Origine du mot "sage-femme"

Image2.gif (1651 octets)Retour au Menu Carrefour Naissance :"profession sage-femme"

 

 

 

 

Le nom de celle qui accompagne la femme en couches a beaucoup changé au fils des siècles, il reflète l’évolution historique et culturelle de notre pays.

Appelée accoucheuse en Gaule, elle partage avec druides et druidesses des fonctions religieuses.

Matrone puis médica dans le Haut Moyen-Age, elle est protectrice du village et dispensatrice de vie.

Au XIème et XIIème siècles, apparaît l’expression naturiste de ventrière, de ventrée, ce qui remplit le ventre.

Au XIIème siècle apparaît le mot saige, saive puis sage signifiant savante, avisée, futées, du latin sapere traduisant intelligence, jugement, bon-sens, prudence, science, savoir en général.

C’est sous l’appellation sage-femme, qu’aujourd’hui encore elle exerce son art, malgré une velléité récente de changement de dénomination lors de l’arrivée des hommes dans la profession, application des dispositions du Traité de Rome.

Le nom de sage-femme appliqué aux hommes prêtant à sourire, différents autres termes ont été évoqués : parturologue, maïeuticien ..., en référence à l’esprit de sagesse de Socrate qui, pour honorer sa mère, sage-femme, (maïa) compare sa philosophie à l’art obstétrical, la maïeutique.

En Alsace, au Moyen-Age, ce sont des matrones qui fournissent aux parturientes des soins à caractère très primitif, entourés de rites magico-religieux.

Dans les campagnes ce rôle est dévolu aux vieilles femmes, parfois à la grand-mère de l’accouchée.

En dialecte, la sage-femme est appelée Hewamm de l’allemand Hebamme (la mère qui relève l’enfant) terme dérivant de l’ancien allemand Heviana et Hevanna (heben = tenir et ana = grand-mère).

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Histoire de l’Ecole de sages-femmes de Strasbourg, capitale de l’Europe. Les Dossiers de l’Obstétrique, n° 253, août septembre 1997


 L’Homme sage-femme

En Belgique francophone, le terme légal est "accoucheuse". ( Ce terme est appliqué aussi bien aux femmes qu’aux hommes pratiquant cette profession.) Mais il est fortement contesté par les praticien(ne)s qui souhaiteraient retrouver le terme reconnu internationalement de " sage-femme ".

En effet, accoucheuse rend d’avantage compte d’une personne pratiquant un accouchement, alors qu’il n’y a pas d’autre personne que la femme (la parturiente) qui " fait son accouchement ". D’autre part, " accoucheuse " semble limiter nos compétences au seul moment de l’accouchement (c'est-à-dire seulement dans les salles d’accouchement), alors que les accoucheuses belges pratiquent la surveillance médicale de la grossesse, préparent à la naissance et à la parentalité, assurent l’accompagnement de la famille après l’accouchement (soins, surveillance, soutien, informations, ...).

Un autre terme a aussi été proposé : "maïeuticien".

Le Petit Larousse illustré (1994) nous donne la définition suivante :

Sage-femme : n.f. (Pluriel : sages-femmes). Praticienne exerçant une profession médicale à compétence limitée au diagnostic et à la surveillance de la grossesse et à la pratique de l’accouchement eutocique. (Depuis 1982, la profession est ouverte aux hommes [hommes sages-femmes].)

Il est à noter que parmi les professions médicales, seule la dénomination " sage-femme " comprend dans son titre la personne qui est le sujet d’intérêt : la femme.

Mais une dimension supplémentaire vient s’ajouter à la pratique d’aujourd’hui : le fait que la naissance n’est plus seulement une question de femmes, mais bien une préoccupation, un événement, une " initiation " partagé tant par la femme que par l’homme. La sage-femme évoluerait-elle vers la " sage-famille " ?