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Lettre ouverte à l'hôpital où j'ai accouché :
Courrier adressé à :
Pr PONS J.C. Dr Favier, chef de service, Mme Branchet, surveillante sage-femme Mme Pellegrini, cadre sage-femme Mme Terri, cadre sage-femme Dr Butnariu, médecin Dr Bergeret, médecin anesthésiste Mme Corre, sage-femme Mme De Metz, sage-femme Mme Lemaire, sage-femme
AFAR (Association Francophone pour un Accouchement Respecté : www.afar.info ),
Carrefour Naissance.
Marcilloles, le 13 mai 2004
Madame,
Monsieur,
Suite à la fermeture de la maternité de l'hôpital Sud le 30 juin 2003, j'ai accouché dans vos services le 7 juillet 2003. Or j'ai été traumatisée par mon accouchement, non
pas par la douleur de l'enfantement, mais par les gestes accomplis par l'équipe médicale et la liberté que ces personnes ont pris avec mon corps et celui de mon enfant.
En effet, mon souhait d'un accouchement naturel n'a pas été respecté. Outre l'absence d'accompagnement physiologique, j'ai subi un certain nombre de gestes iatrogènes :
touchers vaginaux répétés, rupture artificielle des membranes, injection d'ocytocines, position gynécologique avec étriers pendant le travail, sondage de la vessie, poussée
dirigée dès diagnostic de dilatation complète. Tous ces gestes m'ont conduite à demander une péridurale alors que je ne la souhaitais pas initialement et qu'aucun autre moyen
de soulager la douleur supplémentaire occasionnée par ces pratiques ne m'a été proposé. Tout ceci a entraîné l'extraction de mon enfant par forceps sous couvert d'une
épisiotomie qui se rappelle à mon bon souvenir à chaque rapport amoureux, et sous une péridurale tellement forte que j'ai été privée des sensations de la naissance de mon
enfant, ce qui m'a extrêmement déçue.
Je me permets de vous rappeler que ces actes ont été faits sans mon consentement, ce qui est contraire à
Je vous joins également à ce courrier la classification des pratiques utilisées pendant un accouchement normal faite par l'OMS. Je me suis permise de fluorer les gestes qui ont
été pratiqués pendant mon accouchement. C'est édifiant.
Je sais que vous trouverez une explication à ces gestes, qu'ils étaient soi-disant nécessaires à mon cas. Il semblerait que mon col mettait trop de temps à s'ouvrir. Je
trouve dommage que mon accouchement ait été gâché parce que l'équipe médicale n'a pas pris le temps d'attendre. Croyez-vous sincèrement que sans tous ces gestes je n'aurais
pas accouché, que mon enfant ou moi-même serions décédés ce jour là ?
Je n'engagerai pas de poursuites judiciaires, ce n'est pas mon but. Par cette lettre, je voulais juste vous rappeler que ce sont des femmes et des hommes que vous accompagnez, et
pas des statistiques.
Toutefois, je dois vous remercier de m'avoir fait prendre conscience de l'importance du respect de la naissance d'un enfant et de l'incapacité actuelle du système médical à
accompagner des accouchements physiologiques. Grâce à vous, j'envisage la naissance autrement, et j'espère que je n'aurai plus à avoir recours à vos services pour mes
prochains accouchements.
Florence MARION
Sur le site officiel de l'OMS : http://www.who.int/reproductive-health/publications/French_MSM_96_24/ le texte suivant : http://www.who.int/reproductive-health/publications/French_MSM_96_24/MSM_96_24_chapter6.fr.html a été reproduit et certains passages ont été surlignés
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