Gwenn

 

 

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"Témoignages"

 

 

 

 

 

Mercredi 18 août 2004

 

Erwann est parti travailler, il commence à 8h00 au CHR.

 

Je me réveille avec Yannic dans le lit. Je suis fatiguée et traîne un peu pendant qu'il tète. Comme à chaque fois depuis quelques semaines, la tétée déclenche en moi des contractions, mais cette fois-ci je les sens plus fortes que d'habitude.  Elles commencent aussi à être douloureuses.

 

Souvent on demande aux femmes qui ont accouché combien de temps cela a duré, quand le travail a commencé, … ?  J'aime répondre que mon corps a commencé « le travail » il y a environ 9 mois, mais si je devais choisir le moment où les choses sont devenues plus sérieuses, ce serait ce matin là, quand d'un coup, dans le lit avec mon aîné, j'ai eu la certitude que dorénavant les contractions douloureuses ne quitteraient mon corps qu'en même temps que ce bébé.

 

« Ca y est, c'est doucement en route » je me suis dit.

J'ai pensé à Erwann qui était à son travail.

Ensemble, on commençait à s'impatienter.

Il sera content lorsqu'il va rentrer et que je lui annoncerai la nouvelle.

Pour Yannic, j'avais vécu une grossesse de 38 semaines à peine. Nous n'avions pas eu le temps de commencer à être impatients, cette fois-ci, le bébé en était à plus de 40 semaines de « cuisson » . Chaque nuit, chaque jour qui passait, je regardais et je touchais mon joli ventre tout rond, tout bronzé et j'appréciais ces moments. Le miracle de ces petits mouvements de la vie qui s'agite, comme si c'était la dernière fois … pour cette grossesse …

Pour toujours ?

 

J'ai vécu ce mercredi sereinement avec Yannic. J'ai voulu rester seule avec lui. Nous avons été au square ensemble, il a fait du vélo et je lui ai lu des histoires. Les contractions nous ont accompagnées tout le long, parfois plus espacées, parfois moins, comme si ce petit être voulait aussi se faire inviter à cette « dernière » journée que je passais avec Yannic.  J'étais triste de penser que probablement il ne se rappellerait jamais

qu'il y avait eu une vie « avant que le bébé ne naisse ». Qu'il y avait eu plus de 2 ans … tous ces moments passés ensemble durant lesquels, lui, était mon seul enfant, mon bébé …

 

Au moment de la sieste (cela faisait plusieurs semaines que j'accompagnais Yannic dans cette activité), je me rappelle à nouveau que cette grossesse n'était pas désirée et j'ai eu un dernier moment de panique … l'impression que ce bébé vennait trop tôt : «Yannic n'est pas prêt … JE ne suis prête … je ne veux pas de ce bébé.  Pas MAINTENANT ! »

 

Ces pensées viennent et puis s'en vont. Elles ne sont pas nouvelles.   J'ai passé toute ma grossesse remplie de sentiments ambivalents et j'ai fini par me rendre compte que la meilleure façon de chasser ces pensées de mon esprit (elles m'ont fait terriblement culpabiliser), c'était de ... justement … ne pas essayer de les chasser !

Ces sentiments, se sont ainsi envolés et ont fait place à d'autres. Dans le lit, avec Yannic endormi à côté de moi, je me suis centrée sur mes contractions. J'ai échangé beaucoup de caresses avec le bébé, je l'ai rassuré en lui disant que ce n'était pas que je ne voulais pas de lui, c'était juste qu'il m'avait prise de surprise et que j'avais peur, très peur de ne pas être prête à l'accueillir : « … et tu sais, bébé, j'aime maîtriser les choses, j'ai du mal à lâcher prise … et, toi, tu n'es pas encore né, et déjà tu m'apprends cela : le goût tendre et délicieux que peut avoir un imprévu de la vie ... pour peu que l'on arrive à lâcher pour le savourer».

 

Je pense à la joie d'Erwann, qui allait bientôt rentrer, lorsque je lui annoncerais que le travail était en route. Je rêve, pense au moment de la naissance : Quand est-ce que je vais appeler JC ? A quoi va ressembler l'accouchement ? Quand est-ce que cela va se passer: ce soir, cette nuit, demain matin ? Où ? Dans ma chambre, dans la baignoire, dans le salon … le jardin ?  Est-ce un garçon, une fille ? Et Yannic, comment va-t-il réagir ? Et moi … comment vais-je réagir ? …  et bien d'autres questions qui m'accompagnent, me bercent et parfois me font pleurer depuis ce matin de décembre : Un vendredi où j'ai senti une odeur bizarre dans le café, une odeur que je n'avais pas sentie depuis environ 2 ans, une odeur nauséeuse qui m'a crié, comme aucune ligne sur un test ne sait le faire, que j'étais enceinte …

 

ZZZZzzzzz dodo.

 

Erwann est rentré vers 15h30 et nous a rejoint dans le lit. Je lui ai dit que la nuit à venir serait certainement la dernière nuit que l'on passerait à trois.

Je sentais que ce n'était pas imminent, que ce serait probablement pour le lendemain matin.

 

Le soir, des amis partis en Guadeloupe, mais en ce moment en séjour en France, étaient sensés venir pour dîner. Cela faisait 3 ans que je ne les avais pas vus et ça me faisait mal au cœur d'annuler le repas. Je savais que si c'était le cas je n'aurais pas l'occasion de les revoir avant encore un 1 an ou 2.

J'ai trouvé un compromis et je leur ai dit de passer pour l'apéro. Il était hors de question que je me mette à cuisiner et encore moins que je me mette à salir de la vaisselle. Le lendemain matin Erwann et moi aurions certainement mieux à faire que de ranger une cuisine.

Ils sont venus, nous avons fini par commander des pizzas, et ils sont repartis …

 

Les contractions devenaient de plus en plus fortes.

 

Une fois qu'ils sont partis, je suis restée un petit moment détendue dans mon fauteuil à bascule. Il n'était pas loin de minuit et je me demandais si cela servait à quelque chose, d'aller me coucher. Le mauvais souvenir d'une nuit sans sommeil pour la naissance de Yannic m'a dicté d'être prudente : « Au mieux, tu arriveras à dormir, au pire, tu te reposeras ! »

Après tout c'était notre dernière nuit à 3 dans le lit.

Avant d'éteindre la lumière j'ai longuement regardé Yannic et je me suis laissée toucher par la vue de ce bonhomme endormi.  « Tu m'as appris à être maman. Je t'aime », ai-je murmuré, en lui déposant un bisou salé sur la joue.

 

 

 

 

Récit du jour J.

 

Jeudi 19 août 2004

 

Je me réveille vers 2h00 du matin avec l'intensité de la douleur des contactions.

 

Cela peut paraître absurde, mais cette douleur me réjouit. Je sais ce que cela veut dire.  Je sais que c'est la douleur de mon corps qui s'ouvre pour laisser passer une nouvelle vie.  Je reste encore un bon moment comme ça dans le lit, à somnoler entre les contractions. Une petite faim me dit d'aller fouiller dans la cuisine. Je l'écoute, je descends chercher des petits gâteaux au beurre et je reviens dans le lit pour les manger.

Il est pas loin de 4H00 du matin, finalement je n'ai plus envie de rester dans le lit.  J'ai aussi la sensation de gêner Erwann avec les bruits que je fais en mangeant.

 

Je redescends, accompagnée de mon paquet de gâteaux, déjà à moitié vide pour retrouver l'ambiance si spéciale qui règne dans une maison, alors que tout le monde dort.

Le temps d'une seconde, je me demande pourquoi je suis ainsi en train de me goinfrer de gâteaux. J'ai souvent tendance à manger pour combler des « vides », mais non, cette fois-ci c'est différent. J'ai vraiment très faim. Je me suis alors souvenue de quelques témoignages de naissances, où la femme ressentait une grosse faim en début de travail, une sorte de message, d'appel du corps à faire ses stocks d'énergie pour l'effort à fournir. Je me laisse alors aller à mes envies, à ma FAIM. Je mange encore quelques gaufrettes et coupe 2 tranches de pain pour me faire une gros sandwich avec du fromage et de la mayonnaise ( !!!).

 

J'aime bien cette solitude, ce silence, cette paix. Je suis seule avec moi-même, ce bébé et ces contractions qui me rappellent les forces inéluctables de la nature. Cela fait plusieurs mois que je fantasme d'accoucher dans le jardin. Je n'ai jamais eu vraiment l'envie de le faire, mais l'idée m'amusait beaucoup. Cette nuit j'ai tout de même

senti un appel : aller dehors. C'était une chaude nuit d'été. Un vent très fort poussait des petits nuages qui traversaient ainsi rapidement un ciel rosâtre et rempli d'étoiles.

Je suis restée ainsi, assise sur le bord des marches qui mènent vers mon petit jardin de ville, quelques longs moments à observer la course de ces nuages et à entendre les bruits du vent.

Je n'avais plus très chaud, j'ai alors choppé une couverture qui traînait dans le salon et je l'ai jetée sur mes épaules avant de poursuivre mes périples dans le jardin. Cette couverture était à moi alors que j'étais bébé. C'est un des rares objets de mon enfance que j'ai amené du Portugal. Je suis partie marcher pieds nus sur la pelouse, comme dans un rituel de communion avec la terre. J'ai levé mes yeux vers la fenêtre de la chambre où Erwann et Yannic dormaient et ensuite à nouveau vers le ciel où j'ai vu une étoile filante. Mon cœur c'est alors accéléré de joie, j'y ai vu un clin d'œil de la nature. Que je suis petite et grande à la fois! Chaque respiration me remplissait d'énergie, l'énergie qui fait tourner les planètes, pousser les arbres, naître les bébés !

 

Vers 5h30 du matin, Erwann m'a rejoint. J'étais contente et déçue à la fois de le voir. Mon fantasme d'accoucher pendant la nuit se dissipait.  C'était dur pour moi de voir la journée qui commençait à se lever, les étoiles qui s'effaçaient, de lâcher ma douce solitude de cette nuit d'été. J'ai eu de nombreuses contractions très fortes, mais pas du tout régulières. J'ai sentie qu'il était temps d'appeler JC. Ma tête et mon corps étaient secoués par des mouvements ambivalents et contradictoires.

 

A 6h30, Erwann appelle JC. Je lui dis de lui expliquer que ce serait bien qu'il se mette en route.

 

Je ne voulais pas de cette journée qui commençait trop vite. Je ne voulais pas de ce bruit de grille pain, de cette odeur de café, de Yannic qui réclame sa tétée du matin.

Je ferme les volets, la lumière qui insiste à "intruser" mon salon m'agace profondément … les contractions s'espacent, s'arrêtent presque.

 

Il est environ 8h00, lorsqu'on sonne à la porte. Erwann va ouvrir et j'entends JC qui demande : « Alors, c'est un garçon ou une fille ? »

Et là, en plus de la déception de cette journée qui commence malgré moi, je sens le poids de ces regards sur moi.  J'étais très mal à l'aise. Je culpabilisais d'avoir fait venir JC si tôt, d'avoir réveillé sa femme, de l'avoir maintenant assis sur mon canapé, alors que je n'avais presque plus de contractions.   J'avais honte. J'avais honte et j'étais terriblement déçue. Déçue de ne pas avoir accouché pendant la nuit, déçue qu'Erwann n'aie pas pu répondre à la question de JC, déçue qu'il ne soit pas arrivé « trop » tard.

J'ai besoin de m'isoler. Il faut bien que je me rende à l'évidence que la nuit est finie et que je n'ai pas encore accouché. Pourtant c'est bien en cours, je sais que ce bébé n'attendra pas une nuit de plus, je sais qu'il va falloir que j'imagine mon accouchement autrement, que je lâche prise de mes fantasmes pour faire place à la réalité de ce qui se passe.

 

Nous avons fait une balade dans le quartier et ensuite j'ai envoyé les hommes (Erwann, JC et Yannic) se balader. Je voulais me retrouver seule à nouveau. Lentement, j'intégrais les nouveaux paramètres de cette journée, mais

l'intensité des contractions ne revenait pas. J'ai pris une looongue douche bien chaude et je suis restée un moment allongée sur mon lit à essayer de me recentrer sur ce qui se passait.

 

A leur retour, Erwann a fini par venir me voir et je lui ait dit que la présence de JC me gênait. Je me disais qu'il avait mieux à faire que de perdre son temps dans mon salon.  Je me sentais « attendue », c'était très désagréable … et s'il avait fait la route pour rien, et si le bébé ne se décidait pas à sortir avant le lendemain matin … ?

Erwann me dit, avec raison, que c'est à JC que je devais faire part de ces inquiétudes.

Je reste encore un moment seule, avant de me résigner à rejoindre, enroulée dans un paréo et toujours sans trop de nouvelles côtés contractions, le sympathique comité qui se réunissait dans mon salon.

Yannic jouait. Erwann et JC papotaient.  L'heure de midi commençait à s'approcher.

 

Je prends mon courage à 2 mains et j'ose raconter mon malaise à JC.  Quel soulagement !

Il dit en rigolant quelque chose du genre : « Ah, oui, aujourd'hui j'allais planter des patates, quelle perte de temps» mais aussi «Maintenant que je suis là, je reste. »

 

Peu à peu mes préoccupations se sont dissipées, j'ai eu le sentiment … comme souvent … de m'être pris la tête pour pas grand chose. Pendant qu'Erwann préparait une omelette avec du fromage et des courgettes du jardin, les contractions sont enfin revenues. Que j'étais heureuse de les accueillir, ma part d'omelette en est restée sur l'assiette …!

 

JC avait coincé un torchon sur une porte pour que je puisse m'y suspendre. Nous nous sommes croisés au milieu du salon et je me suis accrochée à lui pendant une contraction. Lorsque Erwann est revenu après avoir été coucher Yannic, j'étais « en plein dedans » et bien contente de retrouver ses épaules, ses bras, son dos, son cou, que je serrais fort, très fort, sans me retenir, après tout il pouvait bien avoir un petit peu mal lui aussi !

 

Mon nez grattait et ma tête tournait après chaque contraction, comme après un orgasme très fort. Je savais que c'était l'effet des hormones que mon corps produisaient … j'étais défoncée, désinhibée et quelle joie et fierté de livrer mon corps tout entier pour qu'il puisse devenir la scène sur laquelle se jouerait cette naissance.

 

Moi, dans un état second … ou serait-ce plutôt dans un état « primaire » ?

 

Assez vite j'ai ôté mon paréo, celui-ci commençait à me gêner. Je voulais que mon corps soit débarrassé de toute contrainte, alors quoi de mieux que d'être toute nue ? D'autant plus qu'en plein milieu d'août la température était idéale pour cela !

 

La présence de JC était très discrète. Il me semble même que nous n'avons pas échangé un mot, ni un regard pendant une bonne heure.

Je me rappelle qu'il a soumis l'idée de mettre un peu de musique. Tout de suite j'ai sauté sur cette proposition, je savais quel CD je voulais écouter.

 

Et là … je n'ai vraiment plus beaucoup de mots.

J'ai laissé mon corps m'envahir, me prendre … m'emporter, en portugais.

Je me rappelle lorsque Maria Bethania a chanté la chanson ci-dessous. J'étais émue, j'ai pleuré, chanté … un peu triste de savoir que j'étais seule à comprendre ses paroles (pourtant si justes !), mais heureuse d'avoir mis ce CD, d'entendre quelqu'un qui chantait dans ma langue … des chansons que je connais depuis … toujours :

 

« Chega de temer

Chorar, Sofrer, Sorrir, Se dar

E se perder, E se achar

E tudo aquilo que é viver

Eu quero mais é me abrir

E que essa vida entre

Assim como se fosse o sol

Desvirginando a madrugada

Quero sentir a dor dessa manhã

Nascendo

Rompendo

Tomando

Rasgando meu corpo

E então

Eu

Chorando, gostando

Sofrendo

Adorando

Gritando

Feito louca alucinada e criança

Sentindo meu amor se derramando

Não dá mais pra segurar

Explode coração »

 

Ma traduction :

 

« Assez d'avoir peur,

Pleurer, Souffrir, Sourire, Se donner, Se perdre, Se trouver

Et tout ce qu'est la vie

Si ce que je désire le plus c'est de m'ouvrir

Et que la vie rentre ainsi

Comme si elle était le soleil

En train de déflorer l'aurore

Je veux sentir la douleur de ce matin

Naissant

Pénétrant

Enveloppant

Déchirant mon corps … et ainsi

Moi

Pleurant, savourant

Souffrant

Adorant

Criant

Comme une folle, une hallucinée, une enfant …

Qui sent son amour qui se répand

Il n'est plus possible de retenir,

Explose cœur ! »

 

 

A la fin du CD, Yannic dormait toujours.

 

La poche des eaux n'était pas rompue … pourtant je savais que cela n'allait plus durer longtemps. Entre deux contractions j'ai murmuré à Erwann, « J'aimerais bien que le bébé naisse avant que Yannic ne se réveille ». Il m'a répondu quelque chose du genre « Ca m'étonnerait ».  Pour lui, on était encore bien loin de la « fin » … j'ai su après qu'il attendait que la poche se perce.

 

Le voisin avait certainement fini son repas de midi et avait repris ses travaux dans la terrasse.

 

D'un coup, les contraction augmentent d'intensité. Je suis saisie, quasi paralysée de douleur.

Je crie, je hurle, je n'arrive plus du tout à bouger … j'étouffe mes cris dans l'épaule d'Erwann, dans les coussins du canapé. Yannic se réveille … je ne me rappelle plus … c'était trop pour moi, JC je te regarde … « je fais quoi, on fait quoi » … je suis désespérée … « Yannic, c'est rien, je crie, le bébé va sortir, c'est normal, ça fait mal », je cherche des positions entre des contractions, je me sers un verre de vin … et puis enfin … je sens que ça pousse, je pleure, c'est fini cette grossesse, il va sortir, « C'est quoi ça ???», ça brûle, je pousse, ça sort, c'est mou, « Il faut faire quelque chose », c'est pas une tête ! Des fesses ??… non, non … la poche … c'est rien … aaaaaaaaaaaaaaaahh, la tête … la tête est sortie»

 

 

Uffffffffff, un ange passe … le calme, le silence ...

 

 

«c'est son nez, son visage … dans une bulle » je le caresse du bout des doigts … c'est presque fini, son corps tout chaud glisse. Je suis à quatre pattes, mes genoux très écartés. Avec mes mains je guide la sortie du bébé afin de le déposer doucement sur la serviette éponge sur laquelle je me trouve. Ma tête est sur le torse de Erwann, Yannic est sur ses genoux, il rigole. Je n'ai pas encore regardé le bébé. J'entend de l'autre coin du salon la voix de JC

« Enlève la membrane qui est sur son visage ! » il répète à nouveau sa phrase qui me sort de ma léthargie … «Membrane, bébé ? … attendez, je reviens … oui le bébé, mon bébé, il veut respirer, ses bras bougent, ohhhhhhh … je veux te prendre, je veux te coller contre moi à nouveau … ah … c'est une fille … j'avais oublié ... "T'as vu Erwann, c'est une fille ?!" "Oui, j'avais déjà regardé" ... des larmes, des sourires ... "C'est Gwenn ?" "Oui, c'est elle !"

 

Sara