Des enfants sains ... même sans médecin (Dr R. Mendelsohn) : 

 

Chapitre 4

 

PROTÉGEZ VOS ENFANTS 
DÉJÀ AVANT LEUR NAISSANCE


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Notre responsabilité de parents ne commence pas au sortir de la maternité. De nombreuses décisions importantes pour la santé et la vie de nos enfants sont prises avant ce jour-là.

Le bien-être futur de votre bébé dépend des choix que vous faites tout au long de votre grossesse. L'attitude de votre obstétricien a également de l'importance. Vous pouvez aussi choisir d'accoucher à domicile.

Ne rejetez pas ce choix avant d'y avoir réfléchi. De plus en plus de mères demandent à accoucher à la maison, après mûre réflexion et convaincues que la naissance à domicile est pour elles le choix le plus sage et le plus prudent.

Ce qui est excessif - et dangereux pour vous et votre enfant - c'est l'arsenal d'interventions obstétricales qui vous attend à l'hôpital ainsi que les dangers qui guettent votre enfant dans la pouponnière après sa naissance. Les preuves sont faites que la technologie médicale, les médicaments, les agents anesthésiants, la chirurgie et les autres armes utilisées par l'obstétrique dans la plupart des hôpitaux exposent les mères et les bébés à des risques inutiles.

LA NAISSANCE DEVRAIT ÊTRE UN ÉVÉNEMENT NATUREL

Dans mon enfance, le médecin de famille se contentait d'"assister" la naissance des bébés.  Pour lui, la naissance était un événement naturel tout simple et il n'intervenait que rarement.  Si le travail était long, il ne donnait pas à la mère une injection afin de pouvoir être à l'heure au golf.  Il laissait ses chances à la nature et acceptait de patienter de longues heures jusqu'à ce que le corps de la mère elle-même, et non l'industrie pharmaceutique, décide de l'accouchement.

Quels contraste avec ce qui se passe aujourd'hui dans les maternités ! Les obstétriciens d'aujourd'hui, pour la plupart, n'«assistent» plus.  Ils  «interfèrent» constamment avec ce processus physiologique naturel qu'ils s'acharnent à traiter comme s'il s'agissait d'une maladie Souvent, ces interventions médicales ont des conséquences négatives, physiques ou intellectuelles, pour toute la vie de l'enfant.  Il arrive même parfois qu'il n'en sorte pas vivant ...

Si vous accouchez à l 'hôpital, vous affronterez tant de dangers que je ne peux les décrire en détail ici. J'en ai parlé dans un autre livre (R. S. Mendelsohn: «Male practice: How Doctors Manipulate Women»).  Dans ce chapitre et les chapitres suivants, j'aborde des effets secondaires de l'intervention obstétricale sur votre enfant et des problèmes causés trop souvent par la routine des hôpitaux.

Les obstétriciens, défendant leur territoire, affirment que hôpitaux sont le seul endroit pour accoucher. Ils vont même parfois au tribunal pour essayer d'empêcher les mères d'accoucher à la maison avec des sages-femmes. Il n'y a pas de preuve statistique ou scientifique pour défendre cette position, au contraire. L'observation des dommages iatrogènes (causés par les médecins) infligés aux enfants, ainsi le simple sens, sont suffisants pour convaincre un juge impartial que l'endroit le plus sûr pour accoucher est sa propre maison.

La plupart des technologies les plus dangereuses employées ne sont pas à la disposition des médecins et des sages-femmes qui pratiquent des accouchements à domicile.  Cela réduit les risques d'interventions inutiles et dangereuses et vous donne l'assurance presque absolue de pouvoir mettre au monde votre bébé de façon naturelle.  Des procédés comme les ultrasons, le monitoring fœtal interne, l'utilisation excessive de sédatifs et d'agents anesthésiants, la provocation du travail et la tentation de pratiquer trop vite une césarienne sont largement évités quand vous mettez toutes les chances de votre côté et décidez d'accoucher chez vous !

Les obstétriciens travaillant dans les hôpitaux considèrent les naissances à domicile comme une imprudence, à cause des risques de complications. Mais ils n'ont même pas l'expérience leur permettant de distinguer les femmes «à risques», qui feraient effectivement  mieux d'accoucher à l'hôpital. Ils sont également incapables de faire face au moindre problème sans le secours de la technologie. Les médecins et sages-femmes qui accouchent les femmes à domicile savent identifier les mères qui peuvent sans crainte accoucher à la maison et conseiller aux autres d'aller à l'hôpital. Ils savent aussi prévoir les complications qui, loin des interventions hospitalières, sont très rares.

PROBLÈMES DES NAISSANCES A L'HÔPITAL

Vous devez être vigilants au cours de cinq périodes précises, pendant lesquelles les actes de votre médecin peuvent causer la naissance d'un enfant malformé, au cerveau lésé ou mentalement attardé.

Ces périodes sont le temps précédant la conception, les neuf mois de grossesse, le travail, l'accouchement et le séjour du nouveau-né à l'hôpital. Examinons-les successivement.

Avant la conception

Les médecins peuvent influencer la santé de votre enfant bien avant que vous ayez songé à le concevoir.

Par exemple, des malformations du fœtus et des retards mentaux peuvent être la conséquence d'une irradiation excessive de votre corps tout au long de votre vie.

L'effet des rayons X est cumulatif. Plus la femme est âgée, plus elle a eu d'occasions de subir des irradiations; le risque d'avoir un enfant mongolien augmente également. Les pères dont le sperme a été irradié peuvent de même donner naissance à des enfants malformés.

Évitez au maximum d'être exposés aux rayons X et d'y exposer vos enfants. Votre médecin et votre dentiste vont probablement minimiser les risques des radiographies qu'ils conseillent, mais ne croyez pas votre dentiste lorsqu'il vous dit que ces radiographies sont sans danger en raison du faible dosage. Même les faibles doses s'accumulent dans votre organisme tout au long de votre vie et peuvent causer des dommages à votre enfant.
Je conseille à mes patients de refuser toute radiographie, sauf si cette dernière est indispensable au diagnostic d'une maladie grave. Si votre enfant doit subir une radiographie, n'hésitez pas à exprimer votre réticence à votre médecin, même si c'est difficile. La santé de votre enfant est plus importante que la susceptibilité de votre médecin. Demandez que la radiographie soit faite au plus bas dosage possible. Demandez au médecin si les techniciens qui font le travail ont suivi une formation adéquate et si son appareil a été récemment révisé (afin que vous soyez assurés que le dosage est bien approprié). Veillez à ce que le technicien protège comme il se doit les organes génitaux de votre enfant.

N'oubliez jamais que les rayons X peuvent tuer. De nombreuses études ont montré qu'un nombre important de radiographies ont été effectuées aux Etats-Unis avec un équipement défectueux et un personnel mal qualifié. Pire encore, la plupart de ces radiographies n'étaient en fait pas utiles au diagnostic.

Vous affronterez un autre risque important si la conception suit de trop près une période de contraception par la pilule. Les femmes ayant utilisé ce type de contraception devraient attendre plusieurs mois avant d'avoir un enfant, car des malformations ont été décrites dans ces cas.

Précautions à prendre pendant la grossesse.

Les bébés qui courent les plus grands risques durant les premiers jours, les premières semaines et les premiers mois de leur vie sont les prématurés et les enfants de faible poids. Vous pouvez contribuer au développement normal de votre enfant en vous efforçant d'adopter une alimentation saine dès le moment de la conception.

Quand j'étais jeune, les médecins encourageaient les mères à « manger pour deux ». Les obstétriciens d'aujourd'hui se préoccupent de restreindre votre prise de poids. Il n'y a pas si longtemps, bien des obstétriciens ne toléraient guère plus qu'une de poids de cinq à sept kilos. Ces derniers temps, restrictions à votre appétit recommandées par les médecins se sont quelque peu adoucies, mais la plupart des médecins n'aiment pas que vous preniez plus de dix à douze kilos pendant votre grossesse. Cela est déjà plus raisonnable, mais le fait de limiter cette prise de poids n'a aucun sens. Au contraire, le fait que la mère restreigne son appétit peut diminuer le poids de son enfant à la naissance et menacer son développement et même sa survie.

Votre médecin essayera presque sûrement de restreindre votre prise de poids. Une commission gouvernementale a montré, en 1975, femme enceinte sur trois, aux Etats-Unis, souffrait de malnutrition - plus d'un million de femmes par année.  Certaines d'entre elles étaient mal nourries à cause de la pauvreté ou pour des raisons esthétiques d'ordre personnel, mais la plupart souffraient de malnutrition parce que leurs obstétriciens ne les laissaient pas manger suffisamment.  Dans ce cas, méfiez-vous, car si vous êtes mal nourries, votre enfant le sera aussi.

Votre souci majeur pendant la grossesse ne devrait pas être le nombre kilos que vous prenez, mais la qualité de votre alimentation. Votre médecin essayera de limiter votre appétit, sous prétexte de vous préparer ainsi à un accouchement plus facile ou de prévenir le développement d'une toxémie (Toxémie: symptômes d'intoxication générale de la femme enceinte. (N.d.T.)), complication la plus dangereuse de la grossesse.

Ces affirmations sont fausses, les études actuelles montrent que c'est, au contraire, la faible prise de poids qui favorise les difficultés d'accouchement et la toxémie. Les preuves se sont accumulées depuis un demi siècle: c'est la malnutrition maternelle, non l'excès de poids qui en est la cause, par un mauvais fonctionnement du foie lié aux carences alimentaires.

La plupart des femmes ont des difficultés à obéir aux restrictions de poids imposées par les médecins, surtout dans les deux derniers mois de la grossesse. C'est alors le plus mauvais moment pour diminuer son apport alimentaire. C'est le moment où l'enfant a le plus besoin d'être nourri, car il prend beaucoup de poids. C'est aussi la période cruciale du développement du cerveau. Si vous vous mettez au régime pour obéir à des ordres arbitraires, c'est aussi votre bébé que vous mettez au régime, mettant en danger sa vie et sa santé.

Mon conseil aux femmes enceintes est d'utiliser leur bon sens et de manger selon leur instinct. Rappelez-vous qu'un bébé de faible poids a trente fois plus de chances de mourir pendant le premier mois de sa vie qu'un enfant de poids normal. De plus, les enfants de faible poids sont souvent handicapés (retard mental, épilepsie, infirmité motrice, problèmes d'apprentissage ou de comportement).

Refusez également de prendre des diurétiques. Presque toutes les femmes enceintes ont, à un moment donné, une rétention d'eau, avec œdème des pieds ou des mains. C'est une situation normale et utile car ce liquide est en relation avec l'augmentation du volume sanguin, bénéfique pour vous et votre enfant. Beaucoup de médecins considèrent ces œdèmes comme une indication de toxémie et prescrivent des diurétiques. C'est une erreur dans la plupart des cas et le résultat peut être catastrophique.

On a démontré que la mortalité des enfants nés de mères ne présentant pas d'œdèmes était de 50% plus élevé que celle des enfants nés de mères ayant stocké de grandes quantités de liquide ! Un autre risque lié à la prise des diurétiques est l'hypotension, qui peut même aller jusqu'au choc hypovolémique  mortel ! (Choc hypovolémique: réaction causée par une perte brusque de liquides organiques (hémorragie, diarrhée...), (N.d.T.).)
 
Il est très probable que votre médecin vous déconseille fermement de fumer, de boire de l'alcool et de prendre des drogues pendant la grossesse. Il a raison et vous devriez l'écouter. Il est prouvé que même de petites quantités de ces substances peuvent être néfastes à l'enfant que vous attendez. Pour les mêmes raisons, ne prenez aucun médicament sans prescription pendant la grossesse (aspirine, médicament contre le rhume, etc.).

Malheureusement, votre médecin n'attirera pas votre attention sur les risques encore plus grands des médicaments prescrits sur ordonnance, des radiographies, ultrasons, amniocentèses, qui tous peuvent causer des dommages à l'enfant. Je vous conseille de vous renseigner à ce sujet dans des livres spécialisés.

Intervention pendant le travail et l'accouchement

Au début de ce chapitre, je vous ai conseillé d'envisager l'accouchement à domicile, pour éviter au maximum les interventions médicales potentiellement dangereuses pour votre enfant.

Il y a quelques années, le docteur Lewis E. Mehl, du Centre de développement des enfants de l'université de Wisconsin, a étudié 2000 naissances, dont près de la moitié avaient eu lieu à la maison. Les différences entre les deux groupes étaient étonnantes.

- on comptait 30 traumatismes à la naissance parmi les enfants nés dans les hôpitaux et aucun parmi ceux nés à la maison;

- 52% des bébés nés à l'hôpital eurent besoin d'être réanimés contre 14% de ceux nés à la maison;

- 6 bébés nés à l'hôpital souffrirent de problèmes neurologiques, contre un à la maison.

L'importance des interventions obstétricales dans les hôpitaux est consternante. Certaines techniques sont utiles lorsqu'elles sont appliquées à bon escient. Elles sont destinées aux urgences et deviennent dangereuses quand elles sont utilisées d'une façon routinière sur tous les patients.

Dans la plupart des hôpitaux, l'accouchement se caractérise par une succession d'interventions inutiles (monitoring interne et externe, goutte à goutte, analgésiants et anesthésiants, provocations, épisiotomies, césariennes).

Votre médecin risque de ne pas vous en parler: l'utilisation des ultrasons pour le monitoring fœtal ou pour tout autre but diagnostique pose des questions alarmantes auxquelles on ne peut répondre actuellement. C'est encore une autre manière pour l'obstétrique moderne de violer un des premiers principes d'Hippocrate: «d'abord ne pas nuire. »

Le monitoring fœtal externe est constitué de deux ceintures placées autour de votre abdomen et reliées à un appareil d'enregistrement. Une des ceintures est sensible à la pression et mesure la force et la fréquence de vos contractions. L'autre utilise des ultrasons pour surveiller l'état de l'enfant. Dans la plupart des hôpitaux, les médecins utilisent ces appareils « en routine» malgré une étude sur 70.000 grossesses qui ne trouva aucune différence de pronostic entre les femmes monitorisées ou non, et bien que d'autres études aient montré une augmentation de la mortalité chez les bébés qui avaient été monitorisés. Ces études suggèrent, au mieux, que le monitoring ne fait pas de bien et, au pire, qu'il être nocif.

Il n'existe pas de preuve absolue d'une relation entre l'utilisation des ultrasons et les troubles fœtaux.  Au contraire des rayons X, les ultrasons ne sont pas ionisants (modifiant les charges électriques de la matière) et les tenants de cette technique en déduisent qu'ils ne sont pas dangereux, ce qui n'est pas sûr. Je ne peux pas prouver que les ultrasons sont susceptibles de causer des troubles à votre enfant, mais le médecin qui les utilisent ne peut pas non plus prouver le contraire.

Alice Stewart, épidémiologiste anglaise, qui dirige l'Etude des cancers de l'enfance à Oxford, a parlé en 1983 de « nette suspicion» à propos d'enfants exposés aux ultrasons dans l'utérus et développant des leucémies et d'autres cancers dans une plus grande proportion que les enfants non exposés. Un rapport de l'Organisation Mondiale de la Santé demande que davantage de recherches soient effectuées sur les dangers de l'ultrason et que son utilisation ne soit pas généralisée (je souligne les passages importants):

« Il est particulièrement difficile d'étudier les effets des ultrasons chez l'être humain. La période de latence peut atteindre 20 ans dans le cas de développement de cancers et les effets ne peuvent même n'être visibles que dans la génération suivante... Le fœtus humain est sensible aux formes de radiations et peut donc bien également être sensible aux ultrasons... Les études sur les animaux appellent à des études sur l'être humain dans les domaines neurologique, immunologique et hématologique. Chez l'animal de laboratoire, des malformations congénitales ont été décrites lorsque l'exposition aux ultrasons avait coïncidé avec la période d'organogenèse. Mais ces études sur l'animal n'ont pas été faites chez l' homme, où elles devraient l'être d'une façon complète... »

« Le bénéfice que la mère et l'enfant retirent de l'utilisation des ultrasons n'est pas clair à ce jour et des études doivent être entreprises; si le monitoring n'amène aucun bénéfice, il n'y a pas de raison de l'utiliser, car il augmente les coûts de la médecine et peut-être ses risques.»

Si votre médecin insiste pour utiliser les les ultrasons, que pouvez-vous faire? Je vous suggère de lui demander les preuves scientifiques de la nécessité de cet examen, du bénéfice que vous et votre enfant allez en retirer et de son innocuité dans les vingt ans à venir...

Il lui sera difficile de ne pas respecter votre désir de garanties, mais il sera incapable de  vous fournir ces preuves, car elles n'existent pas. Peut-être se décidera-t-il à faire ce qu'il aurait dû faire dès le début: oublier sa machine et utiliser son stéthoscope.

Si vous attendez un enfant, je vous conseille d'étudier soigneusement ces questions. Je fus ravi lorsque deux de mes propres filles décidèrent d'accoucher chez elles. Mes petits-enfants sont en excellente santé et magnifiques!

Si vous n'êtes pas prête à accoucher à domicile, soyez sur vos gardes en milieu hospitalier. En appliquant ce que vous avez lu dans ce chapitre et dans d'autres livres, vous devriez être capable d'éviter pour vous et votre enfant la plupart des risques que j'ai décrits.

Dangers guettant votre enfant dans la pouponnière

Bien que la pression de l'opinion ait amené des améliorations dans certains hôpitaux, votre bébé a de grandes chances d'être emmené en pouponnière rapidement après sa naissance. Il subira un certain nombre d'actes de routine (certains d'entre eux obligatoires dans la plupart des États) et restera probablement là, à pleurer pendant au moins quatre heures. Seulement ensuite pourrez-vous lui donner le sein ou le biberon, si tel est votre choix.

Votre obstétricien sera prompt à donner à votre nouveau-né son baptême du feu dans le domaine des médicaments en glissant quelques gouttes de nitrate d'argent sous ses paupières. Ce traitement a pour but de prévenir la transmission de la gonorrhée, en partant de l'idée absolument ridicule que toutes les mères sont présumées atteintes et qu'elles peuvent la transmettre lors de l'accouchement.

Les médecins rejettent l'idée de rechercher la maladie chez la mère, car les résultats ne sont pas fiables à 100%. Cela n'a pas de sens, car le nitrate d'argent n'est pas davantage efficace à 100%! La discussion reste ouverte, mais si jamais votre enfant développait une infection des yeux due aux gonocoques, le problème pourrait être facilement maîtrisé par les antibiotiques.

L'utilisation du nitrate d'argent avait un sens avant les antibiotiques. Elle est donc inutile aujourd'hui, mais lourde de conséquences: le nitrate d'argent produit une conjonctivite chimique chez 30 à 50% des bébés qui le reçoivent. Leurs yeux se remplissent de pus qui les empêchent de voir pendant la première semaine de leur vie. Personne ne connaît les conséquences psychologiques à long terme de cette cécité temporaire. Le traitement peut aussi conduire à la non-perméabilité des canaux lacrymaux, nécessitant ensuite une intervention chirurgicale délicate pour corriger un problème causé par un acte absurde. Enfin, certains médecins (dont moi-même) pensent que le nombre important de myopies et d'astigmatismes aux Etats-Unis pourrait être une conséquence de l'instillation d'un agent caustique dans les yeux délicats des nouveau-nés.

Dans certains États, les médecins remplacent le nitrate d'argent par des antibiotiques, bien qu'il n'existe aucune preuve de l'efficacité de cette prophylaxie. Le danger du nitrate d'argent est ainsi écarté, mais c'est le premier exemple d'un usage sans discernement des antibiotiques, certainement pas le dernier dans la vie de votre enfant! Beaucoup de médecins prescrivent des injections de pénicilline aux bébés, dans l'idée de prévenir les infections fréquentes en pouponnière. L'utilisation d'antibiotiques contribuant à la possibilité d'allergie plus tard, devrait être évité, sauf si le traitement est vraiment utile. Chez certains enfants, il ne faut pas exclure la possibilité d'un choc allergique.

Quand votre bébé arrive à la pouponnière, il sera immédiatement baigné et il est fort probable que l'infirmière utilisera du savon à l'hexachlorophène. On sait depuis de nombreuses années que l'hexachlorophène passe à travers la peau et peut causer des problèmes neurologiques chez les bébés, mais les maternités continuent à l'utiliser dans l'espoir d'éviter les épidémies dans leurs pouponnières pleines de germes hospitaliers.

Or ces bains antiseptiques ne sont pas plus utiles que des bains d'eau du robinet! Dans cinq études très sérieuses, sur 150 nouveau-nés, 25 bébés furent baignés avec quatre antiseptiques différents et 50 avec de l'eau ordinaire. Après le bain initial, ainsi qu'au troisième et au cinquième jour, on trouve exactement les mêmes résultats bactériologiques chez tous les enfants.

Un autre acte que votre nouveau-né subira est le test de Guthrie. Obligatoire dans la plupart des États, ce test recherche si le bébé est victime d'une forme très rare de retard mental, la phénylcétonurie, causée par une déficience enzymatique qui touche moins d'un enfant sur 100.000.

Ce test n'est pas dangereux en lui-même, mais il peut créer une porte d'entrée à travers la peau pour les nombreuses bactéries présentes dans les pouponnières hospitalières. Le problème commence avec les résultats du test qui est peu fiable et présente nombreux «faux positifs ». Si on fait chez votre enfant le diagnostic de phénylcétonurie, il sera mis à un régime strict composé de substituts protéiniques qui ont un goût exécrable et qui risquent de provoquer chez lui une obésité. Les médecins ne sont pas d'accord sur la longueur du traitement, leur opinion la faisant varier de trois ans à la vie entière ! la plupart des médecins qui diagnostiquent cette maladie interdisent l'allaitement au sein.

Je trouve ridicule de condamner des enfants à un régime désagréable basé sur un test qui peut être faux, pour une maladie excessivement rare, alors que ce régime lui-même est encore discuté. En 1977, des instituts spécialisés aux Etats-Unis, en Australie, en Angleterre et en Allemagne ont révélé que certains enfants phénylcétonuriques souffraient de problèmes neurologiques progressifs « même si leur maladie avait été diagnostiquée très tôt et que le traitement par le régime avait été établi immédiatement.»  Tous ces enfants, à l' étiquette «phénylcétonurie atypique », maladie différente de la forme classique, sont morts.

Sauf s'il existe une histoire de phénylcétonurie dans votre famille, je vous conseille d'éviter le test et d'allaiter votre enfant, ce que je pense être de toute manière, le meilleur traitement de cette maladie.  Si on vous impose le test et qu'il est positif, demandez qu'il soit répété deux semaines plus tard. S'il est toujours positif, exigez qu'on détermine s'il s'agit de la forme classique ou atypique de maladie. Enfin insistez sur l'allaitement maternel qui est la meilleure protection globale que votre enfant puisse recevoir.

Si le second test est négatif, ne vous tracassez pas pendant des années en vous demandant si le premier était juste! Une des conséquences de toutes les formes d'examen de masse est le traumatisme émotionnel des parents en face d'un faux positif. Plus d'une mère m'a demandé des années plus tard, à propos d'un retard de développement : « Pensez-vous que cela puisse être la phénylcétonurie ? » Le même phénomène se produit lorsqu'un pédiatre dit à un parent que l'enfant a « un petit souffle au cœur ». Cette phrase peut paraître effrayante, mais ne devrait vous causer aucun souci.  Bien des enfants ont des souffles au cœur qui ne sont jamais que des signes inoffensifs s'il n'y a pas d'autres symptômes.

La liste des maladies rares pour lesquelles des examens obligatoires de tous les nouveau-nés sont pratiqués augmente chaque année et elle varie d'État en État. Ce sont les médecins qui proposent les lois dans ce domaine et, à mon sens, ce sont également eux qui en bénéficient.  Il est ridicule d'exposer tous les enfants et leurs parents aux risques physiques et émotionnels causés par la détection de masse de maladies excessivement rares.

Un autre danger des pouponnières est l'utilisation des lampes pour traiter la jaunisse des nouveau-nés.  La jaunisse est très fréquente dans les premiers jours de la vie et il y a 30 à 50% de chances pour que votre bébé présente une jaunisse discrète; les interventions obstétricales en augmentent la probabilité.

Chaque génération de médecins crée de nouvelles interventions qui elles-mêmes créent des problèmes ne pouvant être résolus que par d'autres interventions. Presque tout ce que subit une mère, quand elle accouche à l'hôpital (analgésie, anesthésie, provocation, médicaments), augmente le risque de jaunisse pour son enfant.

La plupart des médecins donnent d'une façon routinière de la vitamine K aux nouveau-nés parce qu'ils ont appris que les bébés naissent avec une déficience en cette vitamine, (indispensable à la coagulation du sang). Cela n'a pas de sens et n'est vrai que si la mère souffre de malnutrition sévère. La vitamine K administrée au nouveau-né peut avoir comme conséquence une jaunisse qui incitera le pédiatre à «mettre le bébé sous la lampe» (photothérapie). Ces lampes exposent l'enfant à une douzaine de risques bien connus qui exigeront un traitement et pourront même laisser des séquelles pour la vie. La bilirubine est un pigment biliaire qui, s'il se trouve en trop grande quantité dans la circulation sanguine, peut causer des dommages au cerveau de l'enfant. La bilirubine vient du métabolisme normal des globules rouges. C'est seulement lorsque la jaunisse est très intense dans les premiers jours de la vie qu'elle peut être grave. Due, le plus souvent, à une sensibilisation rhésus, on doit alors la traiter avec les lampes à bilirubine ou des exsanguino-transfusions (technique par laquelle le sang de votre enfant est remplacé par un sang non contaminé par la bilirubine). La lumière bleue fournie par les lampes (ou par le rayonnement naturel du soleil) oxyde la bilirubine plus rapidement afin qu'elle puisse être excrétée par le foie.

Si la jaunisse n'apparaît pas le premier jour de la vie, le risque du traitement est probablement plus grand que ses bénéfices. La bilirubine est excrétée spontanément et vous pouvez hâter ce processus en exposant votre enfant à la lumière du jour. Les médecins, cependant, insistent en général pour utiliser les lampes et la santé de votre enfant est donc mise en danger par l'utilisation d'une technique discutable pour traiter une affection bénigne. Des autorités médicales ont signalé que la photothérapie peut être rendue responsable d'une augmentation de la mortalité, en particulier chez les bébés de faible poids, à cause de problèmes pulmonaires et d'hémorragies. On a aussi décrit des morts de bébés qui avaient aspiré des compresses placées sur leurs yeux pour les protéger de la lumière.

Votre médecin vous assurera probablement que le traitement avec les lampes à bilirubine est absolument sûr, mais personne ne sait actuellement quels en sont les effets à long terme, et toute une série d'effets à court terme ont déjà été décrits (parmi ceux-ci: l'irritabilité, l'apathie, la diarrhée, la déficience en lactase, l'irritation intestinale, la déshydratation, des problèmes alimentaires, la déficience en riboflavine, des troubles de l'équilibre bilirubine-albumine, des problèmes visuels, affectant peut-être le contact avec les parents et des effets sur l'acide désoxyribonucléique) .

Si à cause d'une césarienne abusive, d'un contrôle excessif de votre poids pendant la grossesse - ou pour d'autres raisons - vous avez un bébé de faible poids, il vous faudra lutter contre le traitement qu'il recevra au service de soins intensifs. Les médecins et les hôpitaux sont excessivement fiers de ces services et de toute la magie technologique qu'ils comportent, alors qu'il n'existe aucune preuve que tout cela soit bénéfique aux enfants. Aux soins intensifs, l'enfant est séparé de tous et placé sous le chauffage électrique par lequel certains bébés ont été parfois brûlés. Le plus grave, pourtant, peut venir de l'oxygène.

Un trop fort pourcentage d'oxygène dans l'incubateur de votre enfant prématuré peut avoir comme conséquence une maladie connue comme fibroplasie rétrolentale, une des causes les plus fréquentes des cécités chez l'enfant. Pour l'éviter, le taux d'oxygène de votre bébé sera surveillé de près sur des échantillons de son sang, ce qui produira peut-être une affection connue sous le nom d'anémie iatrogène. Une intervention en appelant une autre, votre bébé aura alors peut-être besoin d'une transfusion, ce qui l'expose au risque de contracter une hépatite sérique ou le sida.

Si votre enfant est placé sous oxygène, dites à votre médecin que vous connaissez ces risques et que vous êtes inquiet. Votre attitude augmentera peut-être la prudence du personnel médical.

CIRCONCISION ET AUTRES OPÉRATIONS CHIRURGICALES INUTILES

Il n'est pas rare, si votre bébé est garçon, que votre médecin recommande la circoncision. Près d'un million et demi de circoncisions sont pratiquées chaque année, ce qui représente 80% des enfants mâles nés aux Etats-Unis. Si cette opération n'est pas pratiquée pour raisons religieuses, elle est absolument injustifiée et potentiellement dangereuse.

Chaque génération de médecins a trouvé une nouvelle excuse pour pratiquer la circoncision, malgré la réserve de l'Académie américaine de pédiatrie: « Il n'existe aucune indication médicale absolue pour circoncire les nouveau-nés. » Si votre médecin veut que votre garçon nouveau-né soit circoncis, demandez-lui pourquoi il veut l'exposer à douleur, au risque d'infection ou d'hémorragie, ou même à un risque mortel, conséquence d'une opération chirurgicale sans justification médicale.

Deux autres opérations fréquentes sont souvent pratiquées quelque temps après la naissance.

La première est la hernie ombilicale, petit défaut dans le muscle abdominal qui amène le contenu abdominal à faire saillie. Cette affection est assez fréquente et se guérit d'elle-même, le plus souvent, dans la première année de la vie. De toutes manières, n'opérez pas votre enfant avant trois ou même cinq ans, jusqu'à cet âge, une correction spontanée est encore possible.

Votre petit garçon peut aussi naître avec un testicule non descendu (cryptorchidie), et votre médecin vous conseillera peut-être de l'opérer rapidement, mais le bien-fondé de cette opération est douteux. Certains médecins pensent qu'il faut opérer à cause du danger de cancer. Ce serait une bonne raison si la mortalité chirurgicale n'était pas plus élevé que la mortalité potentielle due à un cancer du testicule. Il est donc plus sage de s'abstenir. En revanche, si votre enfant a les deux testicules non descendus, il faut envisager sérieusement l'intervention, car la stérilité est pratiquement inévitable.

Dans ce chapitre, j'ai essayé de vous parler de tous les risques que vous et votre enfant courez si vous accouchez à l'hôpital. Je n'ai parlé là que des dangers immédiats. Il y a d'autres risques, psychologiques et nutritionnels, dus à la séparation d'avec votre enfant et aux difficultés de l'allaitement dans les hôpitaux. J'en parlerai plus loin.

 

Du chapitre : les références de l'auteur


On trouvera de plus amples renseignements sur les dangers de la malnutrition pendant la grossesse dans: What Every Pregnant Woman Should Know: The Truth About Diets and Pregnancy, par Gail S. Brewer et Tom Brewer, M.D., Random House, 1977.

On trouvera l'étude du docteur Lewis Mehl sur les résultats statistiques des naissances à domicile aux Etats-Unis dans Safe Alternatives in Childbirth par David Stewart, Ph.D., NAPSAC, Marble Hill, MO. 1976.

A propos de la sécurité et de la valeur du diagnostic par ultrasons, voir Ultrasound, dans Environmental Health Criteria Report N° 22, OMS, Genève, 1982. Voir aussi l'article de Philip M. Boffey, «Safe Form of Radiation Arouses New Worry », The New York Times, 2 août 1983.

Pour la conjonctivite chimique chez les nouveau-nés traités au nitrate d'argent, voir Merck Manual, 14e édition, publiée par Merck, Sharp & Dohme.

Les dangers et effets secondaires de l'exposition de nouveau-nés aux lampes à bilirubine ont été décrits en 1979 par le docteur James Sidbury, directeur scientifique du National lnstitute of Child Health and Human Development, Bethesda, MD. Voir aussi: Yearbook of Pediatries, 1977 et 1978, édité par Sidney S. Gellis, M.D.

La folie d'exposer des nouveau-nés aux risques des bains à l'hexachlorophène a été dénoncée par le docteur N. M. Kanof, président de l'Association médicale américaine pour la santé de la peau et les cosmétiques dans le Journal of the American Medical Association (lAMA), 1972, vol. 220, page 409 : « Il ne semble pas qu'il y ait besoin d'utiliser un quelconque agent antibactérien pour désinfecter la peau des nouveau-nés normaux. Les épidémies dans les pouponnières peuvent être maîtrisées par l'utilisation d'agents désinfectants sur l'équipement et le personnel des salles d'accouchements - les sources d'infections ».

L'administration systématique de vitamine K aux nouveau-nés a été critiquée par les docteurs J.M. Van Doorm, A.D. Muller et H.C. Hemker dans The Lancet, 17 avril 1977 : 
« Notre conclusion est que les bébés normaux, au contraire de ce que l'on croit habituellement, ne risquent pas de manquer de vitamine K. D'après nos résultats, l'administration de vitamine K au pas justifiée... ».

L'impact négatif des compléments de lait artificiel sur l'allaitement au sein est décrit par le docteur Nelson dans Textbook of Pediatries, 6e édition, à la page 117 : « On insiste beaucoup trop sur le gain de poids journalier. Si, pour atteindre ce but erroné on donne à l'enfant des suppléments de lait artificiel, on met gravement en danger le succès de l'allaitement maternel, puisqu'un enfant a d'habitude plus de facilité à boire au biberon qu'au sein ».

De nombreuses études montrent que le contact immédiat avec peau de la mère après la naissance est aussi efficace ou plus efficace que des chauffages artificiels.  On peut citer l'étude de Hill et Shronk, Journal of Obstetrics, sept/oct. 1972, ainsi que celle de J. Fardig, « A Comparison Skin to Skin Conract and radiant Heanters in Promoting Neonatal Thermoregulation ». journal of Nurse/Midwifery, janv./fév. 198O.

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