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L'avis d'un gynécologue obstétricien belge à propos de l'accouchement à domicile.
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Cette lettre a été envoyée à une dame enceinte, en même temps que les résultats de son amniocentèse, par son gynécologue, à qui elle lui avait exprimé son projet
d'accoucher chez elle pour son deuxième enfant.
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A la suite de cette lettre, nous plaçons un courrier de médecins extra-hospitaliers critiquant un Arrêté Royal portant sur la limitation des soins extra-hospitaliers ...
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Le 9 décembre 2002
Chère Madame L,
Vous trouverez ci-joint, copie du protocole génétique relatif à l'amniocentèse réalise le ** août dernier.
Par ailleurs, je vous rappelle qu'étant donne votre refus de faire suivre régulièrement votre grossesse et votre souhait d'accoucher a domicile, vous sortez du cadre de mes
conditions de travail ce qui implique que je ne m'occuperai ni de votre accouchement ni de ses éventuelles complications.
Pour votre information, je joins également à cette lettre, une copie d'un courrier écrit par mes soins et faisant suite à un incident récent survenu chez une patiente ayant
souhaité accoucher à domicile et finalement admise en catastrophe étant donné l'incapacité de la sage-femme impliquée à faire face à cette situation difficile.
Vous souhaitant une bonne réception de ces documents, je vous prie d'agréer, chère Madame L, l'expression de mes sentiments les meilleurs.
Dr M.G.
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Lettre adressé au Dr G.G. par le Dr M.G.
(le Dr M.G. et le Dr G.G. travaillent dans le même hôpital ?!)
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Le 15 avril 2002
Cher Monsieur G.,
Votre lettre concernant la pratique d'accouchements à domicile par des accoucheuses libérales ne bénéficiant d'aucune intégration hospitalière a retenu toute mon attention.
A l'heure actuelle, cette pratique me parait non seulement dangereuse et irresponsable mais totalement anachronique et je ne peux m'empêcher de m'interroger au sujet des
motivations, des compétences et de la déontologie de ces praticiennes marginalisées revendiquant haut et fort la légitimité et la sécurité de l'accouchement à domicile.
Je développe ces différents points :
1) les motivations :
Celle généralement avancée est de proposer une alternative à l'accouchement hospitalier dit médicalisé répondant ainsi à la demande de certains couples souhaitant une
naissance la plus naturelle possible (faut-il le rappeler ? : "la loi de la nature est celle de la sélection naturelle" ...).
Quoi qu'il en soit, le rôle d'un professionnel responsable n'est-il pas d'éclairer ces couples sur les risques qui sont pris plutôt que de mettre de l'eau à leur moulin en leur
assurant erronément qu'il est possible d'accoucher chez soi en toute sécurité ?
La réelle motivation n'est-elle pas plutôt d'ordre personnel chez des professionnels en mal de reconnaissance, cultivant un sentiment de frustration et trouvant dans la pratique
sporadique d'accouchements, une auto-satisfaction fusse-t-elle au détriment de couples non initiés ?
2) les compétences :
La possession d'un diplôme d'accoucheuse, ou même de gynécologue, ne doit à mon sens pas être confondu avec un permis d'accoucher "toute catégorie". Il existe en
effet d'autres paramètres comme la pratique régulière et encadrée, ce qui n'est clairement pas le cas au vu du faible nombre d'accouchements à leur actif. Une pratique
hospitalière où la dystocie côtoie régulièrement l'eutocie permet également d'aiguiser sa vigilance et son aptitude à déceler la pathologie et ainsi prévenir ces
complications parfois tragiques. Ici encore, ce n'est pas, ou très rarement le cas, de ces accoucheuses travaillant seules, sans contact hospitalier et bien souvent avec une haute
opinion d'elles-mêmes et de leurs compétences.
Le métier d'accoucheuse, qui a toute mon estime, est un métier difficile et souvent ingrat mais ceci ne peut en aucun cas cautionner des pratiques "casse-cou" à
l'heure ou le médico-légal nous rappelle régulièrement l'obligation de moyens y compris de moyens sécuritaires.
3) la déontologie :
Il me parait inadmissible que l'on puisse présenter de façon optimalisée des pratiques potentiellement dangereuses en occultant certaines réalités comme l'absence de
collaboration et les rapports conflictuels avec les hôpitaux (on peut le déplorer, toujours est-il que c'est un état de fait incontestable).
Je ne puis en effet accepter de cautionner une pratique qui va à l'encontre de la logique sécuritaire et que certaines s'estiment en droit de m'imposer argumentant qu'en cas
d'urgence ou de complications le gynécologue a l'obligation légale de prendre en charge une patiente.
Cette situation est-elle clairement exposée aux couples adhèrent a ce mode d'accouchement ? il est révoltant de se dire que certaines s'autorisent la pratiquent d'actes à
risques tablant sur le fait qu'il y aura bien toujours quelqu'un, au cas où, pour hériter d'une situation bancale et ce parce qu'il a l'obligation de s'impliquer.
A propos de transparence, je pense qu'il est indispensable, cela devrait être même obligatoire, que le nombre d'accouchements pratiques annuellement soit signifié au couple
demandeur qui sera peut-être moins enclin à confier sa grossesse à quelqu'un qui pratique cinq accouchements par ans.
En conclusion, vous l'aurez compris, je ne cautionne pas et je ne cautionnerai jamais cette pratique. Lors de mon assistanat ou dans le cadre de l'activité SMUR que j'ai
pratiquée régulièrement pendant environ cinq ans, j'ai été plusieurs fois amené à réaliser des accouchements extra-hospitaliers. La nature acrobatique de ceux-ci ainsi que
le taux important de complications ne font que renforcer ma position.
Avec ces informations, soyez assuré, cher monsieur G., de mes sentiments les meilleurs.
Dr M.G.
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était sur "http://www.vbs-gbs.org/ms/ms0005/ms0005-02.htm" mais
ce lien est rompu !!
N° 5 - Mai 2000
LES SPECIALISTES EXTRA-HOSPITALIERS SONT EN COLERE !
Ainsi, le patient perdra sa liberté. Il sera lié à une sorte de centre collectiviste où on déterminera à sa place les soins auxquels il a droit.
Et le médecin ?
Il est clair, à la lumière des nombreuses notes et de ce projet d'A.R., que la ministre Aelvoet entend réaliser une révolution dans le paysage des soins de santé.
Il s'agit ici fondamentalement d'une tentative résolue de saper la position du médecin individuel qui, jusqu'à présent, dans un face à face seul, assumait ses
responsabilités. En lieu et place du régime actuel, qui, notons-le au passage, est le moins cher et le meilleur en Europe occidentale en s'appuyant sur une responsabilité
explicite du médecin traitant individuel, Magda Aelvoet compte introduire un système collectif dans lequel les médecins n'auront plus rien à dire. Il reviendra au personnel
paramédical et à d'autres représentants "experts" ou non de la population de déterminer de quelle façon et dans quelle mesure un patient sera approché et traité
pour ses plaintes spécifiques en matière de santé. Ceci va bien évidemment à l'encontre de toute approche déontologique et judicieuse de la médecine. Même Hippocrate, en
son temps, n'aurait pas pu l'imaginer. Aussi, il est évident que le médecin (généraliste) indépendant individuel peut dire adieu à sa relation interpersonnelle avec le
patient.
Pour le spécialiste exerçant en milieu extra-hospitalier, c'est un véritable désastre. En effet, celui-ci n'est plus considéré que comme un conseiller susceptible de donner
des avis, qui n'a par ailleurs plus aucune voix décisive dans le paysage des soins de santé. Non, au lieu de cela, il revient désormais au représentant des patients, au
kinésithérapeute, à l'infirmier, etc. de déterminer la manière et le moment où un patient sera soigné. Cela peut être perçu comme un camouflet à l'adresse des plus de
6000 spécialistes exerçant exclusivement en milieu extra-hospitalier et qui, au niveau de leur pratique privée individuelle, proposent quotidiennement un traitement de qualité
optimale à leurs patients qui placent toute leur confiance en eux. Et la réalité de cette confiance (qui est pourtant ignorée purement et simplement par la ministre Aelvoet)
est indéniable puisque 70 % des consultations chez les médecins spécialistes ont lieu à l'initiative personnelle du patient (cf. rapport Peers).
Tout cela semble encore plus incompréhensible étant donné que le chef du parti de madame Aelvoet, M. Gijsels, a déclaré sans détour, dans sa réponse à l'enquête réalisée
par le GBMEH à la veille des élections de juin 1999, qu'il était partisan d'une politique volontariste à l'égard de la médecine spécialisée extra-hospitalière.
Il est à présent clair que cette réponse qui porte pourtant la signature manuscrite de l'intéressé, doit être assimilée à de la pure propagande électorale.
Il est également intéressant de noter que madame Aelvoet ne fait aucunement mention de la politique promotrice d'hospitalisations qui est menée au niveau du secteur hospitalier.
Le fait notamment que les activités hospitalières sont rendues - de manière systématique et en bloc -inaccessibles au spécialiste extra-hospitalier, et ce à un prix encore
moindre pour le patient, est passé sous silence. Et ce malgré le fait que l'hospitalisation qui en résulte entraîne une augmentation des dépenses pour la sécurité sociale.
Dès lors, on ne peut que conclure que madame Aelvoet lance, en s'appuyant sur l'approche dogmatique évoquée plus haut, une attaque en règle contre le médecin ambulatoire ayant
une pratique privée. A ses yeux, celui-ci doit impérativement être éliminé et tous les moyens sont bons pour y parvenir.
Le fait qu'aucune argumentation rationnelle n'étaye cette prise de position qui repose ainsi uniquement sur une idéologie collectiviste est dissimulé derrière un paravent de
tendances scientifiques et sociales prétendument nouvelles comme les circuits de soins, la création d'un réseau, etc.
Que faire !
Au lieu de démanteler le secteur extra-hospitalier en introduisant toutes sortes de dispositions légales, il convient de faire précisément l'inverse. En effet, il est clair que
ce secteur peut proposer un service bon marché de qualité et qu'en la matière, les généralistes mais également les spécialistes extra-hospitaliers constituent un élément
très important.
Le GBMEH pose dès lors 3 principes très concrets :
1. élimination de toute discrimination en matière de réglementation et de nomenclature entre la médecine hospitalière et la médecine spécialisée extra-hospitalière;
2. une identité de traitement par la loi des soins spécialisés hospitaliers et extra-hospitaliers en ce qui concerne le financement de l'infrastructure et des appareillages pour
les soins ambulatoires;
3. l'autorisation, en milieu extra-hospitalier, de tous les traitements et diagnostics médicaux pouvant être réalisés en ambulatoire à condition que les critères de qualité
requis soient remplis (*).
Ces mesures permettront aussi bien d'améliorer la qualité que de réaliser des économies puisqu'elles favoriseront le renvoi aux soins spécialisés extra-hospitaliers tandis
qu'elles mettront un frein au renvoi vers des soins beaucoup plus coûteux associés à une hospitalisation. Pourtant, étant donné les sphères d'influence et de pouvoir belges
spécifiques qui se développent actuellement à la rue de la Loi, c'est précisément l'inverse qui risque de se passer.
Dans l'optique d'un développement qualitatif et financièrement rationnel des soins de santé, d'une part, et de la préservation des intérêts professionnels des nombreux
médecins extra-hospitaliers ayant une pratique privée, d'autre part, cette politique globale de madame Aelvoet est manifestement néfaste.
Dès lors, ces médecins ne manqueront pas de développer les initiatives nécessaires en cas de persistance de cette stratégie politique. Il est clair qu'une telle politique qui
est, du reste, élaborée sans concertation sérieuse du secteur concerné à l'époque du pseudo-Etat belge modèle, est tout simplement inacceptable.
Dr Erik BUNTINX
Secrétaire du GBMEH
(*) La réglementation existante stipule que le patient ne peut être hospitalisé que s'il ne PEUT plus être soigné en ambulatoire (A.R. du 24.12.1963).
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