Des enfants sains ... même sans médecin (Dr R. Mendelsohn) : 

 

Chapitre 18

 

L'ENFANT AGITE

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Lorsque votre enfant commence à marcher, il est possible que vous vous aperceviez qu'il manifeste plus d'énergie, plus d'activité et moins de discipline que la plupart des enfants de son âge. Vous serez content, au début, de voir qu'il s'exprime et qu'il est vif plutôt que renfermé et léthargique. Puis, à force de lui courir après jour après jour et de voir s'accumuler ses bêtises, vous trouverez peut-être que votre réservoir de patience et d'énergie a des limites. C'est alors que vous commencerez à vous demander si, après tout, cette énergie inépuisable de votre enfant est bien un cadeau du ciel. Vous vous demanderez même peut-être si son comportement est vraiment normal. Des diagnostics d'« hyperactivité », de « manque d'attention », de «difficultés d'apprentissage» ou de« troubles cérébraux mineurs» sont souvent posés à tort. Une fois affublé d'une de ces étiquettes, votre enfant peut courir des risques inacceptables.

Aux Etats-Unis, les consultations et les traitements médicamenteux pour des enfants ayant un comportement très actif, mais parfaitement normal, sont une réelle épidémie. Sous la pression des autorités scolaires, beaucoup de parents américains perdent confiance dans leur propre jugement. On leur fait croire que seuls les médecins et les professionnels de la santé mentale possèdent la réponse aux questions que des générations ont résolues toutes seules...

Si les enfants, comme les bonshommes en pain d'épice, étaient faits au moule, on pourrait établir des normes de développement et de degré d'activité. Heureusement, ce n'est pas le cas et aucun enfant ne ressemble à un autre. C'est évidemment frustrant pour les instituteurs, les médecins et tous les autres professionnels qui pensent que leur norme s'applique systématiquement à tous les enfants. Il n'est pas rare, de nos jours, de voir un enfant actif et inattentif qualifié par son instituteur d'enfant « hyperactif» ou« légèrement anormal », traité par des antidépresseurs et placé dans une« classe spéciale ».

Il n'est pas du tout impossible que votre enfant, exceptionnellement actif et parfaitement normal, reçoive une de ces étiquettes - aucune d'entre elles n'a de définition scientifique valable. Le nombre d'enfants dans ce cas a augmenté de 500.000 ces cinq dernières années. Cela peut arriver à votre enfant s'il présente l'un ou l'autre des comportements se trouvant sur la liste des psychologues : n'écoute pas toujours les ordres, se trémousse et ne reste pas assis tranquille, rêvasse en classe, intervient vigoureusement dans des situations qui ne le regardent pas, est lent à se préparer pour l'école, se donne en spectacle quand d'autres enfants le regardent, est actif physiquement que les autres enfants de sa classe.

A la lecture de cette liste, votre réaction est probablement comme la mienne: je m'inquiéterais si un enfant ne présentait pas au moins quelques-uns de ces comportements et je chercherais désespérément pourquoi il végète comme un «légume »! Lorsqu'un enfant manifeste de l'énergie, les professionnels de la santé mentale ont tendance à lui donner des médicaments qui, souvent, le font ressembler à un légume!

ÉVITEZ LES MÉDICAMENTS QUI MODIFIENT LE COMPORTEMENT

Si votre enfant est plus énergique et plus expansif que d'autres enfants que vous connaissez, ne le mettez pas en danger en l'exposant à des traitements ou des médicaments. Recherchez plutôt les facteurs de l'environnement qui peuvent lui causer des problèmes sur le plan émotionnel - à la maison, à récole ou avec ses camarades. Quelles sont les circonstances qui produisent chez lui ces comportements particuliers, difficiles à supporter pour ses instituteurs et pour vous-même? Recherchez également des causes alimentaires. Essayez d'atténuer les conséquences émotionnelles de ce comportement, donnez-lui un soutien affectif important à la maison et faites-lui sentir que vous de son côté lorsqu'il a des problèmes en dehors de la maison.

D'après mon expérience. cette manière de faire est suffisante dans la plupart des cas, si les parents sont objectifs et honnêtes. Elle est bien préférable à celle qui vous fait recourir à des professionnels vont « étiqueter » votre enfant et le séparer dits normaux.

Je ne pense pas qu'un ce traitement sous prétexte qu'il est plus « difficile» que ses camarades. Un comportement hyperactif peut inquiéter. mais la prescription de drogues psycho-actives constitue un motif plus grave d'inquiétude.

Les éducateurs et les médecins qui diagnostiquent une hyperactivité ou des difficultés d'apprentissage chez un enfant et suggèrent de le traiter avec des médicaments, partent de l'hypothèse que les possibilités d'apprentissage de l'enfant seront ainsi améliorées. Ils savent que vous accepterez plus facilement cet argument que si on vous donnait la vraie raison: il s'agit en fait de rendre votre enfant plus ou moins somnolent pour qu'il soit plus docile en classe.

Personne n'a encore pu démontrer que des médicaments psycho-actifs (tels que le chlorhydrate de méthylphénidate, vendu aux Etats-Unis sous le nom de Ritaline) améliorent les performances scolaires des enfants qui les prennent. Leur principal effet est l'action à court terme sur le comportement hyperactif. On traite l'élève pour faciliter la vie de son professeur et non pour J'améliorer lui. Le risque potentiel de ces médicaments constitue un lourd tribut à payer pour le confort de l'instituteur. ..

LES DANGEREUX EFFETS SECONDAIRES DU CHLORHYDRATE DE METHYL-PHENIDATE

Quels sont les risques que court votre enfant en prenant de la Ritaline (Ce texte reflète spécifiquement la médecine américaine. Dans nos pays, la Ritaline n'est pas prescrite aux enfants et elle est classée dans les stupéfiants. N.d.T.) ou un médicament similaire? Ces médicaments sont prescrits de façon inappropriée et présentent des effets secondaires dangereux. De plus, ils masquent le vrai problème qui trouble votre enfant. Dans la documentation fournie aux médecins par je fabricant de la Ritaline, on peut lire que le mode d'action de ce médicament et ses effets à long terme ne sont pas connus et qu'on ne sait pas comment il agit sur le système nerveux central. Son utilisation chez des enfants de moins de six ans n'est pas recommandée. On note également que des retards de croissance ont été observés dans certains cas, ainsi que des crises convulsives.

Les effets secondaires potentiels décrits par la notice sont si impressionnants que je vous les cite textuellement (les explications en italiques sont de moi)

« Nervosités et insomnies sont les effets secondaires les plus fréquents que l'on peut généralement contrôler en réduisant la dose et en ne donnant pas le médicament l'après-midi et le soir. Parmi les autres réactions, on peut noter les allergies (notamment cutanées), l'urticaire, de la fièvre, des douleurs articulaires, une dermatite exfoliante (peau écailleuse), un érythème multiforme (maladie cutanée inflammatoire aiguë) avec des lésions de vasculite nécrosante (destruction des vaisseaux sanguins) et un purpura thrombocytopénique (problèmes graves de coagulation), une anorexie, des nausées, des vertiges, des palpitations, des maux de tête, une dyskinésie (problèmes au niveau des mouvements volontaires), une somnolence, une hypotension ou une hypertension artérielle, une irrégularité de pouls, de la tachycardie (rythme cardiaque accéléré), de l'angine de poitrine, une arythmie cardiaque (rythme cardiaque irrégulier), des douleurs abdominales et une perte de poids en cas de traitement prolongé. »

« Quelques cas de syndrome de Tourette ont été décrits, de même que des psychoses toxiques, des leucopénies (diminution des globules blancs) avec ou sans anémie, quelques cas de perte de cheveux. Chez les enfants, les effets secondaires les plus fréquents sont la perte de l'appétit, les douleurs abdominales, la perte de poids en cas de traitement prolongé, l'insomnie et la tachycardie. Mais tous les autres effets secondaires déjà cités peuvent se produire. »

La loi oblige les fabricants de médicaments à informer complètement les médecins. Il n'y a malheureusement pas de loi obligeant les médecins à partager l'information avec les patients. C'est pourquoi je le fais à leur place. Si l'instituteur, le directeur de l'école ou le pédiatre cherchent à vous convaincre d'administrer à votre enfant un traitement médicamenteux en raison de son comportement «agité », envoyez-les promener... Rien ne justifie le risque d'empoisonner votre enfant, pour le simple confort de son professeur...

LE RÔLE DES TENSIONS ÉMOTIONNELLES

N'acceptez pas l'opinion d'un maître sur le comportement de votre enfant sans vous demander s'il n'est pas le résultat d'un conflit entre l'enfant et ce maître. Peut-être celui-ci n'est-il pas juste et bienveillant. Dans ce cas, la solution est de changer d'instituteur et non d'utiliser des médicaments pour changer le comportement de l'élève!

Tout en essayant de corriger les causes des problèmes que votre enfant rencontre à l'école, examinez également la situation à la maison. Si l'enfant se sent mal à l'aise à cause de tensions entre d'autres membres de la famille, essayez de résoudre ces problèmes ou évitez au moins de l'exposer à ces tensions. Si votre enfant a des difficultés avec ses camarades, essayez de les résoudre. Envisagez ensuite la possibilité que son comportement hyperactif soit causé par une allergie à des aliments ou à d'autres substances. Il existe de nombreuses preuves qu'une approche de type nutritionnel peut traiter avec succès des problèmes émotionnels ou comportementaux.

Je dois attirer votre attention sur le fait que votre pédiatre ne sera pas nécessairement ouvert à cette approche. Le regretté docteur Benjamin Feingold, pionnier du contrôle diététique du comportement hyperactif, avait rencontré un très grand scepticisme parmi ses collègues. Ce n'est pas surprenant, car les médecins rejettent systématiquement les solutions non médicales aux problèmes qu'ils jugent médicaux. Ne vous laissez pas décourager. Des symptômes neurologiques dus à des allergies alimentaires ont été décrits depuis un demi-siècle par de nombreux observateurs. Récemment, de nombreuses observations cliniques ont démontré que le régime Feingold est efficace chez de nombreux enfants.

Le docteur Feingold, responsable de la clinique d'allergologie de la Fondation Kaiser, en Californie, pense que les principaux responsables du comportement hyperactif sont des additifs alimentaires chimiques colorants, édulcorants, conservateurs, agents stabilisants, etc. Il recommande d'éliminer du régime ces produits chimiques et de remplacer les produits raffinés, qui encombrent les placards et réfrigérateurs des cuisines américaines, par des aliments naturels.

Les résultats du docteur Feingold ont été reproduits par beaucoup d'autres médecins. Le docteur W.G crook, pédiatre et allergologue à l'hôpital des enfants de Jackson dans le Tennessee, a observé, chez trois enfants sur quatre, un rapport entre l'alimentation et l'hyperactivité. Sur une liste incluant notamment maïs, blé, oeuf, soja, citron..., le lait et le sucre raffiné étaient le plus souvent mis en cause.

Si vous avez un enfant hyperactif présentant des problèmes de comportement, n'utilisez pas les médicaments prescrits par votre médecin avant d'avoir essayé les aliments que vous pouvez acheter chez votre épicier!

LE DIAGNOSTIC DISCUTABLE DE TROUBLES CÉRÉBRAUX

Soyez également extrêmement prudent si l'on vous dit que le comportement inhabituel de votre enfant vient d'un problème cérébral. Ils existent. bien sûr, mais on en diagnostique beaucoup plus qu'il n'yen a réellement. La psychiatrie est une science tellement imprécise - si l'on peut même parler d'une science - que les psychiatres sont rarement d'accord sur un diagnostic. Des études ont montré que des psychologues et des psychiatres ne posent le même diagnostic que dans 54% des cas. Ce pourcentage est si proche de la loi des grands nombres que vous pourriez aussi bien consulter un chauffeur de taxi et un charpentier, et obtenir le même résultat.

Sur la base d'un diagnostic discutable, on risque d'imposer à votre enfant une psychothérapie si son comportement est considéré comme déviant de « la norme ». Les enfants chez qui on fait un diagnostic correct de problème cérébral ou neurologique, ou encore de psychose, peuvent, bien sûr, bénéficier d'un traitement. Mais en dehors de ces cas, rien ne prouve qu'un traitement psychologique soit utile; au contraire, il peut aggraver les problèmes psychologiques et émotionnels de l'enfant.

Une étude bien connue montre que la rémission spontanée, chez les patients souffrant de troubles psychiatriques, est de 70%, aussi bien chez les adultes que chez les enfants. Une autre étude, portant sur un groupe de patients suivis pendant 20 ans à l'université du Wisconsin, compare les patients ayant suivi une psychothérapie et les autres. La conclusion la plus positive de l'étude était que la thérapie semblait ne pas faire de mal!

Une autre étude, concernant des jeunes à Cambridge et Somerville dans le Massachusetts, nous rassure encore moins. Un groupe n'ayant reçu aucune thérapie est comparé à un autre groupe dont les membres avaient été suivis individuellement pendant cinq ans par un psychologue. Presque sans exception, cette thérapie semble avoir eu un effet négatif sur ces jeunes gens dans leur vie adulte. Cette étude, menée sur 30 ans depuis 1939, a montré une corrélation nette entre la thérapie et le comportement criminel. Les hommes qui n'avaient reçu aucun traitement étaient moins souvent convaincus de crimes graves et multiples que ceux qui avaient suivi, dans leur jeunesse, une psychothérapie. Les hommes qui avaient eu les contacts les plus longs et les plus fréquents avec des thérapeutes avaient la plus forte incidence de comportement antisocial et criminel.

Enfin, une étude datant de 1980 et portant sur 120 jeunes délinquants, a montré que ceux qui suivaient une thérapie avaient plus de problèmes de comportement que ceux qui n'en suivaient pas. Voici comment un article du Globe & Mail de Toronto résume cette étude:

« Si vous voulez empêcher un jeune délinquant de voler, de violer et d'être agressif, ne l'envoyez pas à un travailleur social, un psychiatre, un psychologue, ni à une communauté thérapeutique et ne faites pas non plus d'effort pour traiter sa famille. Tous ces traitements sont inutiles et certains le rendront même encore plus violent qu'auparavant. »

Il existe des problèmes spécifiques de l'enfance dans le domaine mental et neurologique qui viennent de lésions du cerveau. Certaines d'entre elles - infirmité motrice cérébrale, mongolisme, syndrome de Tourette, autisme, etc. - sont la conséquence d'interventions médicales dont j'ai parlé plus haut.

Si votre enfant est touché par l'une de ces maladies, il est utile de rechercher une aide professionnelle, ne serait-ce que pour essayer de nouveaux traitements, par exemple le traitement par l'alimentation préconisé pour le mongolisme et autres causes de retard mental par le docteur Henri Turkel (de Detroit) et le docteur Ruth Harrell (de l'université de Old Dominion).

Si votre enfant souffre d'une de ces maladies, vous le saurez bien évidemment. et vous saurez faire la différence avec un comportement qui le rend simplement plus difficile que ses camarades.

Il est bien de consulter les médecins lorsque le besoin en est évident, mais il faut les éviter quand on vous dit que votre enfant souffre de « retard d'apprentissage », de «troubles de l'attention» ou d'une autre affection mal définie. Les professionnels de la santé mentale n'ont pas encore prouvé que ce type de maladies existe réellement!

Références de l'auteur spécifiques à ce chapitre



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