Une partie du centre historique de Venise était sous eau ce 3 décembre en raison de la pluie et du vent qui se sont
abattus ces dernières 24 heures sur tout le nord de l'Italie.
L'eau s'élevait samedi en milieu de journée à 132 centimètres au-dessus du niveau normal de la mer,
selon les données communiquées par le centre de surveillance, un record proche des 1,47 mètres enregistrés
en novembre 2002. L'eau atteignait par exemple une vingtaine de centimètres sur la célèbre place Saint-Marc,
où les rares touristes présents ont enveloppé leurs jambes dans des sacs en plastique. Après avoir atteint un pic,
la situation devrait cependant s'améliorer et le niveau des eaux devrait redescendre à 105 centimètres dimanche.
Une nouvelle dégradation de la météo est cependant attendue pour mardi, ont indiqué des experts vénitiens.
Les canaux de Venise, la célèbre cité lacustre d'Italie, regorgent de substances toxiques :
plomb, hydrocarbures, zinc, arsenic et pesticides, affirme une étude réalisée pour la direction
de l'environnement de la municipalité. Au total onze substances toxiques ont été trouvées dans les boues des canaux.
En dix ans, de 1994 à 2004, les chercheurs ont analysé 295.000 m3 de sédiments des canaux vénitiens et
ont découvert notamment 8.737 kg de nickel, 7.496 kg de chrome, 4.040 kg d'arsenic, 1.606 kg de cadmium,
900 tonnes de mercure, 709 tonnes d'hydrocarbures, 216 tonnes de plomb et 26 tonnes de pesticides.
Selon les responsables de l'étude, la pollution de la cité, construite sur 118 îles et îlots,
est à mettre sur le compte d'une "pollution urbaine" comme en connaissent d'autres villes traversées par
des canaux comme Amsterdam et Stockholm. Les deux experts citent en particulier l'important trafic aquatique,
avec la pollution des bateaux à moteur, l'effet des pluies sur les toits et les pavés, la corrosion des structures
métalliques et des enduits, les déchets solides, les égouts ainsi que la présence quotidienne de 130.000 personnes,
entre résidents et touristes. Les experts affirment toutefois que "la pollution a diminué en trente ans" et ils assurent
être en mesure d'éliminer tous ces déchets en poursuivant le programme de nettoyage des canaux.
L'eau a envahi Venise dimanche 31 octobre. La place Saint-Marc et de nombreux sites touristiques étaient inondés,
ce qui a contraint touristes et habitants à enfiler des bottes de plastique.
Environ 80% de la Sérénissime étaient recouverts par les eaux dimanche après-midi, a précisé Leonardo Cossutta,
du service de la municipalité chargé de surveiller les marées.
La place Saint-Marc, située au coeur de la ville, un des lieux les plus bas de Venise, se trouvait sous au moins
40 centimètres d'eau.
Certains touristes ont choisi de retirer leurs chaussures et de relever leur pantalon pour se promener, alors que
les Vénitiens ont sorti leurs bottes en plastique. Un homme a même affronté les eaux en canoë.
Les services municipaux ont installé des passages en bois, mais à certains endroits l'eau avait déjà repris ses droits,
a constaté l'agence de presse italienne ANSA.
Leonardo Cossutta a ajouté que le service de transports publics par bateau avait été suspendu pour au moins une heure
et certains magasins ont signalé des dégâts dus aux inondations.
Venise affronte régulièrement ce genre de débordements. Pour y remédier, le gouvernement a approuvé un programme
visant à installer des barrières mobiles dans les fonds de l'Adriatique à l'entrée de la lagune afin de protéger la ville
des fortes marées.
Jamais deux sans trois... Alexandra Hai tentait de devenir la première
femme à occuper la fonction de gondolier.
Malheureusement, elle a raté son examen pour la troisième fois, faute d'avoir su maîtriser les techniques de rame.
"Je suis désolé pour elle", a confié Franco Vianello Moro, le président d'Ente Gondola, le centre de
recrutement des gondoliers.
"Elle a fait preuve d'une telle passion et d'un tel amour, elle l'aurait vraiment mérité".
Alexandra Hai, dont la nationalité n'était pas connue, a fait part à l'agence de presse ANSA de son
intention d'abandonner. "Ça
ne sert à rien. La première gondolière de Venise sera quelqu'un d'autre".
Le centre Ente Gondola s'est défendu d'avoir rejeté sa candidature parce qu'il s'agissait d'une femme.
Deux femmes sur les six membres de la commission ont jugé sa prestation, a précisé M. Moro.
"Elle a échoué parce qu'elle n'a pas réussi son examen,
c'est tout", a-t-il ajouté.
Habitué des festivals, Mike Leigh remporte le Lion d'Or décerné lors de la
cérémonie de clôture de la Mostra de Venise. Son film, "Vera Drake", permet aussi à la comédienne Imelda Staunton de repartir avec
le prix d'interprétation féminine.
"Vera Drake", qui raconte l'histoire d'une faiseuse d'anges dans l'Angleterre des années 50, avait un
concurrent sérieux en la personne de l'espagnol Alejandro Amenabar qui a ému les festivaliers avec son
dernier film: "Mar adentro".
Javier Bardem, qui y incarne un tétraplégique qui revendique son droit à mourir dignement après 28 ans
d'immobilité forcée, s'est vu octroyer la Coupe Volpi du meilleur acteur.
Outre la Coupe Volpi du meilleur acteur, "Mar adentro" a remporté le Lion d'Argent-Grand prix du jury.
"Je remercie tout le monde: le public, la presse et le jury. Ceci représente un début pour le voyage que
nous allons entreprendre avec ce film à travers le monde", a déclaré le réalisateur en recevant son prix
des mains de Spike Lee.
"Je suis très nerveux. C'est comme si c'était la première fois", a déclaré de son côté Javier Bardem, 35 ans,
qui avait déjà reçu la coupe Volpi en 2000 pour son rôle dans "Avant la nuit".
De son côté, la France a obtenu deux prix de consolation: le Lion du Futur-Prix de la meilleure première
oeuvre pour "Le grand voyage" d'Ismaël Ferroukhi, et le prix Horizons pour "Les petits-fils" d'Ilan Duran Cohen.
Seule récompense importante à avoir échapper à l'Europe, le Lion d'Argent-Prix spécial pour la mise en scène a
été décerné au réalisateur sud-coréen Kim Ki-Duk pour son film "Binjip".
Deux Lions d'Or d'honneur ont par ailleurs été attribués au cinéaste américain Stanley Donen, auteur inoubliable
de la comédie musicale "Chantons sous le pluie", et au réalisateur vétéran portugais Manoel de Oliveira.
Le palmarès complet:
Lion d'Or du meilleur film
"Vera Drake" de Mike Leigh (Grande-Bretagne)
Coupe Volpi du meilleur acteur
Javier Bardem ("Mar adentro")
Coupe Volpi de la meilleure actrice
Lion d'Argent-Grand prix du jury
"Mar adentro" d'Alejandro Amenabar (Espagne)
Lion d'Argent- Prix de la mise en scène
"Binjip" de Kim Ki-duk (Corée)
Lion du Futur-Prix de la meilleure première oeuvre
"Le grand voyage" d'Ismaël Ferroukhi (France)
Prix Horizons
"Les petits-fils" d'Ilan Duran Cohen (France)
La plus grande rétrospective d'Europe des oeuvres de Salvador Dali, à l'occasion du centenaire de sa naissance,
a été inaugurée vendredi à Venise par le roi Juan Carlos d'Espagne et la reine Sofia.
Plus de 300 oeuvres, venues de tous les musées du monde, d'Espagne, du Brésil, du Vatican, du Brésil,
de France, des Etats-Unis et du Mexique, sont exposées au Palazzo Grassi, sur les bords du Grand Canal.
Organisée en collaboration avec la fondation Gala Salvador Dali, l'exposition, dont les commissaires sont
Montse Aguer Teixidor et Dawn Adfes, propose un itinéraire à rebours de l'oeuvre gigantesque de Dali.
Elle part de son dernier tableau réalisé avant de mourir en 1989, La queue de l'hirondelle (1983), pour remonter
jusqu'à une oeuvre de jeunesse, Vue de Cadaques depuis le mont Pani (1917), réalisée alors qu'il avait à peine 13 ans.
Le parcours permet de passer du Dali le plus connu du public, quand lui-même était devenu une oeuvre d'art, à ses
racines de peintre, avec des portraits de son père et de sa soeur.
"Le temps est passé de considérer Dali avec frivolité", a déclaré Montse Aguer Teixidor, également commissaire
de l'Année Dali 2004.
"Le Dali médiatique a nuit au Dali peintre. Le moment est venu qu'il occupe la place qu'il mérite dans la peinture
de XXe siècle", a-t-elle ajouté.
Né en 1904 à Figueres, en Catalogne, Dali a révélé son talent de façon précoce dans les années 20 en se confrontant
au cubisme et au futurisme, avant la période surréaliste.
De salle en salle, les toiles illustrent les fantasmes et les délires de l'artiste, ses relations avec le Christ,
les vierges et sa muse Gala, amante, épouse et compagne.
Le visiteur découvre aussi les préoccupations de Dali pour les drames de son époque avec ses tableaux de 1936 sur
la guerre civile espagnole comme Prémonition de la guerre.
Dali n'était pas seulement un peintre mais un sculpteur, un metteur en scène qui collabora notamment avec Luis Bunuel.
L'exposition se conclut avec des oeuvres de très grandes dimensions comme The dream of Venus de 1933, de cinq mètres
de large.
La rétrospective sera ouverte au public du 12 septembre 2004 au 16 janvier 2005.
A l'occasion de cette exposition, le maire de Venise, Paolo Costa, a annoncé que la ville avait conclu un accord en vue d'acheter le Palazzo Grassi à Fiat.
M. Costa a ajouté que le Palais continuerait à être voué à la culture comme c'est le cas depuis que, dans les années 80, la Fondation Palazzo Grassi de Fiat en avait fait un des plus prestigieux lieux d'exposition au monde.
Les autorités de Venise cherchent à arrêter un vandale armé d'un
marteau qui mutile depuis quelques jours les statues religieuses autour de la place
Saint Marc et ont appelé mardi les touristes à leur signaler tout acte suspect.
"Tout résident, habitant ou touriste, doit tout de suite signaler les situations
anormales, les dommages ou la présence de quelqu'un est en train de provoquer des
dégâts au patrimoine", a demandé Giorgio Rossini le surintendant chargé du
patrimoine de Venise. "Il est très difficile de tout surveiller", a-t-il expliqué.
Le maire de Venise, Paolo Costa, a pour sa part déploré la lenteur de l'intervention de la police,
soulignant que l'ordre public n'est "pas de sa compétence" dans un entretien publié mardi par le
Corriere della Sera. Le "vandale au marteau" a été surpris dimanche soir par des touristes italiens
pendant qu'il s'attaquait à un chapiteau du Palais des Doges sur la place Saint Marc. Leur
intervention a permis aux experts de récupérer les débris de marbre tombés à terre. Le vandale, selon
leur description, est âgé d'une trentaine d'années et, ce soir-là, il était vêtu d'un jean et d'un T-shirt. La
colonne attaquée est connue comme celle de la Justice et le motif endommagé représente Dieu
remettant les tables de la loi à Moïse. Les mains de Dieu et de Moïse ont été cassées en dix-sept
morceaux. Les responsables du patrimoine ont ensuite découvert ses autres forfaits, tous commis
près de la place Saint Marc : deux statues de Saint François et Saint Marc sur la façade de l'église
du Rédempteur, un motif sculpté datant du XIVe siècle représentant Saint-Pierre dans une ruelle
passant derrière le clocher de l'église de San Pietro di Castello et une statuette représentant la
Vierge sous un porche proche de cette église. Les actes de vandalismes ont commencé dans la nuit
de samedi à dimanche et les enquêteurs pensent à un déséquilibré. L'iconoclaste s'attaque en effet
aux mains des statues et aux symboles qu'elles tiennent : les tables de la loi, les clefs remises à
Saint Pierre. "Il s'agit sans doute de quelqu'un qui a une culture chrétienne ou une connaissance des
Ecritures sacrées", a estimé M. Rossini. Certains dommages seront difficiles à réparer. Selon les
experts, les mains de la statue de Saint François sont perdues. Saint Marc n'a en revanche perdu
que sa main droite et elle sera plus facile à refaire, ont-ils estimé. Ce n'est pas la première fois que le
patrimoine artistique italien est l'objet de déprédations de la part de vandales : en 1972, un Hongrois,
Laszlo Toth, a endommagé "la Pietà" de Michel-Ange en la basilique Saint-Pierre aux cris de "Je suis
Jésus Christ". Quelques années plus tard, en 1991, un peintre raté, Piero Cannata, a détruit d'un
coup de marteau un doigt d'un pied du David de Michel-Ange à Florence. Et en 1997, trois vandales
ont cassé la queue d'un monstre marin de la célèbre fontaine des quatre fleuves du Bernin place
Navona, à Rome.
Du rififi à Venise. Un groupement de gondoliers a décidé de retirer le "risso" -le symbole vieux de 500 ans
présent à l'arrière des embarcations- pour rendre plus facile le passage des ponts de la célèbre ville italienne. Une initiative qui a
provoqué un tollé chez les traditionalistes de la gondole.
Franco Vianello Moro, président de l'Agence des gondoles de Venise, a annoncé vendredi avoir envoyé une lettre aux chefs
locaux des gondoliers dans laquelle il dénonce une mesure "barbare" et donne jusqu'au 30 juin aux gondoliers pour remettre le
"risso" à sa place.
Le symbole en forme de "S", fait de fer, évoque la forme du Grand canal de la ville, et donne un caractère unique aux bateaux
prisés par les touristes pour leur aspect romantique.
Selon Franco Vianello Moro, les gondoliers qui ont choisi de le retirer pourraient être sanctionnés s'ils refusaient de le remettre,
car l'aspect des gondoles est décidé par la municipalité. Un compromis a été suggéré: le "risso" pourrait être retiré le temps du
passage des ponts, et remis ensuite.
La rébellion des gondoliers semble limitée: entre 10 et 15 gondoles naviguent en effet sans le "risso", sur une flotte de 400
bateaux, selon Franco Vianello Moro.
Selon les gondoliers rebelles, retirer le "risso" permet de passer plus facilement les ponts lors des grandes marées à Venise.
Pour M. Vianello Moro, leur décision est la preuve d'un manque d'habileté, puisque, selon lui, la grande majorité des gondoliers
savent manoeuvrer sous les ponts quand l'eau monte dans la lagune.
"C'est un problème d'incapacité", a-t-il déclaré vendredi par téléphone. "La gondole doit être respectée dans son ensemble".
Une partie du centre historique de Venise est samedi sous les eaux en raison des intempéries, pluie, neige et vent,
qui sévissent depuis deux jours sur la région.
Environ 11% du centre historique de Venise est inondé et des passerelles ont été installés notamment sur la célèbre
place Saint Marc.
L’alta aqua (les hautes eaux) n'a pas surpris les Vénitiens, habitués à ce phénomène provoqué par les marées et le vent,
et qui avaient été avertis du risque par le centre de surveillance des marées.
La cote enregistrée samedi matin était de 107 cm au dessus du niveau normal de la mer. Les Vénitiens ont ressorti leurs
bottes sans perdre leur sourire : les touristes, traînant leurs valises à roulettes, traversent la Cité des Doges les pieds
enveloppés dans des sacs en plastique (ça fait se gondoler les Vénitiens).
Le centre de surveillance estime que la cote devrait rester dans les limites entre 105 cm et 110 cm.
La Sérénissime connaît très régulièrement le phénomène des «hautes eaux» En janvier dernier, une cinquième de la cité des
Doges était sous les eaux et en novembre 2002, une cote de 147 cm avait été enregistrée.
Le gouvernement italien a posé en mai dernier la première pierre d'un projet baptisé «Moïse», du nom du patriarche biblique,
destiné à sauver la ville des eaux.
Le projet consiste à construire 78 digues, en fait des sortes de grands caissons, d'une longueur totale de près de 1.600 mètres,
répartis en quatre tronçons aux entrées de la lagune. Ces digues mobiles seront en temps normal posées sur le fond de la mer,
remplies d'eau.
En cas de marée haute dépassant les 110 cm du niveau normal de la mer, de l'air sera injecté dans ces digues qui s'élèveront à la
surface de l'eau pour fermer l'entrée de la lagune.
La ville avait connu sa pire inondation le 4 novembre 1966: elle avait été submergée par 194 cm d'eau alors qu'une série d'inondations
catastrophiques avait frappé tout le nord de l'Italie.
Après trois journées de vernissage réservées aux officiels, spécialistes, artistes, experts et à la presse,
la 50ème exposition internationale d'arts visuels de la biennale de Venise a ouvert dimanche matin ses portes
au grand public.
Les visiteurs peuvent admirer jusqu'au 2 novembre les oeuvres de 550 artistes de 63 pays exposées dans le
cadre de cette manifestation intitulée "Rêves et conflits: la dictature du spectateur".
Un jeu d'eau à la sortie de la gare, un hamac tendu entre les deux rives d'un canal,
l'exposition s'évade cette année des murs et des jardins de l'Arsenal, étendant ses quartiers d'été à la ville.
Pour ses noces d'or, la biennale des arts visuels --créée en 1895, elle alterne avec celle d'architecture--
se veut "l'exposition des expositions", selon son directeur Francesco Bonami qui lui a donné pour titre "Rêves et conflits:
la dictature du spectateur". Il s'agit pour le directeur de la biennale d'une exposition "en cavale" de ses centres habituels
afin de ne pas imposer le point de vue de son concepteur et donner, par exemple, de l'espace aux jeunes et aux artistes émergents.
La fontaine du danois Jeppe Hein comme le hamac du bosniaque Damir Niksic font partie des 13 projets urbains d'"Interludes"
avec lesquels notamment la biennale s'est aventurée dans la ville.
Mais le rêve souhaité par M. Bonami ne peut pas être "qu'esthétique et dissocié du monde et de la société".
Il ne peut être non plus "la simple illustration du monde dans lequel nous vivons et de ses conflits".
Dans ce contexte, les dix passeports géants (2 mètres sur 3) disséminés par Sandi Hilal et Alessandro Petti
dans les Jardins de l'Arsenal entendent bien dénoncer l'absence d'un Etat Palestinien et l'impossibilité d'avoir sa propre nationalité.
L'Uruguayen Pablo Atchugarry a rêvé lui de la paix représentée par cinq sculptures en marbre blanc tirant vers le haut
et encadrées de trois triangles conflictuels en marbre gris. "Le thème de la paix m'a touché au plus intime. Il m'a stimulé et
quasiment obsédé jusqu'à ce que je réussisse à le traduire dans le marbre", explique l'artiste.
La Tchécoslovaquie renaît temporairement à Venise. Les Tchèques de Kamera Skura et les Slovaques de Kumpat Fu ont
travaillé ensemble pour proposer un "Christ gymnaste" suspendu aux anneaux, les bras à l'horizontal sous un ciel étoilé.
De chaque côté sur le mur, une vidéo diffuse en boucle les mêmes images de spectateurs sur les gradins d'un stade.
Au total quelque 400 créateurs et 63 pavillons nationaux, dont pour la première fois l'Iran, sont soumis, selon M. Bonami,
à la "dictature" du visiteur.
Pas d'art dominant en 2003 à la biennale où les techniques de la vidéo et la photo voisinent avec la peinture.
Ces deux dernières se fondent même en une seule comme la série de tableaux uniformément rouges du pavillon brésilien "cachant"
de vieilles photos.
Souvent en marge du regard collectif posé par Venise sur l'art mondial, la peinture retrouve cette année une place entière.
Le musée Correr, sur la place Saint Marc, accueille une rétrospective de 50 oeuvres, de 1964 à nos jours, de l'américain Robert
Rauschenberg ("Kite"), au japonais Takashi Murakami qui mélange peinture classique japonaise et images tirée des bandes dessinées "manga".
Francesco Bonami a voulu exploiter la "nature unique" de Venise pour prendre en considération les diverses caractéristiques du monde de
l'art contemporain.
L'Arsenal propose ainsi huit prospectives: lignes de fuite, systèmes individuels, zone d'urgence, la structure de la survivance,
représentation arabe contemporaine, le quotidien altéré, station utopie et clandestins.
Chaque projet dispose de sa propre identité et de son autonomie comme "retards et révolutions" au pavillon italien ou "la Zone",
réalisé par le Groupe A12. Les sept artistes du groupe, travaillant aux confins de l'art et de l'architecture, ont cherché
à opposer un espace flexible et temporaire, lieu de rencontres et d'échanges, aux espaces délimités des pavillons nationaux.
Des tunnels d'acier servent de fil conducteur à la biennale. On retrouve en effet "The Cord" à chaque étape d'un parcours aux
détours souvent déroutants et parfois insolites à l'instar du "poster" aux immenses dimensions ornant la façade du petit palais
des sports: un âne solitaire sur une barque posée sur une mer d'azur.
Le Premier ministre italien Silvio Berlusconi a officiellement lancé mercredi le projet Moïse,
un ambitieux chantier de digues mobiles destinées à protéger Venise des inondations.
Aboutissement de plusieurs années d'études, ce projet dont la réalisation doit s'étaler sur huit ans
et coûter 3,5 milliards d'euros comporte 78 digues réparties sur une longueur d'environ 1,5km aux entrées
de la lagune de Venise, sur l'Adriatique.
Ces digues consistent en des sortes de caissons reposant en temps normal au fond de la mer.
En cas de marée anormalement haute, de l'air comprimé sera injecté dans les caissons qui se rélèveront
alors pour fermer les entrées de la lagune.
La Place Saint-Marc de Venise est fréquemment submergée par les eaux du Grand Canal. La municipalité
installe alors un plancher sur pilotis pour garder les pieds des passants et touristes au sec.
Chaque année, en outre, la ville et ses palais s'enfoncent un peu plus dans la mer.
Certains mouvements de défense de l'environnement ont cependant critiqué le "projet Moïse" -hommage
à celui qui dans la Bible a séparé en deux la Mer Rouge- estimant que les digues vont modifier l'équilibre
écologique de la lagune et la transformer en lac stagnant. Le gouvernement, alors de centre-gauche, avait
rejeté en 1998 le projet
Le président de la région de Vénétie, Giancarlo Galan, a annoncé jeudi, qu'il posait la candidature
d'un port de l'Adriatique pour accueillir l'organisation de la prochaine édition de la Coupe de l'America
à la voile en 2006.
M. Galan a reçu l'appui de toutes les autorités des deux Provinces de Vénétie et du Frioul, baignées par
les eaux de l'Adriatique.
"Il y a quelques jours, j'avais déjà avancé l'idée de proposer une ville de l'Adriatique, dont Venise et
Trieste, pour organiser la Vuitton Cup et l'America Cup", a affirmé M. Galan.
Le président Galan a aussi lancé une invitation à Ernesto Bertarelli, le patron du défi suisse Alinghi
qui a remporté la compétition la semaine dernière et qui est obligé par le règlement de la Coupe de choisir
un site baigné "d'eau salée" pour défendre son trophée.
Galan lui propose d'effectuer un voyage de reconnaissance sur l'Adriatique, avant de prendre une décision
sur le choix de la ville qui accueillera la prochaine Coupe de l'America.
La candidature de l'Adriatique doit faire face à une forte concurrence française avec Ajaccio, Marseille,
Sète ou la Vendée, ainsi qu'à d'autres candidatures portugaise, espagnole et même danoise (Copenhague).
Le projet Moïse, un système de digues mobiles destinées à protéger Venise des inondations, a subi un nouveau renvoi et
devrait être lancé le 27 mars au lieu du 5 mars, date initialement prévue.
Le report est intervenu à la demande du maire de la cité lagunaire, Paolo Costa,qui a jugé que "le projet n'est pas
encore complet" et que les spécialistes mandatés par la commune de Venise ont besoin de "quelques jours supplémentaires"
pour finir leur travail.
Le projet Moïse, imaginé en 1984 et qui se heurte à l'opposition de nombreux écologistes, prévoit
la pose de digues mobiles au fond des trois passes de la lagune afin d'éviter les inondations
régulières. Les digues devraient se lever dès que les marées atteignent les 110 cm.
Le chantier coûtera environ 5 milliards d'euros, selon une récente déclaration du chef du gouvernement Silvio Berlusconi
qui avait prévu de participer à la pose de la première pierre. Le coût des travaux avaient auparavant été estimés de 3 à 4
milliards d'euros, chiffres contestés par les écologistes qui dénonçaient une sous-évaluation des frais.
Depuis novembre dernier, la ville a été très régulièrement victime des hautes eaux. Une cote de 147 cm avait été enregistrée
le 16 de ce mois-là à tel point que le maire Paolo Costa a déclaré que "cet hiver avait été une vraie calamité".
Le critique italo-français Sergio Segalini, rédacteur en chef depuis 1979 de la revue "Opéra international",
a indiqué vendredi à Paris avoir été nommé avec effet le 1er septembre 2003 directeur artistique des théâtres
musicaux de Venise dont la fameuse Fenice en Italie.
Sergio Segalini, 58 ans, qui par ailleurs est depuis dix ans directeur artistique du Festival de Martina Franca
en Italie, est nommé pour cinq ans à Venise.
Il sera chargé sous la responsabilité du surintendant italien Gianpaolo Vianello de la programmation artistique de
La Fenice, du Théâtre Malibran et de la PalaFenice, structure légère qui a été construite pour remplacer la Fenice
après son incendie, ainsi que du théâtre de la ville voisine de Venise, Padoue.
La Fenice reconstruite devrait ouvrir ses portes par un concert le 14 décembre 2003 sous la baguette de l'Italien
Riccardo Muti, a indiqué à l'AFP Sergio Segalini.
Ce dernier a précisé qu'il abandonnera la rédaction en chef d'"Opéra international" mais qu'il conservera la
responsabilité du festival de Martina Franca ainsi que de deux Académies de chant en Italie (Paolo Grassi à Martina
Franca et d'Osimo près d'Ancône).
Depuis des siècles, le lion ailé veille sur les jours et les nuits de la fière Venise: symbole de puissance
et de grâce, il lance un avertissement sans appel aux ennemis qui songeraient à attaquer la Sérénissime par
la lagune, protégeant farouchement ses trésors.
Ce lion ailé est devenu aujourd'hui une marque déposée, pour détourner cette fois les prédateurs étrangers
qui voudraient faire commerce de son charisme au profit des touristes.
Le maire de Venise, Paolo Costa, a dévoilé vendredi le nouveau logo qui symbolisera désormais la ville, après
plusieurs semaines de compétition entre créateurs du monde entier. Et c'est un Français qui a remporté le contrat.
Thibault Mathieu a imaginé une tête de lion d'où surgit une aile majestueuse, frappée d'une grande lettre "V".
La municipalité trouve ce logo "charmant".
L'an dernier, le maire avait annoncé l'ouverture d'un concours international, expliquant qu'il était nécessaire
de créer un nouveau symbole pour la ville, afin que les commerçants de tout poil cessent de profiter des symboles
de la ville sans que celle-ci ne touche son écot.
Le froid a fait sa première victime en Italie jeudi tandis que la quasi-totalité
des régions espagnoles étaient en alerte météorologique.
Un homme de 64 ans est décédé à Trieste, près de la frontière italo-slovène, où le mercure est descendu à -3 degrés
Celsius, ont rapporté les agences de presse italiennes.
La neige a recouvert une bonne partie du nord de l'Italie, perturbant la circulation en Toscane. Le verglas a nécessité
la fermeture des écoles à Trieste. Les flocons ont blanchi Venise et ses gondoles.
Près de deux siècles après avoir conquis Venise, Napoléon est "poursuivi en justice" par des habitants de la Cité
des Doges pour pillage et destruction d'oeuvres d'art.
Dans le cadre d'une campagne visant à empêcher qu'une statue de l'empereur entre dans un musée de la place Saint-Marc,
plusieurs Vénitiens ont prévu pour mars prochain une parodie de procès.
"Effectivement, Napoléon a joué un rôle dans l'histoire de la ville. Mais (le dictateur italien Benito) Mussolini aussi.
Doit-on pour cela lui ériger une statue dans un musée?", s'est demandé l'avocat Mario d'Elia, qui organise le procès,
lors d'une interview accordée par téléphone à Reuters.
Haute de 2,5 mètres, la statue en marbre réalisée par Domenico Banti met en scène un Napoléon torse nu et musculeux,
levant impérieusement sa main droite, un globe terrestre dans la main gauche.
Elle avait été commandée par des marchands vénitiens pour remercier Bonaparte d'avoir fait du port une zone détaxée et
a trôné sur la place Saint-Marc de 1811 à 1814, année où la Cité des Doges a été prise par les Autrichiens, et où la statue
a été transférée vers l'île de San Giorgio Maggiore, située non loin.
"CE SERAIT COMME UNE STATUE DE NELSON AU LOUVRE"
Les historiens ont ensuite perdu la trace de cette oeuvre jusqu'à ce qu'elle réapparaisse l'an dernier lors d'une vente
aux enchères de Sotheby à New York. Elle a alors été achetée par une association française et par la fondation culturelle
d'une banque vénitienne qui ont reçu l'aval de la municipalité pour la faire entrer dans le musée Correr de Venise.
"Le retour de cette statue à Venise s'explique par le fait qu'il s'agît d'une oeuvre vénitienne et que Napoléon fait
aussi partie de l'histoire vénitienne", a estimé l'historien français Jérôme Zieseniss, qui préside l'association qui a
racheté la statue.
D'Elia souhaite, par le procès, mobiliser les Vénitiens contre ce projet. "Ce serait comme ériger une statue à la gloire
de (l'amiral Horacio) Nelson au Louvre, à Paris", a-t-il expliqué. Napoléon est un personnage controversé dans la Cité des
Doges, vu par certains comme un tyran qui a mis fin à l'indépendance de la ville, avant de piller et de détruire certaines
de ses perles architecturales.
Pour Zieseniss, peu de Vénitiens partagent cette opinion. Napoléon a selon lui été un élément moteur de la modernisation
politique et urbaine de Venise.
Les deux hommes semblent toutefois partager les mêmes réserves artistiques sur l'oeuvre elle-même.
"C'est un Napoléon qui a fait pas mal de body-building et qui marche d'un pas déterminé vers la plage avec sa serviette", a
déclaré Zieseniss, en évoquant la toge qui habille le Bonaparte de marbre.
L'épiphanie est fêtée aussi à Venise d'une façon un peu originale. Les gondoliers, déguisés en sorcières, posent sous le Rialto.
Ces "bonnes sorcières", selon la tradition, apportent friandises et cadeaux aux enfants sages...
Le Festival International du Film de Venise pourrait ne plus se dérouler dans le Lido, principale île de Venise, suite aux critiques croissantes
concernant les coûts générés par l'organisation de cet évènement.
Franco Bernabe, président de la Biennale de Venise a déclaré jeudi qu'il voulait explorer toutes les possibilités de déménagement du centre de Venise.
Le festival se déroulera du 27 août au 6 septembre l'année prochaine. Ce n'est pas notre tâche de trouver un nouvel emplacement, déclare
Bernabe, mais celle de la ville de Venise qui accorde à la Biennale certains emplacements pour son organisation.
La plainte principale de Bernabe concerne les coûts exhorbitants des hotels du Lido. "Ils exigent des prix exhorbitants que personne ne peut payer, même
pas les compagnies de production, un hotel a ainsi doublé ses prix de 365 à 740$, il y a deux ans", déclare Bernabe. "Nous devons agir avant que le Festival ne meurre".
Nombreux sont ceux qui considèrent que le Lido n'est pas l'emplacement adéquat pour l'organisation de la Biennale. Mais si les directeurs précédents du Festival, Alberto
Barbera et Gian Luigi Rondi, considéraient l'idée de déménager comme "fascinante", ils la déclaraient difficile à concrétiser...
Les pluies diluviennes qui s'abattent depuis cinq jours sur le nord de l'Italie ont entraîné l'évacuation de plus
de 6.500 personnes, tandis qu'un homme a trouvé la mort, emporté par les eaux d'une rivière.
La Lombardie, dont la capitale est Milan, a été particulièrement éprouvée par le mauvais temps qui frappe une partie
de l'Europe et en particulier le sud-est de la France.
Les rivières Lambro, Seveso et Olona sont sorties de leur lit, inondant la périphérie de la capitale économique de
l'Italie et Monza, au nord-est.
Dans cette banlieue, un homme de 41 ans, tombé dans le Lambro en crue dans la nuit de mardi à mercredi,
est porté disparu, a annoncé mercredi la préfecture.
Deux cents personnes ont été évacuées et de nombreux habitants invités à se réfugier dans les étages supérieurs de leur maison.
Pour l'ensemble de la province de Milan, 1.226 personnes ont été évacuées, selon un pointage provisoire de la protection civile.
Des quartiers entiers en périphérie de la capitale économique italienne ont été inondés.
Le trafic des bus et des automobiles devait se faire au pas et une ligne du métro a été arrêtée.
Dans la région de Lodi, à une trentaine de kilomètres à l'est de Milan, plus de 3.000 personnes ont dû être évacuées
en raison de la crue de l'Adda.
La ligne de chemin de fer reliant Milan à la ville de Lecco, plus au nord, a été paralysée par un glissement de terrain.
Le ministre de la Justice, Roberto Castelli, s'est rendu sur place pour se rendre compte de l'organisation des secours.
Il a assuré que "le gouvernement réduirait au minimum la bureaucratie pour venir en aide aux sinistrés".
A l'extrême nord de la Lombardie, en Valtellina, 1.500 personnes ont été contraintes de quitter leur maison dans la province
de Sondrio en raison des glissements de terrain.
De nombreuses routes sont coupées et les écoles fermées jusqu'à nouvel ordre. La protection civile a fait parvenir 400 lits
pour les évacués.
Quelque 14.000 habitants sont par ailleurs isolés dans la région de Bergame, toujours à cause de déplacements de terrain.
Selon les spécialistes en hydrologie, le bassin du Pô est complètement saturé mais une accalmie a été enregistrée mercredi dans
les précipitations.
Dans le Piemont (nord-ouest), les eaux du lac Majeur dépassent de 53 cm la cote d'alerte. De nombreuses routes nationales ou
départementales sont coupées. Dans la région d'Alessandria, les ponts, routes et habitations ont subi d'importants dégâts.
Plus à l'est, en Frioul-Vénétie-Julienne, la situation est toujours préoccupante à Pordenone où 500 mm de pluie sont tombées
au cours des dernières 24 heures.
Le fleuve Noncello est sorti de son lit et la municipalité a fait évacuer 1.200 personnes des quartiers touchés pour les héberger
dans un complexe sportif.
Les archives du Palais de justice ont été inondées, les écoles sont fermées, la circulation est impossible sur deux routes nationales
voisines et la sortie d'autoroute est fermée.
Enfin, les habitants de Venise ont les pieds dans l'eau depuis 12 jours et ils ont ressorti leurs bottes tandis que de
nombreuses passerelles ont été installées.
La Ligurie au nord-ouest, touchée en début de semaine, l'Emilie-Romagne et la Lombardie au nord, ont demandé à bénéficier
de l'état d'urgence pour bénéficier d'aides spéciales. Le Conseil des ministres devrait statuer sur ces demandes vendredi.
Le chef de la protection civile, Guido Bertolaso, s'est rendu à Milan mercredi pour faire le point sur la situation.
La protection civile a mis de nombreux moyens à la disposition des zones sinistrées alors que 1.000 de ses hommes sont déjà
engagés sur le volcan Etna en Sicile ainsi qu'en Molise (centre-est), victime d'un tremblement de terre le 31 octobre dernier.
La digue de Venise va-t-elle finir par être construite ? Destiné à fermer les entrées de la lagune de la cité des Doges
en cas de montée des eaux, cet ouvrage mobile baptisé Moïse vient de décrocher une enveloppe de 450 millions d'euros.
Le gouvernement italien a accordé cette somme pour financer sur une période de 3 ans le démarrage du chantier.
Cette décision requiert encore un ultime feu vert du Comité interministériel de programmation économique (CIPE), vendredi.
Dès son arrivée au gouvernement, le ministre des travaux publics, Pietro Lunardi, avait apporté son soutien au projet et
envisageait d'interdire l'entrée des pétroliers dans la lagune.
Conçue dès 1984, la digue de Venise se compose en réalité de trois portes métalliques mobiles qui seront plaquées au fond
de l'eau, au niveau des trois passes d'entrée dans la lagune. En cas «d'acqua alta», ces portes seront capables de se redresser
à la verticale de façon à fermer l'accès à la mer Adriatique. Au total, le projet devrait nécessiter un investissement de quelque
3,5 milliards d'euros, ce que contestent les détracteurs du projet. Les défenseurs de l'environnement y voient en effet un risque
majeur pour la faune et la flore, et chiffrent Moïse à 4 à 5 milliards d'euros. Le ministre de l'Environnement, Altero Matteoli,
répond que toutes les garanties ont été obtenues en la matière.
Le projet de digue mobile Moïse destiné à protéger Venise des inondations a été officiellement approuvé vendredi par le gouvernement
italien et doté d'un premier financement de 450 millions d'euros.
Le feu vert a été donné au cours d'un Comité interministériel de programmation économique (CIPE) présidé par le ministre de
l'Economie Guimlio Tremonti.
Le projet Moïse, imaginé en 1984, prévoit de poser des digues mobiles au fond des trois passes de la lagune afin d'éviter les
inondations régulières à Venise.
L'objectif est de trouver une solution à "l'acqua alta", le phénomène des marées hautes à Venise, et les digues devraient
se lever dès que les marées atteignent les 110 cm.
Le projet coûtera à terme environ 3,5 milliards d'euros et les digues devraient être opérationnelles dans huit ans, selon les
promoteurs du projet.
Les détracteurs de ce projet, des associations italienne de défense de l'environnement, estiment pour leur part que le projet
coûtera 4 à 5 milliards d'euros et qu'il faudra plus de 10 ans pour le rendre opérationnel.
Elles proposent à la place de ce projet l'interdiction du trafic des bateaux de croisière, des pétroliers et des cargos
à l'intérieur de la lagune en construisant des quais à l'extérieur, la réduction de la pollution, la protection des zones les
plus basses de la cité et des travaux de régulation de eaux.
Lors du 30ème anniversaire de "Salvare Venezia con la Laguna", une coalition des groupes environnementaux et de citoyens,ce jeudi,
a réclamé lors du congrès du Patrimoine Mondial de l'Unesco, des mesures immédiates pour protéger Venise contre le plan du
gouvernement italien pour empêcher son inondation.
En quelques mois de travail seulement, le nombre d'inondations de la place Saint-Marc pourrait être réduite sensiblement," a déclaré
Stefano Boato de l'EcoIstituto Veneto, un membre de la coalition.
La ville de Venise, ainsi que sa lagune font partie du Patrimoine Mondial de l'UNESCO.
L'Unesco a déjà joué un rôle central en organisant l'aide mondiale pour la ville après l'inondation désastreuse en novembre 1966.
Venise se trouve entre 80 et 200 centimètres (2,6 et 6,6 pieds) au-dessus du niveau de la mer. L'administration de la ville
de Venise soulève maintenant systématiquement les points les plus bas de la ville .
Dans son appel à l'Unesco, Salvare Venezia con la Laguna a averti que les efforts de gouvernement italien de
forcer l'approbation d'un système controversé des digues, généralement appelée le projet MoSE, menace l'écosystème de la lagune.
Le module électromécanique expérimental (MoSE), comporte la construction de 79 portes à trois admissions dans lagune.
Quand l'élévation des eaux dépasse de 1,1 mètres (43 pouces) au-dessus de la normale, de l'air sera injecté dans les portes creuses,
les entraînant à se lever, empêchant l'eau de mer d'entrer dans la lagune et empêchant de ce fait l'immersion de Venise.
"le MoSE a mal évalué les incidences de ce plan sur l'environnement en 1998," a expliqué l'ancien sénateur italien Giorgio Sarto,
porte-parole de Salvare Venezia con la Laguna.
La Commission nationale d'évaluation des incidences sur l'environnement de l'Italie, dont la revue a été exigée en vertu de la loi,
a donné aux digues une évaluation négative. Le projet entier est insoutenable et démodé, a déclaré la Commission. Sa construction
et son entretien auraient des impacts lourds et permanents sur la lagune.
La commission a souligné que le projet des digues de MoSE n'est ni expérimental, ni progressif, ni réversible -
exigences principales en vertu des lois spéciales de l'Italie pour Venise - et ne respecte pas ainsi le principe de précaution.
Le projet de MoSE menace la lagune de Venise, déclare encore Paolo Perlasca du bureau de WWF/Italy's Venise, qui soutient une
campagne plus progressive et plus réversible de protection pour la lagune.
Les climatologues avertissent que le système de digues sera désuet si le réchauffement de la planète entraîne
une élévation significative du niveau de la mer au cours du siècle à venir, a expliqué Sarto.
La ville de Venise et les conseils de province de Venise ont donné une évaluation négative
"aux travaux complémentaires" qui composent la première phase du projet de MoSE.
Salvare Venezia con la Laguna soutient une stratégie alternative pour protéger Venise,
approuvée par le conseil municipal de Venise en septembre, selon Boato, l'expert technique du groupe.
Si cette stratégie est employée il y aurait des interventions progressives et réversibles aux sorties
de la lagune, telles que réduire la profondeur de leurs canaux profonds d'expédition, pour limiter l'inondation de la ville.
En augmentant "la capacité dispersive" de ces sorties, les marées pourraient être réduites de 20 centimètres.
Ces mesures sont compatibles avec le traffic courant, et elles seraient expérimentales, progressives et réversibles.
Les plus bas secteurs de Venise, tels que la place Saint-Marc, qui sont plus exposés aux inondations seraient ainsi protégés.
Le niveau de pollution dans la lagune de Venise serait réduit.
Les bateaux de croisière seraient ammarrés hors de la lagune, à côté de l'île de Lido, selon les exigences de la loi spéciale
de l'Italie 1973 pour Venise, le trafic de pétrolier serait banni de la lagune.
Cette stratégie sauverait Venise immédiatement des inondations, alors que le projet de MoSE aurait besoin d'au moins huit ans
de construction, selon Boato.
Cependant, le gouvernement italien tient à commencer les travaux du projet MoSE dès l'année prochaine.
Dans le budget 2003 proposé, le premier ministre Silvio Berlusconi a promis 600 millions d'Euros
pour la première phase du projet, tout en coupant tous les autres fonds alloués à Venise - restauration architecturale,
protection de l'environnement, et entretien de canal.
Anthony Zamparutti, porte-parole international pour la campagne contre le projet MoeSE,
il s'agit d'une approche incroyablement chère pour réduire les inondations de Venise,
coûtant plus de 4 milliards d'Euros, et monopolisant ainsi l'argent essentiel à d'autres travaux essentiels à Venise et la lagune."
D'autres actions sont nécessaires pour protéger Venise, a indiqué la coalition : la morphologie de la lagune et son besoin d'hydrodynamique d'être reconstitué,
la pollution de l'eau dans la lagune, et la production et la circulation des marchandises dangereuses dans la lagune qui devraient
être arrêtées.
La Fenice, célèbre opéra de Venise, qui a brûlé en 1996, renaîtra de ses cendres fin de 2003 après de nombreux
reports des délais, selon le maire de la ville.
Le rideau se lèvera à la La Fenice le 14 décembre prochain avec un programme de concerts et un ballet, a déclaré Paolo Costa.
Le premier opéra, qui devra se dérouler au cours de l'automne 2004, sera la "La Traviata" de Giuseppe Verdi.
Beaucoup de critiques restent sceptiques au sujet des délais annoncés, étant donnés les nombreux accrocs qui ont ralenti la restauration.
L'opéra, ouvert au 18ème siècle, avait brûlé en 1836, mais avait été reconstruit selon le même modèle.
Il a été à nouveau détruit par les flammes, dans des circonstances soupçonneuses, en 1996. Deux électriciens ont été accusés d'incendie
criminel et condamnés à sept et six ans en prison respectivement.
Woody Allen a lui-même aidé à la restauration du bâtiment, La Fenice ayant été au commencement programmée pour réouvrir en 1999.
Après de nombreux retards, les fonctionnaires de ville ont décommandé le plan de restauration élaboré par une compagnie allemande
et ont remis le projet à des sociétés italiennes.
Le Kenyan David Makori a remporté la 17e édition du marathon de Venise, disputé dimanche
dans les rues du centre historique de la ville lagunaire.
Makori s'est imposé en 2 heures 08 minutes 50 secondes,
battant dans l'ordre son compatriotes Martin Lel et l'Ethiopien Moges Taye.
Classement:1. David Makori (Ken) 2h 08:50, 2. Martin Lel (Ken) 2h 10:02, 3. Moges Taye (Eth) 2h 10:06,
4. Philipp Tarus (Ken) 2h 10:22, 5. David Kosgei (Ken) 2h 11:19.
L'UNESCO célèbrera le 16 novembre à Venise le 30ème anniversaire de la Convention sur le patrimoine mondial,
culturel et naturel, avec 730 sites dans 125 pays actuellement inscrits.
"Au Congrès international de Venise, quelque 500 spécialistes réunis par l'UNESCO du 14 au 16 novembre
dresseront un bilan de 30 ans d'action pour le patrimoine mondial", selon le communiqué.
A cette occasion, les spécialistes "dégageront des pistes pour optimiser l'efficacité de cette action,
notamment par le développement de partenariats entre les secteurs publics et privés, pour renforcer les
capacités locales et la mise en oeuvre des meilleurs pratiques de prévention et de traitements des menaces
pesant sur les sites.
Cette réunion se tient dans le cadre de l'année des Nations unies pour le patrimoine culturel.
Selon l'UNESCO, "730 sites dans 125 pays sont aujourd'hui inscrits sur la liste du patrimoine mondial"
Venise va lancer sa marque officielle sous forme d'un logo qui sera choisi par un comité d'experts,
dont le designer français Philippe Starck et la créatrice de mode italienne Laura Biagiotti, a annoncé jeudi à Paris,
le maire de la ville, Paolo Costa.
"L'idée est de créer un label officiel de la ville qui permette un retour économique de son image",
a précisé M. Costa lors d'une conférence de presse.
Plus de 30 agences, dont 12 italiennes et 5 américaines, concourent pour réaliser ce logo dont
les royalties seront affectées aux travaux de sauvegarde du patrimoine de la cité des Doges et à sa modernisation.
Le vainqueur sera présenté le 19 décembre à New York.
"60 % de la population mondiale connaît le nom de Venise qui est devenu un outil de communication très utilisé;
148 marques américaines, 70 marques japonaises utilisent le nom de la ville de façon impropre", a souligné le maire.
Il a précisé qu'il n'était pas question d'interdire ou de monnayer Venise mais simplement d'apporter "une réponse innovante"
au besoin de ressources considérable pour un patrimoine "qui appartient à toute l'humanité. Il a cité comme exemple le label
"I love New York" créé il y a 25 ans et qui a contribué à forger une image forte à la métropole américaine.
Il a affirmé que plus de 2000 entreprises utilisaient ce logo et payaient des millions de dollars de royalties
par an réinvestis par l'administration de l'Etat de New York.
Philippe Starck, qui participait à la conférence de presse, a indiqué qu'il habitait par intermittence à Venise,
où il possède trois maisons sur l'île de Burano, dans la lagune.
"J'habite à Venise car c'est le meilleur endroit du monde pour réfléchir" a-t-il affirmé.
Ce dimanche 7 juillet, des centaines de Vénitiens ont bloqué avec leurs embarcations les principaux canaux de la ville,
en signe de protestation contre des mesures qui visent à en interdire l'accès aux habitants.
Sous les regards étonnés des touristes bloqués à bord des vaporetti sur le Grand Canal,
les habitants se sont alignés avec leurs embarcations particulières en travers des canaux,
agitant des pancartes avec l'inscription "La lagune aux Venitiens!".
"95 % de Venise sera fermée aux Venitiens, résume un riverain en colère,
nous ne pouvons même pas emprunter nos voies navigables sans nous faire verbaliser".
Des vents violents et des pluies abondantes ont accentué les effets de la marée, la place Saint Marc se retrouvant sous les eaux, fait inhabituel en plein mois de juin.
Les touristes en ont été quitte pour s'approcher de la célèbre basilique avec de l'eau jusqu'aux genoux.
Les eaux ont atteint un niveau record pour cette période de l'année dans la nuit de jeudi à 1,21 mètre au dessus du niveau de la mer.
"Nous n'avons jamais enregistré un phénomène comme celui-là au mois de juin" a indiqué un représentant de l'organisme de surveillance de l'ampleur des marées.
Les eaux devraient à nouveau atteindre ce niveau au plus fort de la marée, dans la nuit de vendredi à samedi.
Construite sur des millions de billes de bois fichées dans la lagune, Venise est fréquemment exposée à des inondations pendant les mois d'hiver. Mais, la ville en est de moins en moins préservée le restant de l'année, alors qu'elle s'enfonce lentement dans la lagune.
En décembre dernier, après des années de tergiversations, les autorités italiennes ont approuvé un projet controversé de construction d'écluses géantes qui permettraient de limiter l'ampleur de la marée et ainsi de protéger la ville.
Des centaines de gondoliers vénitiens ont observé une grève des touristes pour protester contre les immigrants étrangers qui
menaceraient leur ancienne et prospère corporation.
Cent cinquante gondoliers ont croisé leurs godilles pour bloquer
le Grand Canal de la cité lacustre afin de dénoncer le nombre croissant de vendeurs de rue
clandestins qui encombrent les sites pour touristes.
"Les produits de contrebande couvrent les trois quarts de la
place Saint-Marc, le canal est rempli de cartons. L'espace est limité. Quand nous allons sur la
place en quête de clients, nous sommes les uns sur les autres", se plaint Ingo Forster, chef
de l'Union des gondoliers qui regroupe quelque 400 membres.
Un peu plus de 2,6% seulement de la population de la cité des
Doges est d'origine étrangère, mais ce chiffre, un peu supérieur à la moyenne
nationale, est en constante augmentation.
La mutinerie des gondoliers intervient alors que le parlement
italien débat d'une loi controversée sur la limitation de l'immigration et que sont réunis à Rome les ministres de
l'Intérieur des Quinze pour discuter de cette question au niveau européen.
Le réchauffement climatique global a paradoxalement entraîné une diminution des risques
de montée du niveau de la mer et donc d'inondation à Venise, selon une étude britannique dont se fait l'écho la revue New Scientist.
Au cours du XXème siècle, les inondations sont devenues plus fréquentes, avec une aggravation sensible de la situation depuis les
années 60.
Trevor Davies et Isabel Trigo, de l'université d'East Anglia, ont consacré leur étude sur les orages localisés et très intenses
qui précèdent les inondations. Quand ils passent au-dessus de l'Italie du Nord et se dirigent vers l'Adriatique, les basses pressions
atmosphériques qui les accompagnent font monter le niveau de la mer, jusqu'à un mètre parfois. De plus, les vents du sud poussent les
eaux de l'Adriatique vers Venise, contribuant au phénomène.
Les deux chercheurs ont découvert que le changement climatique a dévié l'itinéraire emprunté par ces dépressions au niveau local,
ce qui diminue les risques d'orage sur la Méditerranée.
Venise a fait l'objet d'une autre bonne nouvelle cette semaine, rappelle le New Scientist : il semblerait que le projet controversé
de construction de barrages sur trois canaux reliant la lagune de Venise à la mer n'ait pas les effets néfastes imaginés par ses
détracteurs.
Alors que les travaux sont sur le point de commencer, après le feu vert du gouvernement italien en décembre dernier,
un chercheur italien vient de fournir les premières mesures détaillées du mouvement des eaux à l'entrée de la lagune.
Il a établi que le débit de l'eau à cet endroit est énorme, et que la marée noie la totalité des 550 millions de mètres-cubes
que renferme la lagune. Laisser les vannes du barrage ouvertes pendant seulement quelques heures devrait ainsi rincer
et laver l'eau de toutes les impuretés accumulées, selon Miro Gacic, de l'Institut national d'océanographie et de géophysique
expérimentale de Trieste.
La ville de Venise a approuvé la création d'un
"quartier chaud" où les prostituées pourront
exercer leur commerce sans scandaliser le reste de la population
tout en bénéficiant de soins médicaux et de
distribution de préservatifs et même de ... café chaud.
"Au lieu de harceler ces femmes et d'ordonner des descentes de
police, nous pouvons les convaincre gentiment
d'aller dans des quartiers moins fréquentés", a expliqué à
Reuters Beppe Caccia, maire adjoint de Venise chargé
des affaires sociales.
La prostitution est légale dans la Cité des doges, mais vivre de
ses gains ne l'est pas.
Le président du Conseil Silvio Berlusconi a déclenché ce mois-ci
une nouvelle controverse en déclarant que
l'Italie devrait légaliser les maisons closes pour débarrasser
les rues des prostituées.
Outre cet objectif, la municipalité de Venise espère aussi que
son initiative contribuera à démanteler les réseaux
contrôlant la prostitution et aidera par là les femmes à leur
échapper.
Il reste à déterminer la zone à réserver au plus vieux métier du
monde, les prostituées ne souhaitant pas officier dans des endroits trop
éloignés
de leurs clients potentiels ou présentant pour elles des risques
d'agression.
Le maire de Venise Paolo Costa a annoncé la création d'une carte destinée à réguler le flot
de touristes qui viennent visiter chaque année la cité des Doges.
La "Venice Card" a deux objectifs: augmenter la durée des séjours
des touristes dans la ville et étaler leurs visites
tout au long de l'année pour réduire les périodes où la ville est
surpeuplée.
Elle offre aux touristes de nombreuses réductions dans certains
musées ou dans les transports publics. Par
ailleurs, lorsqu'ils appelleront pour obtenir la carte, les
visiteurs seront informés du nombre de touristes prévus en
ville au même moment.
Cette carte est disponible sur le site http//www.venicecard.it ou
en appelant un numéro spécial, au moins 48 heures avant l'arrivée prévue.
Pour l'instant, pendant une période d'essai, le site internet
n'est consultable qu'en italien, mais les organisateurs prévoient de mettre bientôt en ligne une version anglaise.
La carte la plus chère, la "carte orange", coûte environ 50
euros et permet aux touristes d'entrer dans plusieurs musées,
d'utiliser les transports publics - notamment la navette jusqu'à l'aéroport - et les toilettes publiques.