Des enfants sains ... même sans médecin (Dr R. Mendelsohn) : 

Le petit guide du Docteur Mendelsohn

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LA FIÈVRE

Fréquente chez les enfants, la fièvre n'est pas grave si elle n'est pas accompagnée de modifications importantes de l'aspect ou du comportement ou d'autres symptômes comme des difficultés respiratoires ou une perte de conscience. L'élévation de la fièvre n'est pas une mesure de la gravité de la maladie, les températures dues aux infections ne peuvent pas monter assez haut pour causer des problèmes permanents. La fièvre n'exige pas de traitement, sauf dans les cas ci-dessous. Défense naturelle du corps contre l'infection, elle devrait être respectée et non contrariée par des médicaments ou d'autres traitements.

l. Si votre enfant a moins de deux mois et que sa température atteint 38°, appelez votre médecin. La fièvre peut être le symptôme d'une infection datant de la période prénatale ou de l'accouchement. La fièvre chez le nouveau-né est si rare qu'il vaut la peine de consulter un médecin, par simple prudence et pour votre tranquillité d'esprit, même si l'avenir montre que c'était inutile.

2. Pour les enfants plus âgés, il n'est pas nécessaire d'appeler le médecin, sauf si la fièvre ne baisse pas après trois jours ou si elle est accompagnée de symptômes comme des vomissements, des difficultés respiratoires, une toux persistante durant plusieurs jours ou d'autres symptômes qui ne sont pas ceux des rhumes. Voyez également votre médecin si votre enfant est agité, irritable, inattentif ou paraît gravement malade.

3. Appelez le médecin, quelle que soit la température de votre enfant, s'il respire mal, vomit fréquemment ou si sa fièvre est accompagnée de mouvements étranges, ou encore si son comportement ou son apparence vous semblent anormaux.

4. Si votre enfant présente des frissons avec la fièvre, ne lui rajoutez pas des couvertures, qui risquent d'augmenter encore sa température. Ne craignez pas les frissons : ils ne signifient pas que l'enfant a froid, mais font simplement partie du mécanisme normal par lequel le corps répond à une température élevée.

5. Encouragez votre enfant fiévreux à se reposer, mais n'en faites pas une règle absolue. Il n'y a pas de raison médicale pour le garder au lit, ni même pour le garder dans la maison, si le temps n'est pas trop mauvais. L'air frais et une activité peuvent le mettre de bonne humeur et le rendre plus facile à vivre; il n'en sera pas plus malade. Essayez, cependant, d'éviter les sports trop violents.

6. Si vous avez des raisons de penser que la fièvre est due à une autre cause qu'à une infection (coup de chaleur ou empoisonnement), amenez d'urgence votre enfant à l'hôpital ou, à défaut, à n'importe quel médecin.

7. Un enfant fiévreux ne doit pas forcément être mis à la diète. Une bonne alimentation est importante pour se guérir de n'importe quelle maladie. Si votre enfant le désire, nourrissez-le bien car rhumes et fièvres brûlent les réserves de l'organisme en protéines, graisses et hydrates de carbone; elles doivent être remplacées. Si votre enfant n'a pas faim, donnez-lui des liquides nourrissants comme des jus de fruits ou des bouillons de légumes.

8. La fièvre et les autres symptômes qui l'accompagnent souvent peuvent avoir pour conséquence une perte importante de liquide. Évitez la déshydratation par un apport de boisson en grande quantité; les jus de fruits sont l'idéal, mais si votre enfant ne les aime pas, presque n'importe quelle autre boisson conviendra; il devrait boire plus de 20 centilitres par heure.


LES MAUX DE TÊTE

1. Évitez à votre enfant les maux de tête d'origine émotionnelle, en lui procurant un environnement chaleureux, compréhensif et aimant. Essayez d'établir une relation de confiance avec lui afin de pouvoir lui donner un soutien moral et le  consoler lorsque des événements ou des situations de sa vie le troublent. N'oubliez jamais que c'est là votre rôle principal de parent, qui aura les conséquences les plus importantes sur la santé et le développement de votre enfant.

2. Soyez attentif à ne pas imposer à votre enfant des contraintes excessives qui peuvent le déséquilibrer émotionnellement, à cause de sa peur de ne pas répondre à votre attente. Les enfants ne peuvent pas et ne doivent pas assumer le fardeau des adultes, car le travail d'un enfant est de jouer et d'apprendre.

3. Si votre enfant se plaint souvent de maux de tête, sans aucun autre symptôme, essayez vous-même de comprendre pourquoi. Dépistez les causes émotionnelles et les petites maladies, comme les rhumes ou les grippes, avant de chercher plus loin.

4. A moins que d'autres symptômes ne soient présents, il n'y a aucune raison de vous inquiéter en cas de mal de tête; appeler ou consulter votre médecin est prématuré.

5. Si votre anxiété est trop forte ou que le mal de tête de votre enfant mus gagne, consultez un médecin en surveillant soigneusement ce que ce dernier fait à votre enfant.

6. Si le mal de tête ne cesse pas ou revient plusieurs fois par jour plusieurs jours de suite, voyez votre médecin, même s'il n'y a pas d'autres symptômes.

7. Quand vous consultez un médecin, veillez à ce qu'il fasse un interrogatoire soigné ainsi qu'un examen physique et neurologique complet. Votre enfant mérite le maximum de ce qu'un médecin peut offrir et, si ce n'est pas le cas, cherchez un autre médecin.

8. Remettez en question tout examen que le médecin veut prescrire en plus d'un examen de sang et d'urine. Refusez les autres examens comme les radiographies et les EEG, sauf si des symptômes associés sont présents ou si quelque chose d'anormal a été mis en évidence par l'examen physique et neurologique. Exigez une explication pour tout autre test que le médecin désire faire. Si celui-ci se fâche ou répond de manière évasive, songez à consulter un autre médecin.

9. N'utilisez aucun médicament - sauf des analgésiques mineurs pour un temps limité - à moins qu'il ne soigne spécifiquement la cause du mal. N'acceptez pas de médicaments prescrits « au cas où ». Insistez pour que le médecin continue à observer votre enfant et restez vous-même attentif au développement d'autres symptômes qui peuvent aider à déterminer la cause du mal.

1O. Si vous savez que les maux de tête viennent d'un accident accompagné d'une perte de connaissance, de vertige ou de troubles de la conscience, amenez votre enfant au service d'urgence d'un hôpital. Agissez de même si l'accident s'est produit en dehors de votre présence et qu'il ne vous est pas possible de savoir s'il y a eu une période d'inconscience.

LES DOULEURS ABDOMINALES

La plupart des douleurs abdominales de l'enfance ne requièrent aucun traitement médical, si elles ne sont pas accompagnées d'autres symptômes. Vous devez donc commencer par éclaircir ce point lorsque votre enfant a « mal au ventre». Voici les principaux éléments qui vous permettront de déterminer s'il s'agit d'une appendicite, d'une obstruction intestinale ou d'un autre problème grave pour lequel il vous faudra consulter un médecin. Si ce n'est pas le cas, vous pouvez prendre vous-même la situation en main.

1. Si le mal de ventre est le seul et unique symptôme, vous êtes mieux placé que votre médecin pour en trouver la cause. Si, en revanche, il s'accompagne d'autres symptômes tels que fièvre, vomissements, douleur en urinant ou sang dans les selles, il faut consulter votre médecin.

2. S'il n'y pas d'autres symptômes, examinez soigneusement les événements et les circonstances qui ont précédé le début des douleurs abdominales. Votre enfant a-t-il mangé trop ou trop vite, a-t-il mangé ou bu quelque chose dont il n'a pas l'habitude? Peut-il avoir avalé une substance toxique ou un objet comme une bille ou une épingle de sûreté? A-t-il reçu des médicaments inhabituels? A-t-il vécu un événement traumatisant: bataille avec un camarade, mauvais carnet, punition? Si les douleurs abdominales sont à répétition, sont-elles toujours précédées par le même événement? Ont-elles été associées avec le désir d'éviter des expériences angoissantes (aller à l'école) ou désagréables (laver la vaisselle)? Une revue soigneuse des événements, suivant ce schéma, devrait vous permettre de déterminer si la douleur est d'origine émotionnelle.

3. Si une visite chez le médecin est indiquée, contrôlez ce qu'il fait. Son interrogatoire et son examen sont-ils complets? Il devrait faire une formule sanguine et une analyse d'urine pour dépister les infections, et un examen permettant de déterminer si la douleur est localisée dans le cadran inférieur droit, évoquant alors une appendicite.

4. Si la conclusion de votre médecin est l'appendicite, il vous enverra à un chirurgien. Si une décision opératoire est prise, insistez pour que votre pédiatre en partage la responsabilité. Insistez également pour qu'il soit présent en salle d'opération.

5. Ne laissez pas votre enfant seul à l'hôpital avant et après l'opération. Restez avec lui ou confiez-le à une personne de confiance jusqu'à son réveil complet. Faites-le ensuite sortir de l'hôpital le plus vite possible.

LA TOUX, LE RHUME ET GRIPPE

Le rhume, la grippe et le faux croup sont causés par des virus contre lesquels il n'existe aucun  traitement médical connu. Ils guérissent spontanément en quelques jours grâce aux mécanismes de défense du corps, sans aide médicale. Vous pouvez cependant agir pour augmenter le bien-être de votre enfant. et hâter sa guérison lorsqu'il est touché par l'une de ces maladies. Voici quelques suggestions : 

1. Maintenez un degré d'humidité élevé dans la chambre de votre enfant et dans la maison. Assurez-vous que l'humidificateur est nettoyé fréquemment car il risque, sans cela de charger l'air d'agents irritants. En cas de difficulté de respiration nasale ou de toux rauque, emmenez votre enfant dans la salle de bain, fermez la porte, faites couler a douche - le plus chaud possible - et faites-lui respirer cet air humide pendant 20 minutes.

2. Soyez attentif à remplacer les liquides que votre enfant perd lorsqu'il tousse, éternue ou transpire. Essayez de lui faire boire au moins 20 cl par heure. Les meilleures boissons sont les jus de fruits à cause de leur grande valeur nutritionnelle, mais votre objectif est de le faire boire, de le faire absorber toute boisson qu'il peut tolérer: eau, tisanes ou même boissons sucrées, s'il ne veut rien boire d'autre.

3. Encouragez votre enfant à se reposer au maximum. Essayez de le garder au lit au début de sa maladie, mais n'insistez pas trop. S'il n'a pas envie. de rester couché, laissez-le se lever, mais tentez de l'empêcher de trop s'agiter. Aller dehors ne lui fera a aucun mal à condition qu'il ne se dépense pas trop violemment.

4. Évitez tous les médicaments, même s'ils apportent un léger soulagement à votre enfant. Si vous ne supportez pas de le voir souffrir, donnez-lui des remèdes spécifiques pour les symptômes les plus pénibles et non pas des remèdes associés qui traitent quatre ou cinq symptômes à la fois. Ne donnez pas de médicaments plus d'un ou deux jours. Évitez les calmants de la toux à cause de leurs effets secondaires. L'enfant risque d'en réclamer pour leur goût sucré.

5. Avant de céder à la tentation de donner à votre enfant des médicaments sans ordonnance, pour le soulager, songez que vous risquez ainsi de contrecarrer les efforts de son organisme pour se guérir spontanément. L'hydratation et l'humidification remplacent avantageusement la plupart des médicaments.

6. Ne recourez à votre médecin que si l'enfant présente des difficultés respiratoires sévères et une coloration bleue de la peau qui peuvent être le signe d'une pneumonie bactérienne. Dans ce cas, présentez-vous immédiatement chez un médecin ou au service d'urgence d'un hôpital.

7. Que votre enfant soit enrhumé ou pas, assurez-vous que son alimentation est équilibrée, riche en aliments nutritifs et en vitamines; veillez à ce qu'il absorbe le moins possible d'additifs chimiques, présents dans la plupart des aliments industriels vendus aujourd'hui.

8. Rappelez-vous que votre patience, votre amour et votre tendresse font plus pour la guérison de votre enfant que tous les remèdes de votre armoire à pharmacie!

LES ANGINES

L'angine en soi, même si elle peut être fort désagréable, n'est pas grave. Même due à une infection à streptocoques, elle n'exige aucun traitement médical, sauf si des symptômes additionnels persistent, indiquant une maladie grave. Voici mes conseils pour les parents dont l'enfant a une angine:

1. Ne vous précipitez pas chez le médecin simplement parce que votre enfant est un peu fiévreux. et a mal à la gorge. Ne consultez que si les symptômes persistent pendant plus d'une semaine.

2. Remplacez les liquides que le corps perd à cause de la transpiration, la toux, les éternuements, le rhume, la diarrhée, le rythme respiratoire augmenté et l'inappétence. Toutes les heures, quand l'enfant se réveille, donnez-lui 20 cl de liquide. Il aura peut-être de la peine à en boire une si grande quantité, aidez-le donc en lui offrant des liquides variés: eau non fluorée, thé ou tisane, jus de fruits et de légumes, bouillon et même, en dernier ressort, n'importe quel liquide sucré qu'il veuille bien accepter.

3. Maintenez un haut degré d'humidité dans la chambre de l'enfant et, si possible, dans toute la maison. Les humidificateurs à vapeur froide sont les meilleurs et les plus sûrs, mais souvenez-vous qu'il est important de bien nettoyer l'humidificateur pour éviter de diffuser dans l'air des agents irritants qui vont aggraver les symptômes. Essayez d'obtenir un degré d'humidité d'au moins 50%, même si c'est parfois difficile.

4. Si votre enfant se plaint beaucoup, vous voudrez sans doute soulager ses symptômes. Utilisez un simple analgésique comme l'acétaminophène. Ce médicament comporte certains risques, mais je ne considère pas qu'il soit dangereux d'en administrer de petites quantités pendant un temps relativement court. Certaines mères préfèrent donner à leur enfant une petite cuillère d'alcool. Pour des raisons qui m'échappent, ce sont les alcools blancs (gin et vodka) qui semblent marcher le mieux.

5. J'ai déjà exposé mes idées sur la fièvre, mais je répèterai que la fièvre associée à une maladie est une réaction de l'organisme pour se guérir lui-même et qu'il n'est pas sage de l'inhiber. Les fièvres ne dépassant pas 40,5° ne font pas courir à l'enfant des risques importants autres que les convulsions. Ces convulsions sont effrayantes, mais rarement dangereuses, et ne peuvent probablement pas être évitées, car elles ne viennent pas de l'intensité de la fièvre, mais de la rapidité avec laquelle la température augmente. 

6. Je suis horrifié par la tendance des médecins à prescrire de l'aspirine et d'autres médicaments pour faire baisser la fièvre. Chaque médecin a pourtant appris, au début de ses études, qu'à chaque degré de fièvre la vitesse des globules blancs est doublée (ces cellules sont une des défenses de l'organisme). 
Je ne peux pas comprendre pourquoi un médecin pourrait avoir envie de freiner ce mécanisme de défense. 

7. Sans traitement, une angine devrait guérir et disparaître en une semaine ou moins, même si elle est due à un streptocoque. Si ce n'est pas le cas, consultez votre médecin, car il peut s'agir d'une autre maladie (mononucléose infectieuse ou, très rarement, diphtérie ou leucémie). Le diagnostic de la mononucléose se fait par une prise de sang et le traitement consiste en une bonne alimentation et un repos au lit. Des cas sévères sont parfois traités avec des hormones stéroïdiennes, mais ces traitements radicaux et controversés ne devraient être prescrits que dans les cas extrêmement graves.
La diphtérie est si rare que votre médecin a peu de chances d'y penser, sauf si les difficultés respiratoires deviennent extrêmes. Si votre enfant s'étouffe et ne peut plus respirer correctement, conduisez-le d'urgence à l'hôpital. 

8. Les médecins justifient l'utilisation de la pénicilline dans le traitement des angines à streptocoques par la prophylaxie du rhumatisme articulaire aigu. Cette maladie est si rare à la suite d'une angine que le traitement antibiotique n'est pas justifié. Si, cependant, votre enfant reçoit ce traitement, les symptômes devraient disparaître en 24 à 4g heures. Si après une semaine, votre enfant n'est pas guéri, votre médecin doit pratiquer d'autres examens pour en chercher la cause.

9. Si votre enfant ne souffre pas de difficultés respiratoires chroniques, ne le laissez pas subir une amygdalectomie sans que la nécessité de cette opération ne vous soit confirmée par un second médecin. Les amygdales de votre enfant constituent l'une de ses défenses naturelles contre la maladie et on ne devrait l'en priver que pour un motif valable et précis.

LES OTITES

Les infections des oreilles ne sont pas responsables de problèmes définitifs de l'audition et la mastoïdite est si rare que la plupart des médecins actuels n'en ont pas vu un seul cas. Le traitement conventionnel avec des antibiotiques, d'autres médicaments et l'opération chirurgicale connue sous le nom de tympanostomie ne sont pas plus efficaces que les défenses naturelles du corps. Si votre enfant se plaint de douleurs à l'oreille, voici les consignes à suivre:

1. Attendre 48 heures avant d'appeler votre pédiatre.

2. Soulager la douleur avec un coussin chauffant et deux gouttes d'huile d'olive tiède dans l'oreille, ou une dose d'acétaminophène adaptée au poids de l'enfant si la douleur est insupportable. N'utilisez pas l'aspirine à cause des effets secondaires possibles. (C'est en 1955 que j'ai diagnostiqué mon premier cas d'intoxication à l'aspirine, alors que je travaillais dans un hôpital. L'enfant est mort et, depuis, je me méfie de l'aspirine...).

3. Si la douleur persiste après 48 heures, voyez un médecin non pas pour traiter l'infection si c'en est une, mais pour éliminer la possibilité d'un traumatisme ou de la présence d'un corps étranger.

4. Ne permettez pas à votre médecin d'utiliser un instrument pour nettoyer la cire de l'oreille de votre enfant et n'essayez pas de le faire vous-même.

5. Si votre médecin examine votre enfant et parle d'infection virale ou bactérienne, n'acceptez pas sans discuter qu'il vous prescrive un antibiotique. S'il trouve un corps étranger, laissez-le l'extraire, mais discutez à nouveau s'il parle d'antibiotiques. Si votre enfant souffre d'une blessure du canal auditif externe qu'il s'est faite lui-même, votre pédiatre peut vous envoyer à un otorhino. Soyez sur vos gardes et, s'il propose un traitement chirurgical ou des antibiotiques, discutez-en l'utilité. Durant mes années de pratique, je n'ai jamais rencontré un cas où ces traitements furent nécessaires.

6. Si votre enfant a une otite chronique, elle est probablement d'origine allergique ou due aux antibiotiques qu'il a reçus précédemment. Si votre médecin recommande une tympanostomie, ne l'acceptez pas avant d'avoir un autre avis. Cette opération a pris la place de l'amygdalectomie sur la liste des opérations favorites des pédiatres, mais il n'existe aucune preuve scientifique de son utilité. En revanche, il existe de fortes preuves de sa nocivité.

LES PROBLÈMES OCULAIRES

1. A moins que vous ne souffriez d'une maladie vénérienne, essayez de persuader votre médecin de ne pas mettre de gouttes de nitrate d'argent ou d'antibiotique dans les yeux de votre enfant à la naissance. Les bénéfices de cet acte n'en justifient pas les risques.

2. Si votre enfant ne présente aucun problème de la vision, il n'a pas besoin d'examens répétés. Il suffit qu'il soit examiné à 4 et à 9 ans.

3. Si les yeux de votre bébé nouveau-né ne bougent pas ensemble, ne vous faites aucun souci. Cela s'arrangera tout seul vers trois mois. Si l'enfant continue à présenter un strabisme alternant, dans lequel un œil ou l'autre semble parfois ne pas suivre le regard, ne faites rien. Cela s'arrangera également vers l'âge de 4 ou 5 ans.

4. Si un œil de votre enfant reste fixé dans un coin, cela peut entraîner une amblyopie qui handicape la vision de façon permanente. Voyez donc un ophtalmologiste, mais ne le laissez pas opérer avant d'avoir d'abord essayé d'autres techniques (couvrir un œil, gymnastique oculaire et lunettes).

5. Si votre enfant développe une conjonctivite, nettoyez l'œil avec de l'eau stérile sur une compresse propre. Essayez de trouver s'il existe une cause allergique. Ne voyez votre médecin que si l'écoulement purulent persiste plusieurs jours, malgré votre traitement.

6. Traitez les orgelets avec des compresses chaudes pour que l'infection se localise, se draine d'elle-même et guérisse. Aucun médicament n'est nécessaire.

LES PROBLÈMES DE PEAU

Parmi les problèmes de peau courants chez les enfants, aucun n'a besoin de traitement médical, sauf les allergies à des végétaux ou à des piqûres d'insectes qui peuvent amener un choc grave ou même fatal: dans ces cas, un traitement médical d'urgence est indispensable. Vous pouvez traiter vous-même en toute sécurité les autres problèmes de peau.

1. Fesses rouges. Observez une hygiène scrupuleuse. Changez les langes dès qu'ils sont sales, poudrez le bébé avec de l'amidon et laissez la peau à l'air le plus possible. Dans les cas chroniques, utilisez une pommade à l'oxyde de zinc. 

2. Boutons de chaleur. Habillez l'enfant légèrement ou laissez-le nu ou faites des bains avec une ou deux tasses d'amidon.

3. Eczéma. Observez une propreté scrupuleuse, évitez les médicaments, essayez d'identifier une cause alimentaire. L'eczéma guérit spontanément. 

4. Impétigo. Observez une propreté scrupuleuse, évitez que l'infection ne s'étende aux autres membres de la famille, éliminez le sucre du régime et attendez que l'impétigo guérisse spontanément.

5. Urticaire. Calmez les démangeaisons avec une lotion ou des bains d'amidon. Essayez de trouver une cause allergique alimentaire ou autre.

6. Piqûres d'insectes. Enlevez le dard, s'il est visible, et traitez localement les démangeaisons avec une lotion. Si votre enfant présente une allergie sévère aux piqûres d'insectes, un traitement médical d'urgence est indispensable à cause du danger de choc qui peut être fatal. Si c'est la première fois que votre enfant est piqué, observez de près ses réactions pour voir s'il est allergique.

7.Irritations par des végétaux. Lavez les parties lésées avec de l'eau et du savon. Traitez les démangeaisons avec une lotion et un bain d'amidon. Si c'est la première fois que votre enfant entre en contact avec ces végétaux, observez ses réactions et montrez-le rapidement à un médecin, si nécessaire.

8. Acné. Interrogez-vous sur l'histoire de votre enfant pour chercher s'il existe une relation de cause à effet entre les crises d'acné et des allergies alimentaires ou autres. Essayez les régimes d'élimination pour voir si les allergies alimentaires sont en cause. Nettoyez bien les parties atteintes pour éviter les infections secondaires en utilisant du savon doux, non parfumé. Évitez de frotter de façon excessive et ne pressez pas les boutons. Sauf si vous voulez courir le risque d'utiliser l'Accutane, méfiez-vous des médecins, car ils n'en savent pas plus que vous sur l'acné et peuvent fort bien vous prescrire des médicaments dangereux, inefficaces et coûteux.

LES PROBLÈMES ORTHOPÉDIQUES

Il n'y a guère de définitions exactes des caractéristiques «normales» ou «anormales» du squelette de votre enfant. Durant la petite enfance, de nombreuses prétendues anomalies ne sont, en fait, que des stades du développement physique normal. Il est rare qu'un avis médical soit utile dans ces cas et encore plus rare qu'un traitement soit indispensable. Vous éviterez beaucoup de traitements inutiles et beaucoup de dépenses si vous vous souvenez de ceci:

1. Les petits enfants ont presque toujours l'air d'avoir les pieds plats, car ils ont sous la plante du pied un coussinet de graisse. Même si leurs pieds sont vraiment plats, il s'agit d'une caractéristique congénitale qui n'a pas besoin d'être traitée et pour laquelle il est inutile de porter des souliers correcteurs. Ceux qui ont les pieds plats ont, en fait, moins de problèmes que ceux dont la voûte est trop prononcée.

2. Pratiquement tous les bébés naissent avec les jambes arquées qui se redressent spontanément avec la croissance. A l'âge de deux ans, beaucoup d'enfants ont des jambes rentrées et le problème s'arrange presque toujours de lui-même avant l'adolescence. Il est donc inutile de traiter ces enfants, sauf si le problème persiste à l'adolescence. 

3. La dysplasie congénitale de la hanche est rare et n'exige que rarement des traitements radicaux (plâtre ou chirurgie). On traite en général trop les cas légers. Ne permettez pas à votre pédiatre d'employer des traitements radicaux, sauf s'il peut vous assurer qu'ils sont indispensables. Dans la plupart des cas, aucun traitement n'est nécessaire et, souvent, l'utilisation d'un coussin ou d'un rouleau de langes est suffisant.

4. La scoliose n'est pas grave, sauf si la courbure de la colonne est importante. Mais cette affection est beaucoup trop souvent diagnostiquée avec excès et sur-traitée. Si votre enfant présente une scoliose. n'acceptez les traitements chirurgicaux ou les appareils orthopédiques que si les traitements alternatifs moins radicaux ont échoué.

LES BLESSURES ET LES ACCIDENTS

La grande majorité des blessures accidentelles n'ont pas besoin d'être montrées aux médecins si les parents connaissent les traitements adéquats. Il faut cependant utiliser son bon sens pour déterminer dans quel cas un avis médical est utile.


RÈGLES DE SÉCURITÉ

Enseignez à vos enfants les règles fondamentales de sécurité et montrez-leur l'exemple.

Ne laissez pas les bébés et les jeunes enfants sans surveillance.

Veillez à ce que le thermostat de votre chauffe-eau ne soit pas réglé à plus de 54°. Ne permettez pas à vos enfants de jouer avec des allumettes, ni d'utiliser un fourneau sans permission.

Assurez-vous que les manches des casseroles sont hors de leur portée, de même que les liquides bouillants.

Placez ciseaux et couteaux hors d'atteinte des petits enfants.

Placez les appareils électriques ou coupants hors de portée des enfants.

Déchargez toutes les armes à feu et mettez-les sous clé, ainsi que les munitions (dans deux endroits différents).

Couvrez les prises électriques et n'ayez pas d'appareil électrique dans la salle de bain.

Éliminez les jouets dangereux.

Placez les médicaments et les produits de ménage dans des armoires fermées à clé.

Assurez-vous que les fermetures de fenêtres obéissent à des critères de sécurité. 

Ne laissez pas de jouets ni de paillasson dans les escaliers, ni à proximité. 

Levez les barrières du lit de votre enfant lorsqu'il est couché, attachez-le lorsqu'il est dans sa chaise et placez des barrières en bas et en haut des escaliers 10rSqU'i1 commence à ramper. 

Bouchez immédiatement les trous dans votre a jardin et dans les allées. 

Si vous avez une piscine, ne permettez pas à vos enfants de nager sans surveillance, assurez-vous que la barrière l'entourant est en bon état et n'autorisez pas vos enfants, ni leurs amis, à courir. si les bords de la piscine sont glissants. 

Placez une liste de numéros d'urgence à côté. de votre téléphone. Pensez au numéro du pédiatre,
de l'ambulance, de l'hôpital, du centre anti-poison, des pompiers et de la police. Cela peut vous faire gagner un temps précieux en cas d'accident.

Si vous voyagez en voiture, assurez-vous que votre enfant est bien attaché sur son siège, s'il pèse moins de 20 kg, et que tous les membres de la famille attachent correctement leur ceinture de sécurité.

LES ALLERGIES

On devrait suspecter une allergie dans toute une série de maladies que l'on n'associe d'habitude pas à cette cause.  Face à une allergie, il ne faut pas traiter les symptômes avec des médicaments potentiellement dangereux, ni accepter des traitements de désensibilisation, mais tenter d'identifier et d'éliminer les allergènes présents dans l'alimentation ou l'environnement de l'enfant. Les parents sont bien placés pour accomplir cette mission, car ils connaissent bien leur enfant et le surveillent constamment. Si vous pensez que la maladie de votre enfant est d'origine allergique, voici la marche à suivre:

1. Étudiez tous les détails de l'environnement de votre enfant en portant une attention particulière aux conditions et aux substances souvent allergisantes dont je parle dans le chapitre 17. Si les symptômes de l'allergie sont saisonniers et se présentent au printemps, il est évident que le pollen est à suspecter en premier lieu.

2. Si vous ne trouvez aucun responsable dans l'environnement, commencez un régime par élimination pour savoir si votre enfant est allergique à un ou plusieurs aliments. Éliminez du régime les aliments qui ont le plus de chances d'être en cause (voir le chapitre 17) et observez si les symptômes disparaissent en une dizaine de jours. Si c'est le cas, ajoutez à nouveau un par un les aliments en cause. Si les symptômes réapparaissent, vous avez identifié l'un des aliments coupables. La réaction se produit en un ou deux jours. Répétez le processus avec les autres aliments jusqu'à ce que vous ayez identifié tous ceux que votre enfant devrait éviter.

3. Si vous ne pouvez pas identifier l'allergène qui perturbe votre enfant, consultez un allergologue d'écologie humaine qui peut vous guider dans vos recherches. C'est seulement en cas d'insuccès de l'allergologie écologique que je recommande de consulter un allergologue traditionnel. Dans ce cas, méfiez-vous des tests cutanés, des injections de désensibilisation et des traitements médicamenteux.

4. Si l'allergie de votre enfant a pour conséquence des symptômes menaçant sa vie, comme de l'asthme sévère chronique, il vous faut consulter un médecin compétent.   Cela ne vous dispense pas de chercher à identifier les allergènes.  Si la crise est sévère au point d'entraver dangereusement la respiration de votre enfant, montrez-le à votre médecin ou amenez-le d'urgence à l'hôpital, où une injection d'adrénaline pourra lui être administrée immédiatement.

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