INTRODUCTION

Qu'est ce que la philosophie ?

La philosophie est apparue au VIIIème siècle dans les anciennes colonies grecques (territoires actuels : la Grèce, la côte ouest de la Turquie, la Sicile et le nord de la Libye (alentours de Benghasi)).

La philosophie, provenant du grec signifiant "amour de la sagesse" fut donné pour désigner la recherche désintéressée de la connaissance. A présent le terme est employé pour désigner un ensemble de valeurs et une attitude envers la vie, la nature et la société. La philosophie est un domaine de la culture où les interrogations, la réflexion et la recherche critique et rationnelle des principes fondamentaux. L'évolution de la philosophie occidentale, de l'époque présocratique jusqu'aux temps modernes, constitue une partie de mes recherches sur la plupart et les plus connus parmi les philosophes.

 

On divise la philosophie en quatre branches principales :

- la métaphysique

- la théorie de la connaissance

- l'éthique

- l'étude de la nature du beau dans les beaux-arts.

Les deux types spécifiquement philosophiques de recherche sont la philosophie analytique, qui est l'étude logique des concepts, et la philosophie synthétique, qui se donne pour tâche d'agencer les connaissances en un tout homogène.


 


La Métaphysique est la première branche essentielle de la philosophie. Le nom de "métaphysique est apparu à Rome vers le premier siècle avant J.C. d'après le péripatéticien grec Andronicos de Rhodes (les éditions d'Andronicos dans les livres d'Aristote(*), dont le classement place le traité à l'origine de la philosophie Première -ou Théologie-)) L'étude de la métaphysique porte sur ce qui est au-delà de la nature et de la réalité. Elle a pour but de rechercher les premiers principes des causes premières, c'est-à-dire la connaissance rationnelle des réalités transcendantes. Ce sont aussi les fondements de la pensée et de la connaissance. Les philosophes tentent alors de découvrir ce qui est situé au-delà du monde "sensible" qui est invisible pour ceux-ci.

 

(*) Les sujets traités dans la Métaphysique d'Aristote (aussi appelée métaphysique aristotélicienne)servirent à définir les principes premiers de la connaissance de l'être, principes indémontrables puisque ne pouvant être objet de démonstration, situés au-delà de la connaissance scientifique.Ceux-ci ont également déterminé le contenu de la spéculation métaphysique pendant des siècles !

 

Vers le Moyen-age, particulièrement chez le philosophe Thomas d'Aquin (période des scolastiques médiévaux), la métaphysique devient la "Science Transphysique", elle permet alors d'opérer philosophiquement la transition du monde physique à un monde au-delà de la perception des sens, donc un monde de l'immatériel (ou du surnaturel) ; en d'autres mots : un monde divin. La métaphysique au Moyen-age est donc la science de Dieu. Elle se confond avec la théologie et son est la connaissance de Dieu par l'étude des êtres "finis" et sensibles.

(Thomas d'Aquin, 1225 - 1274)

 

Avec l'essor de la science au XVIème siècle, le problème de la réconciliation de la science et de la foi en Dieu ne cessera de s'amplifier. Descartes peut être considéré comme l'initiateur de la métaphysique moderne. Avec lui, s'opère un renversement fondamental : la métaphysique cartésienne devient racine, fondement et origine de toute science, comme l'indique la préface des Principes de la philosophie.

Ainsi toute la Philosophie est comme un arbre dont les racines sont la Métaphysique, le tronc est la Physique, et les branches qui sortent de ce tronc sont toutes les autres sciences, qui se réduisent à trois principales, à savoir la Médecine, la Mécanique et la Morale. Si cette métaphysique doit encore démontrer l'existence de Dieu, elle le fait désormais en fonction du critère de la raison seule. C'est la raison et elle seule qui, partant du doute de l'existence du monde sensible, s'élève vers Dieu, et parvient à l'évidence de ce monde (Méditations métaphysiques).

René Descartes (1596 - 1650)


La perspective rationaliste inaugurée par Descartes ouvre la voie à de nouveaux systèmes métaphysiques qui envisagent la connaissance du monde de diverses façons.
Ainsi, pour Leibniz, l'univers considéré d'un point de vue métaphysique est composé d'un nombre infini de substances distinctes, appelées "monades". Cette conception est pluraliste, elle pose l'existence de plusieurs entités séparées dans la mesure où elle pose l'existence de plusieurs entités séparées. Celle-ci est moniste car elle affirme que chaque monade ( substance simple, active, indivisible, dont le nombre est infini et dont tous les êtres sont composés.)reflète en elle-même l'Univers entier.

Spinoza exposa une vision panthéiste de la réalité, dans laquelle l'Univers est identique à Dieu et toute chose contient la substance divine. Pour Malebranche, la raison -ou l'esprit- voit la vérité directement en Dieu, qui apporte ainsi la justification de nos interrogations.


En guise de réponse à ces grands systèmes métaphysiques du XVIIesiècle, succède une phase de mise en question de l'idée de raison comme instance de délimitation de l'être: la raison apparaît de plus en plus, avec les progrès des sciences de la nature, comme la faculté capable d'organiser nos connaissances.

Les tenants de l'empirisme (par ex. John Locke 1632 - 1704) qui rejettent la métaphysique rationaliste tout en refusant la notion de substance que la raison humaine peut connaître et en soutenant que l'expérience est au fondement de toute connaissance.

Plus tard, en 1781 en Allemagne, Emmanuel Kant publia son ouvrage majeur " La Critique de la raison pure ". Sa philosophie critique, exposée dans son ouvrage, Critique de la raison pratique et de la faculté de juger, nie la possibilité d'une connaissance exacte de la réalité ultime, et démontre l'incapacité de l'esprit humain à dépasser l'expérience, elle est par la suite déclarée empirique (elle affirme que toute connaissance procède de l'expérience elle est rationaliste) .
Au XXème siècle, la métaphysique est remise en question par les marxistes (partisans des concepts, ici philosophiques). Le fondement des positivistes logiques est la théorie de vérifiabilité du sens des expressions métaphysiques comme par exemple "Rien n'existe si ce n'est des particules de matière!"ou encore " "Toute chose fait partie d'un esprit omniprésent. "
Pour le matérialisme dialectique, l'esprit est conditionné par la réalité matérielle dont il est le reflet. Aussi les théories qui considèrent dans les constructions de l'esprit une réalité autre que matérielle sont-elles elles-mêmes irréelles et ne peuvent aboutir qu'à la désillusion.
À ces thèses, les métaphysiciens objectent que la théorie de la vérifiabilité du sens et de la perception matérielle ne peut définir le critère de réalité. Le positivisme logique tout comme le matérialisme dialectique dissimulent donc des présupposés métaphysiques, notamment l'idée que toute chose est observable ou du moins liée à quelque chose d'observable et que l'esprit n'a pas de vie distincte.

Edmond Husserl (1859 - 1938) comme bien d'autres de ses contemporains recherchant les fondements de l'Être et renouvelèrent les questions métaphysiques.
Les existentialistes quant à eux posent les questions de la nature de l'être et de la relation de l'individu à celui-ci comme revêtant la plus haute importance en terme de vie humaine. La philosophie a pour vocation de les analyser, que les résultats puissent ou non être objectivement vérifiés.
Ces interrogations renouent avec les préoccupations traditionnelles de la métaphysique et de l'ontologie, et perpétuent ainsi "l'exigence métaphysique" qui est à la source de tout questionnement philosophique.

Voire Platon : le Mythe de la Caverne


La théorie de la connaissance étudie philosophiquement les sources des connaissances humaines. Ce sont les philosophes présocratique qui, au Vème siècle av.J.C., ont établi les premières élaborations " techniques " sur la connaissance dont Héraclite et Parménide, premiers penseurs qui recherchaient un principe unificateur du réel (" le Devenir " ou " l'Être-Un ") dont l'appréhension permettrait de libérer les hommes tout à la fois des apparences trompeuses et de l'opinion.

La théorie des connaissances vise à rendre compte de l'évolution suivant laquelle le sujet connaissant se rapporte à la nature et au statut de ses connaissances. Elle cherche donc à définir en général les modalités permettant l'acquisition et la découverte du Savoir. On distingue généralement les savoirs en plusieurs classes ; selon leur origine - les origines empirique ou les origines intellectuelles - , leur objet - qui peut être mathématique, physique ou métaphysique- , et selon leur degré de certitude, de clarté ou de distinction. La théorie de la connaissance se distingue des autres grandes parties de la philosophie grâce à sa vocation " critique " qui s'adapte lorsqu'elle fournit la détermination des limites ou des bornes de la connaissance possible.

Une profonde réorganisation de la connaissance est connue vers les débuts du XVIIème siècle ( Remarque : ce sont les débuts de la science moderne), autant dans ses contenus que dans sa forme originale. Elle comprend alors trois grandes directions nouvelles :
- la découverte de la physique mathématisée qui offre aujourd'hui un modèle de compréhension de la nature et de la science
- le thème d'un fondement subjectif commun à toutes les connaissances humaines qui trouve chez Descartes une réalisation métaphysique particulière. Le " Je pense, donc je suis " (" Cogito, ergo sum "), première vérité assurément indubitable, offre par son évidence le critère et l'origine première de toute vérité ultérieure.
- la philosophie mécaniste et le renouveau de l'atomisme servant à privilégier la recherche des causes mécaniques des phénomènes plutôt que leurs causes finales ou formelles.

Remarque : Cette approche métaphysique de la connaissance se heurta à certaines traditions empiristes spécifiques qui ne renouaient pas avec l'aristotélisme mais qui, elle, se dégage des nouvelles pratiques expérimentales comme la médecine ou le développement des techniques ( principalement les instruments d'optique). Les conséquences à cette résistance furent telles que la volonté de réformer la science et fonder le savoir sur de nouvelles bases stables ne passe plus.
La philosophie de la connaissance qui répond à cette tradition est celle de John Locke et de David Hume. Pour eux, la connaissance est empirique. Pour Hume, le sujet de la connaissance (le " moi ") n'est plus un être substantiel (une âme) : c'est l'insistance des sensations, dont l'activité est régie par les lois de l'association et de l'habitude.

Plus tard Emmanuel Kant essayera de résoudre la crise sceptique ouverte par l'empirisme de Hume. Il utilisa la science newtonienne de la nature qui appose la nécessité des mathématiques à l'explication des phénomènes pour laquelle l'existence des lois serait injustifiable. Comme celle-ci ne pouvait pas se satisfaire d'une philosophie sceptique.

Plus tard, les philosophes post-kantiens (par exemple Fichte, Schelling et Hegel ) poursuivirent la découverte de Kant sur le chemin qu'il avait ouvert à une théorie de la connaissance centrée sur le sujet.

La théorie fut modifiée plusieurs fois pour arriver à nos jours par des philosophes tels que Nietzsche, Marx, Heigdegger, Husserl, Charles Sanders Peirce, William James, John Dewez, Carnap, Wittgenstein et bien d'autres.


L'éthique provient du grec ( ethos ), elle indique l'usage, la coutume, le caractère. Elle a pour étude principale les fondements de la morale.

L'éthique, orientée vers le principe de la responsabilité, fut imaginée par la philosophie grecque qui la conçut comme une pensée sur la recherche du bonheur, alors que la pensée chrétienne fit de l'amour son fondement. L'approche de l'éthique fut réitérée durant l'Époque Contemporaine : elle y intégra les interrogations sur le développement des différentes branches du savoir. Cette transformation se justifia sous prétexte de l'impossibilité de mesurer les conséquences des progrès, des sciences et des techniques (comme par exemple dans le domaine de la physique nucléaire, de la génétique et de la communication.)

Remarque : celle-ci fut décrite dans l'ouvrage d'Albert Jacquard : " Petite philosophie à l'usage des non-philosophes " (1997) ainsi que dans l'œuvre de Robert Misrahi dans : " Signification de l'éthique " (1995).

 

Au VIème siècle av. J.C., Pythagore élabora l'une des plus anciennes philosophies morales
à partir de l'orphisme : convaincu que la nature intellectuelle est supérieure à la nature sensorielle (et que la meilleure vie est une vie consacrée à la discipline mentale), il forma un ordre semi-religieux dont les règles prônaient la simplicité du parler, du vêtement et de la nourriture.
Plus tard, vers le Vème siècle, les sophistes furent sceptiques une fois de plus à l'égard des principes moraux absolus.
Protagoras considérait que le jugement humain est subjectif et que la perception d'un individu n'a de valeur que pour celui-ci.
Gorgias défendit même les idées extrêmes que rien n'existe.
" S'il existait quoi que ce soit, les être humains ne pourraient le connaître ; s'ils le connaissaient, ils ne pourraient pas communiquer cette connaissance. "
Gorgias, sophiste du Vème siècle avant J.C.

Socrate qui s'opposait aux sophistes détenait une position philosophique telle qu'elle avait été présentée dans les dialogues de Platon ( rappelons que celui-ci fut un élève de Socrate) qui se résuma de la façon suivante :
La vertu est la connaissance ; seront vertueux ceux qui sauront ce qu'est la vertu ; le vice ou le mal sont les résultats de l'ignorance.
Ainsi, pour Socrate, l'éducation doit être gérée sur l'enseignement de la vertu en vue de développer le sens moral des hommes.

 

La majeure partie des écoles grecques de philosophie puisaient leurs sources dans les leçons de Socrate. Remarquons que quatre de ses écoles furent crées par ses disciples directs :
- Antisthène (444 - 371 av. J.C.)forma l'école des cyniques. Elle avait pour but de mépriser le plaisir qui, pour elle, était considéré comme un mal s'il constituait le principe de l'action. Les cyniques considéraient le souverain bien comme la totale indépendance à l'égard des choses extérieures.
- Aristippe de Cyrène (435 - 355 av. J.C.) forma l'école des cyrénaïques. Ils postulaient que le plaisir est le souverain bien ( à condition de ne pas placer sa vie sous sa domination.) Leur but était de rechercher à ce qu'aucune sorte de plaisir ne soit supérieure à une autre et qu'il n'est mesurable qu'en termes de degrés et de durée.
- Euclide de Mégare ( 450 - 380 av. J.C.) instaura l'école des mégariques. Les mégariques affirmaient que le bien est un tout si on l'appelle Sagesse, Dieu ou Raison et que le bien secret ultime de l'univers ne peut être percé qu'au moyen de la recherche logique.
- Platon (428 - 347 av. J.C.) composa les platoniciens. Ceux-ci considèrent le bien comme élément essentiel de la réalité. Le mal n'a pas d'existence propre, il est plutôt un reflet imparfait du réel. Pour eux, l'âme humaine comprend trois éléments : l'intellect ( première vertu qui réside dans la sagesse ou la connaissance des fins de la vie) ; le courage (seconde vertu qui correspond à la capacité d'agir aussi la vertu des émotions, qui correspond à la tempérance ou à la maîtrise de soi ) ; la justice (dernière vertu, inspire la relation harmonieuse entre toutes les autres). Ainsi, chaque partie de l'âme accomplissant la tâche qui lui incombe et gardant la place qui lui est assignée. Les platoniciens considèrent l'intellect comme souverain et de ne laisser agir la volonté qu'après l'intellect. Il faut assujettir les émotions à l'intellect et à la volonté.

Aristote, élève de Platon, considéra le bonheur comme but de la vie. Il le définissait comme une quête et une activité propre à l'homme. Car si le plaisir accompagne une telle activité, il n'en est pas le but principal.

Vers le deuxième siècle avant J.C. la philosophie du stoïcisme s'est développée durant les périodes hellénistiques ( principalement par Zénon de Citium et Cléanthe) et romaines (par Cicéron). Les stoïciens affirmaient que la vie est sous l'emprise des forces matérielles, de ce fait, ils recommandaient à chacun de se rendre le plus indépendant possible.

Aux IVème et IIIème siècles av. J.C., Épicure développa le système de pensée permettant le plaisir intellectuel qui préconisait une vie de tempérance voire ascétique, entièrement consacrée à des activités contemplatives qui prit le nom bien plus tard d'Épicurisme. Les épicuriens cherchaient à atteindre le plaisir en conservant l'état de sérénité, c'est-à-dire en écartant tout trouble affectif car ils considéraient les croyances et les pratiques religieuses comme novices parce qu'elles constituent des interrogations sur la mort et sur la vie après la mort, qui sont autant de sources que de préoccupation pour l'homme.

Une révolution morale importante apparut lors de l'apparition du christianisme dans la mesure où elle introduisait une conception religieuse du bien dans la pensée occidentale. Dans la perspective chrétienne, l'homme dépendait intégralement de Dieu et ne pouvait donc pas parvenir à l'excellence ni au moyen de l'intelligence, ni de la volonté mais seulement avec l'aide de la grâce divine.
L'éthique chrétienne se forma dans des conditions intellectuelles où la rivalité du christianisme et du manichéisme ( religion perse) constituaient les deux forces principales qui se disputaient la conquête du monde.

Au XIIIème siècle, les textes et les commentaires des érudits arabes qui publiaient les œuvres d'Aristote exercèrent une nouvelle pression sur la pensée européenne. En opposant la connaissance empirique à la révélation, l'aristotélisme menaçait les autorités intellectuelles de l'Église. Pourtant, une réconciliation eût lieu par l'intervention du réputé théologien Saint-Thomas d'Aquin (1225 - 1274) qui reconnu à la fois la vérité de l'expérience sensorielle et sa complémentarité avec la sincérité de la foi. C'est ainsi que l'autorité aristotélicienne fut mise au service de l'autorité de l'Église et que sa logique fut utilisée pour défendre les concepts de péché originel et de rédemption par la grâce divine.

Le système éthique évolua en conséquence de l'accroissement du pouvoir de l'Église à l'époque médiévale. Toutes les actions, bonnes ou mauvaises, furent agencées par l'Église. Elle institua peu après un système de condamnation séculière pour l'expiation des pêchés.

L'influence des croyances et des pratiques chrétiennes s'affaibli durant la Renaissance. Une réforme protestante opéra un puissant retour aux principes de bases de la tradition chrétienne, insistant sur certaines conceptions existantes et introduisant de nouvelles idées. Pendant la Réforme, la responsabilité individuelle avait plus d'importance que l'obéissance à l'autorité ou à la tradition.

La grande partie des découvertes scientifiques eurent des répercussions sur l'éthique.
Prenons par exemple la découverte de la gravité par Isaac Newton en 1665 : les lois de Newton furent considérées comme preuve de la rationalité de l'ordre divin et ont entraîné les philosophes à faire confiance à un système éthique aussi rationnel et ordonné qu'était supposée l'être la nature.

Suite à ces découvertes, plusieurs grands philosophes engendrèrent les philosophies morales par la publication d'ouvrages. Sont cités ci-dessous une petite partie de ces publications :
David Hume publia " Essais moraux et politiques " en 1741 - 1742
Adam Smith publia " Théorie des sentiments moraux " en 1759
Leurs idées relatives à la morale et à l'intérêt public proviennent des sentiments de sympathie que les hommes se portent mutuellement même en dehors des liens de parenté ou d'autres liens directs.
En France, Jean-Jacques Rousseau publia " Du contrat social "(1759) comme il se joignait à la théorie hobbienne. Alors qu'il attribuait à la plupart de ses autres ouvrages comme " l'Émile " (1762)le mal aux anomalies inhérentes à toute organisation sociale et qui juge les hommes bons par nature. William Godin poussa cette idée à l'extrême dans " Enquête sur la justice politique " (1793) dans lequel il repousse toutes les institutions sociales, y compris l'institution de l'État, considérant que par leur existence même, elles assemblent une source du mal.
Quelques années auparavant, Emmanuel Kant avait apporté sa contribution à l'éthique avec son ouvrage " Fondement de la métaphysique "(1785). Pour Kant, les conséquences des actes humains sont exposées aux aléas. Par conséquent, il ne faut pas régler la conscience d'un acte par ses effets mais seulement par la motivation qui y a présidé. Car seule est bonne l'intention parce qu'elle conduit l'Homme à agir non pas par envie mais par son devoir, lequel repose sur un principe général qui est juste en soi.
Jeremy Bentham introduit une doctrine morale vers la fin du XVIIIème siècle dans son ouvrage " Introduction aux principes de la morale et de la législation "(1789). Il présente ainsi le principe d'utilité comme le moyen d'augmenter le bonheur de la communauté. Il pensait que toute action est motivée par le désir de procurer du plaisir et d'éviter la douleur ( L'utilitarisme étant un hédonisme universel et non pas égoïste comme l'épicurisme, il considérait le plus grand bonheur du plus grand nombre comme le bien suprême.)
En 1821, A la publication de son ouvrage " Principes de la philosophie du droit "Hegel plaça Kant dans une théorie universelle de l'évolution qui conçoit toute l'histoire comme une succession de stades menant à une déclaration d'une réalité fondamentale sur un même plan spirituel et rationnel.
D'autres ouvrages succèderont comme " Ou bien …ou bien " de Soren Kierkegaard (1843) exprimant son opposition au système hégélien.

 

Les philosophes ont tenté au fil du temps de définir la valeur positive ou négative de la conduite humaine en se rapportant aux fondamentaux : ils structurèrent certains types de conduite comme bons en soi, ou bons parce qu'ils étaient conformés à une règle morale particulière. Le premier type de conduite fut désigné en vertu d'une valeur fondamentale (le summum bonum), c'est-à-dire l'indésirable en soi, il n'est donc pas imaginé comme procédé pour aboutir à une fin. Le second type trouve trois critères de conduite qui ont chacun par différents groupes ou individus : Le bonheur et le plaisir - le devoir, la vertu ou l'obligation - la perfection, le développement le plus harmonieux du potentiel humain.



L'étude de la nature du beau dans les beaux-arts dernière branche de la philosophie. Elle porte aussi le nom d'esthétique. (Ce dernier terme a été introduit dans le langage courant en 1756 par le philosophe Alexander Gottlieb Baumgarten (1714 - 1762).)

L'étude du Beau étudie donc l'esthétique au point de vue de son essence et de sa perception. Elle tente ainsi de découvrir si le Beau* est subjectivement présent partout.
Cette même étude se divise en deux parties :
- la psychologie qui étudie les réactions provoquées par l'œuvre en question : l'importance des traits, les variations des couleurs utilisées, mais surtout des émotions et des sentiments qu'elle fait exprimer par l'ensemble du tableau )
- la critique d'art a pour étude de définir et d'analyser les composants de l'œuvre : leur structure, leur signification. Elle tente enfin de la classer dans l'Histoire de l'Art en fonction de ses degrés d'originalité par rapport à ses œuvres contemporaines.

Pour Platon, le Beau est la forme du monde qui n'est comprise que si celle-ci est connue ( en d'autres mots, cette réalité est formée pour Platon " d'archétypes ").
Platon pense que pour comprendre, le philosophe doit s'élever par la pensée au niveau de cette réalité. Pour lui, l'Art (l'œuvre)est une imitation du Beau. Aristote, lui, considérait le Beau comme ce que l'artiste complète ce que la Nature ne peut pas achever.

Aristote établi quatre causes formées obligatoirement par la création d'une œuvre :

- la cause Matérielle (implique la couleur, les matières, et parfois** les composants de l'œuvre.
- la cause Formelle (qui implique la forme de l'œuvre ( ** )
- la cause Finale (quel est le but de cette œuvre, et à quoi va-t-elle servir)
- la cause Efficiente (cette dernière cause mêle l'être vivant (l'homme, pour Aristote) qui assemble les trois premières causes liées à la formation de l'objet en question.

Aristote considéra la conception du Beau comme inséparable de la Morale et de la Politique (rappelons l'ouvrage d'Aristote nommé " Politique " dans lequel il livra ses réflexions musicales). Aristote affirmait aussi que la vie sociale était influencée par l'Art.

Plus tard, vers le troisième siècle, un nommé Plotin (205 - 270 ) fit aboutir les conséquences de l'enseignement platonicien : La Beauté ouvre la voie à la connaissance, l'âme élève l'Art en permettant de contempler l'universel. D'après Plotin, les moments mystiques de la vie sont les moments authentiques. Ceux qui font prendre conscience à l'âme de son union avec le divin sont, ce que Plotin appelle l'Un.

Au Moyen-age, l'Art fut toujours considéré comme religieux.

Durant la Renaissance, l'homme fit que la beauté devint convention et harmonie. C'est de cette façon que l'Art revint vers l'homme.

Au XVIIIème siècle, en Allemagne, Johann Joachim Winckelmann (1717-1768) s'accordait avec les anciens grecs pour affirmer que l'Art accompli est impersonnel et qu'il exprime un idéal de proportion et d'équilibre plutôt que la personnalité de son créateur.

Pour Emmanuel Kant (1724-1804), le Beau est ce qui plaît universellement sans concept. L'Art peut accomplir une chose que la nature est incapable. L'Art peut réunir la beauté et la laideur en un objet : un tableau admiratif d'un visage laid, demeure un beau tableau. (et vice versa théoriquement).

 


* Pour Platon, le Beau se trouve parmi les archétypes.
** Cela dépend de ce qui est considéré comme " l'œuvre "

 

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