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Technique des avions: 4°partie

Avions à réaction.

Les monomoteurs de chasse en 1939 volaient à des vitesses de l'ordre de 500-550 km/h (Bf-109 D, Hurricane I, MS-406, ...). En 1945, leurs équivalents volaient à des vitesses comprises entre 700 et 750 km/h (P-51 D, Bf-109 K, Fw-190 D, Tempest V, ...). A des vitesses à peine supérieures, une série de phénomènes déplaisants apparaissaient notamment au bout des plaes d'hélices, dont la vitesse frôlait celle du son. Au mieux, cela provoquait une diminution de performances. Au pire, cela détruisait l'avion et son pilote ! Le moteur à réaction, dénué d'hélice, évitait ces problèmes. Son principe était connu bien avant la guerre, mais le premier vol d'un avion ainsi propulsé (He-178) n'eut lieu que le 27 août 1939, trois jours avant le déclenchement de la guerre.
Réacteur Jumo 004 qui équipait le Me-262Les Allemands disposaient d'une sérieuse avance dans cette technologie (les Britanniques ne firent voler leur premier avion à réaction qu'en mai 1941, presque deux ans plus tard. Les Américains durent copier la technologie anglaise pour en faire voler un, le peu performant Airacomet, pendant la guerre). Les Allemands rencontrèrent d'énormes problèmes de mise au point en tentant de passer directement à des moteurs de puissance spécifique élevée. Jusqu'à la fin de la guerre, ils furent handicapés par la pénurie d'alliage résistant à la chaleur surtout pour les ailettes du compresseur. Les réacteurs de Me-262 étaient "cuits" au bout de quelques vols et devaient être remplacés.
Les ailes en flèche permettent d'élever la vitesse à laquelle la traînée due aux ondes de choc commence à se manifester. Les Allemands en avaient pris conscience dès avant la guerre et ils construisirent le Me-262 en en tenant compte. Les alliés ne s'en avisèrent que pendant la guerre et construisirent leurs premiers avions à réactions avec des ailes droites. Leurs premières ailes en flèche ne virent le jour qu'après qu'ils aient mis la main sur les données techniques des avions allemands. Cela explique partiellement l'infériorité des avions à réaction anglo-saxons sur leurs équivalents allemands.


Fusée.

Les missiles font leur première apparition pendant la guerre. Les plus célèbres furent les V-1 (ce n'est pas une fusée puisqu'il est propulsé par un (stato-) réacteur assez basique) et les V-2 (c'est une vraie fusée). Une seconde catégorie de missiles fort dangereux furent les missiles air-mer allemands (Hs-293, Fritz X) ainsi que les Bat américains. Les Allemands utilisèrent également des missiles air-air primitifs contre les formations de bombardiers stratégiques alliés. Des moteurs fusées ont également propulsé autre chose que des missiles: les roquettes en utilisèrent pendant toute la guerre et certains avions expérimentaux en furent équipés à la fin du conflit. Le Me-163 en est un exemple spectaculaire (et un peu suicidaire pour ses pilotes). Les Japonais construisirent des avions-fusées pour leur kamikaze (les Okha), propulsés par des moteurs fusées (vraiment suicidaires ceux là). Les Russes, les Allemands et les Américains utilisèrent également des moteurs fusées sur certains de leurs avions, mais uniquement comme appoint.


Armement.

Pendant la Première Guerre Mondiale, la mitrailleuse légère était l'arme standard des chasseurs. La fragilité des avions (le tireur et la victime) et leur capacité d'emport limitée ne laissait pas d'autres choix. Le passage aux canons automatiques date des années 30. Il présentait d'importants avantages par rapport à la mitrailleuse: il tirait plus loin, des obus explosifs (donc faisant plus de dégâts) plus lourds (donc tenant mieux leur trajectoire) et ayant des vitesses initiales plus élevées (donc donnant des trajectoires plus droites et plus faciles à pointer). Les inconvénients n'étaient pas négligeables: outre le poids et l'encombrement supérieur de l'arme, les munitions étaient également plus lourdes et encombrantes, diminuant d'autant la quantité transportable dans un avion. Le rythme de tir était plus lent et le recul était plus puissant. Ce dernier problème n'est pas à sous-estimer. Contrairement à un char ou à un navire, qui peut utiliser la planète pour absorber le choc (via un système de récupération), l'avion lui encaisse la totalité de la force du recul. Il y a donc une limite supérieure à la force de recul que peut absorber un avion sans être dévié de sa trajectoire à chaque coup et donc de perdre le pointage entre les coups. Les canons de 20 mm posèrent peu de problèmes. Les avions allemands de fin de guerre emportaient des canons de 30 mm sans inconvénients majeurs. Par contre, les Russes abandonnèrent la version de leur célèbre Sturmovik qu'ils avaient réarmés avec des canons de 37 mm, car le recul enlevait toute précision à l'arme. Les Américains allèrent encore plus loin en installant un canon de 75 mm dans le nez de Mitchell (B-25 G et B-25 H). Quelques milliers furent construits avant d'abandonner le système.
Pendant la guerre, les roquettes Attaque par des Mosquito armés de roquettes de navires allemands dans un fjord.se révélèrent de bons substituts aux canons plus lourds pour les missions d'appui au sol ou d'attaques d'objectifs marins. Les premiers à en faire usage à grande échelle furent les Russes (notamment sur les Sturmovik). Ces armes rendirent célèbres les Typhoon et les Thunderbolt anglo-saxons pour les dégâts qu'ils infligèrent aux Panzerdivisions allemandes pendant la bataille de Normandie. Sur mer, ce furent les Mosquito et le Beaufighter qui prirent le relais avec une terrible efficacité.
La bombe était largement connue et utilisée pendant la Première Guerre (le terme bombe désignait initialement un projectile de mortier. C'est la similitude des ailettes qui fit passer le nom aux projectiles largués par des avions). Elle resta largement utilisée pendant la Seconde Guerre Mondiale. Le seul nouveau type de bombes qui fut utilisé à grande échelle fut la bombe incendiaire, qui se révéla dévastatrice lors d'attaque massive sur des villes. Hambourg, Dresde ou Tokyo peuvent en témoigner. "Bien" utilisée, la bombe incendiaire provoquait un tourbillon qui pouvaient carboniser une ville entière en quelques heures, sans que les pompiers eussent la moindre chance de l'endiguer. Pour les bombes explosives classiques, outre les progrès de la poudre, il y eu aussi une inflation du poids unitaire des plus grosses bombes. Les Britanniques étaient en tête du peloton, construisant des bombes jusqu'à dix tonnes pour attaquer des objectifs ponctuels (barrage, viaduc ou cuirassé).


Protection.

L'avion de cordes et de toile de la Première Guerre n'offrait aucune protection à son équipage. La grande majorité des avions de la guerre suivante, par contre, reçut un blindage pour protéger le pilote. Les Russes allèrent encore plus loin avec leur Sturmovik, puisque tout l'appareil était assemblé autour une "baignoire" blindée qui protégeait les parties vitales de l'appareil. Cette méthode alourdissait l'appareil, mais elle permit aux Sturmovik d'opérer dans un ciel dominé par les avions ennemis ou d'attaquer avec succès des colonnes fortement défendues par la terrible "FLAK" allemande. Même quand l'avion était abattu (ce qui arrivait fréquemment), le pilote du Sturmovik s'en tirait en général vivant (mais pas les mitrailleurs arrières, moins bien protégés).
Un autre organe de protection, qui était devenu général à la fin de la guerre, fut le réservoir auto-obturant: le réservoir était entouré d'une matière visqueuse qui prenait la place de la balle après son passage et évitait les fuites de carburant dans tout l'avion, ce qui aurait provoqué des incendies ou des explosions. Les Japonais furent les derniers à adopter ce dispositifs, notamment sur les Zero, qui n'en furent dotés qu'à partir de 1945. Pour les extincteurs également, les Japonais furent parmi les derniers à s'aligner sur la pratique générale des autres nations.
Rien de nouveau pour les parachutes, déjà connus et utilisés pendant la Première Guerre et qui continuèrent à l'être pendant la Seconde (sauf parfois par les Japonais, par un choix délibéré des pilotes eux-mêmes et cela bien avant l'ère des Kamikaze). A la fin de la guerre, les Allemands équipèrent certains de leurs avions avec un siège éjectable.

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