A ma petite Sophie

 

 

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Mon petit Ange, avant de commencer la merveilleuse aventure de ta naissance, il faut remonter un peu dans le temps ... Oh, pas très loin, quand j’ai rencontrer ton Papa.

J’étais bien sûr très amoureuse en tant que femme, mais j’ignorais que je pouvais être Maman : la maternité représentait un rêve magique et inaccessible. Pourtant, quand ton frère aîné s’annonça, je fus transportée de joie, me sentant investie d’une mission capitale.

Pendant les neuf mois de grossesse, j’ai cherché sans résultats celui ou celle qui pourrait avec douceur et efficacité m'aider à donner le jour à mon premier enfant. Le 23 juillet 1996, Papa et moi étions, avec Louis - encore au chaud au fond de moi -, en route pour l’hôpital, afin de " provoquer " sa naissance. Quel mot barbare et inhumain.

Des heures interminables de souffrance, sans aide, ni conseils, une délivrance forcée dans une salle impersonnelle et froide. On m’avait volé le plus important : la tendresse, la chaleur, l’amour dont je voulais envelopper mon merveilleux petit Louis. Durant les cinq jours de maternité, on me le prenait à tout bout de champs, sans respecter son sommeil ni ses besoins, et encore moins les miens.

" Maternité ", un mot qui n’a aucun sens, disons plutôt "usine à Bébés" et "pompe à fric" : ceci n’engage que moi, bien sûr. En revenant à la maison, nous étions d’accord, nous n’attendrions pas longtemps avant de te concevoir, car tu planais autour de nous.

Mais surtout plus d’hôpital, plus de ventouse.

En janvier 1997, le miracle de la nature touche à nouveau notre famille. Petite Sophie s’annonce, je sais que tu seras une adorable " petite " fille ... Déjà je prie pour que nous rencontrions quelqu’un qui respecte nos désirs, nos rêves et nos besoins, durant les neuf mois que nous allons vivre.

Enfin, tout se dessine, au cours d’une conversation téléphonique avec un organisme d'information à propos de l'allaitement maternel. Je souhaitais savoir s'il était possible de continuer à allaiter un bébé en étant enceinte. C'est ainsi que j'ai fait la connaissance d'un homme sage-femme indépendant. Le soir même, je dis à ton Papa : " Ca y est, j’ai trouvé celui qui va nous accompagner ". Cela ne fait aucun doute et se confirme à chaque contacts.

Les premiers mois, nous avons appris à nous découvrir les uns les autres, jeune et future mère, nouveau et futur père, un amalgame de sentiments, que notre accoucheur-sage-femme nous a aidé à décoder et à comprendre. Neuf mois de complicité.

Il était clair pour moi que tu viendrais respirer ton premier souffle dans notre cocon familial. Tout se préparait pour ta venue, une ambiance magique s’installait au fur et à mesure que la date s’approchait. J’avais hâte de voir ta frimousse, de te serrer contre moi, de te cajoler avec tout mon amour. La première contraction arriva ce mercredi premier octobre, à sept heure du matin, tout était prêt. La veille, comme tous les mardis, notre homme sage-femme avait constaté trois centimètres d’ouverture. Intimement, nous savions que ton arrivée était imminente. Nous avions confié Louis à Bon-Papa et à Bonne-Maman. A huit heure trente, il est arrivé.

Dans une ambiance détendue et heureuse, le travail s’est intensifié. Tu t’es préparé courageusement. Je t’ai senti modifier ta trajectoire en appuyant là, et encore là, te frayant un chemin vers la vie extérieure. Dans les douleurs de l’enfantement et le laborieux travail d’une future mère, être accompagnée, était comme voir un phare dans la tempête, un guide qui donne du courage, par une attitude, par un regard. Pas une seconde, même au paroxysme de la douleur, je n’ai perdu confiance ni douté. J’ai demandé et reçu l’aide nécessaire, une collaboration totale avec ton Papa, qui n’était pas spectateur mais actif et acteur. Douze heures intenses, magiques, bercées de musique douce, inoubliable moment. Enfin, à dix-neuf heures zéro sept, tu étais dans mes bras, matérialisant le plus beau rêve. Les minutes et les heures qui suivirent étaient aussi importantes, après neuf mois de douceur, de chaleur, tout est mis en œuvre pour t’accueillir sans agressions, sans gestes de trop, juste assez pour notre sécurité médicale.

Tout s’est bien passé, car rien ne fut laissé au hasard, nous ne voulions prendre aucun risques. Une merveilleuse aventure inoubliable, comme toutes les naissances, sans aucun doutes, mais avec réellement un petit plus. Un petit plus qui représente pour nous l’essentiel.

Merci,

Ta Maman