Poésie en Ligne

 

Parallèlement à la revue trimestrielle, An + désire faire vivre la poésie par l'intermédiaire de la Toile. Dès lors, mensuellement, nous publions, ici, vos poèmes. Pas n'importe quoi... un éventail que nous voulons universel et amical. Pas nécessairement inclus dans la revue.

Voici les textes de Décembre 2001 :

Pour toi

Pour toi
je confierai à la vague et au vent
mes mots d'amour
pour qu'ils s'inscrivent marine
à fleur de jetée

Pour toi
je cisélerai les mots de mes désirs cachés
dans l'écorce de l'arbre condamné
qui t'offrira son ombre
un dernier été

Pour toi
je glisserai dans le lit des torrents tumultueux
à la recherche des mots secrets
qu'au premier gué murmurant
je t'ébrouerai

Pour toi
j'inventerai des mots imparfaits
qui ourleront les gouttes de rosée
égarées dans le ciel de traîne
de tes cheveux défaits

Pour toi
j'arracherai un fragment d'étoile
et j'écrirai sur ton corps révélé
combien je t'aime avec la poussière bleue
des mots oubliés

Patrick DRUART - France

Je ne veux plus dormir

Je ne veux plus dormir
Trop d'images en friche se bousculent au seuil
Au bord de mon sommeil, si lourd, si froid, silence
Dans le vestibule sombre de ma conscience

Bas-relief de mes peurs, de mes désirs farouches
De moments serrés dru les uns contre les autres
Mes songes sont en maraude

Je ne veux plus dormir
Les terres orangées au bout de ma mémoire
S'inscrivent en perspective dans les filets
De mes cris écrus et fauves si souvent tus

Bas-relief de mes peurs, de mes désirs farouches
De moments serrés dru les uns contre les autres
Mes songes sont en maraude

Je ne veux plus dormir
Mon âme pèse lourd dans tous ces angles froids
Sous les sanglots d'exodes de mes certitudes
M'entraînant dans l'entre-deux des rêves en partance

Laisse-moi me couler au creux de tes bras chauds
Pour glisser sous mes paupières des songes indigo
Où le ciel et la mer s'étreignent à jamais
Lisse, je veux enfin dormir à ta rencontre

Par le portail ouvert,
esquisser mille vies
avec toi tout en haut.

Angèle LUX - Canada

Douce oisiveté


Oui, je dors sous le ciel en mon habit de fête,
Ignorant ta présence et ton air triomphant !
Je rêve d'infini sur ma pierre parfaite,
Ne suis qu'un vieux lézard avec un corps d'enfant.

Que mon plaisir est grand lorsque midi s'embrase :
Le soleil provençal provoque ma torpeur,
Et je deviens virgule à la fin d'une phrase,
Pas même un vert-galant au sourire trompeur !

Comme un long vol d'oiseaux, la lente caravane
Des instants de bonheur désire prolonger
Mon immobilité, sans la moindre pavane,
Car je suis bien, ainsi, près du garde-manger !

Marcel PELTIER - Belgique

A trop rêver...

A trop rêver la vie amour s'en est allé
Fragile Nirvana redevenu mystère
En tes yeux mon beau rêve un matin s'est noyé

Le lointain devenir, à mon regard voilé,
Sur la lune valsait, pantomime légère
A trop rêver la vie amour s'en est allé

Mon azur sur ta bouche en tes mains ma gaîté
A trop lisser ta peau, liqueur de douce-amère
En tes yeux mon beau rêve un matin s'est noyé

Ton rire et ma folie au couchant de l'été
Ta sève dans mon corps, nébuleuse éphémère
A trop rêver la vie amour s'en est allé

Ta beauté léonine était ma vérité
Mon coeur bat la dérive ô félonne Cythère
En tes yeux mon beau rêve un matin s'est noyé

Des éclairs du désir les pourpres ont fané
Du flamboyant roman pleure en moi la chimère
A trop rêver la vie amour s'en est allé
En tes yeux mon beau rêve un matin s'est noyé.

Nicole HERAULT - France

Le cri

Se lever, déchiré
s'étirer comme un Chat,

décider de ne plus penser.

Arriver à rejeter l’idée d’avoir une idée,
réussir à ne plus avoir d’envies

et pourtant plus tard dans la nuit
effacer les images du passé.

Aspirer au désir à l’amour et au rire
et sortir…

Dehors se noyer dans des contrastes de gris
au centre des absences et du vide des regards.

Courir sous la pluie et imaginer son Esprit.

Lucide et réfléchi sur la futilité de mon art
sur ces mots que j’écris.
Oublier la grande ville et son ennui.

et puis,

réussir à imaginer son rire,
et qu’il sonne et résonne
à l'intérieur de mon corps,
au milieu de mes nuits…


Les jours les années les saisons passent,
et dans un silence fugace
laisser glisser ces larmes fragiles
et lasses,

sur ma vie, sur la ville,
sur cette île de pluie
de pleurs et d'ennui…

Caroline entendras tu ce cri ?

Philip FRAYSSE - France

J'ai écrit ton nom !

Sur le coton de la neige des hivers,
au pied d'or du soleil d'été,
sur les chevaux blancs des mers,
dans la fougue de chaque marée,
sur le vertige des hauts sommets,
à travers la pûreté des étoiles,
dans le murmure des ruisselets,
sur la page blanche des voiles,
sur la dentelle des fougères,
sur les cierges des roseaux,
sur les méandres des rivières,
à la cime des bouleaux !

J'ai écrit ton nom
Fraternité
même sur l'horizon
pour toute l'humanité !

Serge LEONARD - France

L'aube déchirée

Aujourd'hui,
l'horizon d'une petite fille...
balte,
n'appartient plus
à l'aube déchirée des alpes,
au rougissement des lames maritimes.
Les espoirs se croisent
dans les bouches odorantes
d'un inconnu métro,
en main,
un gobelet
pour abuser la mort.

Un sourire,
une prière,
un merci.,
une grâce...
pour s'excuser de vivre !

Elie DUVIVIER - Belgique

Lui

Il est comme ces hommes
Qui façonnent la nature
aux modèles de leurs rêves
soulevé par les flots
il se laisse couvrir
par leurs belles images.

Comme tous les marins
comme les vieux noyers
par la mer envoûté
par la terre empoigné
sur sa coque de noix
sur sa route pavée
il savoure en silence
ses plus fortes pensées.

Dans l’écorce de sa peau
empruntée au vieux chêne
la vie griffe ses maux
en fissures profondes
qui se laissent adoucir
par les murmures du vent
qui se laissent éroder
par la sagesse du temps.

Jean-Paul SIBONI - Ile de la Réunion

Chuchotements

Le chuchotis de tes pas sur le givre blanc
Ravive le trouble de mon cœur engourdi.
Souvenirs frissonnants de nos enlacements
Qui nous étourdissaient jusqu’au bout de la nuit.

Tes mots d’amour, à mon oreille, susurrés
Si maladroitement, en devenaient touchants.
Souvenirs attendris de nos soifs exprimées
Qui nous portaient jusqu’aux astres du firmament.

De tes pas feutrés résonne encore la magie
De ces instants empreints de sensualité.
Souvenirs de nos insatiables appétits
Qui, à la source du plaisir, se nourrissaient.

Tes pas ont laissé des sourires sur les pierres
Et, chaque soir, mon corps se comble de douceurs.
Ardents souvenirs de nos étreintes d’hier,
N’êtes que les ancêtres de notre bonheur !

Moun - France

 

Chroniqueurs : Alain - Angel - Angèle - Hélène - Marie-Jeanne - Jean-Pierre - Elie

Voici les textes du mois de Novembre 2001 :

Promenade, en novembre.

La pointe du clocher
découd un édredon de brume
là-bas, dans la vallée.
Les cailloux crissent sous mes pas.

L'air change de saveur
au fil des heures ;
j'aime son goût d'enfance,
de noix fraîche que l'on brise,
de châtaignes éclatées sous les braises.

Près du ruisseau,
un feu de branches, à l'agonie,
laisse échapper des âmes blanches
qui vont se mêler au brouillard.

Le ciel s'entr'ouvre vers midi
pour laisser passer un vol de ramiers,
le soleil en profite,
y glisse un œil,
laisse tomber quelques couleurs
et puis referme le rideau.

Le portail grince, le chat se sauve.
Il faudra ramasser les feuilles mortes,
demain.

La pluie a perlé mon manteau,
je le secoue devant la porte.
Le chat change d'avis et rentre devant moi.

Il y a encore du feu dans la cheminée ;
Je vais faire un café !

Chris VERLON - France

Journée maussade

Je bois la tasse d'un café
Breuvage amer et coloré
Les yeux perdus dans le mur peint
Qui fait obstacle à tout dessein

Je cherche en moi un peu d'attrait
Qui forcerait a me lever
Pour accomplir ce jour sans fin
Mais aucun but ne tend la main

De quels habits vais-je vêtir
Ce corps qui ne veut pas séduire
De quelle couleur maquiller
La bouche vide de souhaits

Comment chausser ces pieds d'humain
Ne voulant prendre aucun chemin
Chercher le goût de les lacer
Pour éviter qu'ils soient trainés

Mon corps trop lourd est un bagage
La clé de la consigne en gage
Au clou du hasard des journées
Qui viendra pour me délivrer.

Michèle HERNOUT - France

Fin d'été

Il y a des instants qui hésitent à mourir
Au fond de mes deux mains et du ciel encore rose.
L'éclat marmoréen des jours gris à venir
Cueille à froid mes mots bleus à l'écho de soleil.

Ah! devenir arbre que l'eau ne visite plus
Le temps de deux saisons au bout du balancier...

Angèle LUX - Canada

Douceur

S’asseoir tranquillement sur le bord du chemin
Ecouter le grand vent fredonner sa romance
Pour convier à valser la feuille en décadence
Qui viendra s’endormir dans le creux de ma main

Marcher sereinement dans le frileux matin
Soulager son esprit d’une pesante errance
Oublier l’univers, sa peine, sa souffrance,
Déplier sur ses maux, un voile de satin

Délaisser pour un temps, les autres, leur calvaire
Trahir un quotidien quelquefois trop sévère
En s’offrant un moment plein de sérénité

Le coeur enfin en paix, fermer sa lourde porte
Puis rejoindre en secret une tendresse morte
Mettre sur ses erreurs un filet de clarté

Défaire sans un bruit ses cadenas, ses chaînes
Ne plus être l’objet de lueurs incertaines
Et renouer soudain avec sa liberté

Patrice PIALAT - France
Texte classique - Sonnet estrambot

On empoigne un espace
que l'on croit connivence
l'on se retrouve bras croisés
face à ce qu'il dilue

Le temps nous dilapide
en cercles imparfaits

Dans ce reve,il y a la chute
aussi
sans réelle conscience
mais sans plus d'horizon

elle ressemble à la tourbe
je la ressens comme un voyage mou

toupie qui dériverait
vers le point focal des ans
non archivés

Elle a fini par me hanter,
cette ombre....

Buko - France

A fleur de... sensualité

A fleur de peau dans la chaleur crépusculaire,
Tu exprimes la passion des coeurs enflammés
En de furtifs frémissements de lumière
Qui caressent les désirs des corps embrasés.

A fleur de sanglots dans l'âtre des déceptions,
Tu hurles le chagrin des esprits écorchés
En d'insidieuses cascades de trahison
Qui noient les visages de sourires attristés.

A fleur de mots dans la grâce des émotions,
Tu illustres l'éveil des âmes satinées
En de multicolores soupirs de sensations
Qui esquissent les régals de la volupté.

A fleur de tango dans le refrain de jouissance,
Tu enlaces les corps de sensualité
En d'érotiques effleurements de l'espérance
Qui allument les corps d'envolées passionnées.

Moun - France

Les Ombres envahissent le ciel
Quelques lueurs, encore, apparaissent
Pâles à la clarté des vents
Mais bientôt les larmes du soir
Froides, berceront les roses.

Philippe CUVELIER - France

Parfois

Parfois
elle vient

Superbe
dans sa nudité première

Elle est musique
elle devient fleur

Elle s'étire
dans l'aube claire

Tel un beau fruit
abandonné par le maraudeur

Marcel PELTIER - Belgique

Amour interdit

Toi, tu passes là sans pour autant te douter
Que tu me laisse là comme un air embaumé !
Au goût de tes lèvres où je voudrais déposer
Mon empreinte éphémère, exaltée.

Moi, je reste à te regarder passer,
Où je demeure malandrin de chimère,
Aux souvenirs de pluies que je voudrais assécher,
Mon Amour se noie dans ta lumière.

Eux, ils sont si nombreux, moi si orphelin,
Puisque je suis fou, et puisque tu ne vois point,
Puisque cet Amour là n’est pas le tien,
Je cèlerais cet Amour, cet Amour sans lendemains

Stéphane HAMON - France

Le fleuve du temps

Le temps est l'éternel conducteur de la vie
Qui guide nos éphémérides sur les eaux,
Vers les rives, pour des lendemains inconnus,
Des instants où germeront l'espoir de nos maux.

Depuis la source de notre fleuve, la flamme
A placé ça et là des pierres, reliées
Par des fils, au fil du passage des instants,
Nous permettant de revenir avec tendresse
En des lendemains devenus rives d'hier.

Mais les fleuves sont au temps, c'est lui qui amène,
Incommensurable, il réunit, détruit,
Tisserand et passeur des cours sans compassion...
Il est le maître dominateur de nos vies

Mais qu'importe, il y a l'amitié, et l'Amour
N'a que faire de son écoulement de prison,
Et le long de son lit, quand les rêves éclosent,
La vie est une liberté faite d'arc-en-ciel.

Oublions le temps, laissons nous au coeur glisser,
Prenons du temps ce qu'il nous offre, bras ouvert
Au fleuve des instants, bonheur en quintessence...
Qu'enfin aux âmes, la paix mains à mains soit à l'ère...

Une fleur qui s'ouvre, un chant d'oiseau qui s'envole,
Le vent qui brise et plit, des feuilles qui sont folles,
Des nuages voyageurs prêt à s'y verser,
Des amis, des sourires, amours enlacés...

Pascal LAMACHERE - France

l'Aube

Le clocher de l'église
Sort de sa brume
L'aube accueille la bise
Pâle le soleil éloigne la lune
Déjà le coq s'émerveille
Il se lisse les plumes
D'or d'argent de vermeil

L'arbre cristallisé
Par la nuit frissonne
La biche apeurée
Se cache et s'étonne
Un jour nouveau s'est levé
Au loin l'heure sonne
C'est l'instant de se préparer
Le temps des rêves s'est arrêté....

Marine - Belgique

Chavirage

De moi seule l’écriture chavire,
Se noie - par les mots fouetté le navire
De sel empreints,
Les mots ont sur la langue
Le goût d’une peine assoiffée
De silence

Radeau à perdre haleine
De la nuit les baleines
Vibrantes cordes de goémon
Jaillissent des flots - des démons.
Puis, du fond du gosier,
Laisser monter la marée

De la lame ascendant le fond s’exhibe
Puis se retire lentement, amertume marine
Vacuité de l’esprit sur le sable trempé
Demeure : l’écumante fureur s’imprègne
De cet espace délaissé.

La peine ramasser,
Coquillage blessé
Le porter à l’oreille :
Brassage désespéré

Naufrage enfin, sabordage
Epoumonées les éponges
Se gorgent
S’envase l’esprit
Noyé le corps disparaît.

Myriam LEVAUFRE

Les portes bleues

Derrière les portes bleues
Il y avait naguère
Des coussins de soie d'or
Des bracelets d'argent
De noirs regards de khôl
Et des lèvres grenade
Des effluves de musc
Des mystères de femmes

Mais de ces portes bleues
Il ne reste que cendres
L'argent des bracelets
En acier s'est changé
Et les femmes encloses
En leurs robes-grillages
Ne sentent plus le musc
Mais la honte et la mort

Entre faim froid et peur
Elles ont le choix des larmes...

Derrière nos portes bleues
Faisons silence, un peu,
Pour les femmes afghanes

Anick BAULARD - France

L'orient

Où s'arrêtent les limites
des forces de l'orient ?
Aux ombres montagneuses,
à la blanche lueur,
à l'horizon bleuté...
L'orientale frontière
toujours se déplace
un peu plus à l'est
vers l'empire du levant,
les perles chimériques,
la magie de l'aurore.
Dessiner ses contours
ou brimer sa liberté
quel regard du monde
possède la lumière
quand survient la nuit ?

Elie DUVIVIER - Belgique

 

Chroniqueurs : Alain - Angel - Angèle - Hélène - Marie-Jeanne - Jean-Pierre - Elie

Voici les textes du mois d'Octobre 2001 :

 

Soleil doux parfumé
Au jardin submergé
De jasmines langueurs.

Sucre doux emmiellé
Matin frais enivré
D'ondoyantes odeurs.

Et vous d'or giroflées
Qu'un feuillage verdet
Ombre d'heure en heure.

Ciel flou emmiellé
D'une enfance versée
Sur tes bouquets de fleurs.

Eric LACROIX - France

Groseilles ou prunes....

C'était au temps des fourmis de misère
aux nids tranchés
en fleurs de solitude
en sentiers de vertiges
Au temps des lys qui jaunissent le nez.

C'était aux jours de la verdure amie
des groseilliers pointillés de chenilles.

C'était au coeur du bleu de soie de prune
la lèvre tendre y cherchait un baiser
les yeux rêveurs y cueillaient des pensées
une berceuse au profond d'un tronc d'arbre
C'était au temps de l'enfance d'ardoise.

Hélène SORIS - France

L'oiseau blanc

L'oiseau blanc peinturlure à la craie
Dans l'aubade du temps sa liberté,
Devant les majestueux, orne
Senteur de l'automne.

Saveur chlorophylle, dans le prêt
Il estampille les déplumés mis au frais,
Jouxtant l'embrasée démesure
Au sens de ses murs.

De l'automne au printemps,
De l'hiver à l'été, l'oiseau blanc
Voyage libre dans l'air du temps,
Migrateur enchaîné à la soif sang
Du cri étouffé, Liberté... liberté...

Frôlant de sa mine la diffuse lumière
Créatrice de l'étincelle origine,
Enfanteresse de la vie univers,
L'oiseau blanc bat des ailes
En tambour, de l'aube au crépuscule,
Dans la direction dentelle
Paix de nouveaux jours,
Mal des tempêtes en bascule.

"Oiseau blanc, tu es le coeur enfant,
Vole, envole toi, fend toi dans le sablier errant,
Et chante nous un peu de bonheur,
Libre liberté de la sincérité du coeur...
Un peu de bonheur libre liberté,
Pour la sérénité du coeur..."

Pascal LAMACHERE - France

Pardon d’automne

Pour un peu de tendresse
ouvre donc tes bras,
un silence emplit nos yeux,
restons là juste un instant.

Tout un troublant bouquet de rêves
où la brume opaque ne peut effacer
un univers de souvenirs
toujours présents dans nos cœurs.

Partage le bleu de mon ciel
avec la soie de tes nuits
rien que pour un instant. Là
tu souris enfin, un murmure
alliant patiemment sur notre chemin
germes ou miettes d’amour,
esquisses d’un renouveau. . .

Jean-Paul SIBONI - Ile de la Réunion

Trop de mots

Trop de mots
ils utilisent
trop de mots

Pour dire
l'essentiel
et le mystère

Pour dire
l'amour
simple eau fragile

Trop de mots
pour cacher
leur émoi

Pour dire
l'amour
fleur fertile

Marcel PELTIER - Belgique

une table blanche comme
le regret d'une démarcation
deux chaises qui se font
face se parlent en
secret et disent le sourire
des mots que nous
ni toi ni moi
n'avons prononcés....
un cendrier , un verre vide
sur la table blanche,c'est tout
le regret d'une démarcation

BUKO - France

L'holocauste des souvenirs

Je me souviens,
Au fond du jardin,
D'un grand tonneau de fer rouillé.

Les choses qui faisaient mon quotidien,
S'y consummaient et disparaissaient.
Elles peuvent avoir si peu d'importance pour certains.

Chaque objet a son histoire,
Et chaque histoire, son lot de souvenirs et d'émotions
Partagées ou plus personnelles.

Le passé s'éfface.
Comme si cela n'avait jamais existé.
Comme si tout avait été imaginé.

L'âme du souvenir s'épuise,
Et il n'en reste plus que des cendres ...
Plus rien pour se rappeller.

Marie DEPRIS - Belgique

la poupée

Pareil à un soldat nouveau-né
tenu pour responsable d'une guerre,
je me force à croire aux destinées
inscrites dans les cimetières.

C'est ainsi qu'elle t'a trouvé
nue près d'une vieille pierre.
tu l'as fait rêver.
juste le temps qu'elle te soulève de terre.

Pourtant qui aurait imaginé
dans son pays imaginaire
qu'une si jolie poupée
pouvait semer le calvaire.

Elle voulait seulement t'embrasser,
mais elle a juste pu sentir ton parfum, amère.
non vraiment, jamais elle n'aurait pensé
que tu étais une mine qui tue, misère.

Pareil à un soldat nouveau-né
tenu pour responsable d'une guerre,
je me force à croire aux destinées
inscrites dans les cimetières.

Kristof FELIX - France

Minute

Poussière du temps,
calendes infernales,
esprit d'hier ou de demain.

Je tente l'oubli
sur la campagne blanche
de mes lumières
aux rêves innocents.

Je touche l'oubli
sous la terre blanche
de mes veilles
aux rêves anodins.

Je prélève l'oubli
dans la poudre blanche
de mes nuits
aux rêves d'espoir.

Et...
Et puis...
Et puis encore...
Je sombre dans le noir
pour un jour
une heure...
Minute !

Elie DUVIVIER - Belgique

A travers une nuit sans étoiles ;
Un sentier monotone
D'une aube lointaine ;
Un souvenir s'efface

Aux parois d'un dernier soupir ;
Aux contours d'une dernière larme ;
Une âme s'agrippe

Les temps se bousculent ...
se fondent
Les sens s'alourdissent ...
se désolent

Englouti par la pénombre ;
pourchassé de rêverie ;
Je résiste ... je succombe et je crie

Viens mirage , je t'adopte ...
Puise dans mon cœur , ta force est en moi
Infidèle ... je te sais
Mais quitte moi !
Offre moi mon estime ... ma décence
Ne me dénudes pas

Je renaîtrais , car je sais ...
que si tu reviens ; Tu périras .

Eprouvé ; je détourne les yeux
Mon cœur se fond
Mes lèvres qui remuent .... torturent l'oubli

Va-t-en ... cette fois ;
C'est moi qui te retrouverais .

Azziz FODIL - Algérie

 

Chroniqueurs : Alain - Angel - Angèle - Hélène - Marie-Jeanne - Jean-Pierre - Elie

Les poèmes précédents :

3 Trimestre 2000 | 4 Trimestre 2000
1 Trimestre 2001 | 2 Trimestre 2001 | 3 Trimestre 2001
1 Trimestre 2002 | 2 Trimestre 2002 | 3 Trimestre 2002 | 4 Trimestre 2002
1 Trimestre 2003

Proposer un texte

Accueil