Des enfants sains ... même sans médecin (Dr R. Mendelsohn) : 

 

Chapitre 14

 

PROBLÈMES DE PEAU: le fléau de l'adolescence

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Les problèmes de peau sont rarement graves, mais ils figurent parmi les préoccupations principales des parents à cause de leurs conséquences émotionnelles et psychologiques - en particulier chez les adolescents. L'acné, par exemple, a gâché la vie de millions d'adolescents et d'adultes et cette affection reste l'une des plus difficiles à traiter en pédiatrie.

Le premier problème rencontré par les jeunes mères est un problème de peau, celui des «derrières rouges». Les cas chroniques qui rendent les enfants irritables peuvent être extrêmement désagréables et les mères désespérées réagissent souvent en achetant des pommades ou en consultant leur pédiatre. Ni pommade ni pédiatre ne sont nécessaires et les deux, en fait, peuvent être dangereux.

L'un des premiers traitements qu'un bébé a des chances de recevoir après sa sortie de la maternité est un exemple classique d'abus pharmaceutique, symbolique de la pratique pédiatrique. Presque tous les médecins utilisent des médicaments sans raison. L'abus est devenu la règle plutôt que l'exception dans la médecine américaine. Le «derrière rouge » est un problème fréquent extrêmement simple qui peut et devrait être traité avec des mesures simples, mais ce n'est pas du goût de l'industrie pharmaceutique, ni de la plupart des pédiatres. A la vue de fesses rouges et irritées, le médecin déploie une panoplie de pommades à base d'antibiotiques, de cortisone et d'hydrocortisone, dont les effets secondaires possibles sont réellement inquiétants! La prévention est la clé pour éviter les « derrières rouges ». N'utilisez pas de culottes en plastique ou en caoutchouc, ni de langes à jeter, mais des langes en tissu, en vous assurant qu'ils ont été bien rincés après lavage (les détergents pouvant être irritants). Lavez soigneusement le bébé avec de l'eau et du savon doux chaque fois qu'il a produit des selles et exposez ses fesses à l'air autant qu'il est possible. Si une irritation commence à se développer malgré ces précautions, continuez de même et saupoudrez ses fesses d'amidon (L'argile en poudre est aussi très efficace (N.d.T.).) avant de le langer. Si le problème persiste, utilisez une pommade à l'oxyde de zinc. Il est évident qu'il vous faut également changer votre bébé fréquemment et le mettre au sec dès qu'il est mouillé.

Si l'irritation persiste encore, il existe peut-être une affection nécessitant un traitement médical. mais le cas est rare. Il peut s'agir, par exemple, d'une mycose (souvent consécutive à un traitement antibiotique) pour laquelle un traitement avec une pommade spécifique peut être nécessaire. L'alimentation est souvent responsable de l'irritation fessière, en particulier le lait de vache ou le lait de soja. C'est un argument de plus en faveur de l'allaitement maternel qui limite très nettement la fréquence des «derrières rouges» et autres problèmes dus aux allergies alimentaires.

L'acné est un autre problème de peau qui afflige les enfants et les adolescents. Cette affection défigurante est le pénible lot d'un nombre incalculable d'adolescents. Elle touche également des enfants plus jeunes et des adultes. Les médecins connaissent bien son aspect, mais ne comprennent pas grand-chose à ses causes. Peu de progrès ont été faits dans son traitement qui n'est, de toute manière, que palliatif, et les traitements connus comportent, à mon avis, des risques inacceptables.

CAUSES DE L'ACNÉ

L'acné est une maladie des glandes sébacées localisées à quelques millimètres en-dessous de la surface de la peau. Leur fonction est de sécréter le sébum, substance graisseuse qui lubrifie la peau et les cheveux et limite l'évaporation de l'eau sur la peau, contribuant ainsi à stabiliser la température du corps. Le sébum se compose pour moitié de triglycérides (graisse ordinaire). Le Corynebacterium Acnes, bactérie se trouvant normalement dans les follicules pileux, se nourrit de cette graisse. La bactérie se multiplie et produit des substances qui irritent les follicules. De plus, les pores se bloquent, le sébum s'accumule et des points blancs se forment qui se transforment en points noirs, en pustules et enfin, dans 2% des cas, en vrais kystes. Ce sont ces kystes qui forment des cicatrices sur le visage, surtout si on les pique ou si on tente d'en exprimer le contenu, ce qui aggrave l'infection.

On dit beaucoup de choses sans fondement sur l'acné. Bien des gens pensent que les points noirs sont une accumulation de poussière dans les pores: en fait, la couleur noire n'est pas due à la saleté, mais à une accumulation d'un pigment, la mélanine (substance qui donne à la peau une couleur noire ou un teint bronzé). Ignorant cela, des millions d'adolescents se frottent le visage, parfois jusqu'à s'écorcher. La propreté est une vertu, mais les nettoyages approfondis à l'eau et au savon ne changent rien à la maladie car ils ne touchent que la surface de la peau et non les régions plus profondes où le sébum s'accumule. En frottant trop, on risque en réalité d'aggraver le problème.

Les victimes de l'acné, et même les médecins, se font des idées erronées sur le rôle de l'alimentation. Certaines de ces idées peuvent être utiles, car elles écartent quelques adolescents de nourritures particulièrement toxiques, mais il n'existe aucune évidence scientifique d'une relation quelconque entre une catégorie d'aliments et l'acné.

Au cours des années, on a accusé le chocolat, les nourritures grasses (comme les frites, les cacahuètes) et les aliments contenant de l'iode. On a l'impression que certains aliments aggravent l'acné chez certains patients, mais des études confirmées n'ont pu mettre en évidence aucune allergie alimentaire spécifique. Certains individus, cependant, semblent réagir à certains aliments et lorsqu'on peut identifier une cause, il faut certainement en tenir compte.

Certains nutritionnistes obtiennent de modestes succès en traitant l'acné par l'alimentation, malgré le manque de bases scientifiques. Les médecins n'y croient pas trop en raison de cette absence de preuves. Certains médecins taxent même ces nutritionnistes de charlatans et continuent à donner à leurs patients leurs propres médicaments, se conduisant ainsi tout autant en charlatans, car ces drogues n'ont pas prouvé leur efficacité non plus.

LA PLUPART DES TRAITEMENTS DE L'ACNÉ SONT PEU EFFICACES

Il existe plus de 150 préparations ne nécessitant pas d'ordonnance pour le traitement de l'acné. La plupart d'entre elles contiennent du péroxyde de benzol, qui élimine une partie de l'huile et peut soulager certains patients. Votre adolescent a avantage à utiliser ces préparations, même si elles ne sont pas très utiles, et à éviter les traitements prescrits par les médecins qui sont plus dangereux, mais ne marchent pas mieux. Durant mes années de pratique, j'ai vu des médecins traiter les victimes de l'acné avec des antibiotiques (tétracyclines, érythromycine), de la vitamine A en dose massive (et dangereuse), des tablettes de sulfate de zinc, de la cortisone, des injections d'acétonide de triamcinolone pour drainer les lésions, des hormones, des rayons ultraviolets, des lotions contenant du soufre, du thiosulfate de sodium, de l'acide salicylique, l'abrasion de la peau (mécanique ou chimique), les traitements au rayons X et même - c'est incroyable - la chirurgie gynécologique. .. Et après cela, certains médecins osent encore traiter les nutritionnistes de charlatans!

Il y a vingt ans, des dizaines de milliers de victimes de l'acné ont subi des traitements radiothérapiques dans l'espoir d'être guéris. J'ai même prescrit moi-même ce traitement. Les résultats de ce choix dangereux et irrationnel sont visibles aujourd'hui où l'on assiste à une réelle épidémie de tumeurs de la thyroïde (dont certaines sont cancéreuses), chez les individus exposés à l'irradiation pour le traitement d'une acné ou d'autres affections.

Les pédiatres et les dermatologues ont abandonné aujourd'hui la radiothérapie dans le traitement de l'acné, mais ils l'ont remplacée par des traitements tout aussi inefficaces et dangereux. Ils se servent de différentes sortes de tétracyclines, alors que l'utilisation prolongée de cet antibiotique peut rendre l'organisme de votre enfant plus vulnérable à des infections sérieuses. Les tétracyclines éliminent les bactéries de protection qui sont dans l'organisme et ouvrent la voie à des infections graves qu'on voyait très rarement il y a 30 ou 40 ans. Données à de jeunes enfants, elles peuvent colorer leurs dents en jaune de façon permanente et, même, atteindre la structure osseuse.

On conseille également aux adolescents l'abrasion de la peau à l'aide de papier de verre, de brosses ou d'autres matériels abrasifs qui éliminent la couche cutanée cicatricielle. L'efficacité de ce traitement n'a jamais été établie; une étude faite en 1977 par Un chercheur au collège de médecine de Houston's Bavlor a montré que « le traitement des cicatrices de l'acné par l'abrasion cutanée classique est décevant. Il peut même être complètement inutile et souvent accompagné par des séquelles indésirables ».

QUE PENSER DE L'ACCUTANE* ?

(* En France et en Suisse, l'Accutane existe sous le nom de Roaccutane. (N.d.T.))


Le dernier-né des traitements de l'acné est un dérivé de la vitamine A, l'acide cisrétinoïque, qu'on peut obtenir aux Etats-Unis sur ordonnance depuis septembre 1982, sous le nom d'Accutane. On a estimé que les médecins ont prescrit 60.000 fois ce médicament durant les deux premiers mois où il a été sur le marché.

Contrairement aux autres médicaments utilisés dans le traitement de l'acné, l'Accutane est efficace, mais personne ne sait comment ni pourquoi, pas même le fabricant, ni la FDA. Lors des essais cliniques, ce produit s'est révélé efficace dans 90% des cas et c'est là une bonne nouvelle. La mauvaise nouvelle est qu'il provoque tant d'effets secondaires effrayants que des dermatologues réputés sont extrêmement réservés sur son emploi. Mais d'autres le prescrivent avec la même légèreté que les traitements radiothérapiques qu'ils prescrivaient il y a 20 ans, sans informer leurs patients sur les conséquences possibles.

Les risques et les effets secondaires sont importants. Le Bulletin de la FDA a signalé que l'Accutane produit une inflammation des lèvres chez plus de 90% des patients qui l'utilisent. 80% des patients présentent une sécheresse de la peau ou des muqueuses, 40% une conjonctivite et près de 10% une éruption ou une perte de cheveux. 5% voient peler la paume de leurs mains et la plante de leurs pieds ou sont sujets à des infections de la peau, avec une sensibilité augmentée à la lumière solaire.

Je compatis de tout mon cœur avec les adolescents qui sont affligés d'acné et avec les parents sensibles et aimants qui partagent avec leurs enfants les conséquences émotionnelles et psychologiques de cette affection. Je comprends également fort bien les adolescents qui courraient n'importe quel risque pour voir dans leur miroir un visage lisse et sans marque.

Mais il vous faut considérer les conséquences potentielles, à court et à long terme, de ces traitements, car on découvre un nouvel effet secondaire presque chaque jour. Si votre adolescent souffre d'acné, pesez bien les risques et les bénéfices de l'Accutane, et voyez si les bénéfices valent les risques. Pour pouvoir prendre votre décision, vous devez connaître tous les risques, pas seulement les plus apparents qui se sont révélés chez la plupart des consommateurs du médicament. Je doute que votre médecin vous donne cette information dans tous ses détails et je vais donc vous la donner moi-même.
A vous, ensuite. de décider si vous et votre enfant êtes disposés à choisir un miracle à court terme au prix d'un désastre potentiel à long terme.

Les informations contenues sur l'emballage de l'Accutane révèlent qu'il n'agit pas seulement sur la peau, mais que des concentrations élevées du produit se retrouvent dans plusieurs tissus de l'organisme. Des études expérimentales montrent qu'après sept jours, la substance se retrouve dans le foie, l'uretère, les surrénales, les ovaires et les glandes lacrymales. Il y a également des effets sur le sang: 25% des patients accusent une élévation des triglycérides plasmatiques, 15% une diminution des lipoprotéines de haute densité et 71% une augmentation du taux de cholestérol. Ces trois facteurs sont d'une importance vitale dans le développement des maladies cardio-vasculaires. Cette perspective est si inquiétante que le fabricant d'Accutane recommande « un examen du taux des lipides (sanguins) avant le début du traitement, puis chaque semaine ou chaque quinzaine, jusqu'à ce qu'on ait établi la réaction du sujet au médicament. »

L'Accutane ne touche pas seulement les éléments lipidiens du sang, mais 40% des patients ayant reçu ce médicament ont montré une autre anomalie difficile à expliquer. I3% avaient un taux de plaquettes augmenté, ce qui peut avoir des conséquences sur la coagulation. 10 à 20% avaient une diminution du nombre de globules rouges ou de globules blancs, des globules blancs dans les urines ou des taux anormaux d'enzymes dans le sang. D'autres utilisateurs de l'Accutane (moins de 10%) avaient des protéines ou des globules rouges dans l'urine et des taux élevés de sucre dans le sang.

Dans des essais cliniques, cinq patients traités avec l'Accutane pendant plus de deux ans ont montré des anomalies du squelette: trois adultes souffraient de dégénérescences de la colonne vertébrale et deux enfants montraient des signes radiologiques de soudure prématurée des épiphyses. Ce dernier point est particulièrement préoccupant pour les adolescents, car l'épiphyse est la partie de l'os qui reste habituellement non soudée jusqu'à ce que la croissance du corps soit terminée. Une soudure prématurée empêchera l'enfant d'atteindre sa taille normale. Un autre indicateur de la croissance osseuse, le taux sanguin de la phosphatase alcaline est anormal chez 14% des patients traités à l'Accutane. Dans une autre étude, portant sur 72 patients ayant eu un examen ophtalmologique normal avant le traitement 5 ont développé, sous traitement, des opacités de la cornée.

Des expériences sur les chiens, montrant une dégénérescence des testicules et une diminution de la production de sperme lors de la prise d'Accutane, font particulièrement craindre pour les adolescents de sexe masculin.

RISQUES POTENTIELS POUR LES ADOLESCENTES

En laboratoire, l'Accutane donné à des femelles attendant des petits cause des malformations fœtales et cette observation est particulièrement préoccupante pour les adolescentes et pour les femmes. Chez les lapins, l'Accutane a un effet toxique sur l'embryon, entraînant un avortement spontané. Aucune étude sur l'Accutane n'a été faite sur des femmes enceintes, mais le fabricant s'inquiète des risques tératogènes (malformations fœtales). Voici ce qu'on peut lire sur la notice d'information qu'il fournit : « Ne pas prescrire d'Accutane aux femmes enceintes, ni à celles qui désirent une grossesse. Les femmes en âge de procréer ne devraient pas prendre d'Accutane si elles n'utilisent pas une forme de contraception efficace et devraient être clairement informées sur les risques potentiels pour le fœtus en cas de grossesse sous ce traitement. En cas de grossesse sous traitement, médecin et patient devraient discuter de l'opportunité de continuer ou non la grossesse.» Le fabricant est tellement inquiet de la possibilité de malformations fœtales, qu'il ajoute:« Après l'arrêt du traitement, il faut continuer la contraception pendant un mois ou jusqu'au retour de règles normales. »

Il est indéniable que l'Accutane diminue ou élimine les symptômes de l'acné chez la plupart des patients qui l'utilisent, mais son mécanisme d'action et la raison de ses nombreux effets secondaires ne sont pas connus. Les conséquences à long terme sont ignorées également, car le médicament est sur le marché depuis trop peu de temps. Si vous pensez à la multitude de dangers qu'il présente, son utilisation chez l'être humain est pour le moins discutable. Si un produit chimique comportant autant d'effets secondaires dangereux que l'Accutane était vendu comme produit de ménage. L'emballage porterait un crâne et deux fémurs en croix sur l'étiquette et, clairement imprimés, les mots: « Ne pas avaler ». Cependant, il existe des médecins qui le prescrivent sans explications.

C'est pour les parents une responsabilité énorme que de conseiller ou non à leurs enfants d'utiliser ce médicament. Un enfant souffrant d'acné sévère est terriblement tenté de négliger les risques de l'Accutane. De plus, les adolescents, plus que les adultes, ont tendance à envisager les désastres comme n'arrivant qu'aux autres et, également, à être séduits par les avantages immédiats d'une démarche plutôt que d'écouter leur bon sens. Le taux d'accidents de la circulation chez les adolescents et leur attirance pour les drogues reflè1ent cette tendance.

Il est donc probable qu'un adolescent souffrant d'un visage pustuleux ne tiendra pas compte des conséquences potentiellement néfastes de l'Accutane en raison de son désir de se «débarrasser à tout prix» de son problème. Il faut absolument que les parents aident leur enfant à réfléchir sérieusement.

Ma prudence actuelle est peut-être motivée par les remords d'avoir prescrit la radiothérapie il y a 30 ans à de nombreux patients atteints d'acné, mais je ne prescris l'Accutane à personne. Les risques connus me suffisent et Dieu seul sait quels autres effets secondaires à long terme seront encore découverts!


EXPÉRIENCES AVEC DES MÉTHODES SANS DANGER

Le traitement de l'acné a de multiples possibilités en théorie, mais aucun autre traitement que l'Accutane ne semble efficace. Chaque médecin a sa liste de traitements qu'il pense efficaces, mais il n'existe de preuve scientifique d'efficacité pour aucun d'eux. C'est pourquoi, au cours des années, ma stratégie a été de n'employer que les traitements qui présentent le moins de risques pour les patients. Comme pour les traitements plus dangereux, certains d'entre eux sont efficaces, d'autres ne le sont pas, et personne ne sait pourquoi.

J'ai dit plus haut qu'il n'existe aucune preuve scientifique de la relation entre l'acné et l'alimentation. Et pourtant, dans bien des cas individuels, une approche nutritionnelle du problème semble efficace. Le docteur J. Wright, qui écrit d'excellents articles dans le journal Prevention, nous donne dans ce domaine un élément qui, s'il n'est pas scientifique, est en tout cas convaincant. Il remarque que l'acné n'existait pas chez les Esquimaux du nord du Canada avant qu'ils n'adoptent une alimentation «civilisée ». Actuellement les Esquimaux souffrent pratiquement tous de l'acné. Le docteur Wright n'est pas seul à penser que, dans l'état actuel des connaissances médicales, une approche nutritionnelle est la seule manière intelligente de considérer le traitement de l'acné. Voici ce qu'il dit: « Je n'ai vu que très peu de cas d'acné (même parmi les cas graves) qui résistèrent à un traitement consistant en une amélioration de la nourriture, une élimination des allergènes alimentaires et l'adjonction de certains éléments comme le zinc, les acides gras essentiels, les vitamines du complexe B et la vitamine A. Même dans de nombreux cas rebelles, l'approche alimentaire semble efficace. En fait, ces quatre ou cinq dernières années, je n'ai vu aucun patient dont l'acné n'ait pas été améliorée ou même guérie par le traitement nutritionnel.»

Je conseille à mes patients victimes d'acné d'apporter une attention particulière à leur alimentation pour déterminer, par élimination, les types d'aliments qui peuvent aggraver ou, au contraire, améliorer l'état de la peau. Vous perdez votre temps si vous parlez d'alimentation à votre médecin, car il n'y connaît rien et n'y croit absolument pas. Ce en quoi il croit, c'est à l'amélioration de la vie grâce à la chimie, et il prescrira probablement des tétracyclines, de l'hydrocortisone ou de l'Accutane. Au lieu d'aller voir un médecin, lisez de bons livres sur l'alimentation et essayez les régimes qu'ils recommandent.

Essayez des régimes sans sucre raffiné, sans farine blanche et sans aliments industriels bourrés d'additifs chimiques. Observez soigneusement votre enfant pour voir si ses crises d'acné coïncident avec l'ingestion d'un aliment particulier. La propreté est importante, mais il faut éviter de trop frotter la peau affectée, car cela peut faire plus de mal que de bien. Si vous vous sentez obligé d'utiliser une pommade quelconque, demandez conseil à votre pharmacien et non à votre médecin. Les préparations que l'on peut se procurer sans ordonnance ne sont probablement pas très efficaces, mais elles sont relativement sans danger en comparaison de celles que prescrivent les médecins ou les dermatologues.



AUTRES PROBLÈMES DE PEAU

En dehors de l'acné, il existe un grand nombre d'autres petits problèmes de peau relativement fréquents qui peuvent un jour affecter votre enfant. Parmi les plus bénins, il y a les boutons de chaleur qui n'ont aucune conséquence médicale, mais qui ennuient les parents pour des raisons esthétiques. La peau devient parfois si vilaine que les mères courent chez le pédiatre pour retrouver« leur mignon bébé ».

Les boutons de chaleur ne nécessitent aucune visite chez le médecin. Moins l'enfant reçoit de traitement médical, mieux il se porte. Les boutons de chaleur surviennent souvent chez les bébés quand ils sont habillés trop chaudement. Les bébés n'ont pas besoin d'être plus habillés que les adultes et ils ne souffriront aucunement dans une pièce à température normale, même s'ils sont tout nus ou ne portent qu'un lange.

Si votre bébé a des boutons de chaleur, habillez-le légèrement ou laissez-le nu en exposant au maximum sa peau à l'air. Vous pouvez utiliser une lotion calmante pour soulager les démangeaisons. Évitez les préparations qui contiennent un antihistaminique. Votre enfant peut être allergique à l'antihistaminique et présenter des effets secondaires, par exemple une éruption cutanée aggravant celle qu'il présente déjà. Il est inutile de lui faire courir ce risque. car rien ne prouve que les antihistaminiques employés localement soulagent les démangeaisons.

L'eczéma est une autre maladie de peau assez fréquente chez les bébés et les très jeunes enfants. C'est une éruption rouge rugueuse et en plaques; la peau est épaisse et écailleuse et forme des croûtes si l'on gratte. Les médecins pensent habituellement que l'eczéma est héréditaire, mais je ne connais aucune étude à ce sujet. L'allergie est héréditaire et non l'eczéma, selon moi.

Mon expérience personnelle dans le traitement de l'eczéma a démontré l'origine allergique de la maladie. puisqu'elle guérit d'habitude sans traitement, si l'allergène ou les allergènes sont identifiés. Dans la plupart des cas, il s'agit du lait de vache ou du lait de soja, mais d'autres aliments et d'autres types d'allergies peuvent également êtres responsables. L'eczéma est rare chez les enfants nourris au sein.

Plutôt que d'utiliser des pommades ou d'autres médicaments, si votre enfant souffre d'eczéma, essayez les régimes d'élimination pour tenter d'identifier l'allergène alimentaire en cause. Commencez par éliminer le lait de vache ou le lait en poudre et, si l'eczéma disparaît, éliminez-les totalement de son régime. Si vous ne nourrissez pas votre enfant au sein, il existe des régimes sans lait, qui lui permettront une croissance normale. Vous les trouverez dans de nombreux livres probablement disponibles chez votre libraire.

LES TRAITEMENTS A BASE D'HORMONES STÉROÏDIENNES SONT DANGEREUX

Il y a de fortes chances pour que votre médecin prescrive une pommade contenant des corticostéroïdes (cortisone). Quand tous les autres traitements ont échoué, je n'ai aucune objection à l'utilisation de pommades à base de stéroïdes sur une petite surface de peau pendant quelques jours. Mais l'utilisation de ces préparations sur de plus longues durées et sur de grandes surfaces de peau peut être dangereuse, car les hormones stéroïdiennes sont directement absorbées par l'organisme à travers la peau. Les indications des fabricants de prednisone précisent clairement que son usage devrait être réservé à des affections « graves ou menaçant le pronostic vital ». L'utilisation de ces médicaments dans le traitement de l'eczéma, de l'acné et, même, des coups de soleil est un autre exemple de la pernicieuse tendance de la médecine américaine à utiliser des moyens extrêmes et dangereux pour traiter des maladies relativement bénignes.

L'impétigo est une autre maladie de peau de l'enfance qui est inesthétique et ennuyeuse pour les enfants et leurs parents, surtout parce qu'elle est causée par des bactéries et qu'elle est contagieuse. Il commence avec un bouton qui s'ouvre, se répand en formant ensuite des croûtes brunes ou jaunâtres. Les boutons apparaissent souvent sur le visage, ce qui les rend encore plus gênants. Il y a bien des années, les médecins traitaient l'impétigo avec de la teinture d'iode et du permanganate de potasse. Ces substances ne guérissaient pas l'impétigo, mais cachaient l'infection en la teintant, ce qui était aussi vilain que les croûtes. De nos jours, les médecins ont tendance à utiliser des antibiotiques, soit en application locale, soit par voie générale. Il n'existe aucune preuve de l'efficacité de ces traitements, mais on sait qu'ils sont dangereux. Il n'est pas utile de traiter médicalement l'impétigo. Observez de bonnes règles d'hygiène pour éviter l'infection des autres membres de la famille, éliminez le sucre de l'alimentation et attendez que l'impétigo se guérisse tout seul.

L'urticaire est un autre problème de peau provoqué, en général par des allergies et causant d'importantes démangeaisons. L'apparence de l'urticaire est celle de petites boursouflures, couvrant parfois tout le corps, qui peuvent être blanches au centre en raison d'une mauvaise circulation du sang. Il n'est aucunement nécessaire de consulter un médecin. Traitez les démangeaisons avec une lotion et donnez à votre enfant un bain d'amidon. C'est un remède populaire non accepté par les médecins, mais qui semble utile, je ne sais pas pourquoi. Essayez ensuite d'identifier l'allergène en cause. Pensez aux médicaments, aux aliments, aux habits, aux parfums, aux cosmétiques, aux savons, aux additifs chimiques alimentaires et aux piqûres d'insectes. Si vous montrez votre enfant au médecin pour un urticaire, vous recevrez probablement une ordonnance de cortisone ou d'antihistaminique. Les deux médicaments sont inutiles et potentiellement dangereux.

Des infections dues à des champignons, comme la teigne, peuvent survenir chez des enfants aussi bien que chez des adultes. Ce sont des taches rondes de peau rugueuse, habituellement de la grandeur d'une pièce de monnaie. Lorsqu'elles s'étendent sur le cuir chevelu, les cheveux au niveau de la tache peuvent se casser. De nombreux médecins traitent ces problèmes avec des antibiotiques et des antifongiques, comme la griséofulvine. C'est mieux que le traitement aux rayons X, entraînant des cancers de la thyroïde, qui était employé autrefois, mais c'est encore un traitement exagéré. Voici mon avis: ne consultez pas le médecin, observez des règles d'hygiène strictes et laissez agir la nature. Ce conseil est également valable pour les mycoses des orteils, mais des cas chroniques peuvent aussi être traités par des médicaments vendus sans ordonnance.

Comme ils jouent souvent dehors, les enfants ont, plus fréquemment que les adultes, des réactions à des plantes toxiques ou à des piqûres d'insectes. Chez la plupart d'entre eux, ce n'est pas grave, mais parfois, la réaction allergique peut être sévère et, même, potentiellement fatale.

Quelques végétaux (particulièrement dans certains pays) peuvent provoquer des vésicules sur les parties de peau qui ont été en contact avec le poison, causant des démangeaisons. Le traitement comprend lotion calmante, douche fréquente, bain d'amidon (une ou deux tasses d'amidon dans la baignoire). Si la surface touchée et la réaction de votre enfant sont importantes, consultez un médecin. Celui-ci prescrira probablement de la cortisone sur la peau ou par voie générale et, si l'allergie est très sévère, il fera hospitaliser l'enfant, avec des injections intraveineuses. Ce traitement est acceptable si la situation l'exige, mais la cortisone ne devrait pas être utilisée dans les cas d'empoisonnement léger, en raison de ses effets secondaires potentiels et de ses conséquences à long terme.

Des piqûres d'abeilles, de guêpes, de moustiques et d'autres insectes produisent, dans la plupart des cas, une réaction peu importante, même si la douleur est intense. Cependant, si votre enfant présente une allergie exceptionnelle à l'un ou l'autre de ces insectes, les accidents mortels ne sont pas impossibles. Le traitement habituel est de laver la plaie avec de l'eau et du savon et de traiter avec une lotion ou des compresses froides pour réduire l'œdème. Si l'aiguillon est visible, il faut l'enlever avec des pincettes.   (Approcher d'une piqûre d'insecte une allumette enflammée fait tourner le venin et disparaître la douleur. Très efficace! (N.d.T.))

Si votre enfant présente une réaction sévère après des piqûres d'insectes, comme des problèmes respiratoires ou un état de choc, consultez un médecin. Essayez d'éviter les endroits où il risque de se faire piquer. J'ai vu des patients dont les réactions aux piqûres étaient si fortes qu'elles produisaient un état de choc généralisé. Je fournissais aux adolescents de l'adrénaline et une seringue qu'ils puissent emporter avec eux, en cas de piqûre dans une zone à risque. Votre médecin peut en faire autant. Pour les jeunes enfants, je donnais la seringue et l'adrénaline aux parents.

Les verrues sont le problème de peau le plus mystérieux peut-être. Beaucoup de gens croient encore qu'elles sont dues au contact avec des crapauds (ce qui est faux) et les remèdes de bonnes femmes pour s'en débarrasser sont légion, recourant souvent à des méthodes magiques. Ce qui est vraiment magique, c'est que presque tous ces traitements semblent marcher si l'on y croit. Il s'agit peut-être d'une pure coïncidence, car les verrues disparaissent d'elles-mêmes sans traitement avec le temps, mais ces coïncidences sont si fréquentes qu'on peut se demander si la puissance de la suggestion n'est pas un traitement en soi.

Les verrues peuvent être traitées chirurgicalement, chimiquement ou par électrolyse, mais aucun traitement n'est nécessaire, sauf pour des raisons esthétiques. Elles sont causées par des virus. Leur développement s'arrête et elles régressent enfin totalement, si on leur en laisse le temps. Si elles handicapent ou défigurent, voyez un dermatologue.


LE COUP DE SOLEIL

Je parlerai, pour terminer, du coup de soleil, qui est probablement le problème de peau le plus fréquent dans notre peuple d'adorateurs du soleil: en été, des millions de gens se dorent au soleil sur la plage ou au bord des piscines et une grande proportion d'entre eux ne se baigne jamais. I1s sont là pour acquérir un bronzage « sain », espérant ainsi se rendre plus attirant. Ce n'est pas sain du tout et, au bout du compte, leur esthétique n'en sera pas améliorée.

Trois conséquences négatives de la surexposition au soleil devraient vous faire réfléchir avant d'autoriser votre enfant à passer l'été à se bronzer. La première est à court terme (le douloureux coup de soleil) et les deux autres à long terme: d'abord, un dessèchement de la peau, qui se ride, se durcit et semble vieillie prématurément; ensuite, les radiations en excès, cumulées au cours des années, augmentant les risques de cancer de la peau.

La lumière du soleil est composée de deux sortes de rayons ultraviolets. L'une est connue sous le nom d'UVA, qui produit le bronzage, et l'autre sous le nom de UVB, qui détruit le collagène et les fibres élastiques du derme (couche profonde de la peau). L'effet à court terme des UVB est un coup de soleil douloureux, mais, plus tard, beaucoup de sujets souffrent de vieillissement prématuré et, de cancers de la peau.

Le coup de soleil aigu se produit souvent dans les deux premiers jours des vacances si l'on s'expose au soleil trop longtemps et trop rapidement. Permettre à votre enfant de jouer plusieurs heures au soleil, le premier jour des vacances, suffit pour les gâcher. Les heures les plus dangereuses sont entre dix heures du matin et deux heures de l'après-midi; les jours très chauds sont les plus dangereux, car les effets des ultraviolets sont augmentés par la chaleur. Dans un bateau, les coups de soleil sont plus sévères à cause de la réverbération. Les huiles solaires ne contenant pas de filtre pour les ultraviolets n'empêchent pas les coups de soleil et peuvent même les provoquer, car l'huile concentre les rayons du soleil. Dernier conseil: ne pensez pas que votre enfant ne risque rien si le temps est nuageux, car les nuages ne filtrent pas tous les rayons ultraviolets.

Il existe deux manières de prévenir les effets nocifs du soleil. La première est, bien sûr, de rester à l'ombre et de limiter les expositions au soleil aux périodes de l'année et aux heures du jour où ses rayons sont les moins intenses. La deuxième est de protéger la peau de votre enfant avec un filtre efficace. Les étiquettes de ce type de produit portent un numéro propotionne1 au degré de protection. Essayez de trouver celui qui correspond à la sensibilité de la peau de votre enfant.

Les effets de l'irradiation du soleil sont cumulatifs, comme pour les rayons X, et le risque de cancer augmente avec chaque exposition. Je pense cependant que le risque dû au soleil est beaucoup plus faible que celui dû au rayon X, car la lumière du soleil pénètre beaucoup moins profondément dans le corps. Les médecins ont tendance a exagérer les risques de cancer dus au soleil (ils peuvent en rendre les patients responsables) et minimisent les risques dus aux rayons X (dont ils sont eux-mêmes responsables), mais le risque existe quand même. Plus de 90% des cancers de la peau sont localisés sur des surfaces du corps exposées à la lumière (visage, oreilles, dos dés mains, nuque). Les gens qui passent de longues heures au volant de leur voiture ont plus de chances d'avoir un cancer sur le côté gauche du visage, qui est le plus exposé au soleil. Enfin, l'existence dans votre famille d'autres cas de cancer de la peau constitue un facteur de risque supplémentaire.

Ne vous tracassez tout de même pas trop, le risque pour votre enfant d'avoir plus tard un cancer de la peau, s'il s'expose trop au soleil n'est pas si grand. Les lésions du cancer de la peau sont visibles, le diagnostic est donc plus facile et la grande majorité de ces cancers sont faciles à guérir. Les cas de mélanome, dangereux à cause des métastases dans d'autres tissus du corps, sont relativement rares et ne constituent que 2% des cancers de la peau diagnostiqués aux Etats-Unis en l982. Il ne faut donc pas exagérer les dangers des rayons solaires.

 

Références de l'auteur

 



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