Dossier Duferco-Clabecq :
Communiqué 1 - Communiqué 2


Duferco-Clabecq : les interrogations recommencent.

Tout le monde a lu les compte-rendus dans la presse concernant la journée d'arrêt de travail chez Duferco-Clabecq. Ce 15 mars était programmé, en effet, une assemblée générale des ouvriers de Duferco ainsi que le soutien de ceux-ci à la réunion prévue par M. Kubla à Wépion.

L'atmosphère était effectivement triste aux abords de l'usine Duferco-Clabecq après l'assemblée générale des travailleurs. Triste…mais pas résignée ! ! ! C'est pourquoi 5 autocars attendaient sur le parking pour emmener les ouvriers soutenir le président de la délégation syndicale, Gérard Cullus, à la réunion de Wépion.

Avant-Senne, en tant que trimestriel d'information sur les 4 communes se devait d'approfondir le sujet. Angel Antuna, journaliste d'Avant-Senne, a eu l'opportunité d'accompagner Gérard Cullus, Président de la délégation FGTB de Duferco-Clabecq, dans l'autocar qui emmenait la délégation ouvrière.

Nous avons mis à profit le temps du déplacement pour sonder un peu plus en avant l'état d'esprit des travailleurs.
Ceux-ci sont inquiets, attristés par les quelques bribes d'informations qu'ils reçoivent. Ils veulent marquer leur solidarité avec les travailleurs des autres bassins sidérurgiques mais se posent des questions sur leur avenir. Gérard Cullus maintient un optimisme réaliste parmi les voyageurs. Il trace quelques pistes qui iraient vers le maintien du site. Son discours est par ailleurs très prudent. Son dernier espoir : que le plan financier soit fragilisé. Il n'est pas convaincu que Duferco fermera.

Les ouvriers l'écoutent avec attention, lui posent des questions pratiques : au cas où cela irait mal, quelles possibilités de transfert vers La Louvière ou Charleroi ?

Gérard Cullus : " elles sont réduites, seuls les ouvriers qualifiés auraient une chance de transfert car l'outil (galvanisation) est très moderne et demande donc des compétences.

Les ouvriers : " s'il y avait fusion, quid de l'emploi ? "

Gérard Cullus : " il faudra compter avec ± 400 emplois perdus à Charleroi et ± 300 à Clabecq. Il faut savoir que les plans actuels pour la sidérurgie ne sont valables que pour 10 ans ! Tous les bassins de la région sont concernés par ce futur proche. "

Angel Antuna: " Dans l'hypothèse d'une fermeture que se passerait-il ? "

Gérard Cullus : " il faut un VRAI plan de reconversion qui NOUS concerne. Il pourrait y avoir 1000 restaurants dans la région, un ouvrier de Clabecq ne sera jamais un bon serveur ou cuisinier. Ce qu'il nous faut ce sont des pistes qui tiennent compte de nos compétences actuelles. Un projet ambitieux dans lequel le métal, l'acier (secteur que nous connaissons bien) ait un rôle prépondérant, nous pouvons mettre des compétences dans la mécanique, l'hydraulique, l'électricité à disposition d'une réelle reconversion. "

Il est évident que ce " coup de massue " a un peu sonné les ouvriers qui ont besoin de temps pour s'organiser et préparer leur mobilisation. Les représentants syndicaux font leur possible pour le tenir sur pied de guerre. Malheureusement, ils manquent, eux aussi, d'informations concrètes. Cependant, leur attitude est claire : informer les ouvriers D'ABORD dès qu'ils auront les cartes en main.

A dater de ce jour, Avant-Senne journal de la reconversion de l'Ouest se doit de tenir au courant les 4 communes à propos du dossier Duferco-Clabecq. Angel Antuna, en collaboration avec les représentants syndicaux bien informés ainsi qu'avec les autorités politiques (réunions hebdomadaires au Conseil communal de Tubize), suivra de près l'évolution des informations et les affichera hebdomadairement au local Avant-Senne (Passage Champagne). Nous relaierons aussi l'information locale vers les agences d'information (Belga).

Angel Antuna


Duferco-Clabecq : les interrogations continuent !!!

Le travailleurs de Duferco-Clabecq ont entendu les propos de Monsieur Grosso à l'émission Mise au point de la RTBF de ce week-end. Par rapport à la réunion du 15 mars 2001 à Wépion, ces propos ne les ont sûrement pas rassurés ! C'est pourquoi, un arrêt de travail éclair s'est spontanément déclaré ce 19 mars 2001 vers 10 heures bloquant au passage toute circulation entre Tubize et Clabecq.

Une réunion s'est tenue entre la délégation syndicale de Duferco-CLabecq en front commun, le Secrétaire Régional Métal FGTB, Monsieur Gilbert Legasse, et la Direction représentée par Monsieur Grosso et Monsieur Calcagni aux alentours de 12h suivant certaines sources, vers 14h selon d'autres.

Ce qui est certain, c'est qu'à 18h35 rien de concret n'avait encore filtré de cette réunion. L'objectif du côté syndical était de demander à la Direction de signer un document affirmant le maintien de l'emploi sur le site de Clabecq.

Vers 18h50, les participants ont clôturé cette réunion en annonçant la signature par tous du procès-verbal contenant les termes suivants:

  • La direction maintient sa volonté de garder les 850 emplois de Duferco-Clabecq sur le site via des activités économiques dans le même secteur financés par Usinor et la Région wallonne.
  • Elle s'oppose à tout plan de prépension de manière générale et si quelques emplois devraient s'orienter vers cette solution, ce serait à charge d'Usinor et de la Région wallonne.
  • Si on accepte pas ces pistes, Duferco maintient l'état actuel de l'outil.

Par ailleurs, l'arrêt de travail est prolongé d'un jour (20/3/01) tout en gardant le maintient de l'outil (les travailleurs concernés prestent donc leur tâche). La route n'étant plus bloquée. Une assemblée générale est prévue à 14h.

Angel Antuna a pu contacter plusieurs intervenants de Duferco-Clabecq lors de cet arrêt de travail(sauf les participants):

Au service du personnel, on garde un optimisme certain concernant l'avenir de Duferco (eux aussi seraient concernés par une fermeture !)

Sur la phase à chaud, beaucoup de personnes, toutes catégories confondues, n'entretiennent pas beaucoup d'espoir. La vraie reconversion doit être mise en route rapidement. (Ce qui se rapproche des demandes de Duferco).

Les ouvriers à contrat déterminé ou intérimaire étaient cependant tout aussi inquiets que ceux à contrat indéterminé. Une personne avait quitté une entreprise où il travaillait depuis 16 ans. Il croyait à la reprise et à un avenir, il avait fait un choix de VIE. Il est intérimaire depuis 5 mois. Il devait signer un contrat indéterminé en février et … son avenir est remis en cause, son choix et son rêve de revenir et de travailler dans la région où il a grandi, où il s'est formé, ce rêve est en train de se dissiper.

C'est le sentiment que l'on écoute de plus en plus: on n'a pas le choix, on ne décide pas, tout est joué,…

Une note d'optimisme et de consensus: que ce soit dans la sidérurgie ou dans des emplois de reconversion, une même motivation mène ces personnes: laissez-nous un avenir pour nous et nos enfants.

"Nous accepterions des emplois dans des activités annexes pour autant qu'elles respectent nos compétences, nos savoir-faire (know-how) et nos savoir-être. Mais qu'a-t-on préparé depuis la reprise véritablement pour nous: Rien!!! Le zoning de Saintes, c'est pas pour nous !"

Les pistes de solutions ne semblent pas forcément contradictoires entre la Direction et le personnel de Duferco-Clabecq. Un interface de communication semble devoir se mettre en place pour pouvoir comprendre des mots différents sur des solutions identiques.

Angel Antuna

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