L’Accompagnement de la Naissance

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Pour beaucoup, l’accouchement à domicile est disparu depuis des années. Et bien, il n’en est rien. En 1995, en Belgique, environ 350 bébés sont nés dans leur foyer familial ; c’est peu, comparé aux 112000 accouchements pratiqués en milieu hospitalier.

Un Accompagnement Globale de la Naissance

Un accouchement à l’hôpital coûte plus ou moins 100.000 Fb pour cinq jours d’hospitalisation selon Mme de Galant, Ministre des Affaires Sociales.  En juillet 1996, la politique de santé a changé. Une série de mesures ont été prises afin de favoriser les prises en charge à domicile durant la période périnatale, et, à revaloriser la profession de sage-femme. Pratiquement, cela signifie que les consultations de sage-femme sont entièrement (100%) remboursées par l’INAMI, ce qui leur permet d’être plus souvent et longtemps présent(e)s auprès des familles.  En considérant toutes les prestations possibles - prénatales, accouchement, et postnatales - réalisées par un(e) sage-femme, en Belgique, le coût total est de 50.000 Fb !

Durant la grossesse, les sages-femmes proposent des consultations de surveillance et des séances de préparation à la naissance et à la parentalité. La surveillance médicale consiste en des informations et des explications, des dépistages et une prévention des problèmes, évitant en cela des hospitalisations toujours coûteuses et gênantes pour l’organisation de la famille. Les sages-femmes pratiquent différentes techniques de préparation adaptées au couple : sophrologie, haptonomie, aquatique, chant, massage, ... Certain(e)s préparent aussi les couples en vue d’un accouchement en position debout ou accroupie.

L’accompagnement des accouchements à domicile n’est pratiqué que par quelques sages-femmes et de trop rares médecins généralistes.

Plusieurs raisons sont exprimées par les couples qui souhaitent enfanter dans leur foyer. Cela va de la continuité d’une tradition familiale ou culturelle, à la crainte du milieu hospitalier : envie de rester dans un endroit connu entouré des siens, volonté de rester responsable, peur d’une médicalisation non justifiée, ...

Il est évident que ce choix est, pour beaucoup de couples, un parcours semé d’embûches puisqu’il leur faut faire face aux réactions émotionnelles de leur entourage, souvent mitigé entre le désir de comprendre, de soutenir et celui de la sécurité parfaite. Si certains respectent la démarche volontaire du couple, d’autres crient " au fou ", ou pire. C’est là aussi, un rôle important d’un(e) sage-femme : informer (comme le fait cet article) et accompagner les remises en question des couples.

L'accompagnement par un(e) sage-femme d'un accouchement à domicile doit répondre à plusieurs critères. La femme ne peut avoir qu’un seul bébé in utero, et il doit se présenter par la tête au moment de la naissance. La femme ne doit pas avoir d’antécédents gynécologiques, obstétricaux, personnels ou familiaux qui pourraient compliquer le moment de la naissance, pour la mère ou pour le bébé. La grossesse doit être à terme (entre 38 et 42 semaines).

Si nous parlons d’une approche globale de la naissance, c’est parce que un(e) sage-femme ne s’intéresse pas seulement qu’à la santé physique, perçue par l’observation et les examens cliniques tels que la tension artérielle, les résultats sanguins, les tests urinaires, éventuellement le toucher vaginal, ... Chaque événement qu’a vécu ou vit la femme enceinte va influencer son accouchement. La sage-femme est vigilant(e) aux aspects émotionnels, affectifs et relationnels de la femme, de l’homme, de la dynamique de leur couple, et de leur famille s’ils ont déjà d’autres enfants. La sage-femme se préoccupe des questions et des tensions très souvent présentes à propos de la douleur, de la capacité d’accoucher, éventuellement d’allaiter, de s’occuper du nouveau-né, ou de l’accueillir. Certain(e)s apportent aussi une attention particulière au vécu spécifique de l’homme qui accueille son nouveau-né.

Nous distinguerons deux formes d’accouchement à domicile selon la conception des professionnels. D’une part, il y a ceux qui pratiquent l’accouchement dit " naturel ", où chaque geste est mesuré et seulement réalisé s’il est vraiment nécessaire ; et ceux qui réalisent systématiquement les actes comme ils sont habituellement pratiqués en milieu hospitalier (rasage du périnée, rupture artificielle de la poche des eaux, épisiotomie, administration de médicaments, coupure rapide du cordon ombilical, aspiration des bronches du nouveau-né, ... ).

On trouve parfois un partenariat entre un(e) sage-femme et un(e) gynécologue. La majorité des professionnels sont d’accord pour dire qu’un accouchement eutocique (" normal ") peut très bien être suivi seulement par un(e) sage-femme.

Le risque en question

Cette notion, comme le soulignent certains gynécologues et sages-femmes, dépend plus du sentiment de la personne que de la réalité (toute pathologie exclue). Ce qui est le cas pour plus de 85% des femmes. Quand une femme se sent en sécurité et " en reconnaissance ", là où elle est, et dans sa relation de couple (avec son compagnon ou sa compagne), elle peut se laisser aller. Elle arrête de se défendre. Elle se conforte dans sa capacité à enfanter. Son taux de prolactine (hormone aussi du maternage et du paternage) est alors proportionnellement plus important que celui de l’adrénaline (hormone du stress et de la peur), et le travail et l’accouchement peuvent se dérouler plus facilement. En fin de compte, l’endroit importe peu, à partir du moment où chacun ne se sent pas "en péril" : hôpital, maison de naissance ou domicile.

L’accouchement ambulatoire

peut aussi être un moyen terme pour ceux et celles qui ne se sentent pas prêt(e)s à accoucher chez eux. Le suivi de la grossesse se fait à domicile par un(e) sage-femme ou un médecin généraliste, où peut se vivre la majeure partie du Travail de l’accouchement. Le trajet vers l’hôpital se fait en compagnie du professionnel, ce qui peut rassurer beaucoup le couple. L’accouchement a lieu à l’hôpital. Après quelques heures, la femme retourne chez elle, où sa surveillance et celle du bébé, ainsi que l’accompagnement de la famille, sont poursuivis.