La naissance de Jacques  

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Pas encore rassasiée après la naissance de Sophie, c’est avec bonheur que j’ai appris ma nouvelle grossesse. Encore un bébé, un merveilleux bébé à construire, à aider à grandir, à venir au monde, rien n’est plus fort, plus vrai.

Résolue à vivre ces 9 mois avec le plus d’harmonie possible, mais aussi à préparer au fond de moi-même la naissance de Jacques. Durant toutes ces longues semaines, nous avons beaucoup parlé ensemble. Sans cesse, j’ai caressé mon enfant que je sentais peu à peu grandir. Nous avons beaucoup joué à deux mais aussi à trois et à quatre avec Louis et Sophie, créant un langage particulier. Est-ce pour cela que l’arrivée du petit dernier est bien acceptée, par nos deux aînés ?

Etait-il donc si bien dans mon ventre qu’il a fallut 42 semaines et beaucoup de prières pour qu’enfin le jour tant attendu arrive. J’allais savoir si tout ce travail intérieur allait être efficace.

En discutant avec moi quelques semaines auparavant, notre accoucheur me suggéra l’autonomie, ou du moins c’est ce que j’ai compris. Dès lors, je me suis imaginée une autre façon de vivre la naissance. Je commençais à rêver autrement l’arrivée de cet enfant.

J’entrais au maximum à l’intérieur de moi-même afin d’inviter mon bébé à faire notre connaissance, afin qu’il ne craigne pas ce passage difficile. Sans aucun doute, l’expérience de deux accouchements m’a permis d’aborder ces heures de souffrance d’une façon sereine, d’arriver à dépasser et à me servir de cette douleur comme d’un outil, puisqu’elle est inévitable. Elle est indispensable. Pendant ces si longs moments de contractions, je suis parvenue à écouter mon instinct et à comprendre ce que me disait mon corps, pour ne pas freiner l’arrivée de Jacques. Je sais, aujourd’hui, que l’appréhension, la peur de souffrir sont autant de blocage.

Rester souple, décontractée, ne pas retenir mais aider cet enfant à trouver son chemin. Je l’ai senti descendre, pivoter, pousser. Je lui ai parlé sans cesse pour l’apaiser, pour qu’il sache tout l’amour qui l’attendait et pour l’encourager. " Que ressens-tu mon tendre bébé ? Moi je suis prête à t’accueillir. Je t’aime déjà tellement. Je te connais, mais je souhaite tant voir ton visage, respirer ton odeur, t’entourer de mes bras, te nourrir de mon lait. Je veux te donner le meilleur de moi-même. "

Tout s’accélère, la tête de Jacques se présente avec cette envie irrésistible de pousser. L’émotion est à son comble. Je sens une extraordinaire force m’envahir. Mon cœur bat la chamade. Dans quelques instants, il sera là, enfin.

Philippe saisit notre enfant pour me le donner, geste symbolique. Dans l’ambiance feutrée de sa maison, Jacques est né, comme je rêvais qu’il naisse.

Le 12 mars 1999