La municipalité de Venise a l'intention de renforcer les fondations du campanile de la place Saint-Marc pour éviter tout risque d'effondrement.
On savait de longue date qu'une fissure lézardait le campanile, haut de 99 mètres, mais ce n'est que maintenant que les autorités ont décidé d'agir pour qu'elle ne s'élargisse pas.
"Lorsque vous voyez cela, vous ne pouvez pas savoir exactement ce qui va se produire", déclare Ettore Via, conservateur de Saint Marc, chargé de la basilique et du campanile.
Le campanile a été reconstruit après l'effondrement, en 1902, de la structure jusqu'alors en place, qui datait du XVIe siècle. La fissure dans l'actuel campanile a été découverte dès 1939, et s'est depuis lors lentement agrandie.
Les travaux de consolidation, qui prévoient d'insérer une enveloppe de titane autour des fondations de la tour, entre un mètre et 3,5 mètres de profondeur, devraient commencer dans les six mois à venir et dureront un an et demi.
Une partie du centre historique de Venise était sous les eaux mardi après le passage d'une dépression combinée à un phénomène naturel de marée, qui ont fait monter le niveau de l'eau de la lagune de 112 centimètres.
"C'est la première fois de l'année que les eaux atteignent une telle hauteur", a indiqué dans un communiqué le centre de surveillance et de prévisions des marées vénitien, qui a relevé "une pointe de 112 cm" à la mi-journée touchant "15% du centre historique".
De nombreux touristes déambulaient pieds nus et pantalons relevés mardi après-midi aux abords de la place Saint-Marc, où l'eau leur montait au-dessus des chevilles.
Le centre de surveillance explique le phénomène par "le passage sur le nord de l'Italie d'une perturbation d'origine atlantique à l'origine de vents en mer adriatique et une baisse de la pression atmosphérique", combinés à un phénomène naturel de marée.
Outre les traditionnelles passerelles installées pour les piétons dans les zones les plus inondées, l'activation de sirènes et d'annonces vocales, le centre de surveillance a également testé pour la première fois un système d'alerte par SMS.
Les quelque 50.000 personnes qui se sont inscrites au nouveau service ont ainsi reçu sur leur téléphones portables plusieurs messages les tenant au courant de l'évolution de la montée des eaux.
Les eaux devraient progressivement baisser dans les heures à venir, a estimé le centre.
La cité lacustre a connu sa pire "aqua alta" le 4 novembre 1966: elle avait été submergée par 194 cm d'eau alors que l'ensemble du territoire italien connaissait des inondations catastrophiques.
Il s'agit du deuxième projet de cette association fondée il y a trois ans par Michel Praet, directeur à Bruxelles de l'Agence spatiale européenne, et qui est parrainée par une série de personnalités dont le maire de Venise, le professeur Massimo Cacciari.
En effet, "Veneziaviva.be" a déjà veillé à la restauration minutieuse du fameux bréviaire Grimari qui est conservé à la Bibliothèque Marciana et qui est l'oeuvre d'enlumineurs flamands à la fin du XVe siècle
Le nouveau projet, qui a été réalisé par l'école de restauration de San Servolo, sera officiellement présenté le 21 novembre prochain par Carine Claeys, présidente de l'association, en l'Hôtel Bauer, situé en face du sanctuaire de la Salute (Salut) dédié à la Vierge Marie.
La date du 21 novembre n'a pas été choisie au hasard car elle marque le troisième anniversaire de l'association, qui coïncide lui-même avec la "Fête de la Salute" commémorant la promesse solennelle faite en 1687 par le 107e Dogue de Venise, Marcantonio Giustinian, d'organiser chaque année un grand rassemblement des Vénétiens au sanctuaire de la Salute afin de remercier la Vierge d'avoir écarté une épidémie de peste.
Une seule poignée de maïs et les pigeons de la place Saint-Marc affluent. Rien de mieux pour dire
qu'on revient de Venise qu'une photo de soi avec des dizaines d'oiseaux sur ses bras, ses épaules ou encore sa tête. Mais l'attraction
touristique n'est guère du goût des autorités.
Et les noms d'oiseaux volent. Les pigeons sont sales. Ils sont vecteurs de maladies. Ils dégradent les somptueuses façades de la ville
de 800 000 habitants et répandent leur fiente sur les places.
Le maire a donc décidé de passer à l'action. "A Venise, nous avons un problème difficile parce que les oiseaux trouvent de la nourriture
partout, et il y a des millions de touristes qui veulent prendre des photos avec eux", souligne Mario Scattolin, un responsable des questions d'environnement au sein de la municipalité. "Nous sommes une petite ville, avec un afflux important de touristes".
Personne ne peut dire avec certitude combien de pigeons vivent à Venise. La municipalité évoque le chiffre de 40 000. Environ un tiers
passe chaque jour par la place Saint-Marc, affirme M. Scattolin.
Cinq d'entre eux étaient perchés par une après-midi ensoleillée sur les bras écartés de Constanta Aurel, trois sur l'un, deux sur
l'autre. Puis, un sixième s'est tranquillement installé sur sa poitrine. Cette touriste roumaine a poussé des cris perçants pour que son
mari, Nicolae, la prenne en photo. "C'est une photo merveilleuse. Les touristes viennent ici pour voir les oiseaux et le palais. Je pense
que c'est une part importante de l'attraction", explique-t-il.
Venise organise régulièrement des rafles de pigeons et tue les plus malades. Mais ces mesures ne semblent pas avoir d'effet notable sur
leur nombre. Les autorités ont également tenté d'introduire des contraceptifs dans la nourriture et d'autres oiseaux qui se nourrissent
de leurs oeufs. Sans véritable succès.
Selon l'organisation de défense des animaux LAV, la méthode la plus efficace est de réduire leur alimentation. Mais il faudrait alors
interdire les vendeurs de maJis de la place. "Ils forment un puissant lobby", observe un porte-parole de l'association, Massimo Vitturi.
Pourtant, à l'impossible nul n'est tenu. Londres a réussi à réduire l'alimentation des pigeons à Trafalgar Square malgré les vigoureuses
protestations du public. Le maire de Venise Massimo Cacciari est lui aussi déterminé à présenter une image plus propre de sa ville.
Un nouveau recensement de pigeons est prévu, avec des recommandations sur le contrôle de leur population prévues avant la fin de l'année.
Reste que deux arrêtés semblent se contredire. L'un interdit de nourrir les pigeons, l'autre accorde des concessions pour vendre des
sachets de maJis aux touristes (100 grammes pour un euro).
"Il y a des pigeons sur la place Saint-Marc depuis un millier d'années", rappelle un vendeur, Gianni Favin. "Voir la place sans pigeons
serait comme voir un arbre sans ses feuilles". "Il est faux de dire que les pigeons abîment les immeubles", ajoute-t-il en se tournant
vers une façade encrassée. "Ce noir est causé par le brouillard".
Dix-neuf familles vivent de la nourriture de pigeons, affirme Gianni Favin. Elles font deux vacations par jour sur neuf stands, avec un
vendeur de repos tous les jours. Par une belle journée, il déclare gagner plus de 79 euros. S'il pleut, ce sera un dixième de cette somme.
Si la municipalité devait révoquer leurs concessions, il prévient que les vendeurs copieraient les marchands ambulants: une couverture à
même le sol et, dès l'arrivée d'un policier, on ramasse le tout...
"Sanxia Haoren", film chinois du jeune réalisateur Jia Zhangke, a remporté samedi soir le Lion d'Or du meilleur film au 63e festival de cinéma de Venise, et le cinéaste français Alain Resnais s'est vu décerner le Lion d'argent de la mise en scène.
L'actrice anglaise Helen Mirren a remporté à 60 ans le prix d'interprétation féminine pour son rôle d'Elizabeth II dans "The Queen", portrait au vitriol de la monarchie britannique, de Stephen Frears. Le scénariste de "The Queen" Peter Morgan a pour sa part reçu le prix du meilleur scénario. L'américain Ben Affleck a remporté le prix de la meilleure interprétation masculine avec "Hollywoodland" d'Allen Coulter, où il joue George Reeves, l'acteur tourmenté qui incarna l'icône Superman, retrouvé mort, apparemment après s'être suicidé en 1959. De son côté le cinéaste français Alain Resnais a reçu à 84 ans, le Lion d'argent pour la meilleure mise en scène pour "Coeurs", une comédie mélancolique qui dépeint la vie solitaire de six personnages, dans un Paris très stylisé, où la neige tombe à gros flocons.
La Biennale internationale d’architecture de Venise (Italie) ouvre ses portes au public le dimanche 10 septembre. Rapide aperçu des moments forts de cette 10ème édition, sur le thème «Ville. Architecture et société».
La 10ème Biennale internationale d’architecture de Venise (Italie), qui se tient du 10 septembre au 19 novembre 2006, s’articulera en quatre moments forts. A commencer par une exposition internationale intitulée «Ville. Architecture et société», centrée sur les transformations des villes et des territoires dans le monde. Elle est dirigée par le Britannique Richard Burdett, professeur d’architecture et d’urbanisme à la «London School of Economics», et expert de ce type de problématique. L’exposition se déroule sur 300 m de long dans les anciennes corderies de l’Arsenal. Mais aussi dans 74 pavillons nationaux, répartis dans les «Giardini» et les palais vénitiens.
Une exposition nationale, aménagée dans le nouveau Pavillon italien (Tese delle Vergini, Arsenale), déclinera quant à elle le thème principal de la Biennale en présentant la situation des villes de la péninsule, tiraillées entre patrimoine et modernité, paysages historiques et planifications futures. Le directeur de cette exposition est l’architecte Franco Purini.
D’autre part, une présentation baptisée «Ville de pierre» décrira les transformations en cours ou à venir dans les régions du sud de l’Italie. Elle est dirigée par l’architecte Claudio D’Amato Guerrieri et se situe dans l’artillerie de l’Arsenal.
Enfin, une présentation intitulée «Ville-Port», se focalisera sur les changements urbains survenus en front de mer dans des villes portuaires de dimension internationale. L’exposition, dirigée par Rinio Bruttomesso, directeur du «Centre international des villes d’eau» à Venise, se tiendra à Palerme du 15 octobre 2006 au 14 janvier 2007.
Plus d’informations sur le site officiel de la Biennale (anglais, italien) : www.labiennale.org
Evénements majeur de la 63e Mostra : la projection, dans la ferveur, d'Inland Empire (2 h 52), le nouveau film de David Lynch, auquel est décerné un Lion d'or d'honneur. Du pur Lynch, tissé de mystère, de bruits bizarres, de couloirs mystérieux, de ces décors et ces lumières à la magie sensorielle dont le cinéaste est l'impressionnant démiurge.
De ce film envoûtant et énigmatique que l'on se promet, à peine la projection terminée, de retourner voir pour en percer les secrets les plus obscurs, on ne dévoilera pas l'issue. Lynch nous y convie à errer dans l'imaginaire d'une femme, ses fantasmes, ses peurs macabres. Comme dans Lost Highway et dans Mulholland Drive, l'héroïne (Laura Dern, blonde séraphique) se dédouble, affronte une brune volcanique et, comme dans nombre de films de Lynch, le rêve et le trouble psychanalytique s'imposent en personnages majeurs, tandis que rôdent un mâle effrayant et de surréalistes figures de théâtre à têtes de lapins.
Dans ce carrousel déboussolant, rythmé par un imaginaire qui se dope au trompe-l'oeil, il est question d'une actrice embarquée dans un film qui serait le remake d'une oeuvre inachevée pour cause d'assassinat des deux têtes d'affiche. Archétypes hollywoodiens, obsessions de la dette, de l'infidélité conjugale, de l'obligation de payer les conséquences de ses actes, mais aussi du viol, de l'hypnotisme, hantent ce cauchemar qui distille des images pièges. Et où la tension naît en partie de la confusion distillée sur un plateau de cinéma entre répétitions, tournage et réalité (celle-ci étant elle-même un leurre). Du grand art.
La Mostra annonçait un film de Jia Zhang-ke ; elle en projette deux. D'une part, Dong, documentaire sur la démarche du peintre Liu Xiaodong, qui cherche à figurer la dignité du peuple chinois dans des fresques sensuelles où les modèles arborent plus d'insouciance que de stress. Groupe de garçons en slip sur une terrasse de Fengjie, en Chine, groupe de filles alanguies en robes fleuries à Bangkok.
L'autre film, brandi comme une surprise, est Still Life, qui a été tourné sur les lieux du premier volet du documentaire : Fengjie, village englouti par la construction du barrage des Trois-Gorges, et où se construit depuis un environnement tristement moderne : vieilles maisons condamnées à la démolition, ruines sur lesquelles des travailleurs de force tapent à coups de masse, et surgissement d'une nouvelle cité dans laquelle investissent des entrepreneurs sans états d'âme.
C'est en brouillant les critères de distinction entre réalité et fiction que Jian Zhang-Ke signe ce film poignant, qui navigue sur la rivière Yangsi en rythmant ses travellings comme les tracés de pinceau d'un peintre. Dong et Still Life forment d'ailleurs un diptyque, l'un voué au chatoiement des couleurs et à la beauté des corps, l'autre à la nostalgie, au désarroi existentiel et social, aux impasses sentimentales. Still Life montre un brave ouvrier qui cherche à retrouver la trace d'une femme qu'il n'a pas vue depuis seize ans ; et une femme venue là demander le divorce à son mari, dont elle est éloignée depuis deux ans. Mélancolie et vies bouleversées, impasses sentimentales dans un décor dynamité : Jia Zhang-ke est fraternel d'instinct avec les petites gens et laissés-pour-compte qui ont enregistré la chanson fétiche de leur passé comme sonnerie de portable.
On ne quitte pas la Chine avec le beau film de Gianni Amelio, qui, dans La Stella che non c'é, retrace le périple d'un dénommé Vincenzo Buonavolonta, de Shanghaï au fin fond du continent jaune. Cet homme, modèle d'intégrité, s'est fait un point d'honneur d'apporter aux responsables d'une usine à haut fourneau défectueuse achetée en Italie la pièce susceptible de leur éviter un accident.
Le toujours épatant Sergio Castellitto donne un profil émouvant à cet humaniste, dérisoire Don Quichotte d'un autre temps, perdu dans le monde impitoyable de l'économie globale. Sans renier ses thèmes fétiches - le voyage rédempteur, l'indéfectible affection pour les enfants -, Gianni Amelio raconte aussi l'histoire de l'aveuglement de cet homme qui passe à côté de ce qui pourrait lui apporter la sérénité (une jeune traductrice chinoise) tandis que son road-movie offre un regard quasi documentaire sur la manière dont vivent les gens sur cette terre surpeuplée où trône encore la statue de Mao.
Venise dit adieu à ses masques. Le Mardi Gras, dernier jour du carnaval s'est achevé mardi dans la Cité des Doges.
La place Saint Marc grouillait de costumes d'époque. La ville italienne s'enorgueillit de perpétuer la plus vieille
tradition du carnaval au monde. Un évènement qui remonterait au 11ème siècle.
Pendant 10 jours, Venise s'est transformée en une immense pièce de théâtre colorée par la danse,
la musique, les défilés et les spectacles. Aujourd'hui place au Mercredi des Cendres qui marque pour les chrétiens le
début du Carême et la fin de la fête.
Venise, la belle, la Serenissima, se prépare à donner le coup d'envoi de son toujours
superbe carnaval. La tradition sera respectée, le Volo del Turco, le Vol du Turc marquera symboliquement l'ouverture du Carnaval
de Venise.
Le saltimbanque turc du XVIIIème siècle qui grimpait sur le toit de la Basilique St Marc, en équilibre sur un fil attaché à une
gondole, est à présent remplacé par une jeune sportive qui fera, sous les yeux de milliers de touristes, l'ascension vers les cimes
de la Cité des Doges ce dimanche à midi. Le Carnaval, édition 2006, durera dix jours. Spectacles de rue et fêtes privées dans les
palais auront pour thème cette année la Chine et les voyages de Marco Polo. De quoi inspirer les touristes qui désirent eux aussi
participer à cette grande tradition du masque et de la transgression. Car faut-il le rappeler, le Carnaval de Venise était au XVIIIème
siècle, très attendu des habitants. Il durait parfois plusieurs mois et permettait à toute personne masquée de transgresser toutes les
règles sans crainte d'être jugée. Aujourd'hui, le Carnaval s'est mué en spectacle pour touristes au grand regret des Vénitiens de souche
qui regrettent que trop de visiteurs viennent au Carnaval, comme on va au spectacle, sans prendre la peine de se déguiser et de participer
à la fête. Il faut dire que les prix en découragent plus d'un : 200 Euros, parfois plus, pour louer un costume dans la grande tradition
de la Comedia del Arte et, cette année, il faudra même débourser 20 Euros pour monter sur les gondoles qui participent au défilé des
masques et des costumes sur le grand canal.
Le Palais Grassi, bâtiment vénitien acheté par l'homme d'affaires français François Pinault, ouvre au public le 30 avril.
Une exposition d'art contemporain de la collection personnelle du milliardaire collectionneur, intitulée Where are we going ?,
fait l'ouverture de ce fleuron du patrimoine de Venise rénové par l'architecte japonais Tadao Ando.
Quelque 200 oeuvres de la Collection François Pinault seront exposées au public jusqu'au 1er octobre prochain.
L'architecte a travaillé cinq mois durant à la rénovation de 5.000 m2 d'espaces dans ce palais du XVIIIe siècle, où il a
aménagé 40 salles d'exposition.
L'exposition inaugurale a été conçue par Alison Gingeras, une Américaine de 31 ans. Elle mettra l'accent sur l'Arte povera,
le minimalisme, le post-minimalisme et le Pop Art avec des oeuvres de Mark Rothko, Piero Manzoni, Donald Judd, Pierre Huyghe,
Damien Hirst, Maurizio Cattelan, Bernard Frize ou Urs Fischer et Rudolf Stingel.
Passionné, M.Pinault a voulu rassembler "une collection d'art moderne et contemporain(...). Cette passion, je veux la faire partager le plus largement possible."
François Pinault a acheté en avril dernier le Palais Grassi pour 29 millions d'euros, après avoir abandonné son projet de fondation sur l'île Seguin, siège des anciennes usines Renault, à Boulogne-Billancourt.
Sa collection, commencée il y a plus de trente ans, comprend des oeuvres de Mondrian, Rebeyrolle, Warhol, Rauschenberg.
Elle couvre tous les champs des arts plastiques, de la peinture à la sculpture, en passant par la photographie et la vidéo.
Une trentaine d'oeuvres retracent la véritable épopée artistique qu'ont été les deux concours organisés
par la Seigneurie de Venise, vers 1580 et 1588, pour remplacer la grande fresque de la salle du Grand Conseil
dans le palais des Doges endommagée par un incendie. De cet évènement capital pour l'histoire de l'art,
il reste de nombreux témoignages, esquisses peintes et dessins préparatoires, qui constituent un véritable instantané
de la situation artistique de la République lagunaire dans les années 1580 et une éclatante leçon sur les techniques des grands maîtres
vénitiens. Une occasion exceptionnelle de découvrir tous les peintres majeurs travaillant à Venise à cette époque - Federico Zuccaro,
Tintoret, Véronèse, Francesco Bassano, Palma le Jeune - qui tinrent à réaliser ce projet. Une présentation de dessins vénitiens de
la seconde moitié du XVIe siècle complètera cette découverte ( aile Denon, salles Mollien)
Du 09/02/2006 au 08/05/2006 au Musée du Louvre, Paris
La Maison du tourisme de Charleroi met à l'honneur deux artistes marcinellois (jusqu'au 3 mars). Il s'agit du peintre décédé
Max Clart (avec une dizaine de toiles immortalisant des paysages industriels carolorégiens) et du photographe Thierry Sguario.
Ses oeuvres sont consacrées au carnaval de Venise. Au fil d'une douzaine de photos, le visiteur plonge dans l'univers fascinant
des « maschere » et des palais vénitiens. Également exposées, des dizaines de pièces récoltées lors des fouilles du Cercle d'histoire
et d'archéologie de Marcinelle.
Venise est en pleins préparatifs pour son célèbre carnaval. Au menu, les délices orientaux avec théâtre de rue,
défilés, concerts et exhibitions diverses.
L’Eurorégion adriatique sera lancée le 6 février à Venise, lors d’une conférence internationale organisée avec le soutien de
la région Veneto (Italie). Cette initiative du Congrès des pouvoirs locaus et régionaux du conseil de l'Europe vise à renforcer
la stabilité dans les régions adriatique et balkanique, et à promovoir le développement durable et la cohésion économique et sociale
de la région.
Pour plus d'info.
Pour une fois, la place Saint-Marc n'est pas envahie par les eaux ou par les touristes, mais par la neige.
Venise s'est réveillée sous un manteau blanc mercredi matin, et jusqu'à la fin de la semaine, le soleil ne percera
que ponctuellement la brume de la cité des Doges, a prévu la météo italienne.
La flamme olympique est arrivée aujourd'hui à Venise, où elle restera jusqu'à demain.
Elle poursuivra ensuite son périple via Trieste. Le relais de la flamme des Jeux Olympiques de 2006 à
Turin en est à son 39e jour. Les Jeux débuteront pour leur part dans 24 jours.
Aujourd'hui, la flamme olympique s'est offert une promenade en gondole sur le Grand Canal.
Ce soir, Venise laissera éclater sa passion pour les Jeux au cours d'une fête organisée place Saint-Marc.
Et pour figurer parmi les relayeurs dans cette ville de canaux baignée par les eaux de l'Adriatique, quel meilleur
choix que Federica Pellegrini, médaillée d'argent dans le 200m nage libre aux Jeux Olympiques de 2004 à Athènes!
Les opposants au projet Moïse se sont félicités mercredi des critiques adressées par la Commission européenne
à l'Italie sur le manque d'évaluation environnementale de ce chantier pharaonique destiné à protéger Venise des inondations.
"La Commission européenne a accueilli nos perplexités sur ce projet, qui au lieu de sauvegarder la lagune et la ville de Venise,
provoque des dommages définitifs", a déclaré à l'AFP la députée des Verts Luana Zanella.
La Commission européenne a demandé mercredi à l'Italie de réaliser de manière urgente une étude d'impact concernant les
conséquences sur les habitats pour les oiseaux sauvages de son projet Moïse, un des "grands chantiers" du gouvernement de
Silvio Berlusconi, dont la première pierre a été posée en 2003.
La Commission estime que l'Italie n'a pas agi en conformité avec une directive du 2 avril 1979 sur la protection
des oiseaux sauvages et met Rome en demeure de répondre à ses observations.Le projet Moïse, qui doit protéger Venise des
risques d'inondations, est un système sophistiqué de 78 digues mobiles qui doivent permettre d'isoler la lagune de la mer
en cas de montée des eaux.
Il est très critiqué par les écologistes italiens, qui contestent son utilité, pointent du doigt
le coût élevé du projet (environ 6 milliards d'euros avec les opérations annexes) et craignent des dommages irréversibles
pour l'écosystème de la lagune.Le maire de Venise, Massimo Cacciari (centre-gauche), a également émis ses doutes sur le
projet et demande davantage de moyens financiers pour poursuivre le nettoyage des canaux et le rehaussement des quais pour
protéger sa ville.Il a espéré mercredi que la décision de la Commission européenne "puisse convaincre tout le monde qu'il
est possible et opportun de reconsidérer les interventions" du projet Moïse
Les concurrents du rallye automobile transcontinental Vladivostok-Venise sont partis samedi de la place centrale de la
capitale du Primorie.
Six journalistes italiens emmenés par le voyageur-reporter Adalberto Baccin ont pris la toute à bord de deux tous-terrains
russes OuAZ.
Le comité du territoire du Primorie pour la culture physique et le sport a annoncé que les Italiens avaient choisi l'hiver
pour se lancer dans un périple en Russie parce que cela leur assurait des conditions extrêmes. Dans un premier temps
ils suivront un itinéraire traversant le territoire de Khabarovsk et la région de l'Amour au nord de Magadan.
De là ils s'engageront sur la route de la Kolyma pour rejoindre Iakoutsk. Ensuite ils traverseront la Sibérie et l'Oural
pour arriver à Moscou. D'ici ils descendront vers Kharkov pour finalement atteindre le sud de l'Italie.
Les journalistes italiens ont indiqué que leur voyage poursuivait deux objectifs: créer un cycle de photos et de reportages
cinématographiques sur la vie en Russie et aussi faire passer un test de robustesse à des tous-terrains russes dans des conditions
hivernales rigoureuses.
Adalberto Baccin est un voyageur et un reporter universellement connu. Il a parcouru des centaines de milliers de
kilomètres en Europe, en Asie et en Afrique. En 2000, il avait initié un super-rallye de tous terrains japonais Venise-Vladivostok-Tokyo.
Au volant de Niva russes il a effectué des trajets partant de Moscou et rejoignant l'Altaï et la Mongolie.
Une partie du centre historique de Venise était sous eau ce 3 décembre en raison de la pluie et du vent qui se sont
abattus ces dernières 24 heures sur tout le nord de l'Italie.
L'eau s'élevait samedi en milieu de journée à 132 centimètres au-dessus du niveau normal de la mer,
selon les données communiquées par le centre de surveillance, un record proche des 1,47 mètres enregistrés
en novembre 2002. L'eau atteignait par exemple une vingtaine de centimètres sur la célèbre place Saint-Marc,
où les rares touristes présents ont enveloppé leurs jambes dans des sacs en plastique. Après avoir atteint un pic,
la situation devrait cependant s'améliorer et le niveau des eaux devrait redescendre à 105 centimètres dimanche.
Une nouvelle dégradation de la météo est cependant attendue pour mardi, ont indiqué des experts vénitiens.
Les canaux de Venise, la célèbre cité lacustre d'Italie, regorgent de substances toxiques :
plomb, hydrocarbures, zinc, arsenic et pesticides, affirme une étude réalisée pour la direction
de l'environnement de la municipalité. Au total onze substances toxiques ont été trouvées dans les boues des canaux.
En dix ans, de 1994 à 2004, les chercheurs ont analysé 295.000 m3 de sédiments des canaux vénitiens et
ont découvert notamment 8.737 kg de nickel, 7.496 kg de chrome, 4.040 kg d'arsenic, 1.606 kg de cadmium,
900 tonnes de mercure, 709 tonnes d'hydrocarbures, 216 tonnes de plomb et 26 tonnes de pesticides.
Selon les responsables de l'étude, la pollution de la cité, construite sur 118 îles et îlots,
est à mettre sur le compte d'une "pollution urbaine" comme en connaissent d'autres villes traversées par
des canaux comme Amsterdam et Stockholm. Les deux experts citent en particulier l'important trafic aquatique,
avec la pollution des bateaux à moteur, l'effet des pluies sur les toits et les pavés, la corrosion des structures
métalliques et des enduits, les déchets solides, les égouts ainsi que la présence quotidienne de 130.000 personnes,
entre résidents et touristes. Les experts affirment toutefois que "la pollution a diminué en trente ans" et ils assurent
être en mesure d'éliminer tous ces déchets en poursuivant le programme de nettoyage des canaux.
L'eau a envahi Venise dimanche 31 octobre. La place Saint-Marc et de nombreux sites touristiques étaient inondés,
ce qui a contraint touristes et habitants à enfiler des bottes de plastique.
Environ 80% de la Sérénissime étaient recouverts par les eaux dimanche après-midi, a précisé Leonardo Cossutta,
du service de la municipalité chargé de surveiller les marées.
La place Saint-Marc, située au coeur de la ville, un des lieux les plus bas de Venise, se trouvait sous au moins
40 centimètres d'eau.
Certains touristes ont choisi de retirer leurs chaussures et de relever leur pantalon pour se promener, alors que
les Vénitiens ont sorti leurs bottes en plastique. Un homme a même affronté les eaux en canoë.
Les services municipaux ont installé des passages en bois, mais à certains endroits l'eau avait déjà repris ses droits,
a constaté l'agence de presse italienne ANSA.
Leonardo Cossutta a ajouté que le service de transports publics par bateau avait été suspendu pour au moins une heure
et certains magasins ont signalé des dégâts dus aux inondations.
Venise affronte régulièrement ce genre de débordements. Pour y remédier, le gouvernement a approuvé un programme
visant à installer des barrières mobiles dans les fonds de l'Adriatique à l'entrée de la lagune afin de protéger la ville
des fortes marées.
Jamais deux sans trois... Alexandra Hai tentait de devenir la première
femme à occuper la fonction de gondolier.
Malheureusement, elle a raté son examen pour la troisième fois, faute d'avoir su maîtriser les techniques de rame.
"Je suis désolé pour elle", a confié Franco Vianello Moro, le président d'Ente Gondola, le centre de
recrutement des gondoliers.
"Elle a fait preuve d'une telle passion et d'un tel amour, elle l'aurait vraiment mérité".
Alexandra Hai, dont la nationalité n'était pas connue, a fait part à l'agence de presse ANSA de son
intention d'abandonner. "Ça
ne sert à rien. La première gondolière de Venise sera quelqu'un d'autre".
Le centre Ente Gondola s'est défendu d'avoir rejeté sa candidature parce qu'il s'agissait d'une femme.
Deux femmes sur les six membres de la commission ont jugé sa prestation, a précisé M. Moro.
"Elle a échoué parce qu'elle n'a pas réussi son examen,
c'est tout", a-t-il ajouté.
Habitué des festivals, Mike Leigh remporte le Lion d'Or décerné lors de la
cérémonie de clôture de la Mostra de Venise. Son film, "Vera Drake", permet aussi à la comédienne Imelda Staunton de repartir avec
le prix d'interprétation féminine.
"Vera Drake", qui raconte l'histoire d'une faiseuse d'anges dans l'Angleterre des années 50, avait un
concurrent sérieux en la personne de l'espagnol Alejandro Amenabar qui a ému les festivaliers avec son
dernier film: "Mar adentro".
Javier Bardem, qui y incarne un tétraplégique qui revendique son droit à mourir dignement après 28 ans
d'immobilité forcée, s'est vu octroyer la Coupe Volpi du meilleur acteur.
Outre la Coupe Volpi du meilleur acteur, "Mar adentro" a remporté le Lion d'Argent-Grand prix du jury.
"Je remercie tout le monde: le public, la presse et le jury. Ceci représente un début pour le voyage que
nous allons entreprendre avec ce film à travers le monde", a déclaré le réalisateur en recevant son prix
des mains de Spike Lee.
"Je suis très nerveux. C'est comme si c'était la première fois", a déclaré de son côté Javier Bardem, 35 ans,
qui avait déjà reçu la coupe Volpi en 2000 pour son rôle dans "Avant la nuit".
De son côté, la France a obtenu deux prix de consolation: le Lion du Futur-Prix de la meilleure première
oeuvre pour "Le grand voyage" d'Ismaël Ferroukhi, et le prix Horizons pour "Les petits-fils" d'Ilan Duran Cohen.
Seule récompense importante à avoir échapper à l'Europe, le Lion d'Argent-Prix spécial pour la mise en scène a
été décerné au réalisateur sud-coréen Kim Ki-Duk pour son film "Binjip".
Deux Lions d'Or d'honneur ont par ailleurs été attribués au cinéaste américain Stanley Donen, auteur inoubliable
de la comédie musicale "Chantons sous le pluie", et au réalisateur vétéran portugais Manoel de Oliveira.
Le palmarès complet:
Lion d'Or du meilleur film
"Vera Drake" de Mike Leigh (Grande-Bretagne)
Coupe Volpi du meilleur acteur
Javier Bardem ("Mar adentro")
Coupe Volpi de la meilleure actrice
Lion d'Argent-Grand prix du jury
"Mar adentro" d'Alejandro Amenabar (Espagne)
Lion d'Argent- Prix de la mise en scène
"Binjip" de Kim Ki-duk (Corée)
Lion du Futur-Prix de la meilleure première oeuvre
"Le grand voyage" d'Ismaël Ferroukhi (France)
Prix Horizons
"Les petits-fils" d'Ilan Duran Cohen (France)
La plus grande rétrospective d'Europe des oeuvres de Salvador Dali, à l'occasion du centenaire de sa naissance,
a été inaugurée vendredi à Venise par le roi Juan Carlos d'Espagne et la reine Sofia.
Plus de 300 oeuvres, venues de tous les musées du monde, d'Espagne, du Brésil, du Vatican, du Brésil,
de France, des Etats-Unis et du Mexique, sont exposées au Palazzo Grassi, sur les bords du Grand Canal.
Organisée en collaboration avec la fondation Gala Salvador Dali, l'exposition, dont les commissaires sont
Montse Aguer Teixidor et Dawn Adfes, propose un itinéraire à rebours de l'oeuvre gigantesque de Dali.
Elle part de son dernier tableau réalisé avant de mourir en 1989, La queue de l'hirondelle (1983), pour remonter
jusqu'à une oeuvre de jeunesse, Vue de Cadaques depuis le mont Pani (1917), réalisée alors qu'il avait à peine 13 ans.
Le parcours permet de passer du Dali le plus connu du public, quand lui-même était devenu une oeuvre d'art, à ses
racines de peintre, avec des portraits de son père et de sa soeur.
"Le temps est passé de considérer Dali avec frivolité", a déclaré Montse Aguer Teixidor, également commissaire
de l'Année Dali 2004.
"Le Dali médiatique a nuit au Dali peintre. Le moment est venu qu'il occupe la place qu'il mérite dans la peinture
de XXe siècle", a-t-elle ajouté.
Né en 1904 à Figueres, en Catalogne, Dali a révélé son talent de façon précoce dans les années 20 en se confrontant
au cubisme et au futurisme, avant la période surréaliste.
De salle en salle, les toiles illustrent les fantasmes et les délires de l'artiste, ses relations avec le Christ,
les vierges et sa muse Gala, amante, épouse et compagne.
Le visiteur découvre aussi les préoccupations de Dali pour les drames de son époque avec ses tableaux de 1936 sur
la guerre civile espagnole comme Prémonition de la guerre.
Dali n'était pas seulement un peintre mais un sculpteur, un metteur en scène qui collabora notamment avec Luis Bunuel.
L'exposition se conclut avec des oeuvres de très grandes dimensions comme The dream of Venus de 1933, de cinq mètres
de large.
La rétrospective sera ouverte au public du 12 septembre 2004 au 16 janvier 2005.
A l'occasion de cette exposition, le maire de Venise, Paolo Costa, a annoncé que la ville avait conclu un accord en vue d'acheter le Palazzo Grassi à Fiat.
M. Costa a ajouté que le Palais continuerait à être voué à la culture comme c'est le cas depuis que, dans les années 80, la Fondation Palazzo Grassi de Fiat en avait fait un des plus prestigieux lieux d'exposition au monde.
Les autorités de Venise cherchent à arrêter un vandale armé d'un
marteau qui mutile depuis quelques jours les statues religieuses autour de la place
Saint Marc et ont appelé mardi les touristes à leur signaler tout acte suspect.
"Tout résident, habitant ou touriste, doit tout de suite signaler les situations
anormales, les dommages ou la présence de quelqu'un est en train de provoquer des
dégâts au patrimoine", a demandé Giorgio Rossini le surintendant chargé du
patrimoine de Venise. "Il est très difficile de tout surveiller", a-t-il expliqué.
Le maire de Venise, Paolo Costa, a pour sa part déploré la lenteur de l'intervention de la police,
soulignant que l'ordre public n'est "pas de sa compétence" dans un entretien publié mardi par le
Corriere della Sera. Le "vandale au marteau" a été surpris dimanche soir par des touristes italiens
pendant qu'il s'attaquait à un chapiteau du Palais des Doges sur la place Saint Marc. Leur
intervention a permis aux experts de récupérer les débris de marbre tombés à terre. Le vandale, selon
leur description, est âgé d'une trentaine d'années et, ce soir-là, il était vêtu d'un jean et d'un T-shirt. La
colonne attaquée est connue comme celle de la Justice et le motif endommagé représente Dieu
remettant les tables de la loi à Moïse. Les mains de Dieu et de Moïse ont été cassées en dix-sept
morceaux. Les responsables du patrimoine ont ensuite découvert ses autres forfaits, tous commis
près de la place Saint Marc : deux statues de Saint François et Saint Marc sur la façade de l'église
du Rédempteur, un motif sculpté datant du XIVe siècle représentant Saint-Pierre dans une ruelle
passant derrière le clocher de l'église de San Pietro di Castello et une statuette représentant la
Vierge sous un porche proche de cette église. Les actes de vandalismes ont commencé dans la nuit
de samedi à dimanche et les enquêteurs pensent à un déséquilibré. L'iconoclaste s'attaque en effet
aux mains des statues et aux symboles qu'elles tiennent : les tables de la loi, les clefs remises à
Saint Pierre. "Il s'agit sans doute de quelqu'un qui a une culture chrétienne ou une connaissance des
Ecritures sacrées", a estimé M. Rossini. Certains dommages seront difficiles à réparer. Selon les
experts, les mains de la statue de Saint François sont perdues. Saint Marc n'a en revanche perdu
que sa main droite et elle sera plus facile à refaire, ont-ils estimé. Ce n'est pas la première fois que le
patrimoine artistique italien est l'objet de déprédations de la part de vandales : en 1972, un Hongrois,
Laszlo Toth, a endommagé "la Pietà" de Michel-Ange en la basilique Saint-Pierre aux cris de "Je suis
Jésus Christ". Quelques années plus tard, en 1991, un peintre raté, Piero Cannata, a détruit d'un
coup de marteau un doigt d'un pied du David de Michel-Ange à Florence. Et en 1997, trois vandales
ont cassé la queue d'un monstre marin de la célèbre fontaine des quatre fleuves du Bernin place
Navona, à Rome.
Du rififi à Venise. Un groupement de gondoliers a décidé de retirer le "risso" -le symbole vieux de 500 ans
présent à l'arrière des embarcations- pour rendre plus facile le passage des ponts de la célèbre ville italienne. Une initiative qui a
provoqué un tollé chez les traditionalistes de la gondole.
Franco Vianello Moro, président de l'Agence des gondoles de Venise, a annoncé vendredi avoir envoyé une lettre aux chefs
locaux des gondoliers dans laquelle il dénonce une mesure "barbare" et donne jusqu'au 30 juin aux gondoliers pour remettre le
"risso" à sa place.
Le symbole en forme de "S", fait de fer, évoque la forme du Grand canal de la ville, et donne un caractère unique aux bateaux
prisés par les touristes pour leur aspect romantique.
Selon Franco Vianello Moro, les gondoliers qui ont choisi de le retirer pourraient être sanctionnés s'ils refusaient de le remettre,
car l'aspect des gondoles est décidé par la municipalité. Un compromis a été suggéré: le "risso" pourrait être retiré le temps du
passage des ponts, et remis ensuite.
La rébellion des gondoliers semble limitée: entre 10 et 15 gondoles naviguent en effet sans le "risso", sur une flotte de 400
bateaux, selon Franco Vianello Moro.
Selon les gondoliers rebelles, retirer le "risso" permet de passer plus facilement les ponts lors des grandes marées à Venise.
Pour M. Vianello Moro, leur décision est la preuve d'un manque d'habileté, puisque, selon lui, la grande majorité des gondoliers
savent manoeuvrer sous les ponts quand l'eau monte dans la lagune.
"C'est un problème d'incapacité", a-t-il déclaré vendredi par téléphone. "La gondole doit être respectée dans son ensemble".
Une partie du centre historique de Venise est samedi sous les eaux en raison des intempéries, pluie, neige et vent,
qui sévissent depuis deux jours sur la région.
Environ 11% du centre historique de Venise est inondé et des passerelles ont été installés notamment sur la célèbre
place Saint Marc.
L’alta aqua (les hautes eaux) n'a pas surpris les Vénitiens, habitués à ce phénomène provoqué par les marées et le vent,
et qui avaient été avertis du risque par le centre de surveillance des marées.
La cote enregistrée samedi matin était de 107 cm au dessus du niveau normal de la mer. Les Vénitiens ont ressorti leurs
bottes sans perdre leur sourire : les touristes, traînant leurs valises à roulettes, traversent la Cité des Doges les pieds
enveloppés dans des sacs en plastique (ça fait se gondoler les Vénitiens).
Le centre de surveillance estime que la cote devrait rester dans les limites entre 105 cm et 110 cm.
La Sérénissime connaît très régulièrement le phénomène des «hautes eaux» En janvier dernier, une cinquième de la cité des
Doges était sous les eaux et en novembre 2002, une cote de 147 cm avait été enregistrée.
Le gouvernement italien a posé en mai dernier la première pierre d'un projet baptisé «Moïse», du nom du patriarche biblique,
destiné à sauver la ville des eaux.
Le projet consiste à construire 78 digues, en fait des sortes de grands caissons, d'une longueur totale de près de 1.600 mètres,
répartis en quatre tronçons aux entrées de la lagune. Ces digues mobiles seront en temps normal posées sur le fond de la mer,
remplies d'eau.
En cas de marée haute dépassant les 110 cm du niveau normal de la mer, de l'air sera injecté dans ces digues qui s'élèveront à la
surface de l'eau pour fermer l'entrée de la lagune.
La ville avait connu sa pire inondation le 4 novembre 1966: elle avait été submergée par 194 cm d'eau alors qu'une série d'inondations
catastrophiques avait frappé tout le nord de l'Italie.
Après trois journées de vernissage réservées aux officiels, spécialistes, artistes, experts et à la presse,
la 50ème exposition internationale d'arts visuels de la biennale de Venise a ouvert dimanche matin ses portes
au grand public.
Les visiteurs peuvent admirer jusqu'au 2 novembre les oeuvres de 550 artistes de 63 pays exposées dans le
cadre de cette manifestation intitulée "Rêves et conflits: la dictature du spectateur".
Un jeu d'eau à la sortie de la gare, un hamac tendu entre les deux rives d'un canal,
l'exposition s'évade cette année des murs et des jardins de l'Arsenal, étendant ses quartiers d'été à la ville.
Pour ses noces d'or, la biennale des arts visuels --créée en 1895, elle alterne avec celle d'architecture--
se veut "l'exposition des expositions", selon son directeur Francesco Bonami qui lui a donné pour titre "Rêves et conflits:
la dictature du spectateur". Il s'agit pour le directeur de la biennale d'une exposition "en cavale" de ses centres habituels
afin de ne pas imposer le point de vue de son concepteur et donner, par exemple, de l'espace aux jeunes et aux artistes émergents.
La fontaine du danois Jeppe Hein comme le hamac du bosniaque Damir Niksic font partie des 13 projets urbains d'"Interludes"
avec lesquels notamment la biennale s'est aventurée dans la ville.
Mais le rêve souhaité par M. Bonami ne peut pas être "qu'esthétique et dissocié du monde et de la société".
Il ne peut être non plus "la simple illustration du monde dans lequel nous vivons et de ses conflits".
Dans ce contexte, les dix passeports géants (2 mètres sur 3) disséminés par Sandi Hilal et Alessandro Petti
dans les Jardins de l'Arsenal entendent bien dénoncer l'absence d'un Etat Palestinien et l'impossibilité d'avoir sa propre nationalité.
L'Uruguayen Pablo Atchugarry a rêvé lui de la paix représentée par cinq sculptures en marbre blanc tirant vers le haut
et encadrées de trois triangles conflictuels en marbre gris. "Le thème de la paix m'a touché au plus intime. Il m'a stimulé et
quasiment obsédé jusqu'à ce que je réussisse à le traduire dans le marbre", explique l'artiste.
La Tchécoslovaquie renaît temporairement à Venise. Les Tchèques de Kamera Skura et les Slovaques de Kumpat Fu ont
travaillé ensemble pour proposer un "Christ gymnaste" suspendu aux anneaux, les bras à l'horizontal sous un ciel étoilé.
De chaque côté sur le mur, une vidéo diffuse en boucle les mêmes images de spectateurs sur les gradins d'un stade.
Au total quelque 400 créateurs et 63 pavillons nationaux, dont pour la première fois l'Iran, sont soumis, selon M. Bonami,
à la "dictature" du visiteur.
Pas d'art dominant en 2003 à la biennale où les techniques de la vidéo et la photo voisinent avec la peinture.
Ces deux dernières se fondent même en une seule comme la série de tableaux uniformément rouges du pavillon brésilien "cachant"
de vieilles photos.
Souvent en marge du regard collectif posé par Venise sur l'art mondial, la peinture retrouve cette année une place entière.
Le musée Correr, sur la place Saint Marc, accueille une rétrospective de 50 oeuvres, de 1964 à nos jours, de l'américain Robert
Rauschenberg ("Kite"), au japonais Takashi Murakami qui mélange peinture classique japonaise et images tirée des bandes dessinées "manga".
Francesco Bonami a voulu exploiter la "nature unique" de Venise pour prendre en considération les diverses caractéristiques du monde de
l'art contemporain.
L'Arsenal propose ainsi huit prospectives: lignes de fuite, systèmes individuels, zone d'urgence, la structure de la survivance,
représentation arabe contemporaine, le quotidien altéré, station utopie et clandestins.
Chaque projet dispose de sa propre identité et de son autonomie comme "retards et révolutions" au pavillon italien ou "la Zone",
réalisé par le Groupe A12. Les sept artistes du groupe, travaillant aux confins de l'art et de l'architecture, ont cherché
à opposer un espace flexible et temporaire, lieu de rencontres et d'échanges, aux espaces délimités des pavillons nationaux.
Des tunnels d'acier servent de fil conducteur à la biennale. On retrouve en effet "The Cord" à chaque étape d'un parcours aux
détours souvent déroutants et parfois insolites à l'instar du "poster" aux immenses dimensions ornant la façade du petit palais
des sports: un âne solitaire sur une barque posée sur une mer d'azur.
Le Premier ministre italien Silvio Berlusconi a officiellement lancé mercredi le projet Moïse,
un ambitieux chantier de digues mobiles destinées à protéger Venise des inondations.
Aboutissement de plusieurs années d'études, ce projet dont la réalisation doit s'étaler sur huit ans
et coûter 3,5 milliards d'euros comporte 78 digues réparties sur une longueur d'environ 1,5km aux entrées
de la lagune de Venise, sur l'Adriatique.
Ces digues consistent en des sortes de caissons reposant en temps normal au fond de la mer.
En cas de marée anormalement haute, de l'air comprimé sera injecté dans les caissons qui se rélèveront
alors pour fermer les entrées de la lagune.
La Place Saint-Marc de Venise est fréquemment submergée par les eaux du Grand Canal. La municipalité
installe alors un plancher sur pilotis pour garder les pieds des passants et touristes au sec.
Chaque année, en outre, la ville et ses palais s'enfoncent un peu plus dans la mer.
Certains mouvements de défense de l'environnement ont cependant critiqué le "projet Moïse" -hommage
à celui qui dans la Bible a séparé en deux la Mer Rouge- estimant que les digues vont modifier l'équilibre
écologique de la lagune et la transformer en lac stagnant. Le gouvernement, alors de centre-gauche, avait
rejeté en 1998 le projet
Le président de la région de Vénétie, Giancarlo Galan, a annoncé jeudi, qu'il posait la candidature
d'un port de l'Adriatique pour accueillir l'organisation de la prochaine édition de la Coupe de l'America
à la voile en 2006.
M. Galan a reçu l'appui de toutes les autorités des deux Provinces de Vénétie et du Frioul, baignées par
les eaux de l'Adriatique.
"Il y a quelques jours, j'avais déjà avancé l'idée de proposer une ville de l'Adriatique, dont Venise et
Trieste, pour organiser la Vuitton Cup et l'America Cup", a affirmé M. Galan.
Le président Galan a aussi lancé une invitation à Ernesto Bertarelli, le patron du défi suisse Alinghi
qui a remporté la compétition la semaine dernière et qui est obligé par le règlement de la Coupe de choisir
un site baigné "d'eau salée" pour défendre son trophée.
Galan lui propose d'effectuer un voyage de reconnaissance sur l'Adriatique, avant de prendre une décision
sur le choix de la ville qui accueillera la prochaine Coupe de l'America.
La candidature de l'Adriatique doit faire face à une forte concurrence française avec Ajaccio, Marseille,
Sète ou la Vendée, ainsi qu'à d'autres candidatures portugaise, espagnole et même danoise (Copenhague).
Le projet Moïse, un système de digues mobiles destinées à protéger Venise des inondations, a subi un nouveau renvoi et
devrait être lancé le 27 mars au lieu du 5 mars, date initialement prévue.
Le report est intervenu à la demande du maire de la cité lagunaire, Paolo Costa,qui a jugé que "le projet n'est pas
encore complet" et que les spécialistes mandatés par la commune de Venise ont besoin de "quelques jours supplémentaires"
pour finir leur travail.
Le projet Moïse, imaginé en 1984 et qui se heurte à l'opposition de nombreux écologistes, prévoit
la pose de digues mobiles au fond des trois passes de la lagune afin d'éviter les inondations
régulières. Les digues devraient se lever dès que les marées atteignent les 110 cm.
Le chantier coûtera environ 5 milliards d'euros, selon une récente déclaration du chef du gouvernement Silvio Berlusconi
qui avait prévu de participer à la pose de la première pierre. Le coût des travaux avaient auparavant été estimés de 3 à 4
milliards d'euros, chiffres contestés par les écologistes qui dénonçaient une sous-évaluation des frais.
Depuis novembre dernier, la ville a été très régulièrement victime des hautes eaux. Une cote de 147 cm avait été enregistrée
le 16 de ce mois-là à tel point que le maire Paolo Costa a déclaré que "cet hiver avait été une vraie calamité".
Le critique italo-français Sergio Segalini, rédacteur en chef depuis 1979 de la revue "Opéra international",
a indiqué vendredi à Paris avoir été nommé avec effet le 1er septembre 2003 directeur artistique des théâtres
musicaux de Venise dont la fameuse Fenice en Italie.
Sergio Segalini, 58 ans, qui par ailleurs est depuis dix ans directeur artistique du Festival de Martina Franca
en Italie, est nommé pour cinq ans à Venise.
Il sera chargé sous la responsabilité du surintendant italien Gianpaolo Vianello de la programmation artistique de
La Fenice, du Théâtre Malibran et de la PalaFenice, structure légère qui a été construite pour remplacer la Fenice
après son incendie, ainsi que du théâtre de la ville voisine de Venise, Padoue.
La Fenice reconstruite devrait ouvrir ses portes par un concert le 14 décembre 2003 sous la baguette de l'Italien
Riccardo Muti, a indiqué à l'AFP Sergio Segalini.
Ce dernier a précisé qu'il abandonnera la rédaction en chef d'"Opéra international" mais qu'il conservera la
responsabilité du festival de Martina Franca ainsi que de deux Académies de chant en Italie (Paolo Grassi à Martina
Franca et d'Osimo près d'Ancône).
Depuis des siècles, le lion ailé veille sur les jours et les nuits de la fière Venise: symbole de puissance
et de grâce, il lance un avertissement sans appel aux ennemis qui songeraient à attaquer la Sérénissime par
la lagune, protégeant farouchement ses trésors.
Ce lion ailé est devenu aujourd'hui une marque déposée, pour détourner cette fois les prédateurs étrangers
qui voudraient faire commerce de son charisme au profit des touristes.
Le maire de Venise, Paolo Costa, a dévoilé vendredi le nouveau logo qui symbolisera désormais la ville, après
plusieurs semaines de compétition entre créateurs du monde entier. Et c'est un Français qui a remporté le contrat.
Thibault Mathieu a imaginé une tête de lion d'où surgit une aile majestueuse, frappée d'une grande lettre "V".
La municipalité trouve ce logo "charmant".
L'an dernier, le maire avait annoncé l'ouverture d'un concours international, expliquant qu'il était nécessaire
de créer un nouveau symbole pour la ville, afin que les commerçants de tout poil cessent de profiter des symboles
de la ville sans que celle-ci ne touche son écot.
Le froid a fait sa première victime en Italie jeudi tandis que la quasi-totalité
des régions espagnoles étaient en alerte météorologique.
Un homme de 64 ans est décédé à Trieste, près de la frontière italo-slovène, où le mercure est descendu à -3 degrés
Celsius, ont rapporté les agences de presse italiennes.
La neige a recouvert une bonne partie du nord de l'Italie, perturbant la circulation en Toscane. Le verglas a nécessité
la fermeture des écoles à Trieste. Les flocons ont blanchi Venise et ses gondoles.
Près de deux siècles après avoir conquis Venise, Napoléon est "poursuivi en justice" par des habitants de la Cité
des Doges pour pillage et destruction d'oeuvres d'art.
Dans le cadre d'une campagne visant à empêcher qu'une statue de l'empereur entre dans un musée de la place Saint-Marc,
plusieurs Vénitiens ont prévu pour mars prochain une parodie de procès.
"Effectivement, Napoléon a joué un rôle dans l'histoire de la ville. Mais (le dictateur italien Benito) Mussolini aussi.
Doit-on pour cela lui ériger une statue dans un musée?", s'est demandé l'avocat Mario d'Elia, qui organise le procès,
lors d'une interview accordée par téléphone à Reuters.
Haute de 2,5 mètres, la statue en marbre réalisée par Domenico Banti met en scène un Napoléon torse nu et musculeux,
levant impérieusement sa main droite, un globe terrestre dans la main gauche.
Elle avait été commandée par des marchands vénitiens pour remercier Bonaparte d'avoir fait du port une zone détaxée et
a trôné sur la place Saint-Marc de 1811 à 1814, année où la Cité des Doges a été prise par les Autrichiens, et où la statue
a été transférée vers l'île de San Giorgio Maggiore, située non loin.
"CE SERAIT COMME UNE STATUE DE NELSON AU LOUVRE"
Les historiens ont ensuite perdu la trace de cette oeuvre jusqu'à ce qu'elle réapparaisse l'an dernier lors d'une vente
aux enchères de Sotheby à New York. Elle a alors été achetée par une association française et par la fondation culturelle
d'une banque vénitienne qui ont reçu l'aval de la municipalité pour la faire entrer dans le musée Correr de Venise.
"Le retour de cette statue à Venise s'explique par le fait qu'il s'agît d'une oeuvre vénitienne et que Napoléon fait
aussi partie de l'histoire vénitienne", a estimé l'historien français Jérôme Zieseniss, qui préside l'association qui a
racheté la statue.
D'Elia souhaite, par le procès, mobiliser les Vénitiens contre ce projet. "Ce serait comme ériger une statue à la gloire
de (l'amiral Horacio) Nelson au Louvre, à Paris", a-t-il expliqué. Napoléon est un personnage controversé dans la Cité des
Doges, vu par certains comme un tyran qui a mis fin à l'indépendance de la ville, avant de piller et de détruire certaines
de ses perles architecturales.
Pour Zieseniss, peu de Vénitiens partagent cette opinion. Napoléon a selon lui été un élément moteur de la modernisation
politique et urbaine de Venise.
Les deux hommes semblent toutefois partager les mêmes réserves artistiques sur l'oeuvre elle-même.
"C'est un Napoléon qui a fait pas mal de body-building et qui marche d'un pas déterminé vers la plage avec sa serviette", a
déclaré Zieseniss, en évoquant la toge qui habille le Bonaparte de marbre.
L'épiphanie est fêtée aussi à Venise d'une façon un peu originale. Les gondoliers, déguisés en sorcières, posent sous le Rialto.
Ces "bonnes sorcières", selon la tradition, apportent friandises et cadeaux aux enfants sages...