Figure
1 : le Phonographe d'Edison
L'appareil parlant que son inventeur appelait "phonographe" et qu’il fit breveter le 17 février 1878, était très simple. On parlait ou jouait dans un cornet muni d'une membrane souple comportant une aiguille. Les ondes acoustiques faisaient vibrer la membrane et l'aiguille traçait sur la surface d'un cylindre rotatif de 4 pouces de diamètre revêtu d'une feuille d'étain, un sillon de profondeur inégale. La vitesse de rotation avoisinnait les 60 tours par minute. Lorsqu'on faisait tourner le cylindre avec l'enregistrement, l'aiguille se déplaçait dans le sillon en suivant ce qui était gravé ; elle faisait ainsi vibrer la membrane, dont les vibrations étaient ensuite transmises à l'air. Bien que la conception primitive du phonographe d'Edison fut loin de la perfection, l'invention suscita un vif intérêt et l'appareil se répandit vite dans le monde entier.
Il fut pourtant par la suite presque oublié : il semblait qu'il
ne serait plus considéré que comme jouet technique intéressant.
Il présentait en effet trois désavantages importants :
1. Le son enregistré sur le cylindre ne pouvait être reproduit
convenablement qu'une seule fois, car la reproduction le détériorait.
2. Il fallait tourner régulièrement la manivelle pendant
toute la reproduction pour assurer la rotation continue du cylindre, ce
qui représentait une tâche fatigante.
3. Enfin le son enregistré sur le cylindre était un original
qui ne pouvait pas être recopié.
En 1888, Edison élimine les deux premiers inconvénients,
il remplace la feuille d'étain qui recouvrait le cylindre par une
couche plus résistante de cire, et plus tard de gomme-laque, de
sorte que le son enregistré sur le cylindre pouvait être reproduit
plusieurs fois. Deuxièmement, il complète le phonographe
d'un mouvement d'horlogerie, de sorte qu'il suffisait de tendre son ressort
au moyen d'une manivelle, pour que l'appareil enclenché fonctionne
automatiquement. La vitesse de rotation variait de 90 tours/minutes pour
la voix à 120 ou 160 tours/minute pour la musique. Le diamètre
des rouleaux passa de 4 pouces à 2 pouces et leur longueur se fixa
à 4 pouces. Il y avait 100 sillons par pouces et la durée
d’audition avoisinait les deux minutes. Malheureusement, le troisième
défaut du phonographe, la non-reproductibilité des enregistrements,
ne trouva pas de solution satisfaisante. Pour obtenir plusieurs cylindre,
il fallait multiplier les phonographes lors de l’enregistrement des artistes.
Malgré cet inconvénient, le phonographe perfectionné
s'est alors de nouveau répandu dans le monde entier, comme source
d'inspiration et d'instruction. On a même, à ce moment-là,
commencé à enregistrer sur les cylindres divers cours éducatifs,
en particulier de langues étrangères.
Le cylindre ne permettait qu'une reproduction de deux minutes, sans
parler du fait qu'une partie de ce temps limité était réservée
aux informations sur l'enregistrement (le titre, interprète et compositeur
était annoncé). Ce ne fut que plus tard qu'on a compris que
ces informations pouvaient être inscrites sur une étiquette
: on gagna ainsi 15 secondes précieuses.
En 1885, A.G. Bell et Charles Tainter déposent un brevet pour
le “Graphophone” qui utilisait un cylindre de cire et qui fut commercialisé
par la Colombia Phonograph C°.
En 1906 la société American Columbia a lancé sur
le marché des cylindres de 6 pouces à "longue durée
d'audition" appelés "Premier" qui pouvaient être logés
dans des phonographes spéciaux du nom de "Phonographes du XXème
siècle".
En 1908, la durée d’audition passa de 2 à 4 minutes car
la densité des sillons passa de 100 à 200 sillons par pouce
(cylindres “Amberol”).
En 1909, la société Colombia arrêta de vendre des
cylindres et passa au disque.
En 1912, Edison introduit les cylindres Amerol en celluloïd bleu.
Grâce à une nouvelle aiguille (diamantée ?), la pression
acoustique était plus forte.
En 1913, Edison décide enfin de vendre des appareils à
disques tout en poursuivant la vente des appareils à cylindre.
En octobre 1929, Edison n’avait toujours pas réussi à
éliminer le troisième inconvénient du phonographe
: les cylindres utilisés ne pouvaient pas être reproduits.
Il avait effectué dans ses laboratoires de multiples essais afin
de rendre possible la reproduction du cylindre "original". Il avait notament
utilisé un phonographe enregistreur dont l’aiguille était
mécaniquement reliée par pantographe à un phonographe
lecteur ou bien d’obtenir des copies par moulage mais il avait échoué,
de sorte qu'il ne satisfit jamais aux exigences du grand public et, un
jour avant le crash boursier de 1929, il arrêta la production des
cylindres.
Gramophone de BerlinerEn 1888, Berliner met au point la duplication de ses disques à
partir de matrices, par galvanoplastie. La matrice était en zinc
et les copies étaient en caoutchouc vulcanisé. Ce procédé
qui permettait la reproduction en grand nombre fut l'avantage principal
et déterminant des disques sur les cylindres.
En 1896, des Grammophones sont équipés d’un moteur électrique.
En 1898, il fonde, avec son frère, la Deutsche Grammophon Gesellschaft.
De multiples inventeurs et constructeurs se sont ensuite efforcés
de perfectionner les disques et d'en prolonger la durée d'audition.
Leur diamètre a été porté des 6 cm primitifs
successivement à 12, 15 et 18 cm.
En 1902 ont été lancés sur le marché des
disques de 12 pouces de la maison Victor ; on a ensuite vendu des disques
de 14 pouces avec enregistrement de musique classique qui n'ont pourtant
pas remporté beaucoup de succès. La musique était
pourtant encore enregistrée sur une seule face du disque.
En 1904-1905, la société Odéon a fabriqué
les premiers disques à enregistrement sur les deux faces.
En 1912 les disques à deux faces enregistrées se sont
généralisés, les dimensions des disques ont été
normalisées aux diamètres standard de 25 cm et 30 cm et la
vitesse de rotation stabilisée à 78 tours/minute. A ce moment
a commencé à se développer l'industrie phonographique
; la technique de fabrication des tourne-disques connut alors un essor
remarquable. Les nouveaux disques avaient de 85 à 98 sillons par
pouce anglais - environ 4 sillons par mm - et ce standard est resté
inchangé pendant 30 ans.
En 1915 ont été lancés sur le marché des disques de 50 cm de diamètre.
En 1925, une équipe des laboratoires Bell, dirigée par Joseph Maxfield, met au point l'enregistrement électrique. Le premier disque produit par gravure électrique (système Western Electric) apparaît la même année. L’usage du microphone rendit alors possible l’enregistrement d’orchestres entiers.
En 1926, Charles Brush vend le premier bras de lecture équipé d’une cellule piézo-électrique que l’on devait raccorder à l’entrée d’un poste radio.
En 1931, RCA tente sans succès d’introduire des disques “Victrolac”
qui tournent à 33 tours 1/3.
La durée d'audition d’une face d'un disque de 30 cm de diamètre
a bientôt été portée à 20 minutes et
même davantage, en cas d'emploi de la technique spéciale dite
du "sillon variable".
Figure 2 -
la technique du sillon variable
La technique du sillon variable consiste à rapprocher les sillons
lorsque le son enregistré est moins fort et donc que les sillons
ont une excursion latérale de moindre amplitude. Dans l’illustration
ci-dessus on voit en A des sillons d’amplitude différente espacés
identiquement, tandis qu’en B, l’utilisation de la technique du sillon
variable a permis de loger un cinquième sillon dans le même
espace.
En 1949, furent commercialisé les disques 45 tours de 7 pouces
de diamètre par RCA/Victor. Exceptionnellement on utilia aussi des
disques de 16 tours 2/3. La durée d'audition était alors
portée au double mais au détriment de la gamme des fréquences.
En 1971, on a trouvé sur le marché des disques avec quatre
enregistrements dans un seul sillon ; mais la quadriphonie n'a pas connu
beaucoup de succès.
Les signaux sonores peuvent s'accompagner en mini-CD d'indications assez sophistiquées, renseignant sur le titre qui est lu, donnant des indications précises et claires sur le contenu global du mini-CD.
Par rapport au CD de 1982, le mini-CD de 1993 est plus petit -il mesure 6,4 cm de diamètre soit 2.5 pouces- et, surtout, peut s'enregistrer dans des durées en tout point comparables à ce que permettent les cassettes. Sony a estimé d'ailleurs que le lancement du mini-CD correspondait à la mort de la cassette