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Le second Mariage de Georges du Roy, chapitre 10 Deuxième partie de Bel-Ami.

 
Introduction

Ce passage constitue l'excipit du roman. Si la scène ne représente pas un dénouement, elle est l'apothéose du parcours initiatique de Duroy et s'achève sur une ouverture.

Quelle est donc la dernière image que Maupassant nous laisse du héros ?


Plan du texte:

Le texte suit le déplacement spatial du héros :
  • Scène dans la sacristie ("réconciliation" avec Clothilde)
  • Bel-Ami avance dans l'église de la Madeleine
  • Sur le perron

Une Scene depeinte sous differents points de Vue

1. Le Champ lexical du regard

A travers tout le texte, les yeux et le regard sont très présents:
  • ses yeux vifs
  • les yeux se...
  • les yeux fixes
  • il ne voyait
  • il aperçut
  • contemplait
  • relevant les yeux
  • la voyait
2. L'emploi des points de vue

Ce champ lexical est accompagne d'un changement regulier de point de vue:
  1. externe
  2. omniscient
  3. externe
  4. omniscient
  5. externe
  6. omniscient
  7. interne
  8. omniscient
Chaque point de vue a un rôle bien particulier:

  • Le point de vue externe met en scene le couple, et donc le regard du temoin. Suzanne n'apparait d'ailleurs qu'avec lui elle n'a donc plus d'intéret pour Bel-Ami et peut aller rejoindre les coulisses.

  • Le point de vue interne nous montre les sentiments de Bel-Ami, son premier regard se porte sur "Madame de Marelle" (désir) et le second sur "la foule". On retrouve les deux soifs du héros de l'incipit: les femmes et l'ambition.

  • Le point de vue omniscient nous montre que les femmes sont plus importantes que l'ambition, le mot "lit" clôt le roman, c'est l'ouverture finale, comme dans Le Père Goriot ou Rastignac décide de se rendre chez la baronne de Nucingen.


Bel-Ami, un arriviste arrive

1. La Madeleine représente la réussite
  1. Un roi

    Bel-Ami se réjouit de sa situation et s'assimile a un monarque, il se croit "un roi" et marche "lentement, la tête haute".

  2. Le décor, faire-valoir de la réussite

    La scène se déroule dans une église de grand renom, La Madeleine qui, elle-même, domine la Rue Royale comme au début du roman. Cette fois, Bel-Ami se tient debout, dominant, sur les marches du perron de l'église alors qu'au début du roman, il était bousculé dans la foule.

    On remarque le caractère noble de l'architecture avec le "portique", et l'immensité du bâtiment puisqu'ils traversaient.

    Le triomphe est d'autant plus grand que c'est un lieu sacré, l'église, qui consacre la réussite du héros anticlerical qui, de surcroît, s'est deja marié une fois, mais à la mairie.

  3. L'assistance

    Une foule immense s'est amassée pour assister au triomphe de Bel-Ami, le champ lexical est d'ailleurs très présent:

    • défilé des assistants
    • autres personnes
    • derniers assistants
    • pleine de monde
    • la foule
    • le peuple


    Bel-Ami, lui, est ressorti de la foule, il ne fait que l'apercevoir, alors qu'elle est organisée, respectueuse (ce qui contraste avec l'incipit) et qu'elle l'envie (le contemplaient, l'enviaient).

  4. L'attitude du héros

    Au début de l'extrait, Bel-Ami n'est plus maître de lui même, tellement il est ému par sa réussite. Il est affolé de joie et dit des mots qui ne signifiaient rien.

    Cependant, à la fin, il retrouve son sang-froid comme en témoigne l'épithète calme. Le rythme épouse la lenteur de la phrase. Maupassant reprend le terme frisson en chiasme pour nous montrer ce sentiment qui est renforcé par l'hyperbole immense bonheur.

    L'imagination s'empare alors d'un Bel-Ami mégalomane, le peuple serait venu pour lui. On observe le narcissisme du personnage: il ne voyait personne, il ne pensait qu'à lui.

    Il est réellement le Dieu de l'église, il n'y a pas de place pour Suzanne, c'est un arriviste qui se prend pour Dieu.


2. La soif de l'ambitieux infatigable
    Bel-Ami observe La Chambre des députés, ce saut qu'il voudrait faire jusqu'au palais-bourbon traduit bien-sûr ses ambitions politiques.

    Il utilise en plus un futur immediat: allait faire et pose un regard ambitieux (relevant les yeux) et prédateur qui s'étend au loin: La bas, derriere la Concorde.

    Comme le montrent ses ambitions, le parcours de Bel-Ami n'est donc pas terminé.


L'homme du désir

1. Un être sensuel et cynique
    Le blasphème du marié qui prend la main d'une autre devant Dieu traduit bien le cynisme de Bel-Ami qui est a un lieu d'engagement.


2. Le double Mariage
    Duroy vient de prendre un engagement sacré, cependant sa passion pour Madame de Marelle ne semble pas éteinte:

  • L'éveil de la sensualité et le désir de la femme.

    Duroy a tout d'abord une reaction, d'ordre physique, une impulsion: le désir brusque de la reprendre. On observe au passage le jeu de sonorité avec les dentales dans le sang le désir brusque de la reprendre. Maupassant utilise en plus une protase très longue assortie de deux subordonnées pour montrer ce désir: le souvenir de tous les baisers qu'il lui avait donnés, qu'elle lui avait rendus.

    Le champ lexical de l'amour (caresses, gentillesses) nous montre également l'importance de cet amour toujours d'ordre physique (caresses...baisers) d'autant plus que, dans le rythme binaire, le terme souvenir est repris et la phrase chute sur reprendre.

  • Les Retrouvailles

    Les deux amants de retrouvent l'un après l'autre. C'est tout d'abord elle qui s'avance avec crainte : elle s'avança un peu timide.

    A son tour, Bel-Ami agit: il la reçut

    La jonction a lieu grace à "la main".

    Malgré la scène de dispute, elle lui pardonne.

    La "petite Main" est personnifiée, c'est à elle que Bel-Ami, irrespectueux, déclare qu'il est amoureux: "Je t'aime, je suis à toi". Maupassant veut que le lecteur juge son héros, d'où le recours au style direct.

    Alors que dans la nef, on avait l'échange des consentements, le blasphème ultime a lieu dans l'église où les deux amants se disent oui, se repondant: A bientôt Monsieur...A bientôt Madame.

    L'epithète "grâcieuse" et l'adverbe "gaiement" ne font que renforcer cette idée d'adultère.


3. Quelle image Maupassant nous donne-t-il de son héros ?
    Le milieu de la presse était familier à Maupassant, et il avait lui-même de nombreuses maîtresses. Malgré tout, Bel-Ami est un homme sensuel, il arrive marié avec une maîtresse.

    Mais, en bon naturaliste, Maupassant ne juge pas le héros, il nous laisse une impression.

    En tout cas, pour lui, la société corrompue peut conduire a la réussite.

    Dans la composition du roman, on peut evidemment rapprocher l'incipit et l'excipit du roman que tout rapproche et que tout oppose.


Conclusion

Bel-Ami, par son aspect negatif et arriviste, apparaît comme un anti-héros pur.

Maupassant ne le juge pas pour autant, et, contrairement à Rastignac dans Le Père Goriot et à Julien dans Le rouge et le Noir, la fin du roman ne constitue pas un dénouement réel puisque le héros n'a pas achevé son parcours intiatique et compte désormais entamer une carrière politique.

Bel-Ami est-il donc un héros, ou est-ce sa situation d'anti-héros qui lui confère sa réussite ?



Extrait d'un texte écrit par CHerubin, qui lui a valu une belle réussite...
Site Web : http://www.bac-de-francais.8k.com/


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