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PROGRAMMATION SYSTÉMATIQUE
** Note de Carrefour Naissance : ATTENTION : Le fait d'éditer cet article sur ce site ne signifie en rien que nous en approuvons le contenu. Nous pensons que les arguments qui y sont utilisés sont de l'ordre de la constatation et ne sont en rien scientifiques (ou alors il s'agit d'une science qui n'a pas encore été définie !) ********************* Néanmoins, à Paris, s'est réuni, les 29 et 30 novembre 1995, le Collège des gynécologues et obstétriciens français. Ils ont rendu publique les "conclusions du jury formulées définitivement après discussion avec l'assemblée" : http://www.gyneweb.fr/sources/obstetrique/consens.htm (Si le document n'est plus accessible a cette page, écrivez-moi, je l'ai en archive)
Les pages suivantes rendent compte, suite à ces conclusions, de l'évolution des mentalités : http://pro.gyneweb.fr/sources/obstetrique/enquete-prog/INTRO.html Avant les Premières Rencontres Nationales de la Programmation de l'Accouchement, organisées à l'initiative des Laboratoires Pharmacia & Upjohn, un panel de spécialistes venus de toutes les régions et aux modes d'exercice divers, s'est réuni le 24 avril 1999 pour faire un état des lieux de la programmation de l'accouchement, en France. Quatre grands thèmes ont été successivement abordés : les bénéfices médicaux, les bénéfices organisationnels, les protocoles de prise en charge et les implications médico-légales de cette politique. Le déclenchement de l'accouchement, hors indications pathologiques, est en effet une méthode en voie d'expansion mais il n'y a pas d'homogénéisation réelle des pratiques, en dépit des recommandations émises par la conférence de consensus de 1995. Il s'avère donc à nouveau nécessaire, 4 ans plus tard, de faire le point sur les objectifs et les conditions de la programmation de l'accouchement, hors indications médicales, qui, selon le réseau sentinelle, concernerait actuellement environ 7 % des accouchements en France.
******************* PEUT-ON PROPOSER LA PROGRAMMATION SYSTÉMATIQUE DE L'ACCOUCHEMENT ?
Du Dr Christian FOSSAT ... Personne ne conteste plus la nécessité de la médicalisation de l'accouchement qui a permis une importante baisse de la mortalité et de la morbidité maternelle et fœtale par rapport à l'accouchement dit " naturel ". Cependant, cette médicalisation se heurte à un certain nombre de tabous et de dogmes dans le public et chez certains médecins concernant la direction de l'accouchement, la douleur d'enfantement et le principe même du déclenchement. C'est dire que la programmation de l'accouchement sous analgésie péridurale, qui cumule tous les points sensibles, peut être difficile à faire accepter et nécessite un changement des mentalités. Et pourtant, certaines équipes dont la mienne, mettent en œuvre systématiquement cette technique. Cela est-il possible sans risque? L'intérêt de la programmation est pourtant évident : pour la patiente qui a un meilleur confort psychologique
Le taux élevé de " récidive " des patientes dont l'accouchement a été programmé une première fois témoigne de leur satisfaction. - pour le nouveau-né : meilleure sécurité grâce à la surveillance du travail dès son tout début ; à la possibilité d'intervention rapide en cas de souffrance fœtale aiguë; - pour les médecins du fait de l'activité diurne qui entraîne une meilleure disponibilité et une meilleure efficacité, ceci étant valable aussi bien pour l'obstétricien que pour l'anesthésiste et le pédiatre. L'amélioration de la qualité de la vie des médecins ne pouvant que rejaillir positivement. Cela résout dans bien des cas le délicat problème de l'accessibilité à la péridurale en diminuant notablement la charge de travail des anesthésistes et en permettant donc à ceux-ci d'assumer les péridurales même dans le cas souvent rencontré de sous-effectif. - pour la sage femme, plus sereine car non isolée et bénéficiant d'une meilleure organisation liée à une bonne répartition de l'activité quotidienne. - pour l'administration et les surveillantes qui peuvent ainsi mieux adapter aux nécessités le personnel des salles de travail et du bloc opératoire. En respectant certaines conditions : - conditions maternelles : l'information de la patiente est essentielle de façon à obtenir son accord qui est une condition sine qua non. Une datation précise est indispensable : échographie systématique à 12 SA. - conditions obstétricales : Grossesse normale avec fœtus sain et conditions locales (cervicales) tout à fait favorables. Le terme de la grossesse doit être au minimum de 39 SA voire de 38 ½ SA. La présentation est en principe céphalique. Enfin la pathologie obstétricale maternelle ou fœtale n'interdit pas le déclenchement, mais il ne s'agit plus de programmation mais de déclenchement d'indication médicale qui sort de notre propos. - conditions médicales : l'équipe médicale doit être sur place pendant toute la durée du travail et disponible immédiatement en cas de besoin, qu'il s'agisse de l'obstétricien, de l'anesthésiste ou du pédiatre. Les sages-femmes ont un rôle essentiel. Elles doivent adhérer à la méthode et avoir des horaires adaptés. - conditions matérielles : Les locaux doivent être adaptés et en pratique le nombre de salles d'accouchement augmenté. En ayant une bonne organisation pratique : L'organisation est évidemment très dépendante du type de structure : publique ou privée, petite, moyenne ou grande, en situation de monopole ou non. Exemple de modalités pratiques : La patiente est revue régulièrement en fin de grossesse de façon à déterminer le moment où les conditions locales cervico-segmentaires seront favorables, le principe étant de déclencher l'accouchement quelques heures ou la veille du jour où celui-ci se ferait spontanément. Quand ces conditions sont remplies, la patiente est prévenue un à trois jours à l'avance du jour de la programmation. En cas de dépassement de terme (>41 SA) , le déclenchement est décidé même si les conditions locales ne sont pas favorables en utilisant éventuellement les prostaglandines locales, vaginales ou cervicales. Mais il s'agit alors d'un déclenchement d'indication médicale qui sort de notre propos. La patiente entre à la maternité le matin vers 7 h (ou éventuellement la veille au soir) à jeun ; sont successivement mis en place : . un monitorage externe des contractions et de l'activité cardiaque fœtale, . la perfusion d'ocytocine, . la péridurale le plus souvent; La rupture des membranes est précoce, ce qui exclut tout retour en arrière. L'utilisation des prostaglandines est réservée aux indications médicales avec conditions locales défavorables. La sage femme a un rôle majeur puisque c'est elle qui, en fonction de l'évolution du travail, module les doses d'ocytocique, surveille, examine et accompagne la patiente et renseigne l'anesthésiste. Celui-ci doit être habitué à la pratique obstétricale et moduler son analgésie en fonction des différents temps du travail, des données de l'examen et des désirs de la patiente. Car l'innocuité de la méthode est prouvée Les résultats de plusieurs équipes privées et publiques ayant un taux de programmation de l'ordre de 50 % ont été publiées. De l'ensemble de ces études, il ressort que la durée du travail n'est pas augmentée, mais il faut souligner la difficulté de fixer l'heure de début de travail en cas de déclenchement spontané ; il n'y a pas d'augmentation du taux de souffrance pendant le travail, ni du taux de forceps ; le taux de césariennes est abaissé, ceci étant lié au recrutement de patientes ayant d'excellentes conditions locales : les bons cas sont sélectionnés. il n'y a pas non plus d'augmentation de la pathologie de la délivrance; les taux d'Apgar bas sont moins importants ; on n'observe pas d'augmentation de la pathologie néonatale, qu'il s'agisse d'infection, d'ictère ou de détresse respiratoire ; les poids des nouveau-nés sont comparables, avec cependant un léger décalage vers la gauche du pic de ces courbes; le taux de transfert en service de néonatologie du nouveau-né n'est lui non plus pas plus important ; La proportion de patientes bénéficiant de la péridurale est augmentée. La courbe des heures de l'accouchement présente un pic situé entre 12 et 13 heures ; la partie nocturne est plate et de faible amplitude. Ces données prévisibles permettent d'organiser en personnel et en matériel de façon optimale le bloc obstétrical et le bloc chirurgical. La programmation systématique ne concernera en fait que 50 à 60 % des patientes Il est frappant de constater que trois équipes évoluant dans des environnements différents et qui décident de programmer systématiquement, arrivent à un taux de programmation voisin, situé aux alentours de 50 %. En moyenne 5 à 10 % des patientes bénéficient d'une césarienne d'emblée, 5 à 10 % sont déclenchées pour pathologie; il reste donc 80 à 90 % d'accouchements qui peuvent être programmés. L'analyse des dossiers des 30 % de patientes dont l'accouchement se déclenche spontanément permet de constater que seuls 5 à 10 % d'accouchements supplémentaires pourraient éventuellement être programmés, au prix d'une surveillance de fin de grossesse plus étroite. Mais cela en vaut-il la peine? On peut d'autre part se poser la question : Existe-t-il un taux idéal de programmation compris entre 10 %, (en dessous, l'organisation pratique ne peut pas être faite correctement) et un taux maximal situé entre 50 et 60 % : Attention au risque de dérive : - d'une part pour la prématurité induite : il faut savoir attendre quelques jours aux alentours de 38 semaines, même en cas de circonstances très favorables. - d'autre part lié au développement d'une politique obstétricale trop active, génératrice d'une pathologie iatrogène. Dans les deux cas, la patience reste la première vertu de l'obstétricien : il faut savoir attendre une bonne maturation du col et accepter un taux assez important de déclenchement spontané. Il faut avoir aussi suffisamment de fermeté pour résister à la pression de patientes pressées d'en finir avec une grossesse pénible. A condition d'être informatisé. L'informatisation des dossiers obstétricaux au sein d'un réseau est la seule façon de faire circuler l'information de façon efficace entre les différents acteurs de la programmation. Elle seule permet d'avoir des données maintenues à jour en permanence : tableau de bord donnant les principaux indicateurs d'activité ( taux de déclenchement, taux de programmation, taux de césarienne et de forceps pendant le travail, taux d'Apgar inférieur à 7, taux de transfert, etc...) permettant ainsi une autoévaluation permanente. CONCLUSION Une maternité peut tout à fait baser son fonctionnement sur la programmation systématique de l'accouchement mais il faut être conscient de la nécessité de penser toute l'organisation tant matérielle qu'humaine dans ce sens, d'agir avec rigueur et de rester en permanence vigilant. http://www.gyneweb.fr/Sources/gdpublic/programmact.html |