie par l'intermédiaire de la Toile. Dès lors, régulièrement, nous publions, ici, vos poèmes.
Pas n'importe lesquels... un éventail que nous voulons universel et amical.

Voici la sélection de septembre 2005 :

Etre mère…

Raconter sans faiblir des histoires idiotes,
Jouer avec sérieux aux jeux les plus stupides,
Arborer fièrement, à "l'heure des mamans",
Colliers et bracelets en coquillettes bleues,
C'est d'abord cela, être mère…

Accepter qu'il achète sa première mobylette
Et feindre d'ignorer sa première cigarette,
Frissonnante, aux aguets de ses retours nocturnes,
Taire l'horrible angoisse qui vous tord l 'estomac,
C'est souvent cela, être mère…

Cacher soigneusement ses larmes, sous un sourire,
Et s'en vouloir, pourtant, d'être si bouleversée
Seulement parce qu'il n'a pas téléphoné,
En ce jour imbécile de la fête des mères,
C'est cela aussi, être mère…

Et puis un jour, trop tôt, desserrer ses dix doigts
Et le laisser partir, mais garder cœur ouvert,
A n'importe quelle heure, pour que, si nécessaire,
Sans donner de raison, il puisse revenir,
C'est cela surtout, être mère…

Aimer sans bien comprendre,
Aimer sans rien attendre,
C'est peut-être simplement cela, être mère…

Anick BAULARD - France

La lune, imprudemment,

La lumière argentée qui vrille les collines
Ouvre des horizons, des ombres et des abîmes.
En rasant les maisons que le destin domine
La lune, de l’orient perdu, vers l’occident chemine.

Passager clandestin, satellite égaré,
Morphée s’est dévoilée en rêve inachevé.
Bijou, perle moirée dans la nuit étoilée,
La lune, lentement, éclaire les nuées.

Palissant le réel et dominant le ciel,
Apaise les inquiets, transforme d’irréel
Le moindre objet banal et puis le renouvelle.
La lune, imprudemment, me fait pousser des ailes.

Jean-Louis LATSAGUE - Suisse

Deux Notes... - Sonnet

Deux notes, c’est bien peu, mon amour, quand j’y pense,
Vous taisez votre Ré, je soupire mon Mi,
Vous et moi, mon amour, ne vivons qu’à demi,
Que le monde est petit, la solitude immense !

Le serment de jadis nous laisse sans défense
- “ Je serai votre Ré - Je serai votre Mi,”
L’accord à son parfait s’est à peine endormi
Sur la partition toute en RéMiniscence

Cette femme entre nous, je ne la maudis point
Nous étions destinés à nous aimer de loin,
A l’ombre de vos jours, tendrement, je m’allonge

Ames en transhumance, un seul prénom pour deux,
Votre désir m’éclaire autant que je vous veux,
Deux notes, c’est beaucoup, mon amour, quand j’y songe !

Nicole HERAULT - France

Comme l’héroïne

L’amour est comme l’héroïne
Un flash qui nous anime
Il s’infiltre en nous
On n’en voit plus le bout.

Une vague de bonheur
Qui arrête nos peurs
Un courant d’air chaud
Qui remonte notre dos

Un superbe frisson
Qui tel un démon
Nous sort du mystère
Et nous plonge dans sa sphère

Un orgasme infernal
Qui fait très mal
Comme une forte douleur
Qui nous sort du cœur

L’amour est comme l’héroïne
Un flash qui nous destine
A se prendre la main
Pour suivre le même chemin

Jessica WAROQUIER - Belgique

Correspondance - Sonnet

Tout ce temps où j’ai cru n’avoir plus rien à dire
Ni d’être bonne encore à parler comme il faut,
Muse, vous m’avez fait cruellement défaut
Et j’ai subi l’affront sans jamais vous maudire.

Alors que vous étiez d’un autre chef le sbire,
Vilaine, succombant devant son air dévot,
Moi, je me morfondais, hélas, mais rien ne vaut
Quand on sent que la verve à peine née expire.

Dans mon for intérieur, je vous savais tout près,
Si près qu’il me semblât que vous fîtes exprès
De vous dissimuler, ô petite friponne !

Or, vous êtes restée, assise auprès de moi,
À m’inspirer des vers d’influence nipponne
Durant cet épisode où je perdis la foi…

Diane DESCOTEAUX - Canada

Sang et habits

Aux sangs
Qui tremblent la vie
De beaux habits
Signent le rang.

Couvre tes veines
Mon ami !
Qu’un nouveau dieu
Sied à tes peines.

Farde ta grimace
D’une croix de bois.
Déjà son Histoire
Saigne en moi.

Si hardes et habits
Apaisent ton esprit,
Faut-il que je meure
Pour que s’anoblisse ton coeur ?

Didier BENINI - France

Entre ici et ailleurs

Existe-t-il des chants
Que le vent ne décoiffe
Et qui souples ne rompent
Entre ici et ailleurs
Des rêves égarés
Des silences étreints
Noués à flanc de roc
Au ras des jours fêlés

Dans un geste or et rouge
Sous les mois qui s'empilent
Tatouer des racines
À mains lisses et nues

Entre ici et ailleurs...

Angèle LUX - Québec

Une Vieille Pantoufle

Evidemment je suis une vieille pantoufle,
Qui marche sans élan et toujours hors de souffle,
Je passe tout mon temps sur mon ordinateur,
Pour gribouiller des mots comme un prédicateur.

Je regarde les jours s’écouler comme un fleuve,
Qui rugit vers son sort, vers cette terre neuve,
Au delà de son lit, avec un grand ahan,
Pour répandre son flux dans l’immense océan.

En remontant la source, aux jours de mon enfance,
Je suis mon long parcours avec reconnaissance,
Pour tout ce que le sort a voulu m’octroyer,
Ma femme, mes enfants, la paix dans mon foyer.

Que puis-je demander, après ce long voyage ?
Je me sens protégé dans mon lieu d’hivernage,
On me dit que je suis un grincheux pantouflard,
Mais soit ! moi je me sens un sage vieux brisquard.

J’ai goûté des plaisirs et quelques amertumes,
Pendant mes longs séjours en scrutant les coutumes
Des peuples de ce monde aux diverses couleurs ;
J’ai retenu leurs moeurs dans toutes mes valeurs.

Je suis très fier d’avoir acquis cette patine
Qui recouvre mes ans d’un esprit qui butine,
Qui va de fleurs en fleurs, de sujets en sujets,
Pour déguster les sucs de tous ces beaux objets.

Poètes, mes amis, j’écris ce que je pense,
Sans attendre de vous aucune récompense,
Mais si vraiment je suis ce grincheux pantouflard,
J’utilise ma plume et non pas mon poignard !

Chritian CALLY - Australie

 

Chroniqueurs : Sarah- Philippe - Robert - Elie

 

Voici la sélection de juillet-août 2005 :


Humanité

La peau en moins.
Celle qui lisse nos traits épais
De son foutu baratin.
Celle qui satine ma caresse sur tes seins.

Les mots en moins.
Ceux du boniment à cracher
Mâchés comme du bon pain.
Ceux étouffés que nos cœurs ont tant espérés.

Les pas cadencés des guerriers
Habiles cadavres sur pieds,
De l’Histoire les bourreaux inféconds.
Puis le premier du glaive au pardon.

Soudards muets et décharnés,
Amoureux amants tant aimés,
Nous voilà bien le pire et le meilleur de l’Humanité.

Didier BENINI - France

C'est vous

quand je ferme les yeux
je rejoins votre toit
et je flotte un instant à la cime du monde

quand le gris se fait bleu
que résonne votre voix
je quitte mon abîme pour d'éternelles secondes

je remercie cet Ange un jour venu des cieux
d'avoir mis sur ma route ce dessein ambitieux
Vous

Isa BORDET - France

Farandole

Farandole hasardeuse, arrogante, éperdue,
peuplée de danseurs nus, d’acrobates et de fous,
un caillou nommé Terre s’ébroue dans l’univers.

C’est l’enfant naturel d’un feu peut-être éteint,
tourbillon de lumière et volutes de ciel,
la vie toute petite y naît pour vaciller.

La flammèche sursaute au moindre coup du temps,
elle ne saurait durer si elle n’est intérieure,
si elle ne devient souffle plutôt que seul vertige.

Si on ne prête au cœur, si on ne prête aux mots,
que l’inconstance du vent, que faiblesse et mensonge,
nos pas pris dans la ronde seront sûrs les derniers.

Tydé - France

Adieu chimère

Insolente chimère au rêve délétère,
Maudite lumière à l'aveuglant pouvoir !
Une étoile du soir, captive en ton mouroir,
Découvre la froideur de ton lit mortifère.

Brûlure de froidure ou de chaleur intense,
Le coeur défiguré refuse le soupir :
A son seul souvenir s'éveille le souffrir
Et l'horizon se tache au sang de la violence.

Que se taise la mort ! Que se taise la peine !
Que reviennent le jour à la lueur d'amour
Et le baiser radieux du soleil troubadour
Sur les lèvres de l'aube en offrande pérenne !

Que s'éteigne la nuit sur mon âme chagrine
Et qu'une larme d'or illumine mon pleur !
Etoile de mon soir, efface le malheur…
Demain est prometteur et son heure divine.

Insolente chimère au rêve délétère,
Je m'éloigne, à jamais, de ce monde irréel
Où l'invisible impur se couche au lit du ciel
Pour souiller la beauté de l'étoile sincère.

Moun - France

Pauvreté

Mes bons seigneurs, prêtez secours aux indigents
Ils n'ont pour fortune que l'aumône que vous donnez
Ils vous tendent la main dans l'espoir d'un peu d'argent
Quelques pièces de monnaie, ils sont soulagés.
Pauvres, ils sont nés et pauvres, un jour ils vont mourir
Toute leur vie est tournée vers un stérile destin
De grâce, ne laissez point les humbles sans avenir
Ils ont comme pour vous, le droit de vivre en humain.
La pauvreté est le fléau des malheureux
Elle les accompagne de la naissance, à la mort
Sur le chemin de croix, nul ne peut être heureux
Les âmes des démunis ont dans le cœur de l'or.

Olivier WERBROUCK - France

Chroniqueur : Elie


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1 Trimestre 2002 | 2 Trimestre 2002 | 3 Trimestre 2002 | 4 Trimestre 2002
1 Trimestre 2003 | 2 Trimestre 2003 | 3 Trimestre 2003 | 4 Trimestre 2003

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