Systématisation de certains gestes 
au moment de la naissance

 

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Des gestes sont posés en salle de naissance de manière systématique. Se questionne-t-on encore sur l'opportunité de ces gestes ? Pour quelles raisons les réalisons-nous ? Quelles conséquences peuvent-ils avoir, et vers quels autres gestes nous conduisent-ils très souvent ?

Cet article est constellé de point d'interrogation. Il ne nous appartient pas d'y répondre ici. La systématisation des gestes est utile pour éviter les oublis, elle est rassurante dans une équipe où le temps est souvent compté. Beaucoup sont expliqués par des études dépassées. Certains actes sont imposés par d'autres professionnels (gynécologues, pédiatres, anesthésistes, ...) sans qu'il n'y ait véritablement de consensus, ou du moins de remise en question régulièrement.

Ce manque de consensus a, entre autres, une conséquence sur les explications données à un néophyte qui questionne. Pour un nouveau venu dans l'équipe obstétricale, la reproduction du geste se fait sans trop savoir pourquoi (!) ; et pour les parturientes et accouchées, pour leur compagnon : des explications parfois différentes, contradictoires, culpabilisantes ...

Pourtant certaines questions ne sont jamais posées aux parturientes, et certains gestes ne sont jamais proposés ... Pourtant, chaque femme est différente, aucun accouchement n'est semblable à un autre ...

Voici une liste de gestes que j'ai observés.

A l'admission :

  • Interdiction de boire et de manger (cf anesthésie)
  • Lavement rectal (pour faire propre)
  • Rasage plus ou moins complet du périnée (pour faire " champs opératoire ")
  • Frottis vaginal (recherche de streptocoque b, dont les résultats ne s'obtiennent que quelques jours plus tard ... )

En salle d'accouchement :

  • Monitoring cardio-tocographique (le plus souvent et le plus longtemps possible)
  • Décubitus dorsal
  • Perfusion (voie d'entrée) avec ou sans ocytocique
  • Perfusion d'ocytociques (pour optimaliser, pour accélérer )
  • Rupture Artificielle de la Poche des Eaux, dès que possible (parfois sur présentation non engagée) (pour optimaliser, pour accélérer)
  • Injection intramusculaire de relaxants musculaires, antidouleurs, …
  • Épisiotomie
  • Pression abdominale
  • Coupure du cordon ombilical le plus rapidement possible
  • Tractions régulières sur le cordon ombilical pour la délivrance du placenta (pour accélérer)
  • Injection (IM ou IV) de méthergin (à des moments divers)
  • Maintien du coucher de la récente accouchée

Pour le nouveau-né (avec comme conséquence, la séparation de la mère et du bébé) :
Soins donnés le plus rapidement possible, c'est-à-dire :

  • Aspiration oro-pharyngée
  • Bain (à l'eau clair ou non)
  • Collyre dans les yeux
  • Administration d'anti-hémorragique (vitamine K) en intra-musculaire
  • Utilisation de divers produits sur le cordon ombilical
  • Bande ombilicale autour de l'abdomen
  • Prise du poids
  • Prise de la taille
  • Prise du périmètre crânien

 

En maternité

  • Administration d'eau sucrée ou de lait industriel (avec un biberon ou d'une autre manière)
  • Pesée quotidienne du nouveau-né
  • Séparation mère-enfant durant la nuit
  • Le premier bain est donné et/ou est assisté par une autre personne que les parents
  • Apprentissage de la manière de donner un bain à un bébé
  • Utilisation de divers produits (sérum physiologique, crèmes, ...) sur les mamelons des femmes allaitantes
  • remise de diverses brochures (que les membres du personnel n'ont pratiquement jamais lu), de boîtes d'échantillons, de produits divers ...
  • Soins vulvaires (bi-)quotidiens avec divers produits (dont parfois colorés)
  • Utilisation d'une bouée en cas de douleurs du périnée

Les explications qui m'ont été données le plus fréquemment à propos de ces gestes est la couverture médico-légale, l'idée que le geste est légalement obligatoire, que "c'est comme ça que tout le monde fait !!", "ce sont les gynécologues ou pédiatres qui veulent que nous fassions ainsi !"

Pourtant, chose paradoxale, certains gynécologues, dans une même équipe, ont des pratiques différentes, et demandent parfois de ne pas faire tel geste, ou de réaliser tel autre.

Une autre systématisation est plus générale : dans les maternités accueillant un grand nombre de parturientes, les accoucheuses doivent surveiller, à certains moments, plusieurs femmes en même temps. Et les habitudes font que lorsque le service est plus léger, elles conservent le même rythme de travail, et les mêmes mécanismes. Par exemples :

  • surveillance des monitorings ctg depuis leur bureau
  • faible temps de présence dans la chambre
  • renvoi en salle de post-partum avant le délais de minimum de deux heures de surveillance
  • ...