Choisir son accouchement

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de Barbara Harper ; Edition Vivez Soleil 1996 (CH-1225 Chêne-Bourg / Genève) ; traduction de " Gentle Birth Choices " 1994

Extraits :

p.40 Je recommande à chaque femme de chercher à comprendre son attitude, ses idées et ses croyances concernant la naissance, par exemple en examinant ses sentiments vis-à-vis de la sexualité, ainsi que ses relations avec le père de l’enfant et avec ses parents. Si elle est à l’aise avec sa sexualité, elle sera moins inhibée sexuellement pendant l’accouchement. Si elle a réfléchi aux circonstances de sa propre naissance, elle parviendra probablement à ne pas répéter ces schémas anciens durant celle à laquelle elle se prépare. Si elle est sûre d’elle, elle se laissera moins facilement détourner de ce qu’elle sait être juste pour elle. Si elle est en paix avec son partenaire et avec sa famille, elle trouvera auprès d’eux réconfort et énergie, et aura envie de les faire participer.

p.41 Un environnement rassurant

Si la femme est traitée de manière impersonnelle, dans un environnement froid d’un hôpital, qu’elle est bombardée d’injections intraveineuses, de médicaments, de lumières violentes, de bruits forts, qu’elle est séparée de ceux qu’elle aime, elle répond par l’inhibition et la peur. Le corps réagit à cette dernière en se repliant sur lui-même, donc en bloquant la libération d’endorphines et en produisant de l’adrénaline, qui provoque au niveau organique une réaction de type " combat ou fuite ". L’adrénaline peut ralentir ou bloquer le travail. Elle envoie à l’organisme des signaux contradictoires, entraînant parfois une accélération du cœur et une intensification de la douleur.

P.43 La sage-femme, elle aussi, avait foi dans la capacité de la future mère à accoucher sans intervention. Dans les hôpitaux, le temps durant lequel une femme peut rester en travail sans subir d’intervention a diminué au cours des deux dernières décennies. Les médecins, auparavant, attendaient plus de quarante-huit heures sans penser à une anomalie ; il n’est maintenant pas rare qu’ils interviennent pour accélérer le travail au bout de seulement six ou douze heures.

p.44 La liberté de mouvement. Lorsque la femme est couchée sur le dos, son utérus augmenté de volume comprime les principaux vaisseaux sanguins et diminue la quantité de sang oxygéné parvenant au placenta, ce qui augmente les risques de détresse fœtale.

p.55 La création des liens. Le Dr Robert Bradley, obstétricien et écrivain américain, a écrit : " je suis certain que la société humaine m’arrêterait - et qu’elle devrait m’arrêter - si je faisais aux mères animales ce que nous faisons aux mères humaines : leur enlever leur bébé à la naissance et le mettre dans une grande boîte avec une fenêtre en verre, où elles peuvent le voir, mais sans le toucher. "

p.61 La médicalisation de l’accouchement : L’héritage de l’accouchement. Aujourd’hui, certains hôpitaux ont fait des concessions au mouvement en faveur de la naissance naturelle ; ils proposent davantage de choix, mais la plupart continuent à traiter l’accouchement comme un problème médical potentiellement dangereux, mettant la vie en danger, plutôt que comme un processus biologique se déroulant naturellement. La médicalisation de la naissance est liée non seulement au passage de la maison à l’hôpital, mais aussi à celui du suivi par les sages-femmes au suivi par les médecins.

p.68 Ironiquement, le terme " obstétrique " vient du latin obstetrix, qui signifie sage-femme.

L’accouchement à l’hôpital pour tout le monde

p.74 " Dr, donnez-moi un bébé en bonne santé. Peu m’importe la manière dont vous le faites. " Elles rationalisaient : " je perds peut-être le contrôle sur certains aspects de mon accouchement, voire mon indépendance, mais la promesse d’un bébé parfait vaut bien le troc. "

Bien connaître les techniques diagnostiques

p.75 Si une femme ne présente aucun de ces problèmes durant sa grossesse, elle n’a pas besoin d’un diagnostic échographique systématique. Bien que les premières recherches réalisées n’aient pas conclu à l’existence d’effet secondaires, il n’y a pas eu d’étude à long terme concernant les conséquences sur le fœtus ; c’est pourquoi la méthode ne devrait être employée que lorsqu’il y a une indication médicale et pas seulement pour voir le bébé, déterminer son sexe ou prendre une photo à montrer aux collègues de bureau.

p.76 Le dosage de l’alfa-foeto-protéine s’effectue au cours du deuxième trimestre de grossesse, entre quinze et vingt semaines (de préférence entre seize et dix-huit semaines). Il ne comporte aucun risque pour la mère et le bébé. Son inconvénient majeur est un taux important de résultats faussement élevé ou diminués, pouvant aller jusqu'à 98%, ce qui conduit souvent à des examens plus invasifs ou à des soucis pour la mère.

Le prélèvement de villosités chorioniques est utilisé pour la détection très précoce d’anomalies chromosomiques. Il peut être fait entre la neuvième et la onzième semaine de grossesse. Il nécessite un petit échantillon du tissu placentaire destiné à l’analyse, qui peut être obtenu soit à travers la paroi abdominale, soit à travers le vagin et le col.

p.78 Le test de tolérance au glucose se fait généralement entre vingt-quatre et vingt-huit semaine de grossesse et il est répété entre trente-deux et trente-quatre semaines chez les femmes considérées comme à haut risque.

Les conséquences des interventions médicales

p.79 Pourtant, même si les obstétriciens vantent la supériorité médicale, le taux d’infections et de complications est beaucoup plus élevé dans les accouchements à l’hôpital que dans les accouchement à domicile.

p.81 Le soucis du confort et le désir authentique de protéger la vie des enfants ont contribué à créer les mythes médicaux modernes de la naissance. La richesse émotionnelle, le pouvoir de transformation et l’étonnante puissance de l’accouchement ont été ignorés. En créant cette nouvelle mythologie médicale, on a perdu des siècles de sagesse féminine concernant la naissance. Ces mythes, ainsi que la technocratie qui les accompagne, ont modifié de manière drastique la perception que les femmes ont d’elles-mêmes, et donné à la société une vision déformée de la féminité et de la naissance.

Désacraliser les mythes médicaux

p.83 La façon dont le public en général évalue les pratiques obstétricales est malheureusement basée sur des mythes faisant croire que plus les médecins surveillent et contrôlent l’accouchement grâce à un technologie ultramoderne, plus il a de chance d’être " réussi ".

Premier mythe : l’hôpital est l’endroit le plus sûr pour avoir un bébé

p.85 Les Pays-Bas occupent l’un des tout premiers rangs depuis les années 70. En 1987, la mortalité périnatale y était de 9,8 décès pour 1000 naissances vivantes et, pour les naissances suivies par les sages-femmes, ce taux tombait à 2,1 pour 1000. Les sages-femmes y font plus de 70% des accouchements et 40% des naissances ont lieu à la maison.

L’une des études les plus importantes concernant les résultats des naissances à l’hôpital et ceux des naissances hors hôpital (c'est-à-dire à domicile et dans les centres de naissance) a été faite par le US Center for Disease Control (Centre américain de surveillance des maladies) entre 1974 et 1976. Elle portait sur plus de 242000 naissances hospitalières et 2200 naissances extrahospitalières. Il avait fallu au préalable faire la différence entre, d’une part, les accouchements extrahospitaliers planifiés par des femmes bénéficiant dune surveillance prénatale et, d’autre part, les accouchements survenant accidentellement (par exemple pendant le trajet pour l’hôpital) ou bien sans préparation ni aide d’une personne qualifiée. Les résultats montrèrent que le taux de mortalité infantile dans les hôpitaux était de 12 pour 1000, contre 4 pour 1000 pour les naissances à domicile planifiées. Pour les naissances à domicile non planifiées ou non suivies, le taux s’élevait à 120 pour 1000. Cette étude prouve que si l’accouchement est planifié et suivi par des médecins ou des sages-femmes expérimentés, il est plus sûr à la maison.

 Deuxième mythe : seul un médecin peut assurer la surveillance de la grossesse et de l’accouchement

Troisième mythe : le monitoring fœtal sauvera les bébés

p.93 Le premier monitoring, mis à la disposition du corps médical en 1968, fut annoncé comme le plus grand progrès en obstétrique depuis les forceps.

Les premières études, réalisées en 1973, confirmèrent l’existence d’une corrélation entre la fréquence cardiaque du fœtus et les signes d’hypoxie fœtale.

P.95 En mars 1987, la Columbia University abrita un congrès médical intitulé " Crise en obstétrique : la conduite du travail ". Le docteur Edward H. Hon, inventeur du monitoring, demanda à ses collègues de réfléchir sur les causes de l’augmentation des césariennes aux Etats-Unis. Il Affirma qu’il n’avait jamais envisagé un emploi systématique du monitoring. " En tripotant un processus (l’accouchement) qui marche bien dans 98% des cas, on risque de faire beaucoup de mal ". D’après lui, c’est parce que les praticiens manquent de patience qu’ils utilisent le monitoring, capable à tort de détecter une détresse fœtale.

p.96 On sait maintenant que dans 15 à 80% des cas, il n’y a pas véritablement de détresse fœtale. Une étude réalisée en 1982 donna un taux de 74% de faux positifs ; ceci signifie que, 74 fois sur 100, les tracés indiquaient une détresse alors qu’il n’y en avait pas.

Les Dr Karin Nelson et Jonas Ellenberg ont écrit plusieurs livres sur la paralysie cérébrale, en particulier sur le lien entre les incidents de l’accouchement et les troubles neurologiques chroniques. Leurs recherches ont montré que le taux de paralysie cérébrale au sein de la population était stable depuis 1940 : il n’y a pas eu de diminution du nombre d’enfants nés avec cette pathologie depuis l’introduction et la généralisation du monitoring.

Quatrième mythe : une fois une césarienne, toujours une césarienne

Cinquième mythe : l’accouchement doit être stérile

Sixième mythe : les médicaments contre la douleur ne font pas de mal au bébé

p.109 Durant le travail, il suffit de quelques mesures simples - marcher, changer de position et ne pas rester sur le dos - pour diminuer nettement le besoin de médicaments. Le soutien et les encouragements des proches et des accompagnants jouent un très grand rôle. Quand une femme peut tenir la main d’une personne qui l’aime, qu’elle a quelqu’un qui lui caresse le dos ou la possibilité de rester dans une piscine d’eau chaude, elle n’a généralement pas besoin d’antalgiques. Si elle se sent prise en charge et qu’elle fait confiance à sa capacité de donner naissance à son bébé, la question des médicaments ne se pose guère.

Septième mythe : une épisiotomie guérit mieux qu’une déchirure

p.110 Si les tissus vaginaux sont distendus trop rapidement, le risque de lacération et l’indication d’épisiotomie augmentent. C’est la combinaison de la position lithotomique et de la poussée en tension qui entraîne une déchirure du périnée.

p.111 Laissée libre, la femme met souvent une main sur le périnée ou sur la tête du bébé au moment de l’expulsion. Elle accompagne les contractions ou fait sortir doucement le bébé sans provoquer de déchirure. Si elle a un besoin pressant de pousser, elle se retient en modifiant sa respiration, en faisant de légers halètements ou en vocalisant son énergie. De cette manière, la tête du bébé étire lentement le périnée.

D’après elles (certaines sages-femmes), il y a une " phase de repos " vers la fin de la première partie du travail ; certaines femmes n’ont pas besoin de pousser dès que la dilatation est complète et que les contractions ralentissent légèrement.

Huitième mythe : il est interdit de boire et de manger durant le travail

p.113 En réalité, l’abstention de nourriture et de liquides accroît le risque de déshydratation et de carences en protéines. Bien qu’aucune étude scientifique n’ait porté sur les besoins nutritionnels des femmes en travail, toutes celles qui sont passées par là savent que c’est un processus nécessitant beaucoup d’énergie et brûlant des milliers de calories. Il faut une grande résistance, tant physique qu’émotionnelle. Ce n’est vraiment pas le moment de leur dire de ne rien avaler ! Même si beaucoup n’ont pas envie de manger durant le travail, toutes devraient en avoir la possibilité.

p.114 Si dans les hôpitaux, les femmes qui se préparent à un accouchement vaginal normal étaient autorisées à manger et à boire ce qu’elles désirent, on pourrait, en cas d’urgence, résoudre le problème des aliments dans l’estomac grâce à une sonde naso-gastrique permettant d’aspirer le contenu gastrique. L’interdiction de manger et de boire durant le travail est un exemple de pratique culturelle instituée pour de bonnes raisons, mais qui n’est plus justifiée avec le savoir-faire d’aujourd’hui.

Neuvième mythe : la famille et les amis sont gênants durant l’accouchement

p.116 Des études ont montré que les enfants nés par césarienne décidée à l’avance, sans travail actif, ont un taux de catécholamines nul ou réduit, ce qui indique que le travail stimule leur sécrétion. Pour le bébé, ces catécholamines sont vitales parce qu’elles l’aident à réguler ses efforts de respiration après la naissance. Si elles sont absentes, comme chez un bébé né par césarienne non précédée d’un travail normal, il y a un risque de détresse respiratoire néonatale.