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Des enfants sains ... même sans médecin (Dr R. Mendelsohn) :
Chapitre 16
TRAUMATOLOGIE : Retour à la table des matières Chapitre précédent Chapitre suivant
J’ai
toujours trouvé paradoxal que tant de parents se fassent du souci inutilement
pour de petites maladies alors qu’en revanche, ils n’accordent pas une
attention suffisante aux accidents, plus meurtriers que toutes les maladies
d’enfance. Plus de 8000 enfants de moins de 15 ans vont mourir
accidentellement aux Etats-Unis cette année. Beaucoup de ces accidents
pourraient être évités et beaucoup de morts pourraient également si des
mesures adéquates étaient prises tout de suite après l’accident. La
plupart des petites blessures n’ont pas besoin d’être montrées au médecin,
mais un traitement d’urgence peut être fait immediatement si la blessure de
votre enfant est importante. La règle la plus importante, en cas de blessure,
est d’éviter de paniquer. Cela n’est pas toujours facile, parce que de
petites coupures peuvent saigner abondamment et il n’est pas besoin d’une
grande quantité de sang sur une chemise blanche pour effrayer un parent ! Essayez
cependant de garder votre calme, car vous avez besoin de tout votre bon sens
pour soigner votre enfant. Vous avez à prendre une décision : vous précipiter
au service d’urgence d’un hôpital, appeler votre médecin ou une ambulance.
Dans les cas où l’hospitalisation est indispensable, vous devrez décider
quelles mesures d’urgence vous pouvez prendre en attendant l’ambulance ou
avant d’emmener votre enfant en voiture. Quand vous êtes dans le doute,
choisissez les solutions prudentes. Je conseille de recourir à la médecine
pour les blessures graves et je pense que c’est là où vous verrez la médecine
sous son meilleur jour. Les médecins des services d’urgence ont,
d’habitude, une meilleure formation et une plus grande expérience que les
autres. Ils ont l’habitude de réagir rapidement aux situations d’urgence.
Il n’existe donc pas de meilleur endroit pour amener votre enfant si vous le
sentez en danger. Les
enfants ont très souvent des coupures aux doigts ou des genoux écorchés, mais
la plupart des parents ne savent pas comment réagir. On pense habituellement
que, lorsque la peau est entamée, il faut utiliser des antiseptiques ou, même,
des antibiotiques pour « prévenir l’infection ». Cette réaction
n’est pas bonne, car ces médicaments ne sont pas nécessaires et peuvent
aggraver la blessure. La
plupart des préparations désinfectantes, obtenues sans ordonnance (iode,
mercurochrome, eau oxygénée et pommade variée) peuvent irriter les tissus de
l’organisme, mais n’ont pas d’effet sur les bactéries. L’organisme possède
ses propres systèmes de lutte contre l’infection qui marchent très bien si
vous les laissez faire. Que
faire lorsque votre enfant souffre d’une petite coupure ou d’une égratignure ?
Pas grand-chose : lavez soigneusement avec de l’eau du robinet pour
enlever la saleté, s’il y en a. Couvrez la blessure avec un bandage propre si
elle saigne mais, autrement, laissez-la simplement à l’air. Aucun autre
traitement ne devrait être nécessaire. Il
est évident que si la blessure saigne abondamment ou que la plaie est trop
large, nécessitant une suture pour faciliter la cicatrisation ou pour des
raisons esthétiques, vous avez besoin d’un médecin. Le mieux que vous
puissez faire est de vous diriger en hâte vers le service d’urgence d’un hôpital. Les
hémorragies sont un type d’urgence pour lequel vous pouvez rapidement agir
vous-même. Si c’est une veine qui saigne, oubliez tout ce qu’on vous a dit
des garrots et tentez d’empêcher le sang de s’écouler par une pression
directe sur la plaie : couvrez la blessure avec un bout de chiffon propre
ou de gaze et exercez une pression jusqu’à ce que l’hémorragie cesse ou
que vous puissiez avoir recours à une aide d’urgence. C’est seulement
lorsque le sang jaillit d’une artère qu’il vous faut utiliser le garrot qui
supprime totalement la circulation dans le membre. Ce sont des cas rares et le
garrot ne devrait pas être laissé en place trop longtemps. Dans des cas extrêmes,
on a même dû amputer le membre sur lequel un garrot avait été maintenu trop
longtemps. La
plupart des parents se demandent si l’enfant qui se coupe ou se blesse doit
chaque fois recevoir un vaccin antitétanique. La plupart des enfants sont
vaccinés contre le tétanos dans leur plus tendre enfance, mais certains médecins
donnent, cependant, des rappels antitétaniques à chaque blessure. On me
parlait dans ma jeunesse, des risques de tétanos si une blessure se produisait
à la campagne ou si elle était due à un clou rouillé et j’ai donné des
rappels antitétaniques chaque fois qu’un enfant s’est présenté avec une
blessure de cette nature. Je donnais aussi des injections de rappel tous les 10
ans à titre préventif. Maintenant,
je me demande si ces rappels sont utiles et même si le vaccin antitétanique
lui-même est indiqué. Il n’existe aucune recherche scientifique qui indique
à quelle fréquence il est raisonnable de faire des rappels antitétaniques ou
même s’ils sont vraiment utiles. Des millions de soldats américains ont reçu
le vaccin antitétanique au début de la Seconde Guerre mondiale. Il semble que,
40 ans plus tard, leur immunité soit encore bonne malgré quelques exceptions.
On pourrait utiliser cet argument pour déconseiller les rappels de routine à
tout intervalle inférieur à 40 ans ! Lorsque
j’étais enfant, le remède de grand-mère pour les petites brûlures était
l’application de beurre ou de lard. La théorie voulait que ce traitement
adoucisse la peau brûlée et la protège de l’air, la rendant moins
douloureuse. On avait aussi à disposition plusieurs pommade qui devaient évidemment
être plus efficaces, car vous pouviez sentir l’odeur des médicaments
qu’elles contenaient. Aujourd’hui nous savons qu’il existe plusieurs sorte
de brûlures, classées selon leur gravité, et que des méthodes différentes
doivent être employées dans chacune de ces catégories. Si
votre enfant se brûle, votre traitement doit viser trois buts : calmer la
douleur, prévenir l’infection et éviter ou traiter le choc. Il est important
de sa voir comment atteindre ces objectifs dans chacune des trois catégories de
brûlures. Les
brûlures du premier degré
(la salive féminine est un précieux remède dans les brûlures simples)
touchent seulement la couche superficielle de la peau qui est rouge,
douloureuse, mais ne présente pas d’ampoules. Le traitement d’urgence est
de plonger la surface brûlée dans de l’eau froide, ce qui diminuera la température
de la peau ainsi que la douleur. Il faut appliquer ensuite une pommade
antiseptique soluble dans l’eau ou une pâte de bicarbonate de soude et
recouvrir avec un pansement de gaze qui n’est pas indispensable médicalement,
mais diminuera la douleur, car la peau brûlée sera moins en contact avec
l’air. Les
brûlures du deuxième degré
sont bien plus graves. Elles peuvent provoquer des cicatrices permanentes et il
y a un plus grand danger d’infection parce que la production de pus aboutit à
la formation d’ampoules qui peuvent s’infecter lorsqu’elles crèvent. Une
brûlure du deuxième degré de très petite surface, de cigarette par exemple,
peut être traitée à la maison. Mais celles qui touchent de plus grandes
surfaces devraient être rapidement montrées à un médecin. Les
brûlures du troisième degré sont
celles dans lesquelles toutes les couches de la peau sont détruites et même le
tissus sous-cutané. Les terminaisons nerveuses sont parfois détruites et la brûlure
peut n’être pas douloureuse. Lorsque des blessures du deuxième et du troisième
degré couvrent plus de 10% de la surface cutanée, il existe un danger mortel dû
au choc ou à l’infection qu’elles amènent. Il
est difficile pour des parents de traiter les brûlures du deuxième et du
troisième degré, car ils ont peur de faire encore plus mal à leur enfant. Et
pourtant, il est essen,tiel que vous vous efforciez à effectuer les actes
indispensables avant toute aide médicale. Si
vous ne pouvez pas obtenir un traitement médical d’urgence, le meilleur
traitement est de plonger la partie brûlée dans de l’eau fraîche (mais pas
glacée) aussi vite que possible. Il y a deux raisons : la température de
la région brûlée va diminuer, empêchant la destruction des tissus de se
poursuivre, et la douleur sera atténuée car la brûlure ne sera plus exposée
à l’air. Si
vous avez l’impression que l’enfant présente un état de choc, couchez-le
à plat ventre, maintenez-le au chaud et placez ses pieds et ses jambes plus
haut que le corps, sauf s’il y a en même temps des blessures de la tête et
de la poitrine. N’administrez aucun stimulant ni liquide d’aucune
sorte. Les symptômes du choc sont un pouls rapide, la pâleur du visage, une
peau froide et humide, des tremblements, une soif anormale. Si
les vêtements de la victime adhèrent à la surface brûlée, n’essayez pas
de les enlever. Si des ampoules se sont formées, faites attention de ne pas les
crever, à cause du risque d’infection. Ne touchez pas la brûlure avec vos
mains, ni aucun autre objet. Enfin, ne mettez ni lard, ni beurre, ni pommade, ni
désinfectant, ni aucun médicament sur la brûlure. Cela simplifiera le travail
du médecin. Les
enfants souffrent souvent de brûlures chimiques lorsqu’ils touchent à des
produits ménagers qu’on laisse imprudemment à leur portée. La plupart
contiennent des acides forts, des détergents et des substances alcalines
dangereuses. Si votre enfant renverse ce type de substance sur lui, sa peau
devrait immédiatement être lavée à grande eau. N’oubliez pas d’enlever
tous les vêtements qui pourraient être souillés par le produit chimique
dangereux. Par mesure de précaution, demandez un avis médical. Une
autre cause fréquente de brûlures sévères chez les enfants est l’eau du
robinet trop chaude. Il n’y a pas de raisons pour qu’un thermostat
domestique soit réglé à plus de 54°, mais l’expérience montre que la
plupart des appareils à eau chaude sont réglés à plus de 55°, température
qui peut produire des brûlures sévères de la peau en trente secondes ou
moins. Dans certains ménages, on a trouvé des thermostats réglés à 70°,
température qui produit une brûlure du troisième degré presque instantanément. Il
n’est pas rare que les enfants laissés sans surveillance dans la baignoire
tournent à dessein ou accidentellement le robinet d’eau chaude, puis
paniquent en se retrouvant dans l’eau brûlante. Si le thermostat de
l’appareil est réglé à plus de 54°, les résultats peuvent être et sont
souvent fatals. On estime que plus de 2000 brûlures par an produites de cette
manière font l’objet d’hospitalisation et que 15% d’entre elles sont
mortelles. Pourquoi
n’iriez-vous pas immédiatement vérifier le thermostat de votre chauffe-eau ? Les
blessures à la tête, qu’elles soient dues à des chutes ou des coups, sont
rarement graves. Il n’est en général pas nécessaire de consulter un médecin,
ni de faire une radiographie, mais il faut observer de près les réactions de
la victime après l’accident pour être sûr qu’il n’y a pas de problèmes
neurologiques. Beaucoup de parents – craignant un problème cérébral – se
précipitent chez le médecin ou à l’hôpital, lorsque leur enfant se blesse
à la tête. On m’amène souvent des enfants ne présentant aucun symptôme,
simplement parce qu’ils sont tombés du lit. Ces consultations sont rarement nécessaires
et pourraient être évitées si les parents connaissaient les symptômes qui
justifient le recours au médecin. Si
votre enfant se blesse à la tête, il faut d’abord et avant tout se demander
s’il y a eu perte de connaissance, même brève, après l’accident ? Si
c’est le cas, ou si l’accident s’est produit en dehors de votre présence
et que vous ne savez pas ce qui s’est passé, amenez immédiatement votre
enfant chez un médecin ou à un service d’urgence d’un hôpital. Si la
radiographie – qui sera probablement faite – montre une fracture simple,
c’est rarement grave, mais si la région fracturée est déprimée et comprime
le cerveau, un traitement est nécessaire, parfois même une intervention
chirurgicale. S’il
n’y a pas eu de perte de conscience, il n’y a pas lieu d’appeler immédiatement
votre médecin. Pour les traumatismes crâniens, on fait beaucoup trop de
radiographies de routine, injustifiées s’il n’y a pas d’autres symptômes.
Certains médecins font également un électroencéphalogramme (EEG), bien que
l’on sache que cet examen ne révèle rien dans ces cas-là. Après
un traumatisme crânien sans perte de connaissance, il est dependant important
d’observer attentivement votre enfant pendant au moins 24 heures. Posez-vous
les questions suivantes : 1.
Quel est l’état
de conscience de votre enfant ? Est-il bien réveillé ou léthargique et
difficile à animer ? 2.
Quelle est la
taille de ses pupilles, l’une est-elle plus dilatée que l’autre et réagit-elle
moins à la lumière ? 3.
Votre enfant
voit-il double ? (Ses deux yeux bougent-ils ensemble, comme d’habitude ?) 4.
Votre enfant
peut-il mouvoir normalement tout son corps ? 5.
Présente-t-il
des problèmes respiratoires, indiqués par une respiration anormale ? 6.
Présente-t-il
des problèmes de coordination ou d’équilibre, des vertiges ? 7.
Du sang ou un
liquide clair coule-t-il des oreilles ou du nez de votre enfant ? 8.
A-t-il très
mal à la tête de façon continue ? Si
l’un ou l’autre de ces symptômes est présent, soyez prudent et consultez
votre médecin. Je
dirai encore un mot pour les mères anxieuses : si votre enfant de moins de
5 ans tombe d’une chaise ou de son lit, ce n’est pas une catastrophe. Il y a
souvent plus de peur que de mal, malgré les cris. Seulement 3% des enfants qui
tombent ainsi ont besoin d’une consultation médicale, généralement pour des
fractures plutôt que pour des traumatismes du crâne. Ne vous faites du souci,
quand la tête est touchée, que si votre enfant perd connaissance. L’ingestion
de poison par les enfants et la mort due aux empoisonnements ont beaucoup régressé
depuis un quart de siècle. On le doit en partie au développement d’un réseau
de centres anti-poison, ainsi qu’à des lois exigeant l’utilisation de
bouchons de sécurité sur de nombreux médicaments et produits ménagers. Malgré
ces progrès, on compte encore plus de 2 millions de cas d’empoisonnement
chaque année aux Etats-Unis, dont un grand pourcentage concerne les enfants. La
plupart d’entre eux ne se seraient pas produits si les précautions d’usage
avaient été prises. Les
trois quarts, au moins, des enfants qui avalent un poison n’ont besoin
d’aucun traitement médical si les parents réagissent vite et d’une façon
appropriée. La première chose à faire est d’essayer d’identifier la
substance toxique en cause et d’administrer l’antidote si celui-ci est spécifier
sur l’étiquette. Appelez ensuite le centre anti-poison de votre région pour
savoir s’il faut faire quelques chose de plus. Si
vous identifiez la substance, mais qu’aucun antidote n’est suggéré sur
l’emballage, téléphonez au centre anti-poison. Si vous avez l’emballage,
gardez-le à proximité, car on vous demandera probablement de lire les
informations qui y figurent. Si on vous dit d’amener votre enfant d’urgence
à l’hôpital, prenez l’emballage avec vous. Un
traitement à la maison devrait suffire dans la plupart des cas, grâce aux
conseils des experts du centre anti-poison. La plupart des médecins ne savent
pas traiter les cas d’empoisonnement. Selon le docteur Richard Moriarity,
directeur du réseau national anti-poison, « la plupart des médecins ont
dans ce domaine une formation très insuffisante et peu d’expérience ».
Le docteur Moriarity pense que près de 85% de tous les cas d’empoisonnement
ne sont pas dangereux pour la vie et peuvent être traités à la maison. Le
traitement est variable suivant le produit ingéré. C’est pourquoi il est
important de demander conseil à un centre anti-poison. Si vous ne l’avez pas
encore fait, cherchez le numéro de téléphone du centre de votre région et
ajoutez-le à votre liste de numéros de téléphone d’urgence. En règle générale,
l’objectif du traitement, dans les empoisonnements, est d’éliminer de
l’organisme la plus grande quantité de toxique possible et de diluer ou de
neutraliser ce qui reste. Dans la plupart des cas, on utilise du sirop d’ipéca
pour provoquer des vomissements, il est donc sage d’en avoir à tout moment
chez soi. N’en donnez pas, cependant, avant d’avoir téléphoné au centre
anti-poison, parce qu’il y a des situations où faire vomir n’est pas
recommandé (par exemple lorsque des liquides corrosifs ont été avalés). Il
ne faut pas faire vomie quand la substance toxique est un dérivé du pétrole,
un caustique ou un acide fort. Les dérivés du pétrole font plus de mal aux
poumons qu’au tube digestif, il est donc déconseillé de faire vomir. Les
caustiques et les acides ont brûlés la gorge de votre enfant quand il les a
avalés et vous ne voulez pas aggraver ces brûlures par des vomissements. Les
substances les plus fréquemment ingérées – et pour le traitement desquelles
il ne faut pas faire vomir – sont ma benzine, le kérosène, le naphte,
les décapants à base de pétrole, la térébenthine, les vernis pour meubles
et automobiles, les insecticides, les produits sanitaires ou nettoyants pour le
four, l’ammoniaque, les décolorants et des produits à base d’acide
sulfurique, nitrique, chlorhydrique, et autres acides forts. Cette liste n’est
pas exhaustive, il est donc important de vous renseigner auprès du centre
anti-poison avant de faire vomir votre enfant. Que
faire si vous découvrez votre enfant de deux ans avec un flacon de médicament
vide dans la main ? Essayez d’abord de déterminer combien de comprimés
ou de gélules le flacon contenait, puis téléphonez au centre anti-poison en
précisant ce que vous savez. Ce n’est pas parce que votre enfant ne présente
aucun trouble qu’il n’est pas en danger. Bien des problèmes causés par des
médicaments peuvent n,’apparaître qu’après plusieurs heures et, si vous
ne faites rien avant l’apparition des symptômes, vous mettez éventuellement
la vie de votre enfant en danger. La
meilleure manière de protéger votre enfant est, bien sûr, de l’empêcher de
s’empoisonner, même si cela pose certains problèmes pratiques. La sécurité
n’a pas de prix. Voici quelques suggestions qui devraient être suivies dans
chaque ménage, lorsqu’il y a des petits enfants : 1.
Considérez que
tout médicament et tout produit de ménage ; même s’ils paraissent
innocents, sont potentiellement dangereux si votre enfant les avale. Même des
comprimés de vitamines peuvent être dangereux, si votre enfant en, absorbe
tout un flacon. 2.
Fermez à clé
les armoires où vous rangez les produits ménagers, les médicaments et autres
substances dangereuses. Il n’est pas suffisant de les placer « hors de
portée ». 3.
Ne laissez pas
sans surveillance des substances dangereuses lorsque vous répondez au téléphone
ou que vous ouvrez la porte. Les enfants ont un génie particulier pour attraper
ce qu’ils ne devraient pas, même en quelques secondes. 4.
Laissez les médicaments
et les produits ménagers dans leurs emballages d’origine. Cela évitera des
erreurs et vous vous assurez ainsi d’avoir sous les yeux les instructions nécessaires
si la substance est ingérée de façon accidentelle. 5.
Débarrassez-vous
rapidement des emballages vides et de médicaments inutiles. 6.
Quand vous
donnez des médicaments à votre enfant, assurez-vous d’avoir lu clairement
les instructions. 7.
Quand vous avez
des hôtes, veillez à ce que leurs affaires ne puissent pas être fouillées
par votre enfant. Plus d’un enfant a été empoisonné par des médicaments
trouvés dans un sac à main. Parfois
l’enfant empoisonné sera très malade, mais pas longtemps et sans conséquences
sérieuses. Les symptômes sont des vomissements, souvent accompagnés de diarrhée,
qu’on ne peut expliquer par une maladie comme la grippe. S’il n’y a pas
d’autres symptômes, il n’est pas nécessaire de consulter le médecin, ni
de traiter votre enfant autrement qu’avec votre attention affectueuse. Il peut
étancher sa soif en suçant des blocs de glace, mais ne lui donnez rien à
manger ni à boire pendant six heures après le dernier vomissement. Vous pouvez
alors lui donner des tisanes, du bouillon ou de l’eau bouillie, mais ne lui
donnez aucune nourriture solide avant le lendemain. Si les vomissements
persistent et que l’enfant a perdu plus de 10% de son poids normal, consultez
un médecin, qui verra peut-être la nécessité de traiter la déshydratation. ENTORSES,
FOULURES ET FRACTURES La
structure osseuse et musculaire des enfants diffère de celle des adultes. Les
entorses (déchirure ou étirement d’un ligament) sont rares chez les jeunes
enfants, parce que les ligaments ne sont pas encore fixés aux os de manière très
solide. Pendant la croissance, les enfants ont plus de risques d’avoir des
problèmes au niveau des épiphyses, extrémités plus molles de l’os où se
fait la croissance. Si votre enfant se tord le poignet, le genou ou la cheville
et que l’enflure et la douleur durent plus de deux jours, voyez un médecin,
car un plâtre sera nécessaire en cas de fracture d’une épiphyse. Chez
les enfants, le périoste (couche externe de l’os)est relativement épais en
comparaison de celui des adultes et relativement plus solide. C’est pourquoi
des traumatismes qui, chez l’adulte, auraient pour conséquence une fracture
complète, avec un déplacement des fragments, ont pour résultat chez les
enfants les fractures en « bois vert », c’est-à-dire ressemblant
à une cassure d’une branche verte : l’os ne se casse pas franchement
en deux mais se plie en produisant de petites fractures longitudinales à
l’endroit de la rupture. Il faut, dans ce cas, recourir à un traitement médical. Si
votre enfant se tord la cheville ou le genou, il n’est pas nécessaire de voir
un médecin immédiatement ; attendre quelques jours pour voir si la
douleur et le gonflement disparaissent spontanément n’aura pas de conséquences
sur le traitement, même si on s’aperçoit plus tard qu’il s’agit d’une
fracture. Veillez à ce que votre enfant ne s’appuie pas sur le membre blessé
et faites des applications froides sur la partie enflée (sac de glaçons). Après
une heure ou deux, l’application froide n’a plus de raison d’être et
beaucoup de médecins pensent qu’il est alors important de poser, au
contraire, des compresses chaudes pour améliorer la circulation dans la région
blessée. Il
faut reconnaître, en toute franchise, que c’est là un des nombreux exemples
de cas où la « science » médicale manque singulièrement de précision.
On ne peut pas dire qu’il y ait consensus sur l’utilisation du chaud ou du
froid comme traitement idéal de l’entorse. Dans
les milieux médicaux, on raconte l’histoire classique du médecin qui avait
conseillé à son patient des compresses froides. Le patient suivit
consciencieusement cet avis pendant deux jours, ce qui n’était pas très agréable,
et sa cheville ,e s’arrangeait pas. Il se plaignit à sa concierge, qui lui
proposa des compresses chaudes. Le patient essaya et la cheville s’améliora
presque immédiatement. Il s’en plaignit à son médecin : « Docteur,
la dernière fois que je vous ai vu, vous m’avez dit de mettre de la glace sur
ma cheville. Cela ne m’a pas réussi. Puis ma concierge m’a conseillé la
chaleur, ce qui me fit grand bien. » Le médecin répondit : « voilà
qui est étrange, ma concierge me dit d’utiliser le froid. » La
vérité est que personne ne sait vraiment ce qui réussit le mieux.
L’important est d’immobiliser l’articulation et de la maintenir avec un
bandage élastique pour éviter que des mouvements n’aggravent le problème.
Assurez-vous cependant que la circulation sanguine puisse se faire librement.
N’écoutez pas ceux qui vous disent que le meilleur traitement d’une entorse
est de faire marcher votre enfant immédiatement. Par la douleur, la nature vous
met en garde et son message est : « Ne pas toucher ! » Si
une articulation blessée – cheville, genou, poignet, coude ou épaule – ne
va pas mieux au bout de quelques jours, voyez un médecin. Cette attente de deux
jours va réduire la probabilité, pour votre enfant, de subir une radiographie
inutile. On estime qu’environ 98% des radiographies des membres après un
traumatisme ne révèlent aucune fracture : il est donc clair que beaucoup
sont faites à la légère. Les
parents dont les enfants reçoivent un traitement à base de corticoïdes, pour
de l’asthme ou d’autres problèmes, doivent savoir que leur enfant peut
subir une fracture de côte ou de vertèbre sans raison apparente. Les
traitements longue durée avec des stéroïdes entraînent une diminution de la
densité osseuse. Un enfant asthmatique qui a reçu des stéroïdes pendant une
année ou plus, peut se fracturer une côte rien qu’en toussant. Le Centre
national de l’asthme a étudié 128 enfants sous stéroïdes depuis un an ou
plus et a découvert que 14 d’entre eux avaient présenté 58 fractures de côtes
ou de vertèbres. Aucune fracture de même nature ne fut constatée dans un
groupe témoin de 54 enfants asthmatiques n’ayant pas reçu de traitement
prolongé avec des stéroïdes. Si
votre enfant s’est sérieusement blessé en tombant d’un arbre ou dans un
accident de la circulation et que vous soupçonnez une fracture de la nuque ou
de la colonne vertébrale, ne le faites pas bouger et laissez-le à terre.
Couvrez-le chaudement pour éviter le choc et arrêtez l’éventuelle hémorragie
par une pression sur la blessure. Appelez une ambulance et attendez l’arrive
du personnel qualifié qui saura comment transporter votre enfant sans danger et
lui apporter un traitement d’urgence. Les
petits enfant mettent tout à la bouche, même des petits objets qui peuvent être
aspirés dans la gorge ou dans les poumons. C’est une situation d’urgence où
une action rapide est indispensable. Les
parents prudents évitent de donner à leurs enfants des jouets comportant de
trop petites pièces ou des cacahuètes ou des bonbons durs. Vous ne pouvez
cependant pas surveiller vos enfants toute la journée et il est donc toujours
possible qu’un enfant attrape un objet ou un autre et le mettre en bouche
malgré toutes vos précautions. Parfois, l’objet reste coincé dans la gorge. Dans
ce cas, il est vital d’agir très rapidement et de façon adéquate. Cherchez
d’abord à déterminer si l’enfant peut parler et respirer, ce qui montre
que les voies respiratoires ne sont que partiellement obstruées. Dans ce cas,
présentez-vous au service d’urgence d’un hôpital pour que l’objet soit
retiré, car tout geste de votre part risque de le déplacer dans une position
encore plus dangereuse. Si
l’enfant ne respire pas, ses voies respiratoires sont totalement obstruées et
vous n’avez pas le temps de chercher une aide extérieure. C’est vous-même
qui devez agir. Inspectez d’abord la gorge pour voir si l’obstacle est
visible. Si c’est le cas et que vous pensez pouvoir l’enlever grâce à vos
doigts, essayez de le faire. Mais si vous pensez qu’il existe un risque de
pousser l’objet plus loin, n’en faites rien. Si
vous ne pouvez attraper l’objet, prenez m’enfant sur vos genoux, en plaçant
sa tête et ses épaules vers le bas et donnez des coups fermes à l’aide du
tranchant de la main entre ses omoplates. Donnez trois ou quatre coups pour
essayer de le faire tousser pour expulser l’objet. (Ne frappez jamais
dans le dos une personne debout dans le but de dégager sa gorge, car l’objet
peut, au contraire, descendre plus bas dans les voies respiratoires.) Si
ce geste ne suffit pas, essayez la manœuvre de Heimlic : debout derrière
l’enfant, placez vos bras autour de lui et vos poings juste sous le centre de
sa cage thoracique. Placez le pouce d’une main contre son abdomen et faites
une poussée violente vers l’intérieur et vers le haut. L’augmentation de
la pression d’air dans les poumons fera souvent sortir l’objet de la gorge. Beaucoup
d’hôpitaux, ainsi que des organisations comme la Croix-Rouge, donnent des
cours de réanimation cardio-pulmonaire. Vu la fréquence de l’ingestion de
corps étrangers chez les enfants, il serait prudent que vous suiviez un tel
cours si vous en avez la possibilité. Si
votre enfant est mordu par un chien ou un autre animal, lavez la plaie immédiatement
avec de l’eau et du savon, puis faites couler plusieurs minutes l’eau du
robinet sur la blessure. Demandez un avis médical par précaution ou pour
recoudre la plaie si nécessaire. Le
plus inquiétant, après une morsure d’animal, est la question de la rage.
Tentez immédiatement d’identifier l’animal et de déterminer s’il est
vacciné. Si votre enfant a été mordu par un écureuil ou un autre animal
sauvage, il est important de vous renseigner sur les possibilités de rage chez
les animaux dans votre région. La
rage est due à un virus filtrant qui se fixe dans les tissus nerveux et atteint
la moelle épinière et le cerveau. Chez les humains, la période d’incubation
peut aller de 10 jours à deux ans ou plus. Les symptômes habituels sont une
excitation incontrôlable, de la fièvre et des spasmes musculaires, ainsi
qu’au niveau du larynx et du pharynx. Plus
tard, la victime salive de façon abondante et présente une soif intense sans
pouvoir pourtant avaler. Les convulsions, l’épuisement et les paralysies
entraînent souvent la mort. Une fois la maladie diagnostiquée, le seul
traitement est le repos avec sédatif pour éviter les convulsions. Si
votre enfant est mordu par un animal, il vous faudra choisir entre les conséquences
de la rage et celles des injections antirabiques qu’on peut donner préventivement.
En raison de l’horreur de la maladie, beaucoup de parents préfèrent les
injections, même s’il n’y a pas de preuve que l’animal était atteint de
rage. Si
vous êtes amené un jour, à devoir prendre une telle décision, considérez
les conséquences possibles de ces injections : elles sont très
douloureuses et peuvent entraîn,er un choc anaphylactique ou des paralysies sévères
susceptibles d’handicaper votre enfant pour le reste de ses jours. Ces
complications sont rares, mais la rage après une morsure d’animal est également
rare (sauf si on prouve que l’animal était malade). Des dizaine de milliers
d’américains sont mordus chaque année par des animaux et un petit nombre
d’entre eux seulement contractent la rage. Votre
choix se complique encore du fait que le diagnostic de la rage chez l’animal
n’est pas toujours posé à bon escient. Un exemple récent s’est produit
dans l’Illinois où le Département de la santé publique a diagnostiqué de
façon incorrecte une rage chez dix chats et chiens de la région de Chicago :
plus de 100 personnes reçurent des injections douloureuses et dangereuses et on
a abattu inutilement un grand nombre de chiens. Dans certains cas, le faux
diagnostic fait par l’Etat avait été confirmé par le Centre fédéral de
contrôle des maladies. Lorsqu’un
enfant est mordu par un chien inconnu ou par un animal sauvage, les parents et
les médecins se trouvent devant un dilemme effrayant et il n’y a pas de
solution parfaite. Au fil des années, ma position face à ce danger a évolué.
Aujourd’hui, je ne donne d’injection antirabique que lorsque la blessure est
le fait d’un animal dont la rage est avérée ou d’une chauffe-souris (espèce
souvent atteinte de rage) ou d’un animal sauvage d’une espèce suspecte de
rage dans la région en cause. Que
devez-vous donc faire si votre enfant est mordu par un animal ? La seule réponse
honnête que je puisse vous donner est la suivante : vous devez résoudre
vous-même ce problème. S’il s’agissait d’un de mes petits-enfants, que
j’adore, je n’administrerais le sérum antirabique que si j’étais sûr
– ou qu’il soit fort probable – que l’animal en cause est contaminé. Les
morsures de serpents sont également dangereuses dans certaines régions.
Lorsque j’étais enfant, on apprenait aux scouts à inciser la plaie en X,
puis à exprimer le poison avec les doigts et à sucer la plaie. Je pensais
qu’il s’agissait d’un geste bien cruel. Je sais aujourd’hui qu’il
n’existe pas de preuve scientifique en faveur de ce traitement, ni en sa défaveur.
Si vous êtes isolé, sans aide médicale possible, vous perdez rien à
l’essayer. Sinon, téléphonez au centre anti-poison ou amenez d’urgence
votre enfant chez un médecin ou à l’hôpital. Il est important d’essayer
d’identifier le type de serpent qui a mordu votre enfant et de l’amener
d’urgence là où il peut recevoir le sérum anti-venin spécifique. (En
Europe, pour les morsures de vipères, la plupart des médecins ont renoncé à
l’injection de sérum.) Les
enfants sont souvent moins sensibles au froid que les adultes et restent dehors
plus longtemps qu’ils ne le devraient lorsqu’ils skient ou font de la luge.
Quand ils rentrent à la maison, des régions de leur peau sont parfois complètement
blanches, en particulier les oreilles, le nez, les doigts et les orteils. Ces
parties gelées perdent la sensation du toucher. Lorsque
j’étais enfant, on pensait habituellement que le meilleur traitement des
gelures était de frotter la région touchée avec de la neige. Ce remède de
grand-mère n’a absolument aucun sens. En cas de gelure, il faut réchauffer
la peau et non la refroidir. Le traitement consiste à rechauffer
progressivement le membre atteint en le plongeant dans de l’eau ou en y
appliquant des compresses humides à la température du corps. N’utilisez pas
d’eau bouillante, car il faut procéder progressivement, ne l’oubliez pas.
La peau gelée ayant perdu toute sensibilité, l’enfant ne se rendra pas
compte que l’eau est trop chaude. Les gelures simples n’ont habituellement
pas besoin d’être montrées à un médecin, mais les gelures importantes réclament
un traitement et, souvent, une hospitalisation, en particulier lorsque la
victime est restée endormie ou a été inconsciente dans le froid. J’ai
déjà parlé dans ce chapitre de plusieurs blessures susceptibles de se
produire dans des accidents de la circulation, mais j’aimerais insister ici
sur la sécurité en voiture. Après les premiers jours de la vie, les accidents
de voiture sont la cause de mortalité la plus fréquente chez les enfants. Les
bébés de moins d’un an sont les plus touchés, suivis par les enfants de 1
à 6 ans, puis de 6 à 12 ans. Ces
statistiques montrent pourquoi les enfants sont plus vulnérables que les
adultes dans un accident de voiture. Etant plus légers, ils sont plus
facilement propulsés par la force de l’impact. Il est donc d’une importance
vitale d’utiliser des sièges spéciaux pour les enfants de moins de 20 kg et
les ceintures de sécurité pour les enfants plus âgés. Ne pensez pas qu’un
bébé soit en sécurité si vous le tenez sur vos genoux. Il devrait être placé
dans un siège dès le jour où vous le sortez de la maternité. Dans
beaucoup d’Etat, les sièges pour enfants dans les voitures sont obligatoires.
Ils devraient l’être partout. Je parle en connaissance de causes, car j’ai
souvent traité des enfants accidentés. Nous pensons tous que les accidents
n’arrivent qu’aux autres et, cependant, en 1981, les accidents de voiture
ont causé aux Etats-Unis 1.900.000 blessures invalidantes. (1.750.000 incapacités
temporaires, 150.000 incapacités permanentes et 50.800 morts.) Ces chiffres
nous montrent que la probabilité d’un accident – pour nous ou nos enfants
– n’est pas à négliger.
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