Poésie en Ligne

 

Parallèlement à la revue trimestrielle, An + désire faire vivre la poésie par l'intermédiaire de la Toile. Dès lors, mensuellement, nous publions, ici, vos poèmes. Pas n'importe quoi... un éventail que nous voulons universel et amical. Pas nécessairement inclus dans la revue.

Voici la sélection de Octobre et Novembre 2003 :

Déjà

Le train n'interrompera
pas sa course.
Les paysages, les gens
tout défile.

J'aimerai pourtant
m'arrêter à chaque gare
aussi insignifiante
soit-elle
pour y dénombrer
les oiseaux.

A peine ai-je
le temps
de clore les yeux
qu'une nouvelle
saison s'annonce,
qu'un nouveau
cheveu blanc
me pousse dans la tête.

J'aimerai pouvoir
contempler les quais,
les trains qui ralentissent,
admirer
l'herbe qui pousse,
distinger le crépuscule
du soleil couchant.

Sarah GODFROID - Belgique

Les sources immobiles

Les sources immobiles
qui dorment au fond de mon être
sourdent des ondes invisibles,
lentes et incertaines.

Enlisées dans le rêve et le sable,
elles lovent leur corps de paresse
sur les rives des fleuves d'opale
qui les bercent et les enchaînent.

Mais est-ce là, dites-moi,
la place d'une source :
dormir entre les bras
des zéphyrs qui la poussent ?

Ce n'est pas là ce qu'on appelle vivre,
ni courir à travers champs et bois,
ni saisir le destin qui chavire
sur les roues mal ferrées du charroi.

Il convient que la source s'éveille
et qu'un mage en toge d'étoiles
vienne d'un coup de baguette
casser le stuc, gratter le sable

pour que les eaux reprennent la route
de l'immense océan
où roulent et meurent les doutes
et voguent les poissons volants.

Claude PECH - France

Dans tes yeux

Si dans tes yeux je pouvais voir
Que le temps ralentit
Et nous redonne l'espoir
D'un nouveau souffle de vie

Si dans tes yeux je pouvais voir
Que la misère du monde
Demain sera moins noire
Et la fraternité plus féconde

Si dans tes yeux je pouvais voir
Que demain les hommes cesseront
De semer chaos et désespoir
Et que toutes les guerres finiront

Si dans tes yeux je pouvais voir
Que bientôt nos enfants naîtront
Pour être libres et enfin croire
Que le chemin de la paix ils suivront

Si dans tes yeux je pouvais voir
Que les arbres et les forêts
Repousseront et que les marées noires
Disparaîtront à jamais

Si dans tes yeux je pouvais voir
Tout ce que j'imagine
C'est là que je jetterais mes amarres
Pour continuer à vivre

Claire-Lise COUX - France

Les Ombres naissantes

J'écoute au pied du mur
le corps du langage patiné.

Les néons brûlent mes yeux
pendant que je reste assis.

Les cloisons blanc cassé frappent
mon regard de patient comme pour la fin d'une
esquisse.

L'éclat est flagrant malgré
que je commence à somneler.

Les portes cursives laissent
des impacts récalcitrants et délivres
pianossimo
des galbes d'intensité.

La nuit tricote des pans d'obscurité,
les regards tissent des natures mortes
et le crépuscule attend pour
assaisonner les évidences.

Bertrand DE WITTE - Belgique

Je suis d'un automne

Je suis d'un automne et d'une diaspora
Dans ce peu de paysage auquel s'amarrer
Espace tramé d'or, de moire et d'ocre terne
Dans le silence acre des arbres dépouillés

Je suis d'un automne et d'une terre d'exil
Dans l'anfractuosité des rêves passés
Assoiffée en ces retours sans cesse amorcés
Vers les berges brûlées de mes souvenirs clos

Et parfois il me prend ce mouvement soudain
Comme l'oie sauvage je migre, déliée
Au seuil des vastes mers ombrées d'été vert tendre
Où mon écho s'entend entre hier et demain.

Angèle LUX - Canada

Les soleils taciturnes

c'est toujours
sous le même ciel rapiécé
à travers d'identiques grilles
que se lèvent
nos soleils taciturnes

peut-on croire que le jour va venir
la parole réintégrer le chant
et celui-ci nos corps exsangues

ce n'est jamais
les mêmes cris et blessures
encore moins le même râle
qui écartèlent l'espace
et crucifient nos horizons

c'est chaque fois
la même chanson
sous une copie de ciel
parmi des duplicatas de cages

à jamais
les chaînes
et l'encre inépuisable
pour l'écrire

Christian-Erwin ANDERSEN - Belgique

Le jardin des chimères

J'ai marché dans le jardin des chimères
Il y avait du vent
C'était un peu une ballade amère
Dans des sables mouvant.

Dans un recoin, les illusions perdues,
Vieux livre consumé,
N'étaient plus que des images pendues
A un passé fané.

Sur une table un tas de poussières
Et des « No futur »
Qui prennent une dimension meurtrière
Où volent les vautours.

Traînaient des épaves de rêveries
Laissées à l'abandon
Un peu comme de ternes féeries
Demandant pardon.

A la sortie du verger réminiscences
La mélancolie swing
Et dans la main de l'inconscience
La lueur d'un Browning.

Martin CORDON - France

Lorsque nous nous concentrons sur le soleil,
Qui est le centre de notre univers,
Nous nous approchons de notre propre centre,
Nous fusionnons avec lui
Et peu à peu nous devenons comme lui.

Claude COSTIOU - France


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1 Trimestre 2002 | 2 Trimestre 2002 | 3 Trimestre 2002 | 4 Trimestre 2002
1 Trimestre 2003 | 2 Trimestre 2003 | 3 Trimestre 2003

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