En course d’orientation ou bien en raid, la lecture de carte nécessite une recherche fine des meilleures informations, qui sur le terrain, vous permettront de progresser le plus vite de poste en poste. Voici 15 grands points à suivre pour optimiser la lecture de carte.

Bien lire une carte d’orientation passe déjà par savoir quoi lire sur cette carte. C’est-à-dire que l’on doit bien sûr pouvoir interpréter n’importe quelle zone de la carte ( la légende, c'est par ici ), mais si nous nous mettons à lire précisément la totalité de la portion de carte séparant 2 balises, cela correspond à une perte de temps et à un coût énergétique considérables. Il faut donc rechercher les informations les plus intéressantes, ce qui, sur le terrain va nous aider efficacement à progresser et à découvrir le poste. Le meilleur itinéraire va se déterminer de manière personnelle en fonction:

  • de sa sûreté estimée: 100% de sûreté correspondrait idéalement à un itinéraire sans faute possible, un itinéraire entièrement sur une route sans jonction avec d’autres routes s’en rapproche;

  • de sa rapidité estimée: C’est le choix de différents itinéraires qui ne conjuguent pas à eux seuls sûreté maximum et rapidité maximum qui caractérise en partie un bon traçage.

D’une manière générale, on peut dire que le choix du meilleur itinéraire devrait se faire en tenant compte de ces deux perceptions, propre à chaque individu et qui, pour un même individu, peuvent évoluer selon son état de fatigue, selon des perturbations extérieures ( autres concurrents ). On voit dans ce cadre là tout l’intérêt qu’il y a à pouvoir choisir des itinéraires plus rapides tout en gardant un même niveau de sûreté. Ce niveau dépend en partie de notre lecture de carte lorsque l’on choisit l’itinéraire ( sur quels éléments on pense s’appuyer ) et de notre lecture de carte en cours de cheminement pour faire le rapport avec le terrain qui défile.

Voici 15 points pour progresser

  1. Chercher à simplifier le problème posé: c’est un véritable jeu entre le traceur de la course et vous. Il cherche à poser des problèmes, à vous de les simplifier pour cheminer rapidement. D’une balise à une autre, construire son itinéraire à partir d’éléments les plus évidents pour ne pas surcharger sa réflexion.

  2. S’appuyer sur les mains courantes: éléments linéaires alignés globalement dans le sens de la progression (ex: route, chemin, limite de végétation, ruisseau, alignement de falaises, rupture de pente, vallon, arête, etc. )

  3. S’appuyer sur les éléments particuliers du terrain: grande clairière en forêt, bosquet, replat dans un flanc raide, clôture, remontée mécanique, ruine, petit sommer isolé, etc.

  4. S’appuyer sur les obstacles: falaises, végétation difficilement traversable, dénivelé important, rivière, etc.

  5. S’appuyer sur les lignes d’arrêt: éléments particuliers du terrain souvent de forme linéaire et situés juste derrière la balise selon le sens d’arrivée au poste (chemin, rupture de pente, limite de végétation).

  6. Faire le bon choix d’itinéraire suppose d’avoir vu tous les meilleurs itinéraires et d’avoir ensuite fait un choix. Il faut donc avoir unelarge lecture de la carte de part et d’autre de la ligne droite reliant les deux balises. En raid orientation en montagne particulièrement, le dénivelé est un facteur principal de choix car il peut être très éprouvant.

  7. Généralement, un choix d’itinéraire se construit depuis le poste d’arrivée en remontant à la balise de départ. Ce principe s’appuie sur le choix du point d’attaque. Il s’agit d’abord de déterminer l’élément particulier du terrain relativement facile à trouver et situé proche du poste à découvrir. De ce point d’attaque, il faut remonter à la balise précédente en choisissant les points d’appuis appropriés et en évitant les obstacles.

  8. Pour aller d’une balise à une autre dans un même flanc, lire sur la carte la différence de dénivelé séparant les deux postes pour savoir s’il faut monter ou descendre et de quel dénivelé. Une fois le choix fait, le cheminement peut commencer. Pour être efficace, il doit lui aussi être organisé. Avant de voir ensemble dans un autre numéro comment l’organiser, revenons à la lecture de carte qui se poursuit.

  9. Garder toujours la carte orientée, c’est-à-dire que le nord de la carte soit toujours aligné avec le nord de la boussole. Ceci facilite le rapport carte terrain ( ce qui est à ma droite sur le terrain est à la droite de ma position sur la carte ) et évite de grosses fautes ( partir en sens inverse de la direction souhaitée = 180° ).

  10. Profiter des passages faciles à courir ( chemins, sommet dégagé, routes, etc. ) pour lire la carte.

  11. Tout au long du cheminement, par la lecture, anticiper les éléments à rencontrer. Avoir la tête en avance sur les jambes.

  12. Garder confiance en la carte et faire l’effort de la lire. En cas d’erreur, c’est de toutes façon la carte qui contient les éléments d’information nécessaires pour corriger.

  13. Malgré le soin mis à la réalisation des cartes, le terrain reste sujet à son exploitation ( la forêt notamment ). Cela touche plus particulièrement les chemins et la végétation qui peuvent évoluer. Il faut alors s’appuyer davantage sur le relief.

  14. Même en raid orientation où la principale difficulté vient du choix d’itinéraire, la découverte du poste peut entraîner la perte de précieuses minutes. Pour éviter cela, il faut changer de comportement à partir du point d’attaque. D’une lecture sommaire, il faut passer à une lecture très précise prenant en compte un maximum d’éléments pour pouvoir se diriger très finement. La connaissance de la position relative des différents éléments du terrain les uns par rapport aux autres, autour du poste, est fondamentale.

  15. Pour progresser dans ce domaine de la lecture de carte, en plus des entraînements sur le terrain avec la carte: vous pouvez chez vous lire des cartes « à froid ». Vous pouvez aussi lire ces mêmes cartes en courrant aussi bien lors de séances d’endurance que de fractionné aérobie. Cela développera vos capacités de lecture en course (stabiliser la carte, lecture fine, diminuer la tension nerveuse liée à la course pendant la lecture pour se concentrer davantage sur cette lecture).

Jean-Daniel Giroux ( Membre de l’équipe de France d’orientation)
Avec l’aimable autorisation de « ENDURANCE MAGAZINE »