Citations Claude Allègre

"La compétition majeure du XXIe siècle sera celle de l'intelligence. Et ce grand ministère - votre ministère - de l'éducation nationale, de la recherche et de la technologie est la structure que le Premier ministre a conçue pour répondre à ce grand défi des temps futurs. (...) Peu d'institutions ont une telle responsabilité face àl'avenir de notre société. Chercher, inventer les nouveaux savoirs, les nouvelles technologies, faire progresser les connaissances de base, inventer les nouvelles techniques, concevoir la nouvelle analyse figurent parmi ces responsabilités. Mais il s'agit également de préparer les jeunes àvivre en citoyen et àconstruire leur place dans ce monde en mouvement, de transmettre, plus que jamais, les valeurs républicaines qui fondent notre vie collective et notre démocratie: la laïcité garante de tolérance et de liberté de pensée, l'égalité des personnes, l'apprentissage des comportements en société, des droits et des devoirs de chacun ; il nous faut également développer l'esprit d'innovation, et enfin travailler pour une meilleure égalité des chances. Sur ce point, je lutterai de toutes mes forces contre cette fatalité qui tend encore àfiger la hiérarchie sociale àvingt ans, après la réussite ou non des études. Cela passe par une vraie formation continue diplômante. Un projet dans lequel les universités, notamment, auront un rôle important àjouer. Cela supposera une évolution des mentalités, en particulier des chefs d'entreprise dans leur choix d'embauche, mais aussi peut-être de l'État dans son système de promotions... Si la recherche et l'éducation ont été placées au rang de priorités par le gouvernement et donc la nation, elles doivent répondre aux exigences d'un service public tourné vers l'intérêt national. Ainsi, notre administration doit s'assouplir et se rendre plus proche et attentive aux besoins des usagers et des personnels qui la composent, être moins hiérarchique et rigide, tout en garantissant les droits de chacun. Il faut laisser àchaque acteur du système éducatif et de recherche la possibilité d'inventer, d'innover sans entrave réglementaire. © XXIe siècle - Le magazine du ministère de l'Education nationale, de la Recherche et de la Technologie, Numéro 1 . mai 1998 Editorial - Pourquoi un magazine ? Claude ALLÈGRE

La raison numéro un pour laquelle des entreprises étrangères viennent s'installer en France est, selon une enquête du journal l'Expansion, la qualité de notre système d'enseignement. C'est pourquoi je considère que tenir, dans des enceintes comme celle-ci, des propos tendant à ternir l'image de notre système d'enseignement, c'est mener une mauvaise action contre notre pays.
Dans le même temps, il faut moderniser et transformer ses méthodes, sa gestion : elle doit être plus réactive, plus transparente, plus efficace.
Adapter l'école aux défis de demain, instaurer une gestion moderne du service public de l'école, ce sont deux volets indissociables ; c'est, en fin de compte, le même projet.
(...) il faut que cette école ne soit pas en retard dans sa modernisation par rapport à ce qui peut se produire dans un secteur qui a de plus en plus tendance à devenir marchand.
Compte Rendu Intégral du discours prononcé par CA au Sénat le 12/12/99 :
http://www.senat.fr/seances/s199912/s19991212/s19991212_mono.html#chap3

NTIC
Quand nous sommes arrivés au pouvoir, d'après l'indicateur mis en place par les sociétés américaines de logiciels, la France était huitième en Europe dans l'emploi d'Internet par les adolescents. Nous sommes numéro un maintenant !
Tous les lycées sont câblés et 70 % des collèges le sont. Nous portons maintenant notre effort sur l'école.
Et cet effort en matière de nouvelles technologies sera prolongé par un effort en matière de télé-enseignement, domaine dans lequel nous sommes d'ores et déjà le troisième opérateur mondial.
Compte Rendu Intégral du discours prononcé par CA au Sénat le 12/12/99 :
http://www.senat.fr/seances/s199912/s19991212/s19991212_mono.html#chap3

Tout au long de la vie
Dans la deuxième partie de l'année (2000), nous entamerons le grand chantier, notre grand chantier. Mais ce sera difficile parce qu'il se heurtera à un sentiment bien français.  Ce chantier, c'est la formation, l'éducation diplômante tout au long de la vie.
Compte Rendu Intégral du discours prononcé par CA au Sénat le 12/12/99 :
http://www.senat.fr/seances/s199912/s19991212/s19991212_mono.html#chap3

Contre la privatisation façon US
Il a été question que l'éducation fasse partie des domaines de discussion de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à Seattle le 30 novembre. Cette hypothèse vous a-t-elle inquiété ?
- Nous sommes à un tournant historique. Deux nouvelles m'ont inquiété. Il y a eu récemment à Upsala une réunion sur l'implantation des universités américaines en Europe, à laquelle nous n'étions pas conviés, comme par hasard. Il y a ensuite la tentative d'inclure l'éducation dans les champs de négociation discutés par l'OMC, ce qui a été refusé, notamment par l'Europe.
» On voit donc actuellement des volontés de privatiser l'enseignement. Pour ma part, je suis attaché d'une manière indéfectible au service public d'enseignement, je dirais même un service public avec ses spécificités nationales, même si l'on met en place une harmonisation européenne. Pourquoi ? Parce que c'est le fondement de la République. L'égalité des chances pour tous est essentielle. Ce sont nos repères culturels, historiques. L'enseignement uniformisé conduirait à un monde uniforme « one teaching, one thinking ». Que nos étudiants aillent étudier aux Etats-Unis, en Angleterre, etc, c'est absolument souhaitable, mais que les Américains installent leurs universités dans le monde entier, toutes sur le même modèle avec le même cursus, ce serait une catastrophe. Nous préparons la contre-attaque, y compris dans le domaine de l'enseignement à distance.
- La généralisation d'Internet dans les écoles ne risque-t-elle pas d'accélérer ce mouvement d'uniformisation ?
- La deuxième mutation concerne les méthodes d'enseignement. La méthode traditionnelle est celle issue de la pratique religieuse, c'est le prêtre qui décerne son savoir et le disciple qui apprend. Maintenant, c'est l'interaction. La volonté des élèves n'est pas seulement d'écouter, c'est de poser des questions c'est d'inter-réagir. Et c'est la plus grande difficulté pour les professeurs. Quand vous lisez les témoignages de ce que j'appellerai la tendance archaïque, Finkielkraut étant l'exemple-type, vous voyez : « Ils ont qu'à m'écouter, c'est moi qui sais »... Sauf que c'est fini, les jeunes (et même les très jeunes) n'en veulent plus. Beaucoup d'enseignants ont compris cela, mais pas tous. Et cette évolution va s'accélérer.
» Toutes les tâches répétitives du professeur vont être préenregistrées, stockées, mais le professeur sera, lui, essentiel parce que l'enseignement va devenir personnalisé. Il sera un guide, un maître à apprendre, une référence de savoirs. C'est pourquoi, dans notre réforme des lycées, le travail personnel encadré, l'aide à l'élève représentent réellement une brèche. On peut garder la base de l'école républicaine avec un certain nombre de savoirs classiques, fondamentaux, et en même temps introduire des méthodes modernes d'enseignement. On a à faire la synthèse des deux. Le grand enjeu est là. La qualité de notre corps enseignant nous permet d'espérer beaucoup, s'il sait se mobiliser.
Claude Allègre contre l'Amérique, interview, Le Monde, 24/11/99
 
 

" Nous allons vendre notre savoir-faire à l'étranger, et nous nous sommes fixé un objectif de 2 milliards de francs de chiffre d'affaires en trois ans. Je suis convaincu qu'il s'agit là du grand marché du XXIe siècle. Un seul exemple : un pays comme l'Australie gagne 7 milliards de francs grâce à l'exportation de ses formations (22). " Les Echos, 3 février 1998.

Liens Ecole-entreprise
Mais on est en train   de changer tout le système ! La dynamique du   changement se poursuit. C'est le fruit d'une volonté politique. Vous seriez   parvenu à réconcilier l'Education nationale avec   les entreprises ? Les deux univers s'ignorent   pourtant depuis des décennies...
j'ai tenu bon, face   aux adversaires du changement Les mentalités évoluent   c'est le résultat qui compte. Et c'est ce que je voulais. C'est ma   stratégie. Mais je ne lai pas fait systématiquement, sortons de la   caricature. Par exemple, sur les rapports entreprises-écoles, vous   ne m'avez vu faire aucun éclat. Là, il fallait travailler   discrètement.
(L'EXPANSION   n°608, 4-7Nov 1999   )