L'ENREGISTREMENT MAGNETIQUE DU SON
Retour à la Homepage
Retour à
l'histoire des techniques de stockage de l'information
TELEGRAPHONE
En 1881, Edison avait déjà envisagé le magnétisme
pour l’enregistrement du son.
En 1888, le principe de l'enregistrement magnétique est développé
sur le plan théorique par l'Anglais Oberlin Smith.
Télégraphone
de Poulsen
En 1898-1899, Valdemar Poulsen dépose une demande de brevet
pour la construction d'un appareil qu'il appelle Télégraphone.
Ce premier Télégraphone de Poulsen diffère beaucoup
par son aspect des magnétophones actuels car il était une
sorte de copie magnétique du phonographe. Sur un cylindre entraîné
régulièrement par un petit moteur électrique, étaient
enroulés des spirales serrées de fil d'acier d'une épaisseur
de 0,5 à 1 mm. Contre ces spires s'appuyait un électro-aimant
dont l'entrefer était logé de façon transversale.
Le principe de l’enregistrement magnétique a donc été
non seulement connu, mais encore utilisé, par le télégraphone
dès 1899.
En 1900, à l'exposition universelle de Paris, Valdemar Poulsen
eut droit à la remise du grand prix pour un type plus perfectionné
de son télégraphone : il abritait un ruban d'acier qui se
déroulait d'une bobine et s'enroulait sur une autre, en passant
par l'entrefer d'un électro-aimant.
En 1903 le télégraphone de Poulsen attira l'attention
du Dr Stille qui réduisit la vitesse de défilement du ruban
métallique de 20 m à "seulement" 1,2 m par seconde mais il
n'en resta malheureusement qu'aux essais.
En 1915, le brevet de Poulsen expira et les Allemands firent des recherches
sur l’enregistrement magnétique.
En 1920, le Dr Stille fonde une société pour le développement
des enregistreurs magnétiques.
En fait, c’est le manque d’amplificateur qui empêcha à
l’époque de rendre aussi audible qu’un phonographe, le signal très
faible émis par la tête magnétique ce qui cantonait
les appareils dans l’usage de dictaphones. L’enregistrement magnétique
dut alors attendre jusqu’à l’invention des lampes amplificatrices
par Lee De Forest pour se développer.
En 1939, Marvin Camras met au point le magnétophone à
fil d’acier à amplificateur à lampe. Ils se sont alors développés
parallèlement à ceux à bandes et furent popularisés
par des firmes telles que WEBSTER de Chicago, WIREWAY, GELOSO, ACEC jusque
1955. Certains étaient même miniaturisé, alimentés
sur piles et donc portables et étaient utilisés comme dictaphones.
Dans ce cas le fil était nettement plus fin et les bobines plus
petites.
BLATTNERPHONE
Le Blattnerphone utilisa le procédé du Dr Stille. Cet appareil
utilisant un ruban d’acier fut à l’origine conçu pour adjoindre
le son au cinéma. C’est pourquoi sa genèse a été
expliquée ailleurs, dans “le cinéma sonore”. Lorsque d’autres
procédés permirent le cinéma sonore, le Blattnerphone
fut alors utilisé comme simple magnétophone. Les perforations
inintéressantes en dehors de l’utilisation cinématographique
furent abandonnées.
L’ingénieur en chef de la BBC qui avait assité en 1929
à la première démonstration du Blattnerphone était
intéressé par l’emploi de cette machine pour rediffuser des
émisions sur ondes courtes à destinations de pays situés
sur d’autres fuseaux horaires. L’appareil présentait une réponse
en fréquence acceptable pour cet emploi et permettait surtout une
plus longue durée que les disques.
A partir de 1930, la BBC acheta plusieurs appareils en vue de test
et d’améliorations.
En 1932, une seconde génération de Blattnerphones vit
le jour. Elle utilisait un moteur synchrone qui permettait une vitesse
stable et de nouveaux circuit d’amplification et d’équalisation.
En 1933, la société Ludwig Blattner Pictures Corp., Ltd,
fut liquidée et les droits du Dr Stille revendus à Marconi
qui refit une nouvelle version de l’appareil. Ce sont ces machines qui
équipèrent la BBC jusqu’à l’avènement du magnétophone
à bande plastique après la seconde guerre mondiale.
LA BANDE MAGNETIQUE
En 1928, le premier appareil à être proche du magnétophone
moderne est construit par Fritz Pfleumer qui a remplacé la bande
d'acier primitive par une bande de papier "Kraft" revêtue d'une mince
couche de fer.
En 1932, BASF de I.G Farben s’associe à AEG/Telefunken pour
exploiter le brevet de Pfleumer. Avec leur aide, cellui-ci remplace la
bande de papier par une bande de matière plastique, revêtue
également d'une mince couche de fer.
Dès 1934, l'usine B.A.S.F. de Ludwigshafen fournit 50.000 mètres
de bande magnétique sur support en acétate de cellulose.
Ce support rigide offre l'avantage de casser de façon nette, sans
s’étirer.
En 1935, le nouvel appareil, appelé magnétophone, est
présenté à l'Exposition de la Radiodiffusion de Berlin
et est commercialisé.
Le magnétophone de cette époque utilisait encore la prémagnétisation
à courant continu et le bruit de fond assez important ne pouvait
être supprimé. La vitesse défilement était de
7,6 mètres par seconde. En 1940 les travaux de deux allemands, H.J.
Von Braunmülh et Walter Weber permettent à l'enregistrement
magnétique de faire un immense progrès en qualité.
En effet, avant cette date, le courant modulé était envoyé
directement à la tête d'enregistrement. Von Braunmülh
et Weber découvrirent un peu par hasard qu'en superposant un courant
à haute fréquence (dit de "polarisation") au courant basse
fréquence dirigé vers la tête d'enregistremement on
supprimait les distorsions existant jusque-là dans les enregistrements
magnétiques. Ces perfectionnement restèrent secret car la
seconde guerre mondiale avait commencé.
En 1942, l’utilisation du magnétophone par l’Allemagne nazie
déconcerta les services de renseignements alliés en Angleterre,
affectés à l’écoute des radios allemandes. Ils commencaient
en effet à capter des retransmissions d’opéras allemands
d’une stupéfiante netteté à n’importe quelle heure
de la nuit et cela sans l’habituel grattement de l’aiguille sur le disque.
Outre la musique en haute fidélité, ils pouvaient entendre
des enregistrements des discours d’Hitler d’une troublante qualité
de reproduction, émis depuis des villes très éloignées.
L’énigme du don d’ubiquité d’Hitler allait être résolue
deux ans plus tard.
En 1944, 3M C° commence à faire des recherches sur les bandes
sous la direction de Ralph Oace pour la Brush Development C°.
En 1945, le capitaine John T. Mullin du Signal Corps U.S. trouve dans
les locaux de Radio Frankfort des magnétophones ainsi que des bandes
BASF de 1000 mètres, 1/2 pouce, d’une durée de 20 minutes
(d’après d’autre sources, c’est en Septembre 1944 que ce major trouve
deux appareils dans les studios allemands de Radio-Luxembourg). Plusieurs
stations de radio réparties sur le territoire allemand avaient ainsi
utilisé des magnétophones pour retransmettre les discours
d’Hitler. Les appareils dont le major Mullin fait la démonstration
aux U.S.A. attirent l’attention d’Alexander Poniatoff, fondateur et président
de la firme Ampex Corporation qui à l’époque fabriquait des
pièces destinées aux radars des troupes aéroportées
de la Marine américaine. L’expiration des contrats de guerre obligeant
Poniatoff à chercher de nouveaux débouchés, il contacta
Mullin qui aida alors les ingénieurs à concevoir leur propre
magnétophone. Ray Dolby qui inventera plus tard un procédé
de réduction de bruit qui porte son nom faisait partie de l’équipe
En 1946, Ampex s’inspire des appareils allemands pour construire son
premier magnétophone. Ce procédé d’enregistrement
ne se serait pas aussi facilement imposé sans l’appui du chanteur
Bing Grosby. Ce dernier, impatient d’enregistrer à l’avance ses
émissions de radio, était toujours soucieux d’améliorer
la qualité des enregistrements. Mullin fut invité à
enregistrer sur bande l’un des spectacles de Crosby, et le résultat
impressiona tellement le chanteur qu’il demanda à Mullin comment
se procurer un magnétophone. Mullin et Ampex lui firent alors livrer
un ensemble d’enregistreurs audio dans le mois.
En 1948, le premier magnétophone à bande américain,
l’Ampex 200 est prêt ainsi que la bande 3M/Scotch 111 à oxyde
ferrique. Magnecord construit un modèle stéréo.
La composition des bandes magnétiques
Dès la fin de la seconde guerre mondiale, le polyvinyle (PVC)
et le polyester firent leur apparition : ce sont des supports plus résistants,
plus stables et plus souples que l'acétate. Les bandes de tri-acétate
de cellulose, comme d'ailleurs les films de cinéma, ont en effet
tendance à se déformer et elles deviennent cassantes après
plusieurs années de stockage. Ces nouveaux supports ont néanmoins
un inconvénient : en cas de traction brutale, ils peuvent s'étirer
et même devenir de vraies ficelles. Par contre, leur souplesse leur
permet de mieux s'appliquer contre les têtes magnétiques et
l'on obtient alors une meilleure reproduction des fréquences aiguës.
Pour éviter un étirement de la bande au cours des rebobinages
rapides ou des freinages, les fabricants ont été amenés
à pré-étirer le support dans les deux sens avant le
couchage de l'enduit magnétique. A titre d'exemple, un support en
polyester ordinaire auquel on applique une force de traction de 15 kg s'allonge
de 190% avant de se rompre. Le même support pré-étiré,
auquel on applique la même force de traction s'allonge seulement
de 15%. La firme Dupont de Nemours a déposé la marque "Mylar"
pour le polyester pré-étiré mais tous les fabricants
de bandes magnétiques utilisent cette technique.
Aux environs de 1960, les chimistes ont pu obtenir avec le même
oxyde, des cristaux aciculaires de 0,8 à 1 micron de longueur, où
les aiguilles étaient toutes orientées dans le même
sens au moment du couchage de l'enduit. Mais pour diminuer le bruit de
fond propre à la bande, les ingénieurs ont réduit
la longueur des aiguilles à 0,2 ou 0,3 micron de long. L'impulsion
provoquée par la légère aimantation naturelle de chaque
aiguille étant plus faible, le bruit de fond diminue de 3 à
4 dB. Ces bandes magnétiques ont été commercialisées
sous le nom de "low-noise" (faible bruit). La finesse des particules magnétiques
contenues dans l'émulsion active qui revêt la bande magnétique,
joue un rôle important, car les bandes actuelles comportent jusqu'à
150 000 millions d'aiguilles magnétiques par mm².
La désignation des bandes magnétiques est dérivée
de celle des premières bandes "standard". Au fil des années
on a réduit leur épaisseur de deux tiers environ ; ainsi,
une bobine de même diamètre peut contenir une bande plus longue
de 50%, si bien que la durée d'écoute est plus longue. Au
début, les bandes étaient désignées Long Play
mais plus tard on les a remplacées par des bandes Double Play et
même Triple Play.
La vitesse de déroulement de la bande s'est vite stabilisée
à 19,05 cm par seconde ; on est parvenu par la suite à la
réduire à 9,5 cm. Actuellement on utilise les vitesses suivantes
:
38,1 pour l'enregistrement professionnel
19,05 pour les enregistrements professionnels ou les amateurs
9,5 pour les bons enregistrements d'amateur
4,75 pour les enregistrements d'amateur de qualité inférieure
2,4 pour l'enregistrement de la parole
LES CASSETTES
C'est en 1961 que Philips mit au point la minicassette audio ou compact
cassette (CC). Elle mesurait 100 mm de long. Conçue pour la stéréo,
elle est également utilisable en mono. Cette cassette ainsi que
le premier magnétophone à cassettes furent présentés
en 1963 à Berlin. Afin de mieux imposer son système à
travers le monde, Philips choisit de céder gratuitement son brevet
à tous les constructeurs qui le désiraient. La largeur de
la bande contenue dans la cassette était de 3,81 cm et sa vitesse
de 4,75 cm/sec.
Les recherches effectuées pour l'enregistrement des images sur
bandes magnétiques ont ammené les fabricants à proposer
un nouveau ruban au bi-oxyde de chrome (CrO2) destiné aux magnétophones
à cassettes. On obtient avec lui une dynamique plus importante et
un meilleur rendement dans les fréquences aiguës mais il est
nécessaire de disposer d'un courant d'effacement et de polarisation
plus important que pour les bandes ordinaires. C'est pourquoi les appareils
disposent d'une touche pour passer du réglage "Fe2O3" au réglage
"CrO2". Un trou supplémentaire sur le boîtier de la cassette
permettait à l'appareil de reconnaître une cassette au dioxyde.
Par après, les recherches pour améliorer la qualité
des bandes vidéo a conduit à l’utilisation de bande dites
“Métal” dans les cassettes. Là encore, les appareils à
cassettes devaient avoir une position supplémentaire sur le sélecteur
de type de bande.
Figure 12 : Cassette compact
LES CASSETTES 8 PISTES
Les cassettes 8 pistes sont d'origine américaine, elles sont nées
à Détroit où les constructeurs automobiles étudiaient
dans les années 50 un nouveau gadget pour l’automobile. En 1966,
les automobiles américaines en sont équipées. Boudée
en Europe, où la musicassette est reine, elle a atteint en 1975,
aux U.S.A., le record de vente : 86 millions d’unités. Elles contenaient
une bande de 6,35 de large comparable à celle des magnétophones
mais montée en boucle sans fin. Il y avait 8 pistes, soit 4 programmes
stéréo. A la fin du premier programme, la tête se déplaçait
sur le deuxième et ainsi de suite. On ne devait jamais retourner
la cassette. Ces cassettes étaient surtout destinées aux
auto-radios bien qu'il y eut des modèles de salon. Le problème
de ces appareils était le déplacement mécanique de
la tête qui ne retrouvait pas toujours une position de lecture optimale.
Elles furent supplantées par les cassettes compact.
ELCASET (1977)
Aussi appellé maxi-cassette par opposition aux mini-cassettes, son
nom dérivait de “Large cassette” ou L-Cassette. La cassette avait
de plus grandes dimensions que la cassette compact inventée par
Philips : 4 pouces sur 6 pouces. Elle contenait une bande de 6,35 mm qui
défilait à 9,5 cm/sec combinant ainsi la haute fidélité
des magnétophones à bande avec la simplicité de chargement
des cassettes. Il y avait 4 pistes sonore et deux de contrôle. Lors
de l’introduction de la cassette dans l’appareil, la bande était
extraite et ammenée par un mécanisme de précision
sur les têtes. Les machines étaient dotées d’un système
équivalent au Dolby et le TEAC AL-700 pouvait utiliser une unité
Dolby externe. Les performances : bande passante de 20 à 20.000
Hz et dynamique de 72 dB avec Dolby.
Le système s'est très peu répandu sans doute à
cause des améliorations apportées aux cassettes classiques
et du prix élevé des appareils. Seuls Sony, JVC, TEAC et
Technics en ont vendu et le système fut retiré du marché
deux ans plus tard.
LES MICROCASSETTES
Il s'agit d'un autre type de cassette audio, de format plus petit
que la minicassette Philips, brevetée en 1976 par la firme japonaise
Olympus. Fonctionnant à vitesse très réduite, elle
est surtout utilisée dans les magnétophones de poche, qui
servent de "bloc-notes" audio.
LES PICO-CASSETTES
En avril 1985, les firmes japonaise JVC et américaine Dictaphone
lancent en commun un nouveau format de cassette audio : la pico-cassette,
et une machine à dicter utilisant ce standard. La pico-cassette
contient une bande de 2 mm de large. Elle permet une heure d'enregistrement
à la vitesse de 0.9 cm par seconde.
LE DAT
A partir de 1980 plusieurs constructeurs japonais ont étudié
un lecteur de cassettes audio utilisant l'enregistrement numérique
(Digital Audio Tape ou DAT), offrant une qualité sonore équivalente
à celle du disque compact. Deux standards étaient en présence
: le S-DAT proposé par JVC, à têtes fixes, et le R-DAT
mis au point par Matsushita et Sony, à têtes rotatives, adopté
depuis par tous les constructeurs. Aïwa a, le premier, commercialisé
le DAT au Japon, en février 1987.
LES CASSETTES DCC
La cassette DCC inventée par Philips fait comme le DAT appel à
l'inscription numérique. Mais, et c'est là le point fort
du principe, il ne renie en rien les investissements préalablement
effectués par les consommateurs : les cassettes "normales" (CC)
peuvent être utilisées sur les nouveaux appareils DCC.
Ces appareils permettent de continuer à utiliser les cassettes
CC, en revanche on ne bénéficie de la qualité numérique
qu'avec les DCC. Le concept de la DCC s'oppose au Mini-CD car s'il s'agit
tous deux de supports permettant l'enregistrement numérique, la
DCC comporte le désavantage de ne pouvoir être accédée
que par le défilement de la bande. En fait, Philips propose une
sorte de DAT mais entièrement compatible avec le parc existant en
la matière. Cette compatibilité constitue évidemment
le grand point fort du système Philips.
Comme son concurrent, la DCC fait aussi appel à des techniques
de compression de données pour pouvoir loger toutes les informations
sur sa bande magnétique. Celle-ci est de type chrome. Elle est protégée
par un volet métallique, comme une disquette d'ordinateur. Lors
du chargement de la cassette, cette protection coulisse, donnant libre
accès à la bande. Comme la cassette traditionnelle, la DCC
possède la fonction autoreverse.
Disposition des pistes sur la bande
Le signal sonore est enregistré sur 8 pistes parallèles
(0 à 8), de 185 microns chacune. Comme la largeur de la piste nécessaire
à la lecture n'est que de 70 microns, cette grande tolérance
absorbe pas mal de chocs. Une piste additionnelle véhicule les informations
d'affichage et d'asservissement. Ce qui permet de faire apparaître
le numéro de la plage lue et son titre.
Tête d'enregistrement-lecture pivotante
Le bloc de têtes comporte, en outre, deux têtes (de lecture
seulement) pour les cassettes conventionnelles (A1 et A2). Il y a ainsi
un total de onze têtes sur le bloc