Poésie en Ligne

 

AnPlus désire faire vivre la poésie par l'intermédiaire de la Toile. Dès lors, régulièrement, nous publions, ici, vos poèmes.
Pas n'importe lesquels... un éventail que nous voulons universel et amical.

Voici la sélection de Décembre 2005 :

 

Noël du monde

Tous les invités sont réunis au salon,
Et apprécient les petits fours, le champagne...
Transis de froid, à Pékin dans une prison,
Un étudiant se meurt, loin de ses montagnes...

Le feu ronfle dans l'âtre de la cheminée
Et les escarbilles forment pluie d'étoiles...
A Gaza des armes se mettent à crépiter,
Une jeune femme tombe sous les balles...

La table est dressée sur la nappe immaculée,
Que seules des tâches de vin viennent rougir...
A Belfast une voiture vient d'exploser,
Deux enfants, le corps ensanglantés vont mourir...

Les plats se succèdent, les vins sont délicieux,
Chacun apprécie, heureux, souriant, serein....
En Ethiopie un jeune enfant lève les yeux
Vers ce soldat qui enfin, amène du pain...

Les heures passent, il faut déjà se quitter,
Mais l'an prochain, c'est sûr, on fait la fête encore...
En Afghanistant, un moudjahidine estropié
Donne son sang pour que son pays vive encore...

Cette superbe nuit de la nativité
Est pour un quart des hommes, bonheur, joie, gaité...
Mais pour les autres, des milliers, triste record,
Elle est solitude, famine peur ou mort....!!!

Jacky HOCMAN - France

Dans le fond d'un puits
L'ombre du silence
A des rêves de soleil.

C'est au cœur des tempêtes
Que la mer en furie
Tisse ses dentelles !

Dans le fond d'un puits
L'ombre du silence
A des rêves de soleil.

C'est au cœur des tempêtes
Que la mer en furie
Tisse ses dentelles !

A l'aube de l'abondance
Les cœurs de chair
Ont des silences de pierre.

Dans la main de l'enfant,
Les épines de la vie
Tissent des fils de soie.

Quand un papillon de lune
S'éprend d'une étoile,
Au firmament du rêve
S'allume l'arc-en-ciel.

Pour éclairer ta longue nuit,
Allume ta bougie,
Au sourire d'un enfant.

L'oiseau de paradis
M'a offert sa plus belle plume :
Celle du verbe aimer.

Jean-Christophe VERTHEUIL - Sénégal

Cailloux et galets

Nous avons tous, nichés au creux de notre poche,
des cailloux ramassés aux chemins de l'enfance,
des cailloux tout légers, faits d'écume et de sable.

Ou des galets bien lourds,où notre vie s'encoche.
Les galets ont parfois le poids de nos souffrances,
ils se heurtent à nos flancs, en mal insoutenable.

Des cailloux lisses et plats glissant sur la marelle,
en cascades de rires résonnant au préau.
De doux cailloux d'histoires lues au creux chaud du lit.

Des galets qui vous pèsent et vous rendent rebelle,
des galets gris cinglants faits de coups et de mots,
des galets se mouillant aux larmes de la vie.

Des cailloux souvenirs comme autant de repères,
des saisons,des odeurs, de blondes glanes chaudes,
des cailloux de richesse pour affronter les jours.

Des galets qui vous roulent sur le coeur amer,
des manques, des angoisses, des pourquoi qui taraudent,
des galets de tristesse, des voiles pesant lourd.

De cailloux en galets ainsi la vie est faite,
ils apportent leurs lots de peines et de joies,
même au fil des années ils n'ont pas de retraite,
ils dorment dans nos poches comme flèches au carquois!........

Ghislaine BRICOUT - France

Dans les mêmes fleurs

Il faudrait que l'amour ne finisse jamais
Aux îles du Frioul qui nous ont tant charmés.
Il faudrait que nos vies deviennent éternelles,
Aient un élan nouveau, une forme nouvelle.

Si nos cendres étaient répandues sur les îles,
Elles apporteraient des éléments fertiles.
Dispersées et mêlées selon le gré du vent,
On les retrouverait dans le creux des rochers,
Prêtes à donner vie à ce sol desséché.

Il suffit d'une pluie qui arrive au printemps
Et d'une seule nuit pour que germent les graines,
Pour que poussent les tiges et que la vie reprenne.
Nous serions réunis dans de très jolies fleurs
Et cela me suffit pour croire à mon bonheur.

Bernard LAURENT - France

Avec un regard de pluie,
un regard à déraciner la mer
je m'arrête halluciné, hors d'haleine
comme si je n'étais qu'un nuage outrecuidant
devant le spectacle
obscur,
saurien
d'une union viscérale indifférente au séisme qui s'annonce...

Luc MEHODENNE - Espagne

Polychrome

Noir, à la tombée de l'œil
Bleu, à la tombée de l'air
Fleur sous la terre, à l'enrobée du cercueil
Baiser sous le gui, à la tombée de l'hiver

Rouge, à la tombée des femmes
Blanc, à la tombée des armes
Fleur sous la robe, à la rosée des cuisses
Fleur au fusil, à la tombée des milices

Juliette MOUQUET - France

Silences parallèles

Que m'importe maintenant le torrent
Si la source se tarit
Dans le ciel pâle de tes regards

Et je trace mille voyages au fond de moi
Pour conjurer nos silences
Parallèles

Atteindrons-nous ensemble
la ligne d'arrivée

Angèle LUX - Québec

Fantaisine

Fruit de l'été, pêche de vigne,
Peau de velours et chair sanguine ;
Amour d'été, quand s'égratignent
Les âmes encor' enfantines ;
Saveurs d'été, panier de guignes,
Pendants d'oreilles de gamines ;
Souffle d'été, duvet de cygnes
Sur les pétales-ballerines…

Ode d'été pas bien maligne,
Une moderne cavatine,
Pardon, c'était (je suis indigne !)
Pour essayer mes rimes en "ine"…

Ancik BAULARD - France

Les mains

Les mains qui dévoilent
Sont-elles
Agiles ?
Fébriles ?
Amoureuses ?
Ou charmeuses ?
Les mains qui dessinent les courbes
Se veulent
Miel et papillon,
Cocaïne et feu
Pour graver le corps
Dans son âme.

Elie DUVIVIER - Belgique

J'aime tes regards fuyants
Les désirs glacés, entrelacés d'instants
Figés dans le vent qui caresse les nuages
Eclairés, linceuls dorés, diamant

Les jours de tempête où l'hiver tombe
Dans la nacre de la nuit, plombe
Tes souvenirs rescapés d'une bataille
Parfumé aux regrets jusqu'à la dernière maille

Je marche les yeux fixés face
Au vent coupant ; éperonné de froid
Qui pénètre dans mes os à contre-hélice
J'écoute ses soupirs aux longs abois

Normandie et sa brume laiteuse
M'enveloppe dans une mystérieuse campagne
Où les feux de haine fusent
En passion maligne

LEO - France

Chroniqueurs : Sarah - Robert - Elie
Invitée : Anick Baulard

 

Voici la sélection de Novembre 2005 :

 

Le chignon vert des arbres
broche le ciel de cheveux fous

le vent les balance
ce sontdes pinceaux
des doigts agiles
qui tissent les fils
d' un canevas radieux

un oiseau accorde les notes
d'un chant mélodieux
sur le murmure d'un vent
aux saveurs acidulées du printemps

une plume d' ange passe
compagne en jupon de soie
d'une aube rousse
qui s enroule et s' éclabousse !

Danielle LAGET - France



Femmes

Mes mains sont aveugles.
A trop bouillir vos sangs
J’ai brûlé mes chairs,
Lissé mes empreintes
A vos plis.

Marin de vos eaux douces,
A trop suivre le compas
De vos bas,
Me suis échoué
Robinson terrifié.

Sunlights de nos nuits,
A trop pister les courbes
De vos rampes,
Mes yeux se sont éteints.

Ivrogne intempérant
Me suis saoulé
De vos mélanges,
Noyé dans vos larmes.
Suis sans souffle
A trop aspirer
Vos grands airs.

Moribond,
A vos chevets
M’échappe cette ultime plainte.
Je vous aime.

Didier BENINI - France

Le poids des années
S'allonge l'oubli
sur une dalle de pierre
et gronde l'orage
par-delà les orties.
Des têtes se suspendent
dans des ciels obscurs
c'est la vie qui se meurt
dans les pleurs du crépuscule
c'est l'œil qui s'éteint
défeuillé de sa lumière.
Les secondes tricotent
les songes de l'avenir
et se froisse le sommeil
dans l'angoisse des ridules.
Se heurtent les cauchemars
aux leurres du passé
c'est l'espoir qui expire
car il est périmé
c'est l'enfance qui s'efface
sous le poids des années.

Nora ATALLA - Canada

Le quidam du trottoir

Le quidam du trottoir
Sur sa planche à roulettes
Bouscule gens et bêtes
Sans "pardon" ni "bonsoir"

Le quidam du trottoir
Un œil sur sa tocante
Une affaire importante…
Ça y est, il est en r'tard

Le quidam du trottoir
Le nez dans sa mallette
Moral dans les chaussettes
Fonce dans le brouillard

Le quidam du trottoir
La main sur l'oreillette
"T'es où là, dis ? j'achète
Des kébabs pour ce soir ?"

Le quidam du trottoir…
On aurait pu l'aimer
Ou seul'ment lui parler
Si le temps d'un regard
Il avait pu … nous voir
Le quidam du trottoir !

Anick BAULARD - France

Au pied du mur

immensité de l'abîme
où s'engouffrent les étoiles
où s'abîment tous les chagrins

un tricot inachevé
de désirs inassouvis
quelques uns oubliés
quelques autres endormis
au fond d'un tiroir
tout au bout de la vie

la lune vogue dans la main
elle suit la ligne du cœur
alors que celle du destin
vagabonde et puis se meurt

Yves BRILLON - Canada

L'instant

L'instant chasse l'instant
car l'instant
est fragile
plus encore que l'est
l'aile des papillons.

L'instant court et frémit
en battement de cil
rien
ne le retient,
il se hâte de fuir.

Un autre instant déjà
vient
et le pousse au train,
le remplacement est
immédiat, prompt éclair.

Regardez les instants
se succéder, avec
cette fébrilité
diaphane
qui porte
et tue !

Patricia LARANCO - France

Libellule bleue

Je considère cette libellule bleue,
aussi languissante
qu'un dernier souffle d'air,
aussi déployée,
que les genêts tordus par les tempêtes.

Je ne voudrais rien de plus
que la brume de son intelligence.

Goûter sur sa bouche,
la volupté d'absorber ses connaissances.

Je roule un grain de sable
sur les fêlures de sa chair,
il coule, l'amour sauvage
retombe en jets de poussières.

Je considère cette libellule bleue,
aussi ensorcelante
qu'une divine célibataire,
aussi ondoyée,
que les jouissances des insatisfaites.

Je ne voudrais rien de plus
que l'écume de ses exigences.
Goûter sous la douche
à l'intimité de ses folles effervescences.

Je roule un grain de sable
sur les fêlures de sa chair,
il coule, l'amour sauvage
retombe en jets de poussières.

Pat PARHAL - Pays-Bas

Les enfants de la lune

Deux enfants posent leurs regards embués
Sur un quart de lune troublant l’hémisphère
Un pan d’oubli affecte leur témérité
Ils sont issus d’un affaissement de la terre

Deux enfants par la main se tiennent décidés
A survivre, à outrer le destin invisible
Ils interpellent les grimaces divines
De leur candeur jaillit une eau parfumée

Deux enfants font rougir la vie
Pourquoi dans nos berceaux nous avoir trahis ?
L’illusion se courbe, vétuste, dérisoire
Pardonnez lui son absence il se fait tard

Deux enfants façonnent des bruits
Ils essayent de saisir l’absurde et le néant
Ils sont autistes épigramme à l’en-tête de la nuit
Une virgule s’est égarée sur la lune des revenants

Raymonde VERNEY - France

Les joyaux du poète

Ô mortels, savez-vous les avoirs du poète?
Comment se gagne-t-il tous ces riches trésors
Qu'il nous dit posséder, là, quand il le souhaite?

De l'astre qui se lève, il emprunte les ors
Qui paraissent soudain dans un ciel d'améthyste;
Puis il met dans son cœur l'opulence d'alors.

Si son discours vous semble un soupçon fantaisiste
Lorsqu'il croit que l'azur brille comme un saphir,
C'est qu'une œuvre mûrit dans l'esprit de l'artiste.

Alors que Salomon cherche l'or en Ophyr,
Le poète le trouve au rythme d'une aubade
Qu'il cueille doucement aux lèvres de Zéphir.

Les champs sont d'émeraude et les forêts de jade:
Sous l'ombreuse verdure, il formule des vers
Qu'il dédie à son Maître autant qu'à la dryade.

Puis, quand le jour décline et se tourne à l'envers,
Au firmament, il voit s'allumer une opale
Et mille diamants qui coiffent l'univers.

Or les courtes saisons, d'une beauté totale,
Reviennent parader dans leurs habits royaux
Et sèment dans sa tête un flocon, un pétale.

Alors le troubadour fouille dans ses joyaux
Avec l'espoir d'offrir, parmi ceux-là qu'il aime,
Les plus beaux de ses fruits dont les tendres noyaux
Deviendront, par sa main, l'âme de son poème...

Diane DESCOTEAUX - Canada

Froids sont les murs

Dieu !... Que les murs sont froids tout au long des impasses
Où n’arrive jamais le sourire du soleil.
Des silhouettes brumeuses, incertaines, y passent et repassent,
Sorties du fond de mes nuits sans sommeil.

Mais les yeux, derrière les fenêtres,
Traversent les rideaux et percent les secrets.
Les sinistres corbeaux peuvent poster leurs lettres,
Les cris de la misère n’atteignent pas les fées.

Des larmes de sang, parfois, aux pointes des couteaux.
Des larmes de givre, aussi, posées sur les berceaux.
Des pieds nus sur l’asphalte et des manteaux troués.

Dieu !... Que les murs sont froids au fond de ces ruelles.
Dans ces espaces gris, même les cœurs se gèlent.
Dieu !...Mais pourquoi : Dieu ? Puisqu’il n’est jamais là…

Janine LAVAL - France

Une poussière d’ange

Une poussière d’ange
Pour masquer l’ennui
De ce monde étrange
Qui nous poursuit

Une poussière d’ange
Que tu as pris
Est un mélange
De mort et de vie

Une poussière d’ange
Qui vit d’envie
De rêves étranges
Et de folie

Une poussière d’ange
Et je revis
Dans un mélange
De nos envies

Une poussière d’ange
Qui réunit
Et qui dérange
Notre sursis

Une poussière d’ange
Qui vient dans mon lit
Et qui arrange
Nos jours et nos nuits

Une poussière d’ange
Qui prend la vie
Et qui nous change
En incompris

Jessica WAROQUIER - Belgique

Et si demain…

Et si demain cessaient les folies meurtrières
D’hommes de peu de cœur, assoiffés de pouvoir,
Si par hasard demain sortaient des cimetières
Ceux qu’on assassina, tombés pour « le Devoir »…

Si le soleil dardait ses feux sur la mitraille,
Si le soleil fondait en ses creusets géants
Les armes des humains que la haine tenaille,
Pauvres Lilliputiens se prenant pour Titans…

Et si demain la mer en un geyser immense
Expulsait à jamais les déchets du profit,
Si les volcans lançaient leur bouillante semence
Pour vendanger au ciel tout ce qui le noircit…

Si la Terre s’ouvrait à l’ultime seconde
En un vaste tombeau, nous montrant le chemin,
Planète vengeresse engloutissant le Monde,
Nous ne serions plus là, rêvant à « si demain » !

Mais… demain, c’est peut-être,
Aujourd’hui, c’est la GUERRE !

Nicole HERAULT - France

Silencieusement la terre...

Silencieusement la terre
s'apprête à son nouveau départ
de gourmandes abeilles s'affairent
de toute part

En robe de soierie,la brume
arbore son nouveau destin
il est bien tôt pour que l'on hume
le froid matin

Pour autant que je me souvienne
ce sont les fleurs de mon jardin
qui les premières cèdent avec peine
leur lourd butin

Le ciel tout gris hisse sa toile
je ne sais pas vers qui vers quoi
s'avancent ces troupes à voile
semant l'émoi

Toutes les feuilles se promènent
soufflent les vents, les vents du nord
qui les agitent et les malmènent
sans nul effort

Où s'en va-t-elle l'heure sereine
de gros nuages roulent là-haut
et notre peine est souveraine
et sans écho

Viennent l'hiver, les neiges blanches
sortons l'écharpe d'amitié
lions nos coeurs, lions nos hanches
au feu d'aimer

Gisèle GUERTIN - Québec

Chroniqueurs : Candy - Sarah- Philippe - Robert - Elie
Invitée : Jean-Louis Latsague

 

Voici la sélection de Octobre 2005 :

Quand au coeur du poète...

Quand au cœur du poète un orage se lève
Et qu'un nuage noir lance une flèche brève
Dans le seuil de la nuit,
Son âme seule gronde et tonne et se déchire,
Et des rayons cuivrés aux reflets de porphyre
Jaillissent dans un bruit.

Au fort de la tempête et de cette furie,
Chaque mot se bouscule, ensemble se marie
Au ferment de l'esprit;
Et le tonnerre éclate au creux de sa cervelle
Quand la rime et le vers, que le vent échevelle,
Pleuvent sur son écrit.

Alors son vélin blanc, tel qu'un pâle calice
Se gorgeant de ce grain, s'abreuve avec délice
D'une averse de pleurs;
Et ce tumulte vaut mieux qu'un long jour de pluie
Car le divin nectar autant que l'ambroisie
Fait éclore les fleurs...

Diane DESCOTEAUX - Canada

Calligraphie

Griffe, ma plume.
Tes larmes noires
Saignent les mots
De mes jets d’encre.

Sang mots,
Maudits
Poings à la ligne.

Délié déchiré
S’il te plait
Tire un trait,
Trait d’union.

De mon encrier
Glisse doucement
Au pied de la lettre,
Caresse ses contours,
Danse la suivante,
File encore,
Pluriel.

Porte loin,
Sans point,
Mon sang d’encre de vie !

Didier BENINI - France

Salut à toi !

Salut à toi ! ma poésie,
mon territoire,
ma belle morsure de jeunesse !
Mon île remuée d'oiseaux que j'attise à foison.

Avec toi, l'alouette est sans attente,
L'escalier bat des ailes.
et l'étamine est bourdonnante.

Salut à toi ma poésie,
mon territoire,
ma belle morsure de jeunesse !
ton jour me fait plonger au monde.

Et par-delà mon manque triomphal,
dans la région appelante des mots,
il y aura toujours en moi comme un futur oiseau...

Paul COSQUER - France

Le blues

Assis au bar
Le regard vide
T'avales ton cafard

Et telle une ventouse
Tu captes de partout
La fumée bleue du blues

Toile cirée
Mégot vivant
Univers sans issue

Musicos associés
Pour une heure
Ou peut-être plus

Une chanson agonise
En toute simplicité
Dedans leurs têtes grises

Ah!le blues!le blues!leblues!
Vraiment drôle d'idée
Que d'aimer un poignard!...

Rouge est le spot brûlant
Comme nos coeurs saignants
Et qui en redemandent

Noire est la nuit qui pleure
Et tu lèches ses larmes
Tout doucement

Il y aura toujours un matin
Réverbères éteints
Tu serreras ma main.

Josiane DUBOURG - France

L'ombre des tunnels blancs de l'amour

Des craies blanches
sur le tableau de la vie.

Les taches, les taches,
ont besoin des produits.

Les pantalons rouges,
les casquettes rouges,
les regards, confrontations,
des rues trop protégées.

Des monuments hantés
par la violence d'imbéciles,
prisons des libertés faciles.

Des espérances hantées
à l'ombre des tunnels d'amour.

Il est seul
dans ses rêves de carton,
chaleur essoufflées de son chien,
parfum de vin trop vieux,
vêtements surdélavés,
os glacé,
ses yeux au tout à l'égout,
ventre froid caverneux,
l'homme est sous l'ombre.

L'ombre des tunnels de l'amour,
des espérances hantées
à l'ombre des tunnels de l'amour.

Patrice PARHAL - Pays-Bas

Les nuages s'épanchent sur les rues

Les nuages s'épanchent sur les rues
De brume en cristaux liquides
Les écorces coulent vers le bas
Leurs veines se couvrent de gel

Luminescences de décembre
Dans la ville des elfes
Comme une pluie caressante
Verse l'air dans ma gorge

Bien que fragile et trébuchante
La soirée est éternelle
Tout doucement
En moi, la cité mourra.

Eric LEMIEUX - Canada

Bleus de femme
Je ne suis que rose dit la rose
Je ne suis que bleu dit le bleu
A ses pieds lorsqu'il me dépose
Le ciel est bleu, le jour est rose.
Sur sa peau je m'imprime en bleu,
Le ciel est gris et colèreux.
Je suis l'objet qui le supporte,
Celle qui dort près de la porte.
Un jour l'amour et pûis la rose,
Un jour la haine et puis les bleus.
Je vis mi amour et mi crainte
Mais jamais je ne me suis plainte.
Je suis femme aux lunettes noires,
Malgré tout j'ai toujours l'espoir!................

Ghislaine BRICOUT - France

Demain sera un autre jour

Nuit douloureuse, difficile:
Le corps a mal, l'âme est fragile !
Les cauchemars peuplent les heures,
Il faut chasser ces visiteurs...
Demain sera un autre jour !

Debout, on pousse les volets,
Sur un ciel lourd et violet,
Où se dessinent des nuages,
Comme un maléfique barbouillage...
Demain sera un autre jour !

Le froid pénètre dans la chambre,
On dirait un mois de décembre !
Il faut refermer la fenêtre,
Pour remonter le thermomètre...
Demain sera un autre jour !

Afin que l'homme se réveille,
Douche et café feront merveille.
Puis face au soleil qui se lève,
Il prend sa plume pour une trêve ...
Demain sera un autre jour !

Musique douce à la radio,
Eclaire déjà le studio.
Les mots glissent sur le papier,
Pour un poème...marchepied...
D'un demain ouvrant d'autres jours !

Michel BAUDOUIN - France

Voici venu le filtre de vieillesse
et le soleil d'après-midi des jours d'automne
ces jours figés d'attentes, de calmes et d'interrogations.
Un oiseau traverse le bleu du ciel
lentement, silencieusement.
Comme une ombre qu'il n'est pas
Comme un passé qu'il n'est plus.
Au-delà des bouleaux sans feuillage
le soleil est devenu auréole jaune
tandis qu'à mon clavier je tente
comme mille fois déjà
de fixer un instant qui saura m'échapper…

Jean-Pierre HANNIET - France

 

Chroniqueurs : Candy - Sarah- Philippe - Robert - Elie
Invitée : Nicole Hérault

 


Les poèmes précédents :

3 Trimestre 2000 | 4 Trimestre 2000
1 Trimestre 2001 | 2 Trimestre 2001 | 3 Trimestre 2001 | 4 Trimestre 2001
1 Trimestre 2002 | 2 Trimestre 2002 | 3 Trimestre 2002 | 4 Trimestre 2002
1 Trimestre 2003 | 2 Trimestre 2003 | 3 Trimestre 2003 | 4 Trimestre 2003
3 Trimestre 2005

Proposer un texte

Accueil