
La Placette
Architecte : Thierry Lamy
Photographie : Paul De Neyer 2004
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Un habitat groupé peut être d'anciens immeubles rachetés et rénovés par un groupe de personnes ou de nouvelles constructions réalisées parfois avec un même architecte et un même entrepreneur. Actuellement, l'option communautaire n'est plus très développée mais il existe encore des personnes désireuses de convivialité qui partagent certains espaces publics ou communs.
L'intérêt économique est important (réduction des coûts par l'achat collectif de terrain et matériaux, l'engagement d'un seul architecte et un seul entrepreneur) et souvent un idéal écologique est également présent (bioconstruction, traitement sélectif des déchets et des eaux usées,...).
Les contrats de propriétés sont tout aussi nombreux que les réalisations, mais la division en parcelles privées avec certains espaces communs est la formule la plus fréquente.
Les expériences durables d'habitat groupé sont de plus en plus rares. Il semble qu'il y ait de moins en moins de personnes prêtes à accepter quelques compromis limitant leur liberté personnelle pour bénéficier de convivialité et espaces communs.
Belgique
(d'après le témoignage
de Hervé Greuse, coopérateur et résident à l'abbaye)
Les bâtiments en ruine de cette ancienne abbaye et les terres attenantes
ont été rachetés par une société coopérative
en 1978. Chaque habitation correspond à des parts de la société
. Il y a aussi des parties communes qui n'ont aucune part nominative et
qui sont gérées par tous.
Chaque coopérateur dispose d'une voix et à chaque lot peut
être attribué deux voix maximum. Des décisions se prennent
à la majorité simple des coopérateurs enregistrés
; d'autres requièrent d'autres quotas ( par exemple pour l'admission
ou l'exclusion; cette dernière n'a jamais été exécutée
mais la première s'est présentée quelques fois quand
un coopérateur a voulu nous quitter).
La gestion est organisée en commissions : finances, bâtiment,
agricole, culturel (géré avec deux ASBL qui comprennent les
mêmes membres que la coopérative mais qui ont été
créées pour simplifier la gestion).
Le seul souci actuel est la pérennité du projet, les enfants
(20 - 30 ans) des membres fondateurs n'étant pas intéressés
par ce style de vie.
http://www.abbaye-st-denis.be/
Verte voie à Thimister-Clermont. Habitat groupé dans une grande maison rurale. Projet pionnier en Belgique qui semble voguer paisiblement mais avec une grande rotation de cohabitants.
Projet remarquable qui
s'est initié en 1985. 20 ans plus tard, toutes les maisons sont toujours
occupées par les membres fondateurs et l'ensemble donne une image
impressionnante de tranquilité et stabilité.
Au départ, onze familles ont acheté un terrain situé
à l'intérieur d'un bloc d'une cité-jardin. Le terrain
a été divisé en parcelles privées réunies
autour d'une parcelle commune: la Placette. Chaque famille dispose d'une
maison et d'un jardin (à l'arrière) privés; la maison
donne sur la placette. Un bâtiment abrite une salle commune et un
appartement est réservé pour des personnes en difficulté.
L'ensemble a été conçu par l'architecte Thierry Lamy
qui a également réalisé les Arbrelles à Braine-le-Château
et Hepsylone à Louvain-la-Neuve.
Terre d'Enneille a vu
le jour en avril 1992. L'originalité de cette expérience tient
en la forme de la propriété: l'ensemble des terrains et bâtiments
appartiennent à une société coopérative (un
des fondateurs du projet est une cheville ouvrière du mouvement coopératif
en Belgique) dont chaque habitant possède des parts (2 000 FB / part).
Les habitants adhèrent à une charte et sont gardiens d'une
maison et d'un jardin privatif de 10 ares. Quand une personne désire
quitter le site, la coopérative a deux ans pour trouver une personne
rachetant les parts de maison mises en vente. Ce délai écoulé,
le "gardien-vendeur" peut vendre en dehors de la coopérative.
En 1997, une dizaine de personnes résidaient à Terre d'Enneille
dans un lotissement d'un ha comptant six chalets, entouré de 6 ha
de prairies et bois. Un bâtiment est une "hébergerie" pour
accueillir les visiteurs et les personnes désireuses de mieux connaître
les habitants avant de s'installer. L'installation ne se fait qu'après
une connaissance de 3 mois et l'acceptation mutuelle.
Terre d'Enneille n'est pas une communauté même si certains
événements communs sont proposés: le potager commun
est géré par des volontaires; chacun choisit une fonction
dans des tâches communes comme l'entretien des chemins, du lagunage,
le recyclage, la comptabilité de la coopérative,...; une méditation
est proposée deux fois par semaine; chaque lundi, un repas est pris
ensemble; certains prennent leur déjeuner ensemble. Une fois par
mois, la coopérative se réunit pour régler les questions
administratives.
Le projet de Terre d'Enneille est encore ouvert à l'accueil d'autres
"gardiens": le lotissement est prévu pour une dizaine de chalets.
Terre d'Enneille
94-102, Grande-Enneille
B-6940 Durbuy
Tél.: +32 (0)86/ 32 34 56
terre.enneille@skynet.be
Suite à la publication,
par Pierre Gevaert, en 1993, de "L'avenir sera rural", six familles se réunissent
pour envisager un retour à la terre. En 1995, ces familles achètent
un hameau de 88 ha (dont 60 de terres agricoles et 17 de bois) qui contient
un manoir, en bon état, et ses dépendances agricoles en ruines.
Le manoir a été acheté sous forme de Société
Civile Immobilière; les terres agricoles, elles, ont été
achetées sous forme de Groupement Foncier Agricole. Chaque famille
possède des parts de la SCI et du GFA. Chaque dépendance agricole,
avec un terrain d'un demi ha, a été acquise, en propriété
privée, par une famille.
Depuis 1997, des appartements ont été aménagés
dans le manoir pour accueillir des familles intéressées par
un retour à la terre.
Les projets agricoles ont connu des difficultés au démarrage:
après un an, une seule des quatre personnes travaillant la terre
poursuivait le travail. Ensuite, deux nouveaux agriculteurs (un éleveur
de vaches jerseyaises et un maraîcher) se sont installés, mais
de façon plus indépendante.
En 1998, Boussac montre un visage extérieur de réussite remarquable:
en, à peine, deux années, cinq bâtiments, dont certains
très ruinés ont été entièrement reconstruits
et habités, 60 ha de terres cultivés en bio et le manoir presque
complètement transformé en immeuble à appartements
de qualité mais à loyer modéré. Toutes ces réussites
n'ont pu, malgré tout, empêcher les conflits inhérents
aux projets idéalistes. Ainsi, il existe des oppositions entre les
habitants engagés dans des projets agricoles désirant vivre
de la terre et ses produits et ceux travaillant à l'extérieur
et plus intéressés par un certain aspect spirituel du retour
à la terre.
Ce projet présente aussi une caractéristique remarquable :
la rapidité de lancement du projet. En quelques mois, les fondateurs
ont été rassemblés et l'achat effectué; là
où de nombreux groupes se réunissent, mensuellement, pour
mettre au point une charte et chercher des cohabitants puis finissent par
éclater par lassitude. Ici, à Boussac, on n'a pas cherché
à pondre la meilleure charte ni cherché le meilleur voisin,
on s'est jeté à l'eau en se disant qu'il faudra, de toute
façon, faire des compromis et trouver des terrains d'entente.
Néanmoins, les habitants ont été confrontés,
assez rapidement, à des imprévus du projet :
le cohabitant se désolidarisant du projet et désirant revendre
sa maison pouvait revendre sa maison à des personnes tout-à-fait
désintéressées du projet et ne désirant pas
reprendre les parts de SCI et GFA correspondantes. Les autres sociétaires
se retrouvent alors dans l'obligation de racheter les parts dans un certain
délai et d'accepter l'installation dans le hameau de personnes avec
des intérêts parfois très éloignés du
projet. Le fait s'est présenté en 1998 et en 1999.
Ces imprévus et des conflits personnels et financiers ont fini par
vider ce projet de tout aspect communautaire : en 2002, la SCI et le GFA
ont été dissous ; chacun " a repris ses billes "
et est rentré dans ses murs. Néanmoins, extérieurement,
Boussac affiche la réussite : toutes les ruines sont restaurées
et habitées ; un agriculteur y travaille et il y a de nombreux enfants.
http://www.habiter-autrement.org - http://www.habitat-groupe.be -
Des communautés - La communauté de la Poudrière - Ecovilles et écovillages
© Paul De
Neyer, février 2007.