Poésie en Ligne

 

Parallèlement à la revue trimestrielle, An + désire faire vivre la poésie par l'intermédiaire de la Toile. Dès lors, mensuellement, nous publions, ici, vos poèmes. Pas n'importe quoi... un éventail que nous voulons universel et amical. Pas nécessairement inclus dans la revue.

Voici la sélection de Décembre 2002 :


Paix !

On ne peut plus mourir sous un ciel aussi pur !
Le soleil a lavé chaque recoin obscur.
On dit qu'enfin la vie, étale sans souci,
Est revenue ici.

L' abeille vibrionne autour d'un beau fruit mur,
L'oiseau, fou de l'oiselle, avalerait l'azur,
On dit que c'est la sève et les parfums aussi,
Qui les grisent ainsi.

Paix ! sur les toits d'ardoise et les clochers pointus,
Les soldats sont partis, les mortiers se sont tus,
On dit que c'est la trêve et que c'est pour toujours.

Paix ! sur le berceau blanc où tu dors calmement,
Car tu dors, c'est certain, ce n'est pas autrement,
On ne peut plus tuer les enfants ne nos jours !

Jean BAPTISTE - France

Les vulnérables
(écoliers afghans)

Dans la craquelure des endroits de la nuit,
Les vulnérables
Au désespoir de sang
A la transparence de chair
Sur notre vaste terre de détresse
Les fleurs se brisent à l'heure suprême
Le soleil blanc, la neige contastée d'azur
Dans ce murmure d'errant
Un rire d'enfant face à un seigneur de la guerre
Tient à pleines mains le livre
Et ses lettres orphelines
Dans la danse accélérée de la mort
Le nu, l'acte suspendu dans le néant
Tu portes le tablier noir
Ton regard questionne le monde
L'image claire et nette
La forme réduite de la mémoire
Silhouette fragile : ton espace d'enfance flambe
La calligraphie des racines
Ta saison de jeune pousse
A forme de révolte qui se brise sur le granit de l'histoire
C'est toi l'écolière qui change la hampe d'une rose
contre la plainte jaune du vent
Juste risque d'orage en ce temps d'équinoxe
Le ciel d'orange pleure son manque d'étoiles.

Nicole BARRIERE - France

Douce conquête

Ah! je vous aime plus qu'assez,
Vous, dont le charme m'a conquise;
Ma passion vous est acquise
Et mes propos dédicacés.

Nos destins sont entrelacés
Sur une même trame exquise
Et je vous aime plus qu'assez,
Vous, dont le charme m'a conquise.

Pour ces mots ardemment tracés,
L'encre de mon âme est requise
Et, par d'autres, à votre guise,
Ne seront jamais remplacés
Car je vous aime plus qu'assez…

Diane DESCOTEAUX - Québec

Ballerine

Coquette ignores-tu, saupoudreuse de charmes,
Rieuse au teint de fleur, vaporeuse en tutu,
Combien, pour un baiser, il boirait de tes larmes ?

L'ambre d'un sein dressé d'organdi revêtu,
Ta peau de vierge brune en ta nuque de reine,
Tout de toi l'éblouit, sylphide, le sais-tu ?

Il voit des astres bleus quand la valse t'entraîne,
Des notes de cristal entend carillonner,
Savoure en son ballet ta grâce souveraine.

Il imagine un bal, un ciel où t'emmener,
Vos bras entrelacés d'un élan pathétique,
Un archipel de mots, un seul à décliner...

Tous les deux vous formez un couple romantique,
Purs papillons d'or fin des songes les plus doux,
Ballerine tu es, d'une boîte à musique,

Et lui petit garçon en extase à genoux.

Nicole HERAULT - France
Poésie classique - Terza rima

Se tournent
Et se détournent
Se rencontrent
La clarté
Des miroirs
La rougeur
Des cris

Pouvoir faire de ces mots
Une forêt de lumière
On se reconnaîtrait
Comme dans les fables
Et nos mains
Seraient des lacs
Et le totem
Aux cheveux de cheval
Trônerait

O Les mots succulents qu'il nous dirait
Comme des soleils
Penser que pour une fois
La nuit
Dans les plis
Repliés de sa robe
S'endort

Jean-Michel MAYOT - France

Il me faudra bien
repasser de l' autre côté de leurs vies
toucher leurs yeux déteints
affronter leurs corps gisants de paroles
pour respirer un peu

Il y aura
cette pluie oubliée sur la fenêtre
un geste sur le papier ébouriffé
et le couteau émoussé des idées

Il me faudra bien
lever les bras vers leurs mains oubliées
suivre le même chemin froissé
révéler leur silence
pour respirer un peu

Il y aura
la vitre ridée du passé
appuyée contre moi
et les notes du temps

dispersées

Denis EMORINE - France

Déchiré

Je m'arrache à l'échine des jours
à même ma douleur
dans la douce espérance
des paroles

Je poignarde à grand traits
d'adjectifs
tout ce qui m'entoure
et rend chair

Passez rivières
peines et ruisseaux
Je coule à vos côtés
comme une vague chimère...

Paul HARNOIS - Québec
17 ans

L'automne, mon automne,
n'est pas si monotone
je dis le "mien" car je le passe en sympathie:
J'écris quelques mots doux,
Je crie quelques mots durs.
J'aigris, je flâne et le vent pousse;
J'ai des feuilles volantes
mieux que des feuilles blanches!
J'ai tout plein d'idées noires...
de celles qui jaunissent,
Les mêmes chaque automne.

BUKO - France

Nous reviendrons en mai

Nous reviendrons en mai flûtes polycalames
Orgues de Barbarie cromornes et rebecs
Dans les rues dans les champs nous déchireront l'âme
Et nous nous passerons une fleur sur le bec

Nous reviendrons en mai dans les parfums des brises
Nous nous laisserons prendre aux langoureux pipeaux
Nous reviendrons en mai aux prochaines cerises
D'ici-là nous aurons des belles dans la peau

Nous reviendrons en mai d'ode en prosopopée
De farandole en lai de ronde en vocero
De barcarolle triste en rengaine râpée
Nous reviendrons en mai fleurir nos camaros

Nous reviendrons en mai en manches de chemise
Une fleur noire au poing une rouge au chapeau
Dans l'idée dans le cœur une terre promise
D'ici-là nous aurons brûlé tous nos drapeaux

Nous reviendrons en mai sans nos miséricordes
Sans pensées aux fusils sans nos vieux calicots
D'ici-là nous aurons des chansons dans nos cordes
Nous reviendrons en mai vêtus de flamenco

Nous reviendrons en mai peut-être un peu sur l'âge
Mais nous aurons le vin plus bavard que jamais
A raconter les maux parfois on les soulage
Pour mourir au pays nous reviendrons en mai

Robert VITTON - France

Danse avec les Lys

L'aube du crépuscule en habit de mémoire
S'épand dans l'ornière tracée par le sommeil
Vestige immatériel des nuits aléatoires
Et les gardiens du gué écoutent le soleil

Du ressac insatiable à l'assaut des falaises
Les lames du rocher ont percé le secret
La dépouille incarnat danse dans la fournaise
Tandis que l'archer type a jeté son décret

Les anges de l'étrange ont suspendu leur vol
La nacelle du temps a posé exaltée
Une étoile nacrée à la cime d'un col
Et soudain l'écrin bleu s'ouvre à la voie lactée

Dans la nue on perçoit tels des psaumes quantiques
Les oraisons du cœur en l'honneur des vivants
La belle immaculée a le regard pudique
Et sa beauté réclame un hommage vibrant

Le sable se dérobe au passage complice
De nos états unis de grâce ou de l'esprit
Neptune possédons au profond des abysses
Que se lève le voile aux cieux des incompris

Nos émois luxuriants exhalent la fragrance
Que seul les fins gourmets repèrent à l'envi
Puissé-je à leur grand dam t'aimer jusqu'à l'outrance
Plus loin que l'émergence aux confins de l'oubli

Exutoires sucrés de l'arraisonnement
De nos corps lacérés d'étreintes salvatrices
Nos mots éclaboussés florilège innocent
S'encrent d'un bleu mouvant qui danse avec les lys

Serge DURIEUX - Belgique

Mes amis les souvenirs

Le facheux
avec les mauvais souvenirs,
c’est qu’ils ont la densité des pierres,
mais
pas forcément leur poids.

Alors du coup,
il cherchent la surface, y remontent
crèvent l’eau,
le coeur,

et tout le reste…

Philip FRAYSSE - France

Sous-bois

J’aime l’or sombre des forêts
Surpris par un rai de lumière,
Semblable aux touffes de genêts,
Couleur safran, si printanière

J’aime aussi les longues allées
D’automne, aux tons incendiaires
D’ambre et de pourpre constellées,
Labyrinthes imaginaires

J’aime à m’ y perdre sans raison,
Lorsque monte une étrange brume,
Quand s’en vient la morte saison
Où les cerfs brament à la lune

J’aime aussi le matin tremblant,
Où l’arbre suspend à ses branches
Pavois et dentelles d’argent,
Costume de deuil pour nuits blanches

J’aime l’or sombre des forêts,
L’astre qui joue en cet écrin,
S’agitant comme feux-follets
Ou tel malicieux lutin.

Kathy FERRE - France

Symphonie de couple

Nos deux corps éclairés
Par un croissant de lune
Pas un souffle d'air
Ne les séparent.

On distinge au loin
Une seule silhouette
Qui se meut un peu.

Deux corps s'épousant
Dans un même élan de désir,
Un seul élan d'amour.

Nos deux corps éclairés
Par un croissant de lune
Pas un souffle d'air
Ne les séparent.

Au levé du soleil
Nos deux corps enlacés
Se retrouvent
Dans une même passion.

Hier, nos deux corps éclairés
Par un croissant de lune
Ce soir pas un souffle d'air
Ne les séparera.

Sarah GODFROID - Belgique
18 ans

Chroniqueurs : Hélène - Jean-Pierre - Elie

Voici la sélection de Novembre 2002 :

 

Chavirer chaste ?

Juchée sur le machicoulis
Minaude
Miaule un tantinet
Mate le ce minou belle chatte

Qu'ondule ton pelage
En patte de velours va
Fais la chattemite
Miaule une chanson
danse le tcha-tcha-tcha

Il est câlin le croc de mon malin matou
Va ronronner sous
les petits coussins caressants de ses pattes
Niche toi
Il le mâchonnera ton pelage ton cou

Mais ne tangue pas trop et feule doucement, Chut !

Enchevêtrés au creux de la gouttière .
Prenez garde au roulis

Choisissez de chuter sur la jonchée de feuilles
C'est chouette une nuit chaude au milieu de novembre

Hélène SORIS - France

Errance

J'ai la tête en maraude,
Senteur d'épi brassé,
Humus de reine-claude
Sur ciel dédicacé.

Dans la menthe sauvage,
Par les sentiers déserts,
Je glisse d'un nuage
Au pas de l'univers.

Le ruisseau me salue,
Babillages nacrés,
Quand la brise ingénue
Susurre ses secrets.

J'ai la tête en cavale
Entre hier et présent,
L'espérance en escale
Un si petit instant.

L'arbre à l'écaille brune
Prête un flanc généreux,
Lie mes peurs une à une
Aux cernes de ses yeux.

L'épine a sa prunelle,
Le silence, sa nuit,
Je trempe ma crécelle
Dans le temps qui s'enfuit.

J'ai la tête en déprime.
A la vie qui s'en va,
Je cherche une autre rime,
Qui me la prêtera ?

Nicole HERAULT - France
Lipogramme écrit sans la lettre "o"

Influences

J'ai le rêve encore nouveau
d'une parole libre
et palpitante au point d'or de mes lèvres

le rêve encore vivant
de vous décrire la neige
de mon crayon tout neuf

le rêve d'inventer mille accents
raboteux
et d'un souffle magique
vous offrir mon langage.

Paul HARNOIS - Québec
17 ans

Le petit matin bleu

Le petit matin bleu
Semble avoir de la peine
A ouvrir grand les yeux,
A réchauffer la plaine

Il a barbe de givre,
Chevelure en embruns
Vous invite à le suivre
Tout au long des jardins

Le petit matin bleu
Porte écharpe de brume
Mais son cœur est joyeux
Quand s’estompe la lune,

Quand il s’étire un peu,
Tout encore à ses rêves,
Flânant aux chemins creux
Lorsque la nuit s’achève.

Kathy FERRE - France

Nous cheminions à contreflots
par l'indolence d'un bras de mer
en lui tenant la main;

Nos pieds crissaient d'un pas de feuilles
sur le tapis moelleux d'octobre
on se penchait;

Nos poumons s'emplissaient de vigueur
ample et l'on apercevait l'écume
à boire en des baisers baveux;

l'eau était sale...

Nous cheminions à contresens...
parfois passait un vieux raffiot
d'un flegme chaotique;

Nous le suivions d'un regard tendre,
les yeux plissés en canne-à-pèche
quand le vent dépeignait les arbres.

"il commence à pleuvoir"

Nous cheminions à contre-coeur,
il nous avait fallu rompre le charme:
"il est bien tard,il faut rentrer"

BUKO - France

Danse dadaïste

danse
danse dans un tableau étrange car
dans un tableau de la démence on met tout
tout l'orage l'image imparfaite l'oripeau fou

la guenille n'est pas loin
à moins que la chenille ses bambins et tout son foin
ne tisse un cocon
car l'horizon dépasse l'entendement

tout est danse
dans cet envoi étrange
pourquoi pas l'émoi
car sais-tu qui tu es ?

il suffit d'une souche
pour qu'une mouche ponde
un œuf frais et voilà c'est foutu
tu es cartouche

c'est bizarre la vie
on rit on pleure
on demeure loin d'ici loin de la demeure
loin de la douleur étrange bazar

étrange songe
qui ronge tout être humain
loin plus loin encore des réalités
lorsqu'il fait le grand écart le grand écart

Marcel PELTIER - Belgique

Ici et son double

Je ne quitte pas les lieux
je les transporte

Ce doit être ici
cet arrondi de terre qui protège sa suite
ici le tronc flottant qui fait tourner les gouttes
ici ce coin de lèvre qui commence à parler

Ce doit être ici
sous le bruit de la plage
mon dos qui dépasse du sable
ici le début de tout
ici le vou de s'égrener

Je n'imite pas les coquillages
je me remplis de ce qui écoute

Stéphane MELIADE - France

Un poème

Un poème ça s'écrit avec une fleur,
avec le bourgeon d'un noisetier,
avec quelques mots de bonheur,
sur n'importe quel sentier.

Un poème ça s'écrit dans une étoile,
avec le soleil, orgueil des matins,
sur la plume blanche d'une voile,
avec le couchant enflammant le lointain.

Un poème ça s'écrit avec un croissant de lune,
sur les vagues de tous les océans,
en s'agenouillant au pied des dunes,
en feuilletant les pages du temps.

Un poème ça s'écrit avec le coeur,
en écoutant les cris de la souffrance,
en voyant l'injustice et le malheur,
en regardant renaître l'espérance.

Serge LEONARD - France

Effleurer

Aussi suave que
sur les coussins
didymes de ta bouche
serpente sur le drap de ta peau
l'intime feuillage
manuel
sensuel
...
Lignes
Courbes
Douceurs sémantiques
! Oooh !
Sublimes musiques
que procurent mes doigts
sur le tableau de ton corps.
Douce
et légère
farandole langoureuse;
papillonnage gestuel.

S
U
R
tes ailes se dépose:
A
R
T

de la caresse.

Bertrand DE WITTE - Belgique


Chroniqueurs : Hélène - JP - Jean-Pierre

Voici la sélection du mois d' Octobre 2002 :

 

Jamais à moi

Tu es à moi parce que je ne te possède pas
Les étoiles intangibles aussi sont à moi
et dans la nuit avec ses franges indéfinies
je dispose des magnolias aux fleurs
empreintes de l’odeur suave et envoûtante
Je t’ai parce que tu frémis
dans le poème des heures
et dans la cadence et décadence de mes vers

Je t’ai parce que tu es l’unique
couleur vibrante des couchers de soleil
eau des océans insoumis
rosée tremblante de mes yeux
Sont à moi les accords de la création
les délires du piano
la musique sophistiquée de ton sourire
et la promesse toujours différée de tes lèvres
Tu m’appartiens fugace comme la concorde universelle
l’étreinte du vent et des blés
le frôlement de l’aile des instants
le piège esthétique de l’araignée
à la couleur de mon inutile espoir

Toi, eau jaillissant de la pierre,
jamais touchée par l’avidité des lèvres,
tu es cristalline et belle, soumise à ma volonté
et parce que je te veux ainsi jamais je ne te posséderai.

Ainsi tu seras à moi pour toujours
Le déclamant autrement - jamais

Joseph VASQUES - France

C'est sans doute un écrivain,
Qui s'est posé sur ta peau.

N'ayant plus de voix,
Ne trouvant plus de mots.

A laissé un résidu de phrase,
Une ponctuation égarée.

Expression magnifique du verbe,
Fait chair.

Là, sagement posé,
Aux endroits stratégiques.

Introduction au désir,
Argument brûlant,
Conclusion enflammée et chute,
De tes reins…

Points de suspension, de nos souffles coupés,
Grains de toute beauté !

Florence BONNET - France

La bouteille à la mer

Je rêve de jeter une bouteille à la mer,
Une bouteille pour y déposer
Mon souci, mon chagrin,
Mes souvenirs ébouriffés
Et la tristesse des hommes.
Je rêve de jeter une bouteille à la mer
Et de la regarder s'éloigner
Emportant tracas et inquiétudes.

Je rêve de découvrir une bouteille sur un rivage,
Une bouteille gorgée de la compassion des hommes,
De projets lumineux,
Ou de simples petits bonheurs.

Micheline BOLAND - Belgique

La petite voix

Murée dans son silence, une jolie princesse
Ne savait pas chanter et faire danser les mots,
Exprimer ses sanglots, ses joies et sa tendresse,
Tous ses moulins à vent, tous ses mots mikados.

Elle allait dans la vie, seule avec son chagrin,
Ses fragiles soleils se cachaient dans sa voix.
Elle se levait brumeuse, pleurait dans le matin,
Elle aurait tant voulu nous confier ses émois.

Au fond de son château à la porte fermée,
Les musiques saignaient sur sa vie chardon bleu,
Ses bonheurs se brisaient au coeur de ses poupées,
Elle avait peur du monde et de ses vilains yeux.

Puis un jour elle osa ouvrir tout doucement
La porte du silence au tendre bois d'ébène
Et les gens s'étonnèrent d'un tel enchantement,
La princesse parlait et déliait ses chaînes.

Elle avait un peu peur des mélodies tranchantes
Et, au début, ses mots s'écorchèrent aux orties.
Sa voix était timide, maladroite, hésitante,
Mais très vite, elle fit face aux ronces de la vie.

Elle osa dévoiler ses soucis, ses pensées,
Et les mille trésors de son palais de fleurs,
Les musiques poussaient tout près des orangers,
Ses mots cachaient des roses qui dansèrent à jamais.

Fabrice DEVESA - France

Jeunesse

Ecoute bien,
Toi, ma jeunesse,
Je ne veux plus toujours te plaindre,
Ecouter ton blues à rebours
Sur les temps morts de tes amours,
Je ne veux plus t'entendre geindre
Pour trois fois rien.

Regarde mieux,
Va, ma jeunesse,
L'âme en banlieue de nos enfants,
Les matins ouverts sur du vide,
Du rien à faire et de l'acide,
Les jours de non-vie insolents,
C'est tout pour eux.

Tout près, si loin
De ma jeunesse,
La violence et le mentir,
L'amour barbouillé de sida,
Le coeur prisonnier, les voilà,
Nostalgiques d'un avenir
De saint-glinglin.

Alors va t'en,
Ô, ma jeunesse,
Sur toi, ne gémis plus sans cesse
Retourne vers ta souvenance,
Dans l'écrin vert d'insouciance,
J'ai trop mal à cette jeunesse
Du temps présent.

Nicole HERAULT - France

La chambre des parents

La chambre des parents
Tout commence
Derrière la porte qui grince
Et que tu pousseras bientôt
Pour te glisser entre les draps
Dans le grand lit
Interdit
La chambre des parents
L’origine de la vie
Secret sauvage
Tu cherches dans les tiroirs
Derrière les sachets de lavande
Une clé
La réponse à la grande question
Que tous les enfants ont posée.

Sandrine BETTINELLI - Suisse

Il n’y a pas de cerises
Sur ton gâteau d’abricot
Mais il y a des valises
Accrochées à mes boyaux
De la sueur à ma chemise
Et sous mes yeux des tonneaux
J’ai franchi la mer des crises

Patrick JOQUEL - France

La mer

Les ondes pures dansent, se balancent.
Le soleil les éclaire et les encourage.
Le ciel se reflète sur l'eau,
devient bleu azur.

La plage est paisible,
Et les grains de sable, jaune d'or,
Scintillent et brillent.
Coquillages, harengs et merlans,
Déjà en ronde, sur le tapis jaunâtre et brûlant.
Le vent souffle pour exprimer sa joie,
Et se joindre à la fête.

Tous les amis sont réunis,
Le décor est mis,
La plage est recouverte,
Le rideau de scène se lève :

Le vent siffle,
La pluie chante,
Les vagues dansent,
Le sable s'envole de tous côtés,
L'écume se brise contre les rochers,
Les poissons nagent de bonheur,
Le ciel change de couleurs.

Prenons-le comme une chance,
Nous assistons au vrai spectacle,
Le spectacle de la nature.

Charlotte BONNEAU - France
14 ans

Courir les trottoirs

Être ou n'être pas
Courir les trottoirs
Deux ballons dans les mains

- Une phrase inutile -

Un cadeau placé trop près
Là sous la vitre
Éternelle jeunesse

Cent dollars de guarantie
Vers l'enfant disparu.

Paul HARNOIS - Québec
17 ans

Résistance !

Ecrit ! Même si le monde doit s'écrouler
Même si la Terre doit s'arrêter de tourner
Ecrit toujours ces mots qui parlent au monde
D'amour et de paix alors que la guerre gronde

Chevalier pacifique pourfend avec ardeur
De ta plume guerrière les instincts destructeurs
Des Homos Habilis avides de pouvoir.
La portée des écrits ruine tous leurs espoirs

Ypérite corrosive, grenades ou bien shrapnel
Les mots de tes poèmes leurs briseront les ailes
Militaire sans armes continue de lutter
Devant ta feuille blanche, symbole de liberté

Frédéric GERARD - France

Oublier

Oublier les déchirures
oublier les blessures
qui ont à jamais griffé
mon coeur ensanglanté.

Non je ne pourrais pas !

Oublier les chagrins,
oublier les larmes sur le chemin
qui ont coulé sur mon visage
quand un ami fût devenu mirage.

Non je ne pourrais pas !

Oublier la calomnie,
oublier les mots d'infamie
pour revêtir mon existence
de cruelles souffrances.

Non je ne pourrais pas !

Oublier l'insolence,
oublier l'arrogance
dans les rues du hasard
me laissant avec mon cafard.

Non je ne pourrais pas !

Serge LEONARD - France

Un banc

Un banc nostalgique,
Qui me parle de toi.
Un banc ivre de peinture écaillée,
Qui se souvient de toi.

Un banc à demi-défoncé
Qui était ton complice.
Un banc au fond du jardin,
Qui se rappelle nos rires et nos baisers.

Un banc tout vermoulu,
Qui pourrait raconter bien des secrets.
Un banc dans la roseraie,
Qui n'a pas oublié le temps du bonheur.

Un banc où chaque soir qui passe,
Je t'attends tendrement,
Un banc repeint, vigoureux,
Qui écouterait tes nouvelles histoires !

Un banc où tu fumerais ta pipe,
Au crépuscule de l'été.
Un banc où nos petits enfants
Heureux joueraient sans fin !

Un banc qui survivrait au poids des ans !

Liliane TOUSSAINT - Belgique

Chant d'automne

Ce soir
trois rondes claires
ont sonné l'olifant
comme les bourrasques d'automne,
plaintives

Sans trêve
un si à l'ombre d'un bécarre,
quelques notes pointées
entre les arbres
gémissent

Angèle LUX - Canada
Cinquains en miroir

Murmure

Lorsque s’en est allé le flamboyant été
Emportant avec lui les dernières vacances`
Mon coeur s’emplit soudain de douces espérances
Que murmure le vent de la sérénité

Retrouver les chemins plein de tranquillité
Y déposer son coeur alourdi de souffrances
Comprendre les raisons de secrètes errances
Pour mieux redécouvrir les fleurs de la beauté

Déceler le meilleur dans le chant de la bise
Goûter l’intimité sous ma toiture grise
Cachée entre un crayon et la douceur d’un feu

Laisser mes doigts glisser sur une mandoline
Etre infidèle aux jours croulants sous la routine
Pour trouver en secret un moment chaleureux

Patrice PIALAT - France


Chroniqueurs : Hélène - JP - Jean-Pierre - Philip - Elie

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