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Activité utérine et délivrance placentaire
Sur la liste-naissance en juillet 2003,
une discussion avait lieu à propos de la délivrance du placenta, et plus particulièrement du temps qui peut s'écouler depuis le "démoulage" du bébé. Il est,
en effet, connu que le col utérin se referme très rapidement après le passage du bébé. S'il se ferme, comment le placenta peut-il passer, plus tard ? Un col utérin ne se ferme pas trop tôt ou trop tard, il se ferme... à son rythme. S'il lui prend l'idée de se refermer avant la délivrance, il se rouvrira en son temps, en même temps que les contractions de la délivrance... c'est à dire parfois de nombreuses heures (jours ?) après l'enfantement. Ce temps pour la délivrance est peu important médicalement (le vrai médical), s'il n'y a pas un écoulement de sang trop important... à la longue et s'il n'y a pas de signes d'infection.. Je n'aime pas aussi bien la banalisation que l'alarmisme... Observer seulement l'importance de l'écoulement du sang pourrait, dans certaines situations, être fort préjudiciable. Je m'explique. Le saignement peut se poursuivre, ce qui se passe toujours, mais rester dans l'utérus, et donc ne pas s'écouler à l'extérieur de manière continue. Nombreuses sont les femmes qui peuvent témoigner de la perte de caillot(s) de volume plus ou moins important dans les heures voire les jours qui suivent l'accouchement. Ce qu'il faut en retenir est qu'une plaie saigne toujours ! Or, la "plaie" laissée après le décollement placentaire peut avoir une surface importante, et d'autant si l'utérus ne se contracture pas (bien) et longtemps. Le problème est que si l'utérus ne se contracture pas, il peut continuer à saigner plus ou moins abondamment. Tant que le placenta n'est pas délivré, il ne peut pas vraiment se contracturer - c'est-à-dire rester contracter beaucoup plus longtemps qu'une contraction durant le travail de parturition -. Or, un saignement important peut consommer énormément de facteurs de coagulation (phénomène physiologique), ce qui peut conduire à des catastrophes. Voilà pour la théorie. En pratique, on peut voir l'un ou l'autre "cas" de CIVD (Coagulation Intra-Vasculaire Disséminée qui s'exprime par de petites taches hémorragiques sur la peau un peu partout sur le corps), par exemple. Une telle urgence marque les esprits, surtout si l'on associe la théorie à l'observation d'un tel cas (il faut donc agir, arriver à ce que cet utérus soit le plus dur possible en permanence, c'est à dire masser l'utérus, délivrer le plus rapidement possible (chimiquement, manuellement, ...) J'avais émis l'idée que l'état de vigilance, l'état clinique de la femme venant d'accoucher était suffisant. On m'a répondu que dans ce cas, c'était souvent trop tard, sauf peut-être dans certaines tranches horaires (question d'avoir sous la main des professionnels qui ne sont pas trop endormis) quand on est à côté d'une salle d'opération. J'en reviens donc toujours à l'idée que nos sens (de professionnels accompagnants) sont beaucoup plus limités que ceux de la femme elle-même. Encore faut-il que la femme soit bien à l'écoute de ses sensations, et qu'elle ne soit pas polluée par des idées toutes faites, une certaine théorie (celle des professionnels). Autrement dit, la sauvegarde des femmes dépend essentiellement d'elles-mêmes ...
Plusieurs discussions ont encore eu lieu sur la liste-naissance, à propos du placenta, de sa délivrance, des risques supposés et réels qui y sont associés, des témoignages, ... Il est très logique de parler du col de l'utérus lorsqu'on se questionne sur la délivrance. C'est la vision limitée - essentiellement mécano-chimique - des connaissances médicales actuelles, passées dans la littérature populaire, qui conduit à cette association. Il peut, cependant, être intéressant de se demander ce que l'on ne connaît pas à propos de l'utérus !! Si l'on sait que l'utérus est un muscle aux fibres lisses comme le cœur, et non pas striées comme les muscles de la locomotion dont la contraction peut être commandée par la volonté, on sait également que l'utérus est pourvu, toujours comme le cœur, de noyaux nerveux propres agissant par l'intermédiaire des fibres nerveuses qui parcourent ce muscle (virtuellement) creux. On sait également que certaines substances chimiques stimulent ces noyaux nerveux. Nous pouvons constater telle action ou telle autre, le résultat étant toujours la contraction des fibres musculaires : plus ou moins vite selon la concentration du produit, plus ou moins longtemps (ocytocine, méthergin, ...). Certaines autres substances (dont l'adrénaline), au contraire, inhibent ou accélèrent et renforcent leurs actions, plus ou moins fortement, selon le moment du travail, si l'enfantement est imminent ou non, s'il a eu lieu ou non ... Mais nous n'avons aucun détail concernant leur(s) mode(s) d'action. Si l'utérus est un muscle, il semblerait que la vision qui est définitivement acquise est : il se contracte ou il ne se contracte pas. Oui ou non. A un moment désiré par l'humain selon ses espoirs ou non. Durant la grossesse, il ne peut pas se contracter, parce que l'humain craint un accouchement prématuré. Pourtant, ce muscle ne peut croître (multiplier le nombre de fibres, les allonger, ...) qu'en "travaillant". Lorsque l'enfant est "mûr", c'est la rentabilité et la puissance de ce muscle qui devient la préoccupation, selon des critères de fréquence et de régularité. Après la naissance, il doit se faire oublier au plus vite. Ah ! Si nous pouvions gérer les intempéries ... "La pluie et le beau temps, quand je veux" ... et annihiler les "caprices" de cette nature qui n'en fait qu'à sa tête, sans que l'on ne comprenne pourquoi !! juste quelques "comment" ... Un peu comme il existe le "un beau bébé quand je veux" ? Ceux qui ont pris le temps d'observer, à distance, plusieurs femmes en "travail" ont du constater les fluctuations importantes de l'activité utérine, allant parfois jusqu'à l'arrêt. Selon la femme et le moment de ce travail, un bain chaud peut avoir comme conséquence un ralentissement important des contractions, avec une reprise plus ou moins forte par la suite, ou le contraire, avec toutes les situations intermédiaires ... Mais est-ce l'humidité, la chaleur, les changements de pression extérieure agissant sur les fluides internes, la préparation, la mobilisation, la distraction, l'anticipation de la détente, la modification des sonorités, ... qui induisent les variations dans le travail ? Le marathonien court-il toujours comme un métronome ? Mais comment pourrait-on, scientifiquement, démontrer, par exemple, que le fœtus lui-même puisse avoir une influence sur l'activité utérine ? Des études ont démontré que la nature des pensées de la femme a des influences sur la variabilité du rythme cardiaque fœtal. Mais il n'existe pas encore d'instrument permettant de fixer les flux psychiques sur un support analysable ... Peut-on vraiment expliquer ces phénomènes à partir des quelques molécules hormonales que nous connaissons aujourd'hui ? Le "bébé" n'est pas ce "mobile fœtal" décrit dans les livres d'anatomie, comme nous savons depuis quelques années seulement que l'on peut aussi le considérer comme une "personne" ... Il a fallut toutefois quelques temps pour sortir de l'amalgame "personne"/"adulte", et admettre qu'il a ses caractéristiques propres ... qui valent bien celles de l'adulte, même si incompréhensibles encore, elles peuvent parfois être agaçantes. Si nous pouvons faire croître de belles orchidées dans un bouillon chimique artificiel, si nous réalisons nos rêves fous en manipulant et en restructurant les génomes, la sagesse pourrait être, au-delà de la connaissance, d'élargir notre esprit en acceptant d'avantage les phénomènes encore incompréhensibles sans les nier. Un nuage gris dans le ciel ne signifie pas qu'il va pleuvoir a cet endroit-là. Que le rythme cardiaque de ce fœtus-là fléchisse fortement, ne signifie pas qu'il va mourir l'instant suivant ... que l'utérus ne se contracte plus avec la même intensité dans la même régularité ne signifie pas qu'il va se mettre à chômer définitivement. Mais il vrai qu'il est difficile de maîtriser notre esprit humain et de gérer les souvenirs que nous avons de l'une ou l'autre situation catastrophique. Et ce n'est pas facile en même temps de se rappeler que la peur peut être un moteur extraordinaire ... Si je pars de l'idée d'un système d'équations à multiples inconnues qu'est une naissance ... ne se limitant pas seulement à l'accouchement ... je me dis qu'il peut être des conditions générales pouvant avoir des influences favorables ou non. Mon hypothèse est que le psychisme de la femme oscille entre différents désirs profonds, comprenant tous les extrêmes. Elle est l'architecte, le maître d'œuvre et en même temps le masson. Elle fait "corps-esprit" confondu encore avec son bébé. Elle est dans une interaction intime avec son compagnon (présent ou non), au moins dans son propre et complexe cadre socioculturel. Elle est, en même temps, le point central énergétique de l'univers et un fil de soie flottant sensible au moindre mouvement de l'air... Nous pouvons considérer le placenta comme le furent le prépuce, l'appendice ou les amygdales : un déchet devenu donc inutile. Il s'est, cependant dans l'histoire de l'humanité et qu'on le veuille ou non, chargé de valeurs aussi variables en importance qu'il y a de pensées individuelles. Si la délivrance de ce placenta-là prend plus de temps qu'un autre, il est des raisons possiblement bio-chimiques, mécaniques, autant que psychologiques ... Si l'on a oublié la valeur historique d'une potiche sur une cheminée, la trace laissée ou seulement le vide laissé peut avoir une influence auprès de la personne qui continuera à vivre dans cette pièce ... mais pas, assurément, pour un décorateur extérieur ! Ma réflexion se porte vers les personnes directement concernées, en ayant soin d'extraire de ma pensée les paramètres juridico-économiques, corporatistes et égocentriques. Tout observateur (honnête avec lui-même) de la Naissance ne peut que constater que dans la plus grande majorité des cas toute personne possède tous les moyens pour "vivre sa vie", et que ce n'est qu'exceptionnellement qu'une légère modification des conditions peut faciliter le cours des événements. Il est une pratique devenue classique, avant et peu après la délivrance, niant totalement la femme, autant dans son être que dans ses compétences : la palpation et la pression utérine par un tiers. Ces pratiques sont aussi douloureuses qu'inutiles. Pourtant, on les enseigne encore dans les écoles de sages-femmes. Ces pratiques enferment les femmes dans une pensée qui les infantilise. Il peut être dit à n'importe quelle femme l'importance d'une surveillance de SON "globe utérin", qu'il contienne encore ou non le placenta. Le terme "surveillance" fait partie du vocabulaire professionnel, je lui préfère l'expression "rester en contact" ...
Une main sur son bas-ventre, la femme peut pianoter de quelques doigts dès lors qu'elle ne sent plus la masse dure de son
utérus. Après quelques instants seulement, toutes les femmes à qui j'ai donné cette information, géraient très bien leur corps, par leurs sensations manuelles mais
surtout internes (sensations qu'aucun professionnel ne pourra jamais capter). Un des premiers mouvements instinctifs qu'elles réalisent est de se placer en décubitus
latéral (évitant peut-être ainsi une compression de la veine cave !!), et alternant le côté gauche et le droit. On peut imaginer que cette mobilisation complète du
corps est bien favorable à tout point de vue. Quant à penser qu'une femme qui vient d'accoucher, même après 20 heures de travail (ce qui est une "norme"
physiologique), doit se reposer au point de ne plus bouger d'un centimètre ...
Jean-Claude Verduyckt |