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Billets doux


Pourquoi?
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Novembre 2001
Il s'agit du dernier Billet Doux que Jean nous a fait parvenir avant son départ.

Don Bosco au quotidien
La patience 07.18

On imagine toujours les saints selon un schéma identique, une attitude sainte, les mains jointes, la tête bouclée déjà auréolée, sage, obéissant, miséricordieux pour les copains. Douce illusion ! Je crois que Jean Bosco a été le champion du "tout, tout de suite", cher à nos jeunes aujourd'hui.
Il voulait des oiseaux à lui. Quoi de plus simple que de les dénicher malgré les conseils de Maman Marguerite. Celle-ci, fille de la terre, avait un sens éducatif inné et savait profiter de toutes les occasions pour instruire et éduquer ses fils et en particulier son "préféré", Jean bien qu'elle les aimait tous les trois.
Le vilain dénicheur fut pris à son piège en restant coincé dans sa chute, suspendu à son arbre. Les oiseaux, il les aimait mais le désir de possession était plus fort et puis il pouvait s'en servir pour d'autres fins: les faire chanter, Dieu qui les avait munis d'un tel don d'égayer la nature par leurs chants, et aussi satisfaire sa nature éducative en les faisant répéter, sous les regards ébahis des copains, ce qu'il leur apprenait.
Maman Marguerite, la leçon donnée savait positiver les moindres "défauts" et lui suggérer de choisir de bons copains.
C'est ainsi qu'il fit la connaissance de Louis COMMOLO. Au collège, Jean le bagarreur était subjugué par les propos de son copain et les deux amis inséparables trouvèrent ensemble comment s'améliorer dans la sainteté. Louis hélas, mourut et avait promis à Jean de venir lui dire s'il était bien sauvé, ce qu'il fit, à la grande frayeur de tout un dortoir effrayé par ce qu'il entendait, ce qui confirma le chemin pris par Jean.
 
 
 
 
 
Références bibliques Job 36/1-16

Elihu continua et dit :
Patiente un peu et laisse-moi t'instruire car je n'ai pas tout dit en faveur de Dieu.
Je veux tirer mon savoir de très loin, pour justifier mon créateur.
En vérité mes paroles ignorent la fausseté et c'est un homme d'une science accomplie qui t'entretient.
Dieu ne rejette pas l'homme sans reproche, il ne laisse pas vivre le méchant en pleine force.
Il rend justice aux pauvres, fait prévaloir les droits du juste.
Lorsqu'il élève des rois au trône et que s' exaltent ceux qui siègent pour toujours, alors il les lie avec des chaînes, ils sont pris dans les liens de l'affliction.
Il les éclaire sur leurs actes, sur les fautes d'orgueil qu'ils ont commises.
A leurs oreilles il fait entendre un avertissement, leur prescrit de se convertir.
S'ils écoutent et sont dociles, leurs jours s'achèvent dans le bonheur et les années dans les délices.
Sinon , un trait les fait périr et ils meurent à l'improviste.
Oui, les endurcis, qui gardent leur colère et ne crient pas à l'aide quand il les enchaîne, meurent en pleine jeunesse et leur vie est méprisée.
Mais il sauve le malheureux par sa misère, lui ouvre les yeux dans sa détresse.
Toi aussi, il veut t'arracher à l'angoisse
 

Trucs et ficelles
        Etre patient, pour moi, c'est …


 
 

Salésiennement vôtre
Jean Thibaut


Septembre 2001
Don Bosco au quotidien
 
L'humanisme 07.17

Les pieds sur la terre
La tête dans le ciel

       Ce n'est pas une découverte récente…mais voilà un aspect de la sainteté de Don Bosco qui est particulièrement apprécié ou remis en valeur. Il constitue un trait tout à fait caractéristique de la spiritualité salésienne de ce saint : les FIANCAILLES de l'ACTION et de la CONTEMPLATION.

Don Bosco fascine les jeunes par son sens de l'avenir, ses projets, son dynamisme communicatif… Et puis sa bonté virile et réaliste, son cœur toujours ouvert, son respect du petit et du sans-voix, sa manière d'éduquer, sa volonté de partager dans tous les domaines, rayonnent de cette figure et de ces yeux et de ce sourire au point de subjuguer et de créer tout de suite la sympathie.
Je pense maintenant qu'il y a plus.
En fait, au contact de cet homme prodigieux, les jeunes ont l'intuition que toute cette façade brillante, cette activité sociale et pédagogique débordante, ces dons et talents multiples… cachent quelque chose, mieux, QUELQU'UN ! Ils sentent que Don Bosco a réussi à être, dans sa vie offerte aux jeunes, l'image humaine contemporaine de la tendresse de Dieu pour ce monde fragile de la jeunesse. " Comme le Père vous a aimés, moi aussi je vous ai aimés "… Comme Jésus vous a aimés, moi, Jean Bosco, j'ai essayé de vous aimer…au point que ses garçons ont pu affirmer : " Don Bosco ressemble à Notre Seigneur ".
Les jeunes ont le sentiment, en face de Don Bosco, que Dieu n'est pas loin… Comme le disait une fille, dans un carrefour de notre Rencontre Régionale de Lyon le 20 mars 1982 : " Chez Don Bosco, dans les fêtes, j'ai appris à vivre la joie de l'Eucharistie : la joie de découvrir Quelqu'un. " Dans sa synthèse écrite, un groupe écrivait : " Don Bosco, c'est la route qui nous conduit à Jésus-Christ. " Et n'est-il pas symptomatique de constater qu'un autre carrefour donnait comme l'un des traits principaux de la figure de Don Bosco " sa foi rayonnante "?…
De manière plus ou moins explicite ou implicite, les jeunes sentent, reconnaissent et affirment que Jean Bosco c'est autre chose qu'un clown de génie, autre chose qu'un fin psychologue, autre chose que le roi de la débrouille ou que le rusé diplomate, le musicien ou le prestidigitateur doué, autre chose qu'un financier de talent ou un self-made-man prodigieux, autre chose qu'un sportif acrobate ou tout ce que vous voulez… mais véritablement " HOMME DE DIEU " au sens profond de l'expression.
Et c'est vrai! Ils rejoignent en cela ce que les jeunes qui vivaient près de Don Bosco, qui le voyaient et l'entendaient, pensaient de lui. Un grand adolescent de la première maison de Don Bosco du Valdocco, écrivit plus tard : " A nous, qui n'étions plus des enfants, il ne se présentait d'autre explication raisonnable et plausible – devant tous ce que Don Bosco faisait et était – que celle de dons extraordinaires accordés à Don Bosco par le Seigneur "
        Comment Don Bosco a-t-il pu allier si royalement, presqu'en se jouant apparemment, ces deux dimensions : le vertical et l'horizontal, la contemplation et l'action, l'engagement et l'union à Dieu, " l'extension dans le temporel et la concentration dans le spirituel " (P. VARILLON) alors que cela nous semble si ardu et si contradictoire?

M. MOUILLARD
(extrait de " La spiritualité salésienne de Saint Jean Bosco " 1984)

 
 
 
 
Références bibliques Job 12 à 18

La sagesse se laisse trouver.

La sagesse est brillante, elle ne se ternit pas. Ceux qui l'aiment la contemplent sans peine, elle se laisse découvrir par ceux qui la cherchent. Elle prévient ceux qui la désirent et se montre à eux la première.
Qui la cherche dès l'aurore n'aura pas à peiner : il la trouvera assise à sa porte..
S'y adonner ailleurs est d'une parfaite intelligence et qui lui consacre ses veilles sera vite à l'abri du souci.
Elle-même s'en va partout chercher ceux qui sont dignes d'elle; elle leur apparaît avec bienveillance par les chemins, elle va au-devant de toutes leurs pensées.
Car son commencement le plus sûr, c'est le désir de s'en instruire, vouloir s'en instruire c'est l'aimer, l'aimer c'est garder ses lois, obéir à ses lois, c'est s'assurer l'incorruptibilité.
 
 
Trucs et ficelles
        Etre humaniste, pour moi, c'est …
 
  • Regarder et accepter l'autre dans sa différence
  • Avancer ensemble, agir
  • Rencontrer l'autre
  • Echanger, communiquer
  • Agir pour le bien commun
  • Mener sa tâche de son mieux
  • Réfléchir à son action
  • Oser l'Amour…
  • Etre témoin de l'évangile aujourd'hui …

Salésiennement vôtre
Jean Thibaut



Mai 2001

DON BOSCO AU QUOTIDIEN
La simplicité 07.16

Portrait d'un saint.
En se référant à l'humilité (voir 01/01) la simplicité est la cousine de cet état d'esprit qui caractérise Jean Bosco. La simplicité est une des qualités essentielles de la personne qui se comporte avec franchise et naturel, sans prétention aucune. La ligne de conduite d'une recherche de vie simple mène à la sainteté. La simplicité chez Don Bosco fut " simplement " : " aimer Dieu, être ce que Dieu veut et faire ce que Dieu veut ". Cette recherche de perfection qu'il voulait pour les autres, il l'a voulue davantage encore pour lui. C'est à partir de cette recherche de cette simplicité de fond qu'il va répondre librement à son rêve de 9 ans.
Mettre en pratique cet état a signifié pour lui l'obligation de mettre très tôt un frein à un sentiment exagéré de sa propre valeur. Pensons à sa mémoire prodigieuse, à sa dextérité extraordinaire, à ses dons de comédien, à ses prédications directes. Il va les utiliser pour mettre en confiance ceux qui étaient dépourvus d'affection. La simplicité va le mener à la pauvreté pour lui-même et à donner tout pour les jeunes; sa vie fut comme une spiritualité " à vélo " soit celle de l'équilibre, tantôt amusante, tantôt enivrante selon les déclivités du terrain, basée sur l'humour, sur le rire et la joie de vivre, pour y installer une paix intérieure profonde. La liberté envers les jeunes se vit dans la passion du respect, dans le vécu des patiences envers tous ceux qui en sont dépourvus.
        La vie simple qu'il menait était favorable au silence pour l'écoute, à la docilité et au courage pour résoudre les problèmes que la réalisation de son œuvre lui causait.

Prendre le train de la simplicité aujourd'hui.
        Tous ceux et celles qui, aujourd'hui, mènent une vie riche de sens, doivent faire appel à une sélection toute personnelle de choix de vie. Ils vivent au même diapason que Jean Bosco il y a deux siècles. Il est impossible de faire des choix sans se débarrasser des grains de sables qui grincent en nous et nous empêchent d'aller à l'essentiel. Cela mène à la simplicité dans notre vie et celle-ci favorise l'éclosion en profondeur de nos aspirations intérieures.
        La vie stressante que nous menons en ce début de millénaire, rend la simplicité très aléatoire si nous ne manifestons pas en nous une volonté d'aller plus en avant. D'où l'exigence de faire silence en nous pour mieux entendre et traduire avec réalisme les échos de notre conscience profonde qui souvent se rebellent contre nos insatiables besoins. Nous sommes des éducateurs. Cela signifie que nous sommes des références pour les jeunes que nous côtoyons. " Que nous soyons parents, éducateurs, enseignants, nous faisons l'expérience de notre inadéquation à notre travail et en particulier en ce qui concerne les difficultés à communiquer de façon appropriée, non seulement en fonction de nos connaissances mais surtout dans le sens de notre présence. Le style démocratique semble être le meilleur, celui qui permet d'arriver à une compréhension profonde qui fait mûrir la relation dans le cadre de l'échange. C'est le meilleur fruit d'une personnalité solide et équilibrée sur le plan affectif. "
D'où l'importance d'une réflexion sur la notion de simplicité et d'entrer dans une dynamique d'amélioration personnelle.
 
Référence biblique Ecl 3.19-19.30-31
Ne te laisse pas entraîner par tes passions
Et réfrène tes désirs.
Si tu t'accordes la satisfaction de tes appétits,
Tu fais la risée de tes ennemis.
Conduis les affaires avec douceur,
Tu seras aimé plus qu'un homme munificent
 
Trucs et ficelles
Cultiver la simplicité pour moi, c'est …
  • avoir la volonté d'une amélioration personnelle du sens de sa vie;
  • croire que vivre la simplicité améliore les contacts humains;
  • user d'humour rimant avec amour;
  • se méfier des pommades qui font briller;
  • faire de cette recherche un mode de perfectionnement spirituel;
  • vouloir d'abord la simplicité pour soi avant d'en reprocher le manque aux autres.
  • discerner la volonté de notre Père de la nôtre ;
  • dire les choses qui sont à dire, non les choses que l'on aime dire;
  • ne pas faire de ses nerfs le baromètre de la maison;
  • ne pas donner des ordres, mais demander des services;
  • être vrai, ouvert et bienveillant;

Salésiennement vôtre,
Jean Thibaut


Mars-Avril 2001

Don Bosco au quotidien
Un 3e atout : Marie 07.15
L'amour de Jean Bosco
Jean a perdu son père à l'âge de deux ans. Maman Marguerite a été à la fois le père et la mère dans son éducation première. Petit à petit, elle lui a appris à reconnaître Dieu pour Père à travers les mille et une choses de la vie. Marie faisait partie de son univers de recours. Jean adolescent, loin d'elle pour les raisons d'entente familiale, a trouvé en Marie une maman de remplacement. Il va s'inspirer de la vie de Marie pour des raisons simples : elle a donné au Christ son humanité, elle l'a éduqué, puis a suivi son cheminement ardu, joyeux, tumultueux jusqu'à sa mort. Elle a cependant connu la pauvreté, la souffrance, l'exil. Ce fut une expérience d'humilité.
Jean Bosco a donc expérimenté d'une manière exceptionnelle dans sa vie et son œuvre cette proximité, allant jusqu'à affirmer que " C'est elle qui a tout fait! ".
Marie était disponible, c'est un chemin d'imitation. Elle est attentive et auxiliatrice : celle qui aide, protège et guide. Pour lui, elle sera " La Madone des temps difficiles ". Les jeunes comme Dominique Savio, Michel Magon, ses élèves, ne la considéraient pas comme un idéal abstrait ou un objet de culte et de dévotion, mais comme une personne vivante et agissante au sein de la maison. Elle fait donc partie du paysage salésien, d'un paysage apportant les couleurs de l'action.

Et aujourd'hui ?
        Durant le Moyen-âge et depuis le début du XXe siècle, les peurs et les affres ont provoqué des dévotions très particulières aux saints. Le Concile Vatican II a quelque peu remis " les pendules à l'heure " et le cléricalisme aidant a fait fi de la religiosité populaire en supprimant nombre de statues dans les églises, et les dévotions telles que les processions. Marie, chez certains, n'a pas échappé à cette vue de l'esprit. Toutefois, la vénération des chrétiens pour la Mère de Dieu a revêtu des formes multiples selon les circonstances de temps et de lieu, la sensibilité des personnes et leurs différentes traditions culturelles. Il s'ensuit que les formes de piété, sujettes à l'usure des siècles, ont été rénovées pour que les actualiser.
        Les malades, ceux et celles qui la prient comme mère de Jésus les menant à son Fils, ont continué à faire d'elle leur médiatrice. Aujourd'hui, le témoignage des jeunes accompagnant les malades dans les Centres mariaux comme Lourdes, Banneux, Beauraing, Medjugorje, …, est éloquent et la ferveur populaire reprend vigueur, en particulier là où tout est chaotique.
        Dans Marie, tout se rapporte au Christ et tout dépend de Lui. C'est un choix de Dieu de l'avoir choisie comme mère et " le "paradoxe de notre foi profonde.
A l'instar de Don Bosco, pour les salésiens en particulier, elle représente l'Auxiliatrice. Ils affirment qu'" Elle inspire fortement l'ensemble du parcours et chacun de ses domaines. C'est pourquoi elle représente d'une manière vivante le cheminement difficile et heureux de chaque homme et de chaque femme de l'humanité vers son accomplissement. En elle se croisent les routes des humains et de Dieu : elle est donc la clé d'interprétation, un modèle, un type et une voie. "
        Dire Dieu aux jeunes, c'est les introduire dans cette réalité humaine : Dieu s'est fait homme par la grâce d'une femme et Il nous l'a donnée comme mère à jamais.
" Il grandissait en sagesse, en taille et en grâce "
Tel est le seul passage des Évangiles qui relate l'adolescence de l'enfant de Marie. Les parents et les enseignants savent la signification de cette période de la vie des petits et savent que ce temps de prédilection est important pour le grandissement des enfants. Raison signifiante pour faire nôtre le modèle proposé par cette divine famille et inculquer à ceux qui nous sont confiés ce refuge naturel qui est le propre de la maman.
 
Références bibliques Is. 66 et 49
Vous serez allaités, portés sur la hanche
Cajolés sur les genoux
Comme un homme que sa mère réconforte,
Moi, je vous conforterai.

La femme oublie-t-elle son bébé?
Même si les mères oubliaient
Moi, j ne vous oublierai pas !
 
Trucs et ficelles
Promouvoir Marie, pour moi c'est :
  • " Couvez la vie, c'est elle qui loue Dieu !… ";
  • fréquenter Marie, c'est recycler sa foi profonde ;
  • être fidèle à un engagement, donner un sens au quotidien;
  • sentir en soi le besoin de se référer à Marie;
  • introduire Marie dans la réalité humaine des jeunes;
  • oser la prier avec les jeunes; 
  • fleurir son image le moment venu;
Salésiennement vôtre,
Jean Thibaut


Février – mars 2001

Don Bosco au quotidien
Un 2e atout : l'Eucharistie 07.14

L'avis de Jean Bosco
Avec le 1er atout, nous sommes entrés dans l'intimité de la " vie profonde " de Jean Bosco. Sans doute, le passé religieux de son siècle remplissait la vie privée des gens " du peuple ". Il était persuadé qu'en touchant la sensibilité intérieure des jeunes, il leur offrait une occasion de libération et de grandissement. La vie liturgique et sacramentelle avait une grande place. Beaucoup parmi ces jeunes gens avaient un degré de maturité marqué par les privations affectives et matérielles. La communion fréquente est une nourriture donnant le goût des choses spirituelles. Les rapports de confiance établis entre le père spirituel et le fils " prodigue " étaient prépondérants et favorisaient ensuite une intimité individuelle dans la réception du Pain vivant. A travers ces mystères de la rencontre avec DIEU découlait la transformation de la personne même. Ces marques se devinaient au climat de joie, d'études et en dernier lieu de piété.
Don Bosco vivait dans la souci perpétuel de repenser son point de vue personnel. " Son pouvoir d'adaptation aux autres et la réalité ne signifiaient pas renoncer à sa façon de voir les choses, mais d'accepter le flou de la situation, en assumer le bien en prévision de l'excellent, accueillir l'exception en vue de la règle "

Et aujourd'hui
        Il semble que les guerres du siècle passé et la venue du bien être matériel aient modifié la " vie profonde " de chacun. Pourtant le courant d'un renouveau existe. Il y a toujours des pauvres tout azimut. Serions-nous avertis suffisamment pour juger de la valeur de la rencontre intérieure avec Jésus lorsque nous le recevons?
Nous vivons des temps de " sécularisation et d'éclipse du sacré ". Qui peut affirmer ce que nous réserve l'action de l'Esprit ? L'histoire démontre que des temps semblables ont toujours existé et ont précédé des époques florissantes de la foi. La religion rejoint la profondeur de la conscience, les motifs considérés par l'homme comme absolus, comme le mystère de la nature, de notre histoire et de la paternité de Dieu. Les atouts que nous propose la pédagogie de Jean Bosco, passent par différents propositions :

" Nul n'a jamais vu Dieu " (Jn 1, 18)
Et pourtant, recevoir Jésus en nous est un véritable paradoxe, faire l'expérience de Dieu, c'est aussi pour le chrétien faire l'expérience de la similitude et de la proximité. Car Dieu a voulu que nous soyons créés à son image et a promis de faire en chacun de nous sa demeure.
Références bibliques Is. 12
Qui a mesuré dans sa main l'eau de la mer
et évalué les dimensions des cieux ?
Jaugé toute la terre au boisseau,
pesé les montagnes au poids
et les collines à la balance ?
Trucs et ficelles
Promouvoir le sens de recevoir le Pain de Vie c'est … Salésiennement vôtre,
Jean Thibaut


Janvier 2001

Don Bosco au quotidien
Un 1er atout : la réconciliation 07.13
Fêtes salésiennes :

  1. janvier : Laura VICUNA, jeune élève des salésiennes; morte à 13 ans – 1891-1904
  2. 24 janvier : François de SALES
  3. 31 janvier : Jean Bosco


L'avis de Jean Bosco
        Pour Don Bosco qui vivait l'expérience de la jeunesse, pauvre, abandonnée au sein d'un processus de déchristianisation des masses populaires, la réconciliation devient un élément positif d'éducation. " Sans religion, disait-il, point de salut! ". Il voit la sainteté comme un idéal éducatif, fascinant et réalisable : " C'est accessible à tous dans la vie de tous les jours ". Le jeune n'est pas livré à lui-même, mais accompagné par l'éducateur qui collabore, suggère, corrige, suscite la confiance, aide par de petits conseils dictés par le bon sens du concret, …
        Sans doute, Don Bosco voyait l'instruction religieuse non seulement comme une " instruction " mais comme un moment d'annonce, de catéchèse et, dans la pratique de la réconciliation, un élément de libération permettant au jeune de grandir dans le quotidien. Pour donner le goût à l'expression religieuse, il adaptait les cérémonies religieuses en les faisant participer par les chants, la musique et la prière. La réconciliation n'avait pas de lieux précis, une cour de récréation pouvait faire l'affaire.
Et aujourd'hui
        Qu'on le veuille ou non, la notion de pardon semble définitivement associée à une acceptation religieuse depuis les profondeurs du Moyen-âge. Associée à une procession expiatoire à la grâce du Très-Haut, lequel est imploré pour offrir une rémission des fautes en tous genres qui ternissent l'âme des croyants. Les racines de la faute sont anciennes, comme inscrites dans le cœur de chacun depuis le début de l'histoire des hommes. Jésus nous parle à travers ses paraboles de l'amour de Dieu avec l'exemple frappant du " Retour du fils prodigue ". Le fautif, après avoir intériorisé sa misère, fait le pas vers son père, reconnaît sa faute et implore son pardon, un père qui lui ouvre les bras; l'autre fils grommelle contre son père alors qu'il a reçu tout de lui ! Son père accepte ses récriminations mais lui fait remarquer son bonheur vécu…
        Avec Don Bosco, nous savons que la continuité de nos rapports d'éducation avec les jeunes doivent être sereins, réguliers, francs et stables. Sinon, nous risquons qu'ils soient tendus, sans confiance, voire violents et menant à l'exclusion sous des formes diverses.
        L'apprentissage du regard sur soi est une affaire d'éducation : apprendre à lire de l'intérieur est une histoire de cœur. Pour nous y aider, un nouveau terme prend corps : faire alliance. Ce terme met l'accent sur la réciprocité de la relation. Ce mot à consonance très biblique semble être le mieux adapté pour conjuguer les deux attitudes fondamentales d'un engagement qui est amour et respect. " Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés " " Aimez l'autre comme soi-même ". il y a dans le discours de Jésus un adverbe de comparaison, de similitude. Avons-nous déjà fait cette réflexion entre la différence et la similitude ? Nous sommes différents de Dieu et de chacun de nous et tous, nous sommes semblables à Dieu par notre filiation à Lui.
        Il n'en reste pas moins vrai qu'à travers ces réflexions, nous ne pouvons pas être celui qui pardonne. Mais nous pouvons conduire à cette démarche. L'essentiel est de veiller à la qualité du terreau dans lequel nous semons la graine éducative : oser prendre le risque de l'enfouissement par la Parole et la Présence discrète, enfouie… Ce que nous avons à transmettre aux jeunes générations, c'est le modèle de jardinage que nous avons à effectuer.
 
Références bibliques Ecc. 32 14 et 16
Celui qui craint le Seigneur entend ses leçons,
Ceux qui le cherchent trouvent sa faveur.
Ceux qui craignent le Seigneur sont justifiés,
Ils font briller leurs bonnes actions comme une lumière.
 
Trucs et ficelles
        Promouvoir le sens de la réconciliation, pour moi, c'est …
  • témoigner du pardon en l'expérimentant entre nous, avec les jeunes;
  • oser rejoindre les jeunes au cœur de leur vraie quête;
  • savoir écouter pour percevoir les problèmes;
  • mettre l'autre en situation de donner;
  • dialoguer en laissant l'initiative de l'échange;
  • être vrai : comprendre et justifier une position ;
  • croire en la capacité de grandir;
  • espérer en relevant les côtés positifs;
  • manifester la fraternité par la compréhension ;
  • oser le message de réconciliation ;
  • bannir le jugement ;
  • rappeler le sens d'aimer comme…;
  • donner un sens à la fidélité ;

Salésiennement vôtre
Jean Thibaut

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Pour d'autres renseignements : thibaut_jg@yahoo.fr - Merci