Des enfants sains ... même sans médecin (Dr R. Mendelsohn) : 

 

Chapitre 7

 

La FIEVRE : défense du corps contre la maladie

 

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La fièvre de votre enfant vous inquiète-t-elle, au point de vous précipiter sur le téléphone pour appeler le médecin ?  Beaucoup de parents agissent ainsi, car les professionnels de la médecine - médecins et infirmières - leur ont fait croire que toutes les fièvres sont dangereuses.  Les médecins ont aussi appuyé l'idée erronée selon laquelle l'importance de la fièvre de l'enfant serait un signe de la gravité de sa maladie.  C'est pourquoi la fièvre est le symptôme qui amène au pédiatre environ 30% de ses patients.

La première question de votre pédiatre, au téléphone, est presque toujours : "Avez-vous pris sa température ?"  Que vous lui répondiez 38 ou 40°, il va probablement vous dire de donner une aspirine à l'enfant et de le lui amener.  Tel est le rituel chez presque tous les pédiatres.  

Certains d'entre eux vous diraient sans doute la même chose, machinalement, si vous annonciez une température de 45° !  Pour moi, le pédiatre pose une mauvaise question et donne un mauvais conseil.  Il se préoccupe de la fièvre comme si elle était dangereuse en elle-même.  En prescrivant de l'aspirine, il nous amène à la conclusion logique qu'il est nécessaire et souhaitable de traiter votre enfant avec des médicaments pour faire baisser sa fièvre.

La comédie continue quand vous amenez votre enfant à son cabinet.  Dans la plupart des cas, l'infirmière commence par prendre sa température et par l'inscrire dans son dossier.  Rien de mal à cela.  Une température élevée est un élément de diagnostic qui peut être important.  Mais, trop souvent, on donne une importance excessive à la fièvre.  Quand le médecin arrive et consulte le dossier, il prend un air soucieux et dit gravement : "39° de fièvre ... il faut faire quelque chose !"

C'est ridicule - faux et ridicule - car la fièvre par elle-même ne justifie pas son intervention.  En l'absence d'autres symptômes qui pourraient faire soupçonner une grave maladie, comme une diphtérie ou une méningite (agitation, comportement anormal, difficultés respiratoires ou autres), votre médecin devrait vous dire de ne pas vous inquiéter et vous renvoyer chez vous.

Si vous vous souvenez de certains principes de base sur la fièvre, vous vous éviterez beaucoup d'angoisse et votre enfant évitera des examens, des radiographies et des médicaments inutiles et potentiellement dangereux.  Ce sont des vérités que chaque médecin devrait connaître, mais que beaucoup d'entre eux paraissent ignorer.

Principe numéro 1 : 37° n'est pas une température "normale" pour tout le monde.

On nous l'a répété toute notre vie, mais ce n'est simplement pas vrai.  Cette température standard n'est qu'une moyenne statistique dont chacun peut s'écarter, particulièrement les enfants. Des études sérieuses sur des enfants en bonne santé montrent des températures "normales" de 35,5 à 39°.

La température de votre enfant change aussi selon le moment de la journée.  Elle sera probablement plus élevée d'un degré en fin d'après-midi qu'au petit matin.

Principe numéro 2 : La température de votre enfant peut s'élever pour des raisons qui n'ont rien à voir avec la maladie.

La température peut monter pendant la digestion d'un repas lourd, ou alors de l'ovulation chez les adolescentes pubères.  Elle est parfois un effet secondaire de médicaments (antihistaminiques * ou autres).

Principe numéro 3 : Les fièvres dont vous devez vous préoccuper proviennent en général d'une cause facile à déterminer.

La plupart des fièvres graves sont le résultat d'un empoisonnement, d'une exposition à une substance toxique dans l'environnement ou à des facteurs susceptibles de provoquer "un coup de chaleur".  Vous avez probablement vu vous-même, où à la télévision, le soldat qui s'écroule sur le champs de parade ou le coureur de marathon qui tombe, parce qu'ils se sont épuisés sous un soleil torride.  Des températures de 42° ou d'avantage, peuvent dans ces cas causer des dommages durables dans l'organisme ; le risque est le même d'ailleurs si l'on reste trop longtemps dans un sauna.

Si vous pensez que votre enfant a avalé un poison, appelez immédiatement le centre antipoison.  Si vous ne pouvez pas l'atteindre, n'attendez pas et conduisez d'urgence votre enfant à l'hôpital en prenant si possible l'emballage du produit avec vous, ce qui aidera à déterminer l'antidote approprié.  La plupart du temps, la substance avalée sera peu toxique mais, dans le cas contraire, vous vous féliciterez d'avoir cherché de l'aide rapidement.

Un traitement immédiat est également indispensable si votre enfant perd conscience - même un bref instant - après une exposition au soleil torride ou après un sauna.  N'appelez pas le médecin, mais conduisez d'urgence l'enfant à l'hôpital.  Une chaleur extérieure très élevée peut perturber les mécanismes de régulation de la température de l'organisme et causer des fièvres dangereuses, heureusement très rares.

Principe numéro 4 : La température dépend de la manière dont elle est prise.

Les températures rectales des grands enfants sont d'habitude d'un demi-degré plus hautes que les températures prises dans la bouche et les températures prises sous l'aisselle d'un demi-degré plus bas.  Chez les bébés il y a moins de variations.  Par conséquent une prise sous l'aisselle est tout à fait suffisante pour déterminer la température d'un nouveau-né.  Le thermomètre rectal est inutile.  Évitez-le donc et vous éviterez le danger d'une perforation rectale, accident rare dû parfois au thermomètre.  Je mentionne ce risque parce que les perforations rectales sont fatales dans un cas sur deux.  s'il est inutile de prendre la température de cette manière, pourquoi exposer votre enfant à un danger ?

Enfin, ne pensez pas pouvoir apprécier la température de votre enfant en plaçant votre main sur sa poitrine ou sur son front.  On a démontré que ni les professionnels qualifié, ni les parents ne peuvent le faire sans se tromper.

Principe numéro 5 : quand je conseille de ne pas traiter la fièvre en soi, je fais une exception pour les nouveau-nés.

Les nouveau-nés peuvent souffrir d'infections dues aux interventions obstétricales, à des conditions prénatales ou héréditaires, ou à des événements suivant de près la naissance. Ils peuvent souffrir d'abcès du cuir chevelu après un monitoring fœtal interne ou d'une pneumonie par aspiration du liquide amniotique, due souvent aux médicaments que la mère a reçu pendant le travail.  Ils peuvent également souffrir d'infections à la suite d'une circoncision ou s'infecter à partir des millions de germes qui grouillent à l'hôpital (c'est une des raisons pour lesquelles tous mes petits-enfants sont nés à la maison !).  La prudence exige que vous ameniez chez le médecin votre nouveau-né s'il présente de la fièvre dans les premiers mois de sa vie.

Principe numéro 6 : si votre bébé a de la fièvre, assurez-vous qu'il ne soit pas trop habillé.

Les parents ont souvent peur que leur enfant - surtout le premier - n'ait pas assez chaud.  Ils l'emballent dans plusieurs couches de vêtements et de couvertures, oubliant que les bébés sont incapables de se déshabiller et de rejeter les couvertures s'ils ont trop chaud.  On peut ainsi provoquer une fièvre.  Si votre bébé a déjà de la température et que vous réagissiez en l'enveloppant dans des duvets, vous allez simplement forcer sa température à monter encore.  Une règle toute simple que je suggère à mes patients est d'habiller leur bébé d'autant de vêtements qu'ils en porteraient eux-mêmes pour se sentir à l'aise.

Principe numéro 7 : la plupart des fièvres sont causées par des infections virales et bactériennes contre lesquelles l'organisme est capable de se défendre lui-même sans aucune aide médicale.

Le rhume et la grippe sont les plus fréquentes causes de fièvre chez les enfants de tous âges, fièvre qui peut dépasser 40° sans que ce soit nécessairement alarmant. Le seul risque est la déshydratation excessive, d'une respiration rapide, de la toux, du rhume, des vomissements ou des diarrhées.  On évite la déshydratation en donnant au malade une grande quantité de liquides, par exemple vingt centilitres par heure, de préférence des liquides de bonne valeur nutritive, peu importe lesquels.  Donnez donc à votre enfant ce qu'il préfère : jus de fruits, tisanes ou autres boissons.

Dans la plupart des cas, vous comprendrez - par les symptômes d'accompagnement typique : toux, rhume, conjonctivite - que la fièvre est causée par une infection virale ou bactérienne.  Il n'est absolument pas utile d'appeler le médecin, ni de donner quelques médicament que ce soit s'il n'y a aucun autre symptôme.  Aucun médicament n'agira mieux sur une infection de ce type que les défenses naturelles de l'organisme.  Les médicaments symptomatiques (destinés à améliorer les symptômes) peuvent empêcher l'organisme de se guérir lui-même.  Les antibiotiques peuvent raccourcir la durée d'une infection bactérienne, mais les risques sont plus grands que le bénéfice escompté.

Principe numéro 8 : il n'y a aucune relation entre l'élévation de la température de l'enfant et la gravité de la maladie.

Selon certaines études, plus de la moitié des parents considèrent qu'une fièvre est "élevée" entre 38 et 39° et presque tous pensent qu'elle est "très élevée" autour de 39,5°.  Ces parents sont également convaincus que la gravité de la maladie est proportionnelle à l'élévation de la température, ce qui est totalement faux.  La température ne donne aucune indication sur la gravité de la maladie si la fièvre est due à une infection virale ou bactérienne.  Si la fièvre de votre enfant est due à une infection, il est absolument inutile de tourner autour de lui en prenant sa température toutes les heures.

Des maladies fréquentes et bénignes, telle la rougeole, produisent chez certains enfants des températures très élevées, tandis que des maladies bien plus graves peuvent ne produire aucune fièvre.  Si la fièvre - même 40° - n'est accompagnée d'aucun symptôme inquiétant, comme des vomissements ou des difficultés respiratoires, ne vous faites pas de soucis.

L'aspect général et le comportement de votre enfant vous diront si la fièvre est due à une infection banale, comme un rhume, ou à une maladie grave, comme une méningite.  en ce domaine, votre jugement est meilleur que celui de votre médecin, car vous connaissez mieux votre enfant.  S'il est agité, confus ou présente n'importe quel comportement anormal pendant plus d'une journée, appelez votre médecin.  Si, au contraire, il est actif, joue et se comporte normalement, vous n'avez rien à craindre.

De temps en temps, je vois dans un journal de pédiatrie un article sur "la phobie de la fièvre", terme utilisé par les médecins pour décrire la peur "irraisonnée" que certains parents ont de la fièvre.  Cette manière de "culpabiliser la victime" est typique de ma profession.  Les médecins ne commettent aucune erreur ; c'est toujours la faute des patients.  Pour moi, la "phobie de la fièvre" est d'abord une maladie des pédiatres ; les parents en sont victimes et les médecins responsables.

Principe numéro 9 : sans traitement, les températures dues à des infections virales et bactériennes cessent spontanément de s'élever et ne dépassent pas 41°.

Les médecins vous rendent un très mauvais service - à vous et à votre enfant - en prescrivant des médicaments pour faire baisser la fièvre.  Ils vous confirment dans la peur d'une augmentation de température et oublient de vous dire que la lutte contre cette température n'a aucune influence sur la guérison de la maladie et qu'une température due à une infection ne dépasse jamais 41°.

Ce n'est que dans les cas de coup de chaleur, d'empoisonnement  ou d'autres causes externes que le mécanisme de régulation de la température de l'organisme est perturbé et c'est dans ces cas seulement que la température peut dépasser 41°.  Les médecins le savent, mais la plupart d'entre eux se conduisent comme s'ils l'ignoraient.  Je pense qu'ils essayent de vous faire croire qu'ils ont fait quelque chose pour aider votre enfant.  Ils trahissent en plus leur tendance à intervenir en toute occasion sans reconnaître qu'il existe des maladies pour lesquelles ils n'ont pas de traitement efficace.  Sauf lorsqu'il s'agit de maladies en phase terminale, est-il fréquent d'entendre les médecins dire aux patients : "Je ne peux rien faire" ?

Principe numéro 10 : il n'est pas seulement inutile de faire baisser la température avec des médicaments ou des bains : c'est également entraver la guérison.

Lorsque votre enfant a une maladie infectieuse, la fièvre qui l'accompagne n'est pas un problème, mais au contraire, une bénédiction.  Le corps produit spontanément des pyrogènes qui augmentent sa température : c'est un mécanisme naturel de défense contre la maladie.  La présence de la fièvre vous assure que les mécanismes de défenses du corps fonctionnent bien.

Voici le processus : lorsqu'une infection se développe, l'organisme y répond en fabriquant des globules blanc (leucocytes) qui détruisent les bactéries et les virus et font disparaître du corps les tissus et les matériaux indésirables. L'activité de ces globules augmentent aussi et ils se précipitent vers le siège de l'infection.  Ce phénomène est stimulé par les pyrogènes, d'où la fièvre, qui participe donc au processus de guérison, dont il faut se réjouir au lieu de s'inquiéter.

D'autres phénomènes se produisent également : le fer (que beaucoup de bactéries utilisent pour leur croissance) diminue dans le sang pour se stocker dans le foie, ce qui réduit la rapidité de multiplication des bactéries ; l'interféron, substance produite naturellement par le corps en réponse aux maladies, devient également plus efficace.

On a produit chez l'animal de laboratoire des fièvres artificielles pour étudier ces mécanismes ; les animaux infectés meurent dans de moins grandes proportions si leur température est élevée que si on la baisse artificiellement.  On a même utilisé depuis de nombreuses années chez l'être humain des températures produites artificiellement pour traiter des maladies qui, d'elles-mêmes, ne sont pas accompagnées de fièvre.

Si, à la suite d'une maladie infectieuse, votre enfant a la fièvre, résistez à la tentation de la faire baisser. Si votre cœur de parent vous pousse à agir pour le confort de votre enfant, épongez-le avec de l'eau tiède ou donnez-lui de l'acétaminophène (paracétamol) au dosage conseillé pour son âge.  Ne faites rien de plus, sauf si la fièvre persiste plus de trois jours, si d'autres symptômes apparaissent ou si votre enfant a réellement l'air malade.  Dans ces cas, voyez un médecin.

J'insiste sur le fait qu'en abaissant la température pour le confort de votre enfant, vous empêchez le processus naturel de guérison.  Je sais, cependant, que certains parents ne pourront s'abstenir de le faire. Il est alors préférable d'utiliser des bains ou des enveloppements au lieu de médicaments, à cause des risques de ces derniers. Bien qu'ils soient très fréquemment utilisés, les fébrifuges ne sont pas sans danger.  L'aspirine cause probablement plus d'empoisonnements d'enfants chaque année que toute autre substance toxique.  La mort-aux-rats est fabriquée à base d'une forme d'acide salicylique ... provoquant une hémorragie interne chez les rats ...

L'aspirine peut provoquer une grande variété d'effets secondaires chez les enfants et les adultes, dont l'hémorragie intestinale est un des plus graves.  Son usage a été associé au syndrome de Reye, lorsqu'elle est administrée à des enfants souffrant de grippe ou de varicelle.  Le syndrome de Reye est une maladie souvent fatale qui touche le cerveau et le foie des enfants, et c'est l'une des raisons pour lesquelles beaucoup de médecins préfèrent maintenant prescrire de l'acétaminophène.  Le problème n'est pas réellement résolu de cette manière, car un surdosage de ce produit entraîne des effets toxiques sur le foie et les reins.

Il faut noter ici également que des bébés nés de femmes ayant pris de l'aspirine pendant l'accouchement présentent parfois un céphalhématome (bosse pleine de sang sur la tête).

Si vous ne pouvez pas vous abstenir d'éponger votre enfant pour faire baisser sa température, utilisez de l'eau tiède et non de l'eau froide, ni de l'alcool.  La baisse de la fièvre est causée par l'évaporation, pas la température de l'eau.  Il n'y a donc aucun avantage à utiliser de l'eau froide, désagréable pour votre enfant.  N'utilisez pas d'alcool, qui n'est pas plus efficace que l'eau tiède et dont les émanations peuvent être toxiques pour un petit enfant.

Principe numéro 11 : Les fièvres dues aux infections virales et bactériennes ne peuvent pas causer de dommages permanents au cerveau ni à l'organisme de votre enfant.

Oubliez tout ce qu'on vous a raconté sur la fièvre.  Je vous assure que le rhume, la grippe ou toute autre infection ne peuvent pas produire chez votre enfant de fièvre supérieure à 41° et qu'en dessous de ce chiffre, aucune fièvre ne cause de dommage durables.

N'ayez crainte, les défenses naturelles de votre enfant veilleront à limiter sa température.  Je doute que beaucoup de pédiatres aient vu, dans toute leur carrière, plus d'un ou deux cas de fièvre à plus de 41°.  Ces fièvres n'étaient pas dues à des infections, mais bien à des empoisonnements ou à des coups de chaleur.  J'ai traité des dizaines de milliers d'enfants et je n'ai observé qu'un cas de fièvre dépassant 41°.  Rien d'étonnant à cela, car on estime que 95 des fièvres des enfants n'atteignent même pas 40,5°.

Principe numéro 12 : ce n'est pas la température élevée qui cause les convulsions, mais l'élévation rapide de la température.

Beaucoup de parents ont peur des fièvres parce qu'ils ont été témoins de convulsions et craignent pour leur enfant si sa température monte "trop haut".  Je sympathise entièrement, car je sais que le spectacle d'un enfant pris de convulsions est très effrayant.  Vous me croirez peut-être difficilement si je dis que c'est rarement grave.  C'est aussi assez peu fréquent : on estime que 4% des enfants très fébriles présentent des convulsions et il n'existe aucune preuve que ceux qui convulsent aient ensuite des séquelles importantes.  Une étude portant sur 1706 enfants ayant présenté des convulsions fébriles n'a recensé aucune mort, ni aucun problème de motricité.  il n'existe pas non plus de preuves que les convulsions fébriles de l'enfance augmentent les risques d'épilepsie.

On peut ajouter que, par la suite, tout traitement administré en vue de prévenir des convulsions fébriles est presque toujours donné trop tard.  Médicaments et bains sont inutiles, car au moment où vous vous apercevez que votre enfant a de la fièvre, il est fort probable que le danger de convulsion soit passé.  Il n'est pas proportionnel à l'élévation de la température, mais à la rapidité avec laquelle elle monte.

Le risque des convulsions fébriles disparaît après l'âge de cinq ans.  Les enfants qui en présentent avant cet âge récidivent rarement plus tard.

Beaucoup de médecins leur prescrivent un traitement à long terme de phénobarbital ou d'un autre anticonvulsiviant.  Si votre médecin suggère ce type de traitement pour votre enfant, je vous conseille de lui poser des questions sur les risques à long terme des anticonvulsiviants.  Demandez-lui aussi quel changement de comportement votre enfant peut présenter sous ce traitement.  Les médecins ne sont pas d'accord sur le traitement à long terme des convulsions fébriles. Les médicaments utilisés peuvent être toxiques pour le foie et des études chez l'animal indiquent qu'ils peuvent avoir un effet néfaste sur le développement du cerveau. Une autorité dans ce domaine affirme : "Il est probablement préférable pour certains patients de vivre une vie normale entrecoupée de quelques convulsions que de vivre sans convulsions dans un état perpétuel de somnolence et de confusion dû aux médicaments."

On m'a appris à prescrire du phénobarbital aux enfants ayant présenté des convulsions fébriles, dans le but d'éviter les récidives, et c'est encore ce qu'on enseigne actuellement. J'ai commencé à douter de cette pratique en voyant certains patients présenter des convulsions même sous traitement. Dans ces conditions, il m'était impossible de savoir si les enfants sous phénobarbital, et qui ne faisaient plus de convulsions, étaient vraiment protégés par le médicament. Mes doutes ont grandi lorsque des mères m'affirmèrent que le phénobarbital agitait leurs enfants au lieu de les tranquilliser ou, au contraire, les assommait tellement qu'ils ne pouvaient plus vivre normalement. Les convulsions sont tellement rares et bénignes que je n'ai plus jamais utilisé ce traitement.

Si votre pédiatre prescrit un traitement à long terme avec des anticonvulsiviants, allez-vous l'accepter ou le refuser ? Il est peut-être difficile de mettre en question les traitements prescrits par votre pédiatre et lorsque vous le faites, vous êtes souvent très mal reçu. Dans ce cas, il est inutile d'essayer de discuter. Prenez l'ordonnance et cherchez un autre avis médical avant de prendre votre décision.

Si votre fils ou votre fille a des convulsions fébriles, essayez de ne pas paniquer. Ce conseil est beaucoup plus facile à donner qu'à suivre, car la vue de votre enfant en train de faire des convulsions est extrêmement pénible. Calmez-vous en vous rappelant que ces convulsions ne menacent jamais sa vie et ne laissent pas de séquelles, et prenez des mesures simples pour le protéger.

Placez-le sur le côté afin qu'il ne s'étouffe pas avec sa salive ; empêchez-le de se taper la tête contre des objets durs ou pointus ; veillez à ce qu'il ne soit pas gêné pour respirer et placez un objet souple, mais solide, entre ses dents pour l'empêcher de se mordre la langue (un gant de cuir plié en deux ou un porte-feuille ... pas votre doigt) ; enfin, pour vous rassurer, appelez votre médecin et dites-lui ce qui s'est passé.

La plupart des convulsions ne durent pas plus de quelques minutes. Si elles se prolongent, demandez un avis médical. L'enfant dormira probablement après, mais, s'il ne dort pas, ne lui donnez rien à boire, ni à manger pendant une heure environ, car, dans sa somnolence, il peut aspirer la nourriture dans les voies respiratoires et s'étouffer.

 

* Antihistaminiques : médicaments classiques de l'allergie en allopathie.  (retour au texte)

Références de l'auteur concernant ce chapitre

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