Jusqu'au lever du jour en compagnie de Paule-Andrée Cassidy


L'Espace Paul Delvaux de Watermael-Boisfort recevait Paule-Andrée Cassidy le dimanche 16 mars 2003 à 20h30' dans le cadre des concerts de "Mars en Chansons" à Bruxelles.

En première partie de ce récital, Cloé du Trèfle, de son vrai nom Cloé Defossez, la chanteuse et compositrice du groupe Clover's Cloe, est venue offrir au public 9 titres en français de son répertoire. Une prestation retenue et en demi-teintes qui a du mal à convaincre. Le public lui fait un succès poli pour clore ce mini-récital.

Avec son spectacle "Jusqu'au lever du jour" c'est une performance d'un tout autre niveau que nous offre la québécoise Paule-Andrée Cassidy accompagnée par Simon Proulx à la guitare. Cette interprète née en 1968 n'est pas une inconnue pour les lecteurs d'Une autre chanson. Elle était déjà venue chanter à Bruxelles au Café La Rue en 1998. Son dernier album, après "Voix actée" en 1996 et "Méli-Mélodie" avec uniquement des chansons de Boby Lapointe en 1999, est sorti l'année dernière sous le titre "Lever du jour" (CD Universal Sodec 1003412). Elle était encore à Barjac en juillet dernier au Lion d'or et sur la grande scène du château pour la soirée de clôture « Bonjour les humains ! ».

Au son de quelques notes de guitare, Paule-Andrée Cassidy apparaît superbe dans une robe noir, rouge et or, les cheveux ramenés en chignon. Elle entame son tour de chant avec une chanson fort amusante d'Anne Sylvestre "Ça n'se voit pas du tout" (que l'auteur chante elle-même dans son superbe spectacle « Le partage des eaux ») et enchaîne presque aussitôt avec une poignante "Villanelle du temps perdu" de son illustre compatriote Gilles Vigneault. Le ton du spectacle est donné des les deux premiers titres, un contraste permanent entre des chansons légères, pétillantes ou amusantes et des chansons graves, sombres voire même désespérées.

A côté d'Anne Sylvestre, elle interprète des auteurs-compositeurs aussi différents et connus que Pierre Perret, Barbara ou Boby Lapointe. Sa version de "La petite Kurde" de l'ami Pierrot prend un relief saisissant et d'une effroyable actualité dans le climat guerrier qui règne actuellement. Mais elle sait aussi mettre son talent au service d'auteurs québécois de sa génération comme Sophie Anctil, Marie-Christine Lê-Huu ou Stéphane Robitaille.

Sur scène, Paule-Andrée Cassidy fait appel à sa formation théâtrale (elle a été élève au Conservatoire d'art dramatique de Québec) avec justesse mais aussi avec modération pour donner du caractère à ses interprétations. A la guitare, Simon Proulx est plus qu'un simple partenaire mais aussi un véritable comparse attentif et engagé en plus d'un virtuose accompli. Il n'hésite pas à mêler sa voix à celle de la chanteuse pour intensifier un effet comique ou souligner une intention. Leur complicité fait plaisir à voir et à entendre dans des chansons comme "Méli-mélodie" de Boby Lapointe ou dans la chanson des Charbonniers de l'Enfer donnée à l'unisson en bis final.

Une franche et chaleureuse ovation salue cette prestation qui confirme que Paule-Andrée Cassidy est une interprète avec qui il faudra compter dans les années à venir. Comme il est réconfortant de constater aussi que, venant de la Belle Province, il y a de la place à côté des Céline Dion ou des Isabelle Boulay pour des auteurs-compositeurs-interprètes de talent comme Lynda Lemay ou des interprètes sensibles et sincères comme Paule-Andrée Cassidy. Nous serions bien restés en sa charmante et talentueuse compagnie jusqu'au lever du jour comme le titre de son spectacle nous y convie.

Ghislain DEBAILLEUL

texte et photos © 2003 Ghislain Debailleul