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Ere de la massification de l'enseignement (45-75)
Documents
Les discours
- " les consommateurs ont intégré les nouvelles technologies jusque dans leurs loisirs ". (Table Ronde des Industriels Européens, Une éducation européenne. Vers une société qui apprend, 2e édition, juin 1995, p. 6)
- " la démocratisation des études, la prolongation de la durée de l'obligation scolaire, le désir de se former, la volonté d'obtenir un diplôme qu'on considère à tort ou à raison comme indispensable expliquent l'accroissement des effectifs scolaires ". ( L'explosion scolaire, Conférence des Ministres européens de l'Education, Conseil de l'Europe, Strasbourg septembre 1967, pp. 13-15.)
- " Je considère comme un impératif absolu que tous les jeunes gens capables d'entreprendre des études puissent le faire, quelle que soit l'origine sociale ou la situation matérielle de leurs parents. " (Collard L., Un programme d'éducation nationale démocratique, cité par Van Haecht A., L'enseignement rénové, de l'origine à l'éclipse, Editions de l'ULB, Bruxelles, 1985, p. 172.)
- " Tous les enfants, quelles que soient leurs origines familiales, sociales, ethniques, ont un droit égal au développement maximum que leur personnalité comporte. Ils ne doivent trouver d'autre limitation que celle de leurs aptitudes. L'enseignement doit donc offrir à tous d'égales possibilités de développement, ouvrir à tous l'accès à la culture, se démocratiser moins par une sélection qui éloigne du peuple les plus doués que par une élévation continue du niveau culturel de l'ensemble de la Nation. " (Texte du Plan Langevin-Wallon, cité par Van Haecht A., L'enseignement rénové, de l'origine à l'éclipse, Editions de l'ULB, Bruxelles, 1985, p. 158.
- " Au début des années soixante, comme les gains de productivité semblaient étroitement associés au niveau de scolarisation de la population, l'enseignement a été regardé comme un investissement permettant aux pouvoirs publics de favoriser l'expansion économique () La démocratisation de l'enseignement et une plus grande égalité des chances semblaient aller de soi. " ( Kredietbank, Bulletin hebdomadaire de la Kredietbank, n°10, p. 2.)
- Un collaborateur de Léo Collard explique le but de l' " école multilatérale ":
" Au premier cycle secondaire inférieur, il s'agit de faire en sorte que l'enfant du peuple, au sortir de la voie unique de l'école primaire, trouve un milieu scolaire tel qu'il puisse y poursuivre sans contrainte et sans embarras d'aucune sorte n'importe quelle section d'études qu'il trouve conforme à ses goûts et à en changer éventuellement sans grande difficulté. " (Cité par Van Haecht, op. cit., p. 175.)
- L'inspecteur général des collèges de Jésuites, J. Van den Bossche, s'insurge :
" Est-il nécessaire de dire combien cette formule est celle du nivellement par la base des élites de l'esprit ? Au lieu d'aider les humbles à émerger, elle aboutira inévitablement à noyer les bons au départ. () L'école multilatérale, dans sa forme radicale, est une théorie chère aux pédagogues marxistes. Cette méthode de sélection serait fatale pour les élites de l'esprit. " ( Ibid., p. 177.)
Les chiffres
- Belgique: Entre 1957 et 1966 les taux de scolarisation des 15-16 ans étaient passés de 54% à 73%. Ceux des 17-18 ans, de 30% à 44% (Van Haecht, op. cit.., p. 193.)
- Belgique: En 1979, le professeur Lévy s'inquiétait, au congrès de Gembloux : " Il est temps que l'on mette de l'ordre dans la formation anarchique que reçoivent les élèves du secondaire. Les étudiants qui nous viennent du rénové savent tout, sauf lire, écrire et calculer. Ils ne maîtrisent pas leur langue maternelle ni les langues étrangères. Ils sont surinformés mais incapables d'ordonner leurs idées. " (La Dernière Heure, 18 juillet 1984.)
- En 1960, les dépenses d'éducation représentaient seulement 13,4% des dépenses publiques et 3,2% du produit national brut de la Belgique. Quinze ans plus tard, en 1975, elles étaient parvenues à 18,9% des dépenses de l'Etat et 6,1% du PNB. Cela représente une augmentation de 91% en termes relatifs (Les systèmes éducatifs en Belgique, similitudes et divergences (OCDE: examens des politiques nationales d'éducation), Bruxelles 1991, p. 360.).
- La situation belge n'a rien d'exceptionnel. En Suède le coût unitaire d'un élève de l'enseignement secondaire est passé de 3.793 couronnes à 5.904 couronnes entre 1963 et 1975 (en prix constants de 1968). Au Canada, les dépenses unitaires pour le primaire et le secondaire ont augmenté de 65% hors inflation entre 1960 et 1974. (Coombs Ph., H., La crise mondiale de l'éducation, De Boeck, Bruxelles, 1989, p. 184-185.)
- Tableau 1 : évolution des taux de scolarisation en Belgique.
Ages 1956-1957 1960-1961 1970-1971 1978-1979
14-15 69,0% 76,4% 89,7% 95,5%
15-16 54,3% 62,0% 79,0% 90,5%
16-17 41,9% 48,8% 66,1% 81,4%
17-18 29,6% 35,7% 52,7% 66,4%
18-19 23,8% 25,1% 33,8% 50,2%
(Van Haecht, op. cit., p. 210.)
- De 1960 à 1980, le nombre total des effectifs scolaires dans le monde a doublé en une seule génération. Selon l'UNESCO, ce chiffre global, tous degrés confondus, est passé de 327 millions en 1960 à quelque 641 millions en 1980, ce qui veut dire que les systèmes éducatifs ont connu, en vingt ans, une expansion quantitative aussi forte que celle enregistrée durant toute l'histoire jusqu'alors. L'évolution concerne également l'enseignement supérieur. Toujours dans la période 60-80, le taux de scolarisation des 18-23 ans est passé de 29% à 51% en Amérique du Nord et de 12% à 29% en Europe.(UNESCO, Trends and projections of Enrolment by Level and by Age, 1960-2000 (as assessed in 1982), Paris, UNESCO, Division des statistiques sur l'éducation, Offices des statistiques, mars 1983.)
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