Des enfants sains ... même sans médecin (Dr R. Mendelsohn) : 

 

Chapitre 20

 

HÔPITAUX : pour tomber malade !

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Tout au long de ce livre, j'ai tenté de vous aider à identifier les maladies pour lesquelles un traitement médical est indispensable et de vous mettre en garde contre les traitements, lorsqu'ils sont plus dangereux que la maladie qu'ils sont censés traiter. J'ajoute ici un dernier conseil: n'autorisez l'hospitalisation de votre enfant que si sa vie est en danger...

Il existe relativement peu de maladies d'enfance qui exigent une hospitalisation, mais beaucoup d'enfants sont hospitalisés inutilement, simplement parce que c'est plus pratique (et plus profitable) pour leur médecin. La plupart des maladies et des blessures accidentelles peuvent recevoir un traitement tout aussi efficace dans un service d'urgence, à un cabinet médical ou dans un dispensaire, sans hospitalisation, et votre enfant sera en général mieux soigné à la maison.

Il existe deux grands groupes de maladies spécifiques aux individus ayant reçu un traitement médical ou ayant été hospitalisés. Il est possible que vous n'en ayez jamais entendu parler, car ces noms sont rarement utilisés par les médecins en présence de leurs patients. Le terme iatrogène est employé lorsque les maladies ou les accidents sont causés par les médecins et nosocomial est le terme employé pour décrire les infections contractées lors d'un séjour hospitalier. Il s'agit de deux menaces réelles pour votre enfant en cas d'hospitalisation.

Chaque année, près de 2 millions d'Américains admis à l'hôpital y contractent une nouvelle maladie, autre que celle pour laquelle ils avaient été hospitalisés. Ces maladies sont fatales pour 20.000 d'entre eux. Près de 5% des individus admis dans les hôpitaux contractent une maladie nosocomiale : en d'autres termes, si votre enfant entre à l'hôpital avec une maladie, il a une chance sur 20 d'en attraper une autre avant sa sortie. Plus encore, il existe une réelle possibilité que cette maladie soit mortelle. Le risque d'un séjour à l'hôpital n'est acceptable que pour une maladie potentiellement mortelle.

Ces risques sont rarement évoqués dans les publications destinées au grand public, mais les médecins les connaissent bien, car leur journaux médicaux en parlent. Voici ce qu'on peut lire dans le Journal of the American Medical Association, en 1978 :

« On a étudié des patients souffrant de septicémie nosocomiale et on a comparé ce groupe à un groupe témoin pour déterminer le coût et la mortalité des infections nosocomiales La mortalité était 14 fois plus grande chez les patients souffrant de septicémie nosocomiale que chez les patients témoins ayant au départ les mêmes diagnostics de base. L'analyse du coût basé sur 81 paires de contrôle a montré un coût augmenté d'environ 3600 dollars en cas d'infection nosocomiale. »

Les infections contractées à l'hôpital ont allongé de 14 jours les séjours hospitaliers moyens. Avec les coûts actuels de la journée d'hôpital, le chiffre de 3600 dollars a, depuis, probablement doublé ou triplé.

MALADIES RESPIRATOIRES CONTRACTÉES DANS LES HÔPITAUX

Une étude faite en 1978 dans un hôpital d'enfants a montré qu'un entant sur six attrape une maladie du système respiratoire pendant son séjour à l'hôpital. On a aussi décrit d'innombrables cas d'épidémies parmi les enfants hospitalisés. En 1979, par exemple, deux enfants sont morts et trois ont souffert de paralysie permanente ou de dommages cérébraux après une épidémie de méningite dans une pouponnière d'un hôpital en Floride. Lors de cette catastrophe, et c'est souvent le cas, on a démontré que le personnel médical ne se lavait pas les . n maIns.

Il Y a plus d'un siècle qu'un médecin hongrois, Ignaz Semmelweiss, a découvert que la fièvre puerpérale était transmise par les étudiants en médecine qui ne se lavaient pas les mains. Ses conclusions avaient été rejetées par ses pairs et, mis à l'écart, il est finalement mort dans un asile (peut-être d'une infection nosocomiale). Il semble que les personnels médicaux soient lents à apprendre, car, aujourd'hui, bon nombre d'entre eux n'ont pas encore saisi son message.

En 1981, une étude de plus de deux mois fut conduite dans une unité de soins intensifs d'un hôpital privé, ainsi que dans l'hôpital universitaire voisin. Les chercheurs observèrent les habitudes des médecins, des infirmières et autres personnels en ce qui concerne l'hygiène des mains. Les sujets observés ne se lavaient les mains entre chaque patients que dans 41 % des cas à l'hôpital universitaire et dans 28 % des cas à l'hôpital privé. Les médecins étaient les moins consciencieux: ils se lavaient les mains dans 28% des cas à l'hôpital universitaire et dans 14% des cas à l'hôpital privé.

Je veux absolument démystifier l'image de l'hôpital comme sanctuaire hygiénique. En fait, comme des études le montrent, les habitudes hygiéniques du personnel médical sont souvent désastreuses et l'hôpital lui-même est probablement l'endroit de la ville où l'on rencontre le plus de microbes. Si vous ne pouvez pas l'éviter, vous pouvez au moins vous méfier et exiger que des précautions d'hygiène soient prises autour de votre enfant.

Le danger des maladies iatrogènes augmente aussi dans les hôpitaux, car les médecins sont tellement poussés par leur instinct, leur formation, ainsi que par la crainte des procès, qu'ils utilisent tout l'arsenal de la technologie médicale à leur disposition, même lorsque ce n'est indispensable ni pour le diagnostic, ni pour le traitement. Tout acte médical constitue un risque pour votre enfant. Toute aiguille piquée est une entrée potentielle des microbes. Tout médicament administré a des effets secondaires potentiels. Toute radiographie ajoute à l'irradiation déjà reçue.

Il existe de très nombreuses études sur les maladies iatrogènes dans les hôpitaux. On a étudié, par exemple, 815 patients dans un service de médecine d'un hôpital universitaire. Plus du tiers d'entre eux (36%) avaient contracté une maladie consécutive à un acte médical. 165 patients souffraient d'une seule maladie iatrogène et 125 d'entre eux de deux à sept maladies iatrogènes, parmi lesquelles des complications au niveau du cœur et des poumons, des infections ou des inflammations, des problèmes gastro-intestinaux, des troubles nerveux, des réactions allergiques, des hémorragies et des complications métaboliques.

D'autres études, depuis plus de 20 ans, ont montré des résultats similaires. En 1963, une étude, portant sur 1000 patients admis dans un hôpital universitaire pendant une période de 8 mois, a révélé que 20% d'entre eux avaient contracté pendant leur séjour une maladie iatrogène. 51 % des patients souffraient de complications consécutive à une prise médicamenteuse et 24% souffraient des suites de procédures diagnostiques ou thérapeutiques. Les maladies dues à des problèmes préexistants, à des erreurs d'infirmières ou aux suites chirurgicales, n'ont pas été incluses dans l'étude (ce qui aurait donné des chiffres encore plus effrayants).

CONSÉQUENCES ÉMOTIONNELLES DE L'HOSPITALISATION

Pour un jeune enfant, les dangers de l'hospitalisation ne sont pas seulement physiques. Il peut y avoir de graves conséquences psychologiques et émotionnelles. La séparation d'avec la mère et la famille, pour quelque période que ce soit, peut être une expérience traumatisante. Quand cette séparation est associée à l'atmosphère impressionnante d'un hôpital, il est presque inévitable qu'un enfant ait peur.

Ces troubles ne sont pas toujours transitoires. Des effets à long terme peuvent être observés, ainsi qu'il est relaté dans Pediatrics, revue de l'Académie américaine de pédiatrie, en novembre 1979 :

« L'hospitalisation d'un jeune enfant peut avoir des conséquences graves. Plusieurs études ont montré des troubles du comportement, une régression du développement, une guérison retardée, etc. Deux études anglaises apportent des preuves qu'une hospitalisation de plus d'une semaine ou une série de courts séjours hospitaliers avant l'âge de cinq ans sont associés avec une plus grande fréquence de troubles du comportement à l'âge de 10 ans et dans l'adolescence. »

Il peut arriver que votre pédiatre veuille, un jour, hospitaliser votre enfant. Vous devez savoir quoi lui répondre.

D'abord, exigez la preuve que ce qu'il a l'intention de faire à l'hôpital ne peut pas être fait à son cabinet, dans un dispensaire ou à la maison. Hormis les situations critiques, qui exigent une surveillance 24 heures sur 24, il n'existe pratiquement aucun test de diagnostic qui ne puisse être fait de façon ambulatoire et pratiquement aucune maladie qui ne puisse être traitée à la maison par des parents bien informés.

Ensuite, si l'hospitalisation est motivée par des raisons chirurgicales, assurez-vous que l'opération est réellement indispensable et qu'elle ne peut pas être faite en ambulatoire (les soins requis après l'opération étant donnés à la maison). Comme je l'ai dit dans d'autres chapitres, la grande majorité des actes chirurgicaux pratiqués chez les enfants est inutile et la plupart des opérations réellement indiquées peuvent être faites en toute sécurité sans hospitalisation. Pourquoi hospitaliser votre enfant, au risque de lui créer de nouveaux problèmes?

Enfin, si l'hospitalisation est inévitable, ne permettez pas que votre enfant reste seul, même une heure. Si vous ne pouvez pas rester, organisez-vous pour qu'une autre personne familière soit près de lui. Renseignez-vous sur les médicaments et les traitements qu'il doit recevoir et surveillez d'un œil de les personnels médicaux: qu'ils ne fassent aucune erreur. Ils sont humains - donc faillibles - et souvent pressés, et c'est à vous de protéger votre conséquences de cet état de fait. Ne vous laissez intimider par les médecins et les infirmières. Exigez une information sur les risques et les effets secondaires des traitements, soyez à l'affût de fautes d'hygiène et n'oubliez pas d'insister pour que votre enfant vous soit rendu aussi vite que possible.

Ne vous inquiétez pas si le personnel vous trouve insupportable, au contraire: il sera peut-être plus prompt à renvoyer votre enfant à la maison!

Références de l'auteur spécifiques à ce chapitre



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