ERT
" l'organisation de l'entreprise évolue vers plus de flexibilité et de décentralisation". Les entreprises réclament des travailleurs "autonomes, capables de s'adapter à un changement permanent et de relever sans cesse de nouveaux défis ". (Table Ronde des Industriels Européens, 1995, op. cit., p. 16.)
Travailleurs recyclables et travailleurs à jeter
Deux éléments interviennent dans la problématique des qualifications. D'une part, le rythme de l'évolution technologique et des mutations industrielles tend à favoriser la demande de qualifications plus générales, plus flexibles et transférables.
Mais d'autre part, la volonté de comprimer les coûts en période de crise conduit les employeurs à réclamer une main-d'oeuvre qui soit immédiatement productive, " prête à l'emploi "; une main-d'oeuvre aux qualifications très " pointues " et parfaitement identifiables.
Travailleur " produit recyclable " ou travailleur " produit à jeter " ? Tel est le dilemme. Ce sont deux conceptions de la flexibilité qui s'affrontent ici. Toutes deux s'inscrivent dans le cadre général d'une dérégulation croissante. Ouvriers et employés devront accepter et être capables de changer souvent de poste de travail (" travailleurs recyclables ") ou d'emploi (" travailleurs à jeter "). Finies les carrières rectilignes, les emplois à vie. L'heure est aux travailleurs flexibles et aux emplois flexibles. (N. Hirtt, L'école sacrifiée, EPO 1996)
PS (belge)
" Dans un monde en pleine évolution, où l'on ne peut dire quelle sera la physionomie du marché de l'emploi, il importe d'avoir une bonne formation, mais aussi une formation polyvalente. Plus personne n'est assuré de conserver un même et unique travail , d'exercer une seule profession tout au long d'une vie. Raison pour laquelle l'accent devra être mis sur la souplesse, sur l'adaptation au changement, au recyclage, à la formation permanente, clés de la réussite pour le futur." (Options socialistes en matière d'enseignement, p. 9.)