Poésie en Ligne

 

AnPlus désire faire vivre la poésie par l'intermédiaire de la Toile. Dès lors, régulièrement, nous publions, ici, vos poèmes.
Pas n'importe lesquels... un éventail que nous voulons universel et amical.

Voici la sélection de Septembre 2006 :

Affouage d'Automne...

Les haches, dans des sifflements,
Cognent dans le pied du géant...
Son écorce vole en éclats
Quand l'acier pénètre le bois...

Les bras puissants des bûcherons
Forcent les outils dans le tronc
Avec une si grande ardeur,
Que leurs dos luisent de sueur...

Les plaies s'ouvrent de plus en plus,
Arrivant au coeur du feuillu...
Après des heures de travail,
Le grand chêne soudain tressaille...

Dans un dernier gémissement,
Il vacille et pleure en tombant...
Encore un ou deux soubresauts,
Et il s'éteint sur les roseaux...

Plus aucun bruit dans la forêt,
Comme un hommage, un respect...
A l'heure ou le hameau s'endort
Ce soir, un centenaire est mort...!

Jacky HOCMAN - France

Nostalgie de Septembre

sur une vague d'émeraude
festonnée de dentelle rousse,
j'ai voulu écrire nos amours.
Ces amours qui parfois s'érodent
quand Septembre les émousse
alors que s'écourtent les jours.

Sur une plage au doux velours
où s'effaceront nos empreintes,
au sel de tes baisers gourmands
mes lèvres goutaient à l'amour.
D'azur les vacances étaient peintes
de touches, de mots, de serments.....

Les jours glissaient comme des voiles
vers l'horizon, dans l'infini,
emportant notre belle histoire,
avec pour témoins les étoiles,
au dernier des bains de minuit.
Etait-ce adieu ou au revoir?.....

Amours d'été sur sable fin
amours de brumes et de doutes
j'aimerais qu'ils n'aient pas de fin
lorsque nous reprendrons la route.....

Ghislaine BRICOUT - France

La mascarade !

Comme ces poèmes
Qui périssent
Sous les rimes de mon feu !
J’avorte les caprices de la lumière…
Comme ces vagues
Qui palissent
La clarté de mon bleu !
J’écoute les moqueries de la mer !
Comme ces mains
Qui s’agitent
Pour chatoyer un adieu
Je guette
Des miettes de soleil pour mes yeux…
Comme ces éternités de tous ages
Qui vieillissent
Sur les détroits de mon visage
Je fais naufrage
Sur ce radeau en rage !
De cette mascarade inouïe
Qu on appelle la vie…

Farid CHETTOUH - Algérie

Portées d'immense

Je garde pour nous
Tes doigts sur moi,
Tes yeux debout,
Mes bras en croix ;

Va et vient d’intense,
Vagues premières,
Caresses et sens,
En portées de lumière.

Sur ces notes étales,
Toiles de vent
Et toit d’étoiles,
Que le diable les emporte,

…j'attends.

Pour que ces riens,
Pour ces moments,
Pour que nos liens,
Pour ces lyres de sang,

Pour... que l’absolu cache le néant.

Eric ROSSINI - France

Bleu,bleu, le ciel est bleu...

Bleu comme l'acier de tes yeux
Bleu comme le spleen de la vie
Bleu pour blanchir l'étoffe
Bleu de violence
Bleu de colère
Que l'on aime ou pas
Cette couleur est là.

Ö mamie, mamie blue...

Bleu pour un travail acharné
bleu, la nappe de ma mère
Bleu, le crachoir du grand-père
Bleu comme l'espadon
Bleu, les cheveux du garçcon
Que tu sois grand ou petit
Le bleu te va à toi aussi.

Moi, je connais un pays bleu...

Bleu d'un Québec d'ici
Fleur de lys de mon pays
Menton dru de mon père
Et sa zone bleue, la barrière
Bleu de méthylène
Pour panser le coeur qui saigne
Et des miliers de contes bleus
Pour rendre les enfants heureux.

Gaétane LANDRY - Québec

L'étoile d'un regard

Ton regard
Se tournait vers des cieux infinis
Dans le secret de l’immensité
Où, parfois
Il te semblait voir briller une étoile.

Tu avais mis
Tant de rêves en couleur
Dans tes silences
Où des cantiques s’improvisaient
Mais que toi seule entendais.

Toi qui rêvais de cette arche
Qui pouvait t’emmener
Vers de lointains horizons,
Tu reposes désormais
Parmi un autre monde,
Dans les jardins éternels
Des soleils de la nuit.

Et ce fut ta raison d'être
Pendant ton espace temps
Sur cette terre.

Jean-Michel ADDE - France

L'exilé

Quand Sa brise me baise aux lèvres, matinale,
Je ne regrette pas la lippe boréale
A la bise incisive,
Morveuse.

Quand Son lagon m’étreint d’une indienne diaphane,
Je renie les eaux rudes, mordantes, glaciales,
De la Hayne et sa rive
De gueuse.

Quand sur Ses palmiers sveltes plane la papangue,
Je hais le hêtre hâve et la hargne hivernale
Et la hase hâtive,
Galeuse.

Quand Sa bouche ibiscus mange au miel de la mangue,
J’oublie la frite grasse et le lourd demi d’ale
Et l’amer de l’endive
Et Leuze.

Quand dans Son lit d’ylang je me dégangue et vangue,
Sombrent le glas des nuits et leurs grimaces pâles
A mes vitres natives,
Hargneuses.

Patryck FROISSART - Ile de la Réunion

Chroniqueurs : Candy - Sarah - Robert - Elie
Invitée : Ancik Baulard

Voici la sélection de Juillet-Août 2006 :

Vieillesse douloureuse

Je vieillis d’un visage saccagé.
Temps morose, d’un violon usé.
L’adage courbé, salutations amusées.

Je vieillis, un regard tourmenté
Dans la plénitude d’un instant charmé.
L’horloge arrêté, moment parfumé.

Je vieillis sans savoir aimer.
Le désir d’un troublant baiser.
Un regard suffit, enflammé.

Je vieillis, mes mains cicatrisées.
La douleur de vivre, chagriné.
Je suis égaré, à peine sustenté.

Je vieillis, cheveux égarés.
L’impossible d’une jouvence retrouvée.
Un bonjour, silence délaissé.

Je vieillis, un lit encensé.
La mort approche, fenêtre entrebaîllée.
Noir lendemain enfin apaisé.

André LABROSSE - Québec

Ombre à paupières

Suis tombé en amour pour ce fard à paupières
Qu'elle estompe au pinceau de cils jusqu'à sourcils ;
Entre ces horizons dont elle varie les tons
Pour me tenir captif, moi, je voyage… à l'œil !

Quand l'ombre est émeraude, je suis pêcheur de perles,
Nu, je plonge en apnée jusqu'au ventre des mers ;
Si l'ombre vire à l'ocre, en pays touareg,
Sur un chameau je vogue à la vague des dunes ;
Est-elle azur, je vole, au dos d'une oie sauvage
Pour savoir les secrets de la course des vents ;
Si l'ombre est mordorée, je deviens orpailleur,
Tamisant l'or en poudre à l'eau de son regard…

Suis tombé en amour pour son ombre à paupières ;
A l'ombre de son ombre, bien douce est ma prison,
Sans l'ombre de son ombre, je meurs… d'insolation !

Anick BAULARD - France

Promenade en Juillet...

Sous l'ardent soleil de l'été
Ondoient au gré du vent léger
Les vagues des grands blés dorés...

Ecoutez le chant mélodieux
De l'alouette dans les cieux,
Tel un hymne à l'astre radieux...

De coquelicots en chardons,
Virevoltent les papillons,
Insensibles aux ardents rayons...

Au bruit des pas fuit la vipère,
Se faufilant entre les pierres
Sur les berges de la rivière...

L'abeille va de fleur en fleur
Pour butiner avec ardeur
Le précieux pollen de leurs coeurs...

Dans l'air devenu étouffant,
Le chant des grillons, incessant,
Monte de partout dans les champs...

Qu'il est doux de se promener
Sur un poudreux petit sentier
Par un si beau jour de Juillet....

Jacky HOCMAN - France

Comme

Comme l'arbre est la lumière
la maison les étoiles
les nuages la poussière
je suis l'air
qui s'en va
qui s'en vient
la terre qui fourmille
de vie
l'eau fuyante
et tranquille

la feuille des saisons
la fourmi rêveuse
ayant les desseins
d'une girafe

la forêt de souvenirs
une photo fragile
collectionant celles de ses aïeuls
un mélange de pays
de religions
un sapin que l'on expose à Noël
une vache sacrée dans le coeur de certains
la toiture de mes rêves
une feuille de papier
à mâcher
à déchirer

et bientôt je serai
l'oiseau multicolore
semblable à toutes ces ombres

Sarah GODFROID - Belgique

Des mots

Des mots sur le papier
Des rimes arrivistes
Qui parfois se prétendent
Etre mieux que les lignes
Qui vont éclabousser
La marmaille des pages.

Des mots sur le papier
Tourbillonnent gaiement
Eclaboussent les rêves
Affolent les esprits
Qui osent s'adonner
Aux pensées libertines.

Des mots comme des bulles
Qui éclatent au matin
Délivrant de leur sein
Nos amours en vacarme
Nos infinies saisons
Qui dessinent nos âmes.

Des mots comme des armes,
Qui fredonnent cet air
Frissonnant et perdu
Que le soldat aux larmes
Se rappelant sa mère
A toujours en mémoire.

Laure CASTEL - France

Memoire en fuite,
Au fauteuil de velours,
tout près de la fenêtre,
elle soustrait les jours,
demain, demain peut-être,
quelqu'un reconnaitra
son visage ridé
puis il se souviendra
et pourra la nommer:
bonjour, Madame UNTEL
je vous ai reconnue!
Elle qui n(est plus elle
en sera toute émue.
Dans sa mémoire avide,
fiévreuse et désarmée,
elle trouvera le vide
sa vie s'est effacée........

Ghsilaine BRICOUT - France

Méli-mélo

C'est le désordre dans ma tête
Les mots se bousculent
Ils ne font pas la fête
Mais ils déambulent.

Impossible de les ranger
C'est le méli-mélo
Ils sont tous mélangés
Un véritable chaos.

Je les abandonnes là
Les laissant se mêler
Et je vais de ce pas
Tout simplement me reposer.

Fabienne ROLAIN - Belgique

Histoire d’amour.

Le soir, quand la nuit s’étale sur nos heures passées,
Des larmes viennent souvent se mouiller au port de ton image.
Elles sont le reflet des sentiments qui m’ont portés,
Tristes de ton absence, ou émues de ton visage.

Où que tu sois, dans ces moments, tu es dans mon cœur.
Même frappées et meurtries, mes pensées t’appellent
Dans les méandres de mes craintes, où je vois ta peur,
Quand les affres de mes pleurs portent l’écho de nos querelles.

Et je m’en vais, comme cela, partout dans nos étoiles.
Elles me disent, toutes, que je finirai bien par trouver,
Là où tu attends de moi, le moment où se lèvera le voile,
Le beau jour d’infini, où tu seras conquise par notre vérité.

Dans ce ciel où d’autres ne croient que la nuit noire,
Je te tiens par la main. J’éloigne de toi tous tes démons,
Pour que chaque nuit, fidèle à notre histoire,
Je t’aperçoive rassurée d’une fleur et d’un mouton.

C’est à eux que je te confie, lorsque je suis perdu.
Prisonnier des mêmes diables qui m’étouffent,
Fantômes avec qui je me suis tant battu.
Sombres portes d’ombres où je me pousse.

J’attends tout de toi au sein de cet espace.
Tu es le peintre d’un univers où je me suis accroché.
Il est parsemé de déserts où brillent des idées qui s'enlacent,
Des promesses qui se tiennent à force d’amour et d’amitié.

Eric ROSSINI -France

Peau de chèvre

Confie l'oiseau à l'espace
Dans son vol immobile s'inscriront
Les aubes de l'immense

Dépose ton inutile bouclier
Aux pieds ardents de la chouette
Et de son regard clair

Rend les emprunts et paie tes dettes
Tu n'en seras que plus léger
Dans le tourbillon silencieux

Sans armure ni cuirasse rouge
Vont les guerriers du sacrifice
Sur un chemin non balisé

Les yeux et la bouche armés
De pure beauté et d'insouciance
Fléaux d'un néant dévergondé

Gilles-Marie CHENOT - France

Tout est noir
Enceint de ténèbres
Ma maison c’est la tombe
Mon toit un linceul

Refroidi par la peur
Jusqu’à la moelle
Je suis ancré au sol
Les pieds dans la bière

Mes rêves évanouis
Mon talent meurtri
Ma plume sèche
En moi volent les oiseaux nocturnes

Ma vie comme un arbre penché
Frôle le déséquilibre
En moi souffle la folie
Dans ma tête neige la pluie

J’ai juré au soleil
Que je m’éteindrai avant lui
Alors je m’assois je me couche
Cercueil clos

Pierre-Simon LECAVALIER - Québec

Chroniqueurs : Candy - Sarah - Robert - Elie
Invité : Yves Brillon

 

 


Les poèmes précédents :

3 Trimestre 2000 | 4 Trimestre 2000
1 Trimestre 2001 | 2 Trimestre 2001 | 3 Trimestre 2001 | 4 Trimestre 2001
1 Trimestre 2002 | 2 Trimestre 2002 | 3 Trimestre 2002 | 4 Trimestre 2002
1 Trimestre 2003 | 2 Trimestre 2003 | 3 Trimestre 2003 | 4 Trimestre 2003
3 Trimestre 2005 | 4 Trimestre 2005
1 Trimestre 2006 | 2 Trimestre 2006

Proposer un texte

Accueil