Une partie du centre historique de Venise est samedi sous les eaux en raison des intempéries, pluie, neige et vent,
qui sévissent depuis deux jours sur la région.
Environ 11% du centre historique de Venise est inondé et des passerelles ont été installés notamment sur la célèbre
place Saint Marc.
L’alta aqua (les hautes eaux) n'a pas surpris les Vénitiens, habitués à ce phénomène provoqué par les marées et le vent,
et qui avaient été avertis du risque par le centre de surveillance des marées.
La cote enregistrée samedi matin était de 107 cm au dessus du niveau normal de la mer. Les Vénitiens ont ressorti leurs
bottes sans perdre leur sourire : les touristes, traînant leurs valises à roulettes, traversent la Cité des Doges les pieds
enveloppés dans des sacs en plastique (ça fait se gondoler les Vénitiens).
Le centre de surveillance estime que la cote devrait rester dans les limites entre 105 cm et 110 cm.
La Sérénissime connaît très régulièrement le phénomène des «hautes eaux» En janvier dernier, une cinquième de la cité des
Doges était sous les eaux et en novembre 2002, une cote de 147 cm avait été enregistrée.
Le gouvernement italien a posé en mai dernier la première pierre d'un projet baptisé «Moïse», du nom du patriarche biblique,
destiné à sauver la ville des eaux.
Le projet consiste à construire 78 digues, en fait des sortes de grands caissons, d'une longueur totale de près de 1.600 mètres,
répartis en quatre tronçons aux entrées de la lagune. Ces digues mobiles seront en temps normal posées sur le fond de la mer,
remplies d'eau.
En cas de marée haute dépassant les 110 cm du niveau normal de la mer, de l'air sera injecté dans ces digues qui s'élèveront à la
surface de l'eau pour fermer l'entrée de la lagune.
La ville avait connu sa pire inondation le 4 novembre 1966: elle avait été submergée par 194 cm d'eau alors qu'une série d'inondations
catastrophiques avait frappé tout le nord de l'Italie.
Après trois journées de vernissage réservées aux officiels, spécialistes, artistes, experts et à la presse,
la 50ème exposition internationale d'arts visuels de la biennale de Venise a ouvert dimanche matin ses portes
au grand public.
Les visiteurs peuvent admirer jusqu'au 2 novembre les oeuvres de 550 artistes de 63 pays exposées dans le
cadre de cette manifestation intitulée "Rêves et conflits: la dictature du spectateur".
Un jeu d'eau à la sortie de la gare, un hamac tendu entre les deux rives d'un canal,
l'exposition s'évade cette année des murs et des jardins de l'Arsenal, étendant ses quartiers d'été à la ville.
Pour ses noces d'or, la biennale des arts visuels --créée en 1895, elle alterne avec celle d'architecture--
se veut "l'exposition des expositions", selon son directeur Francesco Bonami qui lui a donné pour titre "Rêves et conflits:
la dictature du spectateur". Il s'agit pour le directeur de la biennale d'une exposition "en cavale" de ses centres habituels
afin de ne pas imposer le point de vue de son concepteur et donner, par exemple, de l'espace aux jeunes et aux artistes émergents.
La fontaine du danois Jeppe Hein comme le hamac du bosniaque Damir Niksic font partie des 13 projets urbains d'"Interludes"
avec lesquels notamment la biennale s'est aventurée dans la ville.
Mais le rêve souhaité par M. Bonami ne peut pas être "qu'esthétique et dissocié du monde et de la société".
Il ne peut être non plus "la simple illustration du monde dans lequel nous vivons et de ses conflits".
Dans ce contexte, les dix passeports géants (2 mètres sur 3) disséminés par Sandi Hilal et Alessandro Petti
dans les Jardins de l'Arsenal entendent bien dénoncer l'absence d'un Etat Palestinien et l'impossibilité d'avoir sa propre nationalité.
L'Uruguayen Pablo Atchugarry a rêvé lui de la paix représentée par cinq sculptures en marbre blanc tirant vers le haut
et encadrées de trois triangles conflictuels en marbre gris. "Le thème de la paix m'a touché au plus intime. Il m'a stimulé et
quasiment obsédé jusqu'à ce que je réussisse à le traduire dans le marbre", explique l'artiste.
La Tchécoslovaquie renaît temporairement à Venise. Les Tchèques de Kamera Skura et les Slovaques de Kumpat Fu ont
travaillé ensemble pour proposer un "Christ gymnaste" suspendu aux anneaux, les bras à l'horizontal sous un ciel étoilé.
De chaque côté sur le mur, une vidéo diffuse en boucle les mêmes images de spectateurs sur les gradins d'un stade.
Au total quelque 400 créateurs et 63 pavillons nationaux, dont pour la première fois l'Iran, sont soumis, selon M. Bonami,
à la "dictature" du visiteur.
Pas d'art dominant en 2003 à la biennale où les techniques de la vidéo et la photo voisinent avec la peinture.
Ces deux dernières se fondent même en une seule comme la série de tableaux uniformément rouges du pavillon brésilien "cachant"
de vieilles photos.
Souvent en marge du regard collectif posé par Venise sur l'art mondial, la peinture retrouve cette année une place entière.
Le musée Correr, sur la place Saint Marc, accueille une rétrospective de 50 oeuvres, de 1964 à nos jours, de l'américain Robert
Rauschenberg ("Kite"), au japonais Takashi Murakami qui mélange peinture classique japonaise et images tirée des bandes dessinées "manga".
Francesco Bonami a voulu exploiter la "nature unique" de Venise pour prendre en considération les diverses caractéristiques du monde de
l'art contemporain.
L'Arsenal propose ainsi huit prospectives: lignes de fuite, systèmes individuels, zone d'urgence, la structure de la survivance,
représentation arabe contemporaine, le quotidien altéré, station utopie et clandestins.
Chaque projet dispose de sa propre identité et de son autonomie comme "retards et révolutions" au pavillon italien ou "la Zone",
réalisé par le Groupe A12. Les sept artistes du groupe, travaillant aux confins de l'art et de l'architecture, ont cherché
à opposer un espace flexible et temporaire, lieu de rencontres et d'échanges, aux espaces délimités des pavillons nationaux.
Des tunnels d'acier servent de fil conducteur à la biennale. On retrouve en effet "The Cord" à chaque étape d'un parcours aux
détours souvent déroutants et parfois insolites à l'instar du "poster" aux immenses dimensions ornant la façade du petit palais
des sports: un âne solitaire sur une barque posée sur une mer d'azur.
Le Premier ministre italien Silvio Berlusconi a officiellement lancé mercredi le projet Moïse,
un ambitieux chantier de digues mobiles destinées à protéger Venise des inondations.
Aboutissement de plusieurs années d'études, ce projet dont la réalisation doit s'étaler sur huit ans
et coûter 3,5 milliards d'euros comporte 78 digues réparties sur une longueur d'environ 1,5km aux entrées
de la lagune de Venise, sur l'Adriatique.
Ces digues consistent en des sortes de caissons reposant en temps normal au fond de la mer.
En cas de marée anormalement haute, de l'air comprimé sera injecté dans les caissons qui se rélèveront
alors pour fermer les entrées de la lagune.
La Place Saint-Marc de Venise est fréquemment submergée par les eaux du Grand Canal. La municipalité
installe alors un plancher sur pilotis pour garder les pieds des passants et touristes au sec.
Chaque année, en outre, la ville et ses palais s'enfoncent un peu plus dans la mer.
Certains mouvements de défense de l'environnement ont cependant critiqué le "projet Moïse" -hommage
à celui qui dans la Bible a séparé en deux la Mer Rouge- estimant que les digues vont modifier l'équilibre
écologique de la lagune et la transformer en lac stagnant. Le gouvernement, alors de centre-gauche, avait
rejeté en 1998 le projet
Le président de la région de Vénétie, Giancarlo Galan, a annoncé jeudi, qu'il posait la candidature
d'un port de l'Adriatique pour accueillir l'organisation de la prochaine édition de la Coupe de l'America
à la voile en 2006.
M. Galan a reçu l'appui de toutes les autorités des deux Provinces de Vénétie et du Frioul, baignées par
les eaux de l'Adriatique.
"Il y a quelques jours, j'avais déjà avancé l'idée de proposer une ville de l'Adriatique, dont Venise et
Trieste, pour organiser la Vuitton Cup et l'America Cup", a affirmé M. Galan.
Le président Galan a aussi lancé une invitation à Ernesto Bertarelli, le patron du défi suisse Alinghi
qui a remporté la compétition la semaine dernière et qui est obligé par le règlement de la Coupe de choisir
un site baigné "d'eau salée" pour défendre son trophée.
Galan lui propose d'effectuer un voyage de reconnaissance sur l'Adriatique, avant de prendre une décision
sur le choix de la ville qui accueillera la prochaine Coupe de l'America.
La candidature de l'Adriatique doit faire face à une forte concurrence française avec Ajaccio, Marseille,
Sète ou la Vendée, ainsi qu'à d'autres candidatures portugaise, espagnole et même danoise (Copenhague).
Le projet Moïse, un système de digues mobiles destinées à protéger Venise des inondations, a subi un nouveau renvoi et
devrait être lancé le 27 mars au lieu du 5 mars, date initialement prévue.
Le report est intervenu à la demande du maire de la cité lagunaire, Paolo Costa,qui a jugé que "le projet n'est pas
encore complet" et que les spécialistes mandatés par la commune de Venise ont besoin de "quelques jours supplémentaires"
pour finir leur travail.
Le projet Moïse, imaginé en 1984 et qui se heurte à l'opposition de nombreux écologistes, prévoit
la pose de digues mobiles au fond des trois passes de la lagune afin d'éviter les inondations
régulières. Les digues devraient se lever dès que les marées atteignent les 110 cm.
Le chantier coûtera environ 5 milliards d'euros, selon une récente déclaration du chef du gouvernement Silvio Berlusconi
qui avait prévu de participer à la pose de la première pierre. Le coût des travaux avaient auparavant été estimés de 3 à 4
milliards d'euros, chiffres contestés par les écologistes qui dénonçaient une sous-évaluation des frais.
Depuis novembre dernier, la ville a été très régulièrement victime des hautes eaux. Une cote de 147 cm avait été enregistrée
le 16 de ce mois-là à tel point que le maire Paolo Costa a déclaré que "cet hiver avait été une vraie calamité".
Le critique italo-français Sergio Segalini, rédacteur en chef depuis 1979 de la revue "Opéra international",
a indiqué vendredi à Paris avoir été nommé avec effet le 1er septembre 2003 directeur artistique des théâtres
musicaux de Venise dont la fameuse Fenice en Italie.
Sergio Segalini, 58 ans, qui par ailleurs est depuis dix ans directeur artistique du Festival de Martina Franca
en Italie, est nommé pour cinq ans à Venise.
Il sera chargé sous la responsabilité du surintendant italien Gianpaolo Vianello de la programmation artistique de
La Fenice, du Théâtre Malibran et de la PalaFenice, structure légère qui a été construite pour remplacer la Fenice
après son incendie, ainsi que du théâtre de la ville voisine de Venise, Padoue.
La Fenice reconstruite devrait ouvrir ses portes par un concert le 14 décembre 2003 sous la baguette de l'Italien
Riccardo Muti, a indiqué à l'AFP Sergio Segalini.
Ce dernier a précisé qu'il abandonnera la rédaction en chef d'"Opéra international" mais qu'il conservera la
responsabilité du festival de Martina Franca ainsi que de deux Académies de chant en Italie (Paolo Grassi à Martina
Franca et d'Osimo près d'Ancône).
Depuis des siècles, le lion ailé veille sur les jours et les nuits de la fière Venise: symbole de puissance
et de grâce, il lance un avertissement sans appel aux ennemis qui songeraient à attaquer la Sérénissime par
la lagune, protégeant farouchement ses trésors.
Ce lion ailé est devenu aujourd'hui une marque déposée, pour détourner cette fois les prédateurs étrangers
qui voudraient faire commerce de son charisme au profit des touristes.
Le maire de Venise, Paolo Costa, a dévoilé vendredi le nouveau logo qui symbolisera désormais la ville, après
plusieurs semaines de compétition entre créateurs du monde entier. Et c'est un Français qui a remporté le contrat.
Thibault Mathieu a imaginé une tête de lion d'où surgit une aile majestueuse, frappée d'une grande lettre "V".
La municipalité trouve ce logo "charmant".
L'an dernier, le maire avait annoncé l'ouverture d'un concours international, expliquant qu'il était nécessaire
de créer un nouveau symbole pour la ville, afin que les commerçants de tout poil cessent de profiter des symboles
de la ville sans que celle-ci ne touche son écot.
Le froid a fait sa première victime en Italie jeudi tandis que la quasi-totalité
des régions espagnoles étaient en alerte météorologique.
Un homme de 64 ans est décédé à Trieste, près de la frontière italo-slovène, où le mercure est descendu à -3 degrés
Celsius, ont rapporté les agences de presse italiennes.
La neige a recouvert une bonne partie du nord de l'Italie, perturbant la circulation en Toscane. Le verglas a nécessité
la fermeture des écoles à Trieste. Les flocons ont blanchi Venise et ses gondoles.
Près de deux siècles après avoir conquis Venise, Napoléon est "poursuivi en justice" par des habitants de la Cité
des Doges pour pillage et destruction d'oeuvres d'art.
Dans le cadre d'une campagne visant à empêcher qu'une statue de l'empereur entre dans un musée de la place Saint-Marc,
plusieurs Vénitiens ont prévu pour mars prochain une parodie de procès.
"Effectivement, Napoléon a joué un rôle dans l'histoire de la ville. Mais (le dictateur italien Benito) Mussolini aussi.
Doit-on pour cela lui ériger une statue dans un musée?", s'est demandé l'avocat Mario d'Elia, qui organise le procès,
lors d'une interview accordée par téléphone à Reuters.
Haute de 2,5 mètres, la statue en marbre réalisée par Domenico Banti met en scène un Napoléon torse nu et musculeux,
levant impérieusement sa main droite, un globe terrestre dans la main gauche.
Elle avait été commandée par des marchands vénitiens pour remercier Bonaparte d'avoir fait du port une zone détaxée et
a trôné sur la place Saint-Marc de 1811 à 1814, année où la Cité des Doges a été prise par les Autrichiens, et où la statue
a été transférée vers l'île de San Giorgio Maggiore, située non loin.
"CE SERAIT COMME UNE STATUE DE NELSON AU LOUVRE"
Les historiens ont ensuite perdu la trace de cette oeuvre jusqu'à ce qu'elle réapparaisse l'an dernier lors d'une vente
aux enchères de Sotheby à New York. Elle a alors été achetée par une association française et par la fondation culturelle
d'une banque vénitienne qui ont reçu l'aval de la municipalité pour la faire entrer dans le musée Correr de Venise.
"Le retour de cette statue à Venise s'explique par le fait qu'il s'agît d'une oeuvre vénitienne et que Napoléon fait
aussi partie de l'histoire vénitienne", a estimé l'historien français Jérôme Zieseniss, qui préside l'association qui a
racheté la statue.
D'Elia souhaite, par le procès, mobiliser les Vénitiens contre ce projet. "Ce serait comme ériger une statue à la gloire
de (l'amiral Horacio) Nelson au Louvre, à Paris", a-t-il expliqué. Napoléon est un personnage controversé dans la Cité des
Doges, vu par certains comme un tyran qui a mis fin à l'indépendance de la ville, avant de piller et de détruire certaines
de ses perles architecturales.
Pour Zieseniss, peu de Vénitiens partagent cette opinion. Napoléon a selon lui été un élément moteur de la modernisation
politique et urbaine de Venise.
Les deux hommes semblent toutefois partager les mêmes réserves artistiques sur l'oeuvre elle-même.
"C'est un Napoléon qui a fait pas mal de body-building et qui marche d'un pas déterminé vers la plage avec sa serviette", a
déclaré Zieseniss, en évoquant la toge qui habille le Bonaparte de marbre.
L'épiphanie est fêtée aussi à Venise d'une façon un peu originale. Les gondoliers, déguisés en sorcières, posent sous le Rialto.
Ces "bonnes sorcières", selon la tradition, apportent friandises et cadeaux aux enfants sages...